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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 05:19

A la fin de cet été 2015, la situation des tigres sauvages tend à s'articuler autour de trois pôles géographiques de diffusion (Russie, Inde, Indonésie) dont les niveaux d'efficacité fonctionnelle constitueront les indices les plus éclairants pour l'avenir de l'animal à moyen et long terme (beaucoup plus et mieux qu'un simple "bilan comptable"). Un levier catalytique important sera la prise en compte effective des réalités taxonomiques internes à l'espèce, qui amènera les zoos et parcs à se tourner plus résolument vers une reconstitution des populations dans leur milieu naturel.

1. SITUATION PRESENTE. Depuis le début du siècle, l'animal tend à reconstituer progressivement ses effectifs dans l'extrême orient russe et en Chine du Nord, au Népal et au Bhoutan, ainsi que dans le Sud Ouest de l'Inde. Sa situation est stabilisée en Thaïlande occidentale. Par contre, des reculs catastrophiques ont été constatés en Malaisie et dans le delta du Gange, le second cas ayant vraisemblablement un caractère irréversible (voir sur ce blog, 29 juillet, "Jour de la mangrove"). En Birmanie, Laos, Cambodge, Vietnam, il s'agit d'un véritable effondrement, les populations étant désormais probablement relictuelles. L'Indonésie conserve globalement une stabilité de ses effectifs.

2. REALITES TAXONOMIQUES, INCIDENCES POLITIQUES. La reconnaissance explicite de l'existence de DEUX sous espèces (voir sur ce blog, 26 juin, "Les écailles commencent à tomber des yeux") implique, pour les zoos et parcs, une réorientation significative vers les protocoles de retour à l'état sauvage d'une part, une baisse non moins significative de pratiques inavouables s'appuyant sur une taxonomie dépassée d'autre part. Il en va de même pour les grands Etats diffuseurs réels ou potentiels, dont la timidité était de mise jusqu'alors face à cette barrière conceptuelle, artificielle mais dissuasive

3. AUJOURD'HUI, LA RUSSIE. DEMAIN, L'INDE. APRES DEMAIN, L'INDONESIE.

A. RUSSIE. Depuis le début du siècle, dans l'extrême orient russe, les tigres ont multiplié leurs effectifs par deux, et les léopards par quatre. La Russie a sauvé le tigre au XXIème siècle, en dissipant cette atmosphère généralisée d'impuissance, de résignation et de désespoir qui recouvrait et asphyxiait tout. Elle a incrémenté avec succès, une puissante culture du tigre dans une population européenne, soutenue institutionnellement, depuis 2010, de façon résolue et vigoureuse. Aujourd'hui, le retour progressif du tigre comme du léopard en Chine du Nord est la conséquence directe de la politique russe. Plus discrètement et à une échelle vraisemblablement moindre, il en va de même pour la Corée du Nord. L'apparition d'un individu pionnier en Transbaïkalie au début de ce mois (voir sur ce blog, 13 août, "Cap à l'Ouest") laisse présager un retour naturel de l'animal en Mongolie à l'avenir. Depuis 2011, le pays a engagé avec le Kazakhstan un projet de réintroduction du grand félin dans une région orientale de ce dernier. Il s'agit de la reconstruction du tigre de la Caspienne, officiellement éteint au siècle dernier, à partir du tigre de l'Amour, génétiquement très proche. L'été dernier, une réunion internationale avait permis au projet de prendre effectivement corps (plan pluriannuel de renforcement des ongulés, écotourisme) en attendant l'arrivée d'un premier noyau familial de grands félins à la fin des années 2010 ou au début des années 2020, puis un suivi ultérieur, sur le temps long. De plus, celle ci avait solidifié et dynamisé le projet de réintroduction du tigre en Chine du Sud, initié par Li Quan en 2003 et repris par Stuart Bray l'an dernier. Le destin d'un tel projet aura des conséquences capitales sur l'avenir des grands félins dans le monde. S'il réussit, il donnera des idées à certains et fera tomber la timidité chez d'autres. Ceci pourra concerner aussi les lions (ceux de Gir, au Gujarat indien, étant très proches des lions d'Afrique du Nord disparus dans les années 60...)

B. INDE. Comptant désormais, officiellement, entre 2000 et 3000 tigres sur son territoire, le pays, en dépit de fort contrastes régionaux (le tiers des effectifs est concentré dans les Ghats occidentaux, au sud - ouest du pays) envisage l'avenir avec confiance. Le gouvernement a officiellement indiqué, en janvier dernier, qu'il était prêt à aider la Birmanie, le Laos, le Cambodge et le Vietnam à reconstituer leurs populations de grands félins, à travers des politiques conjointes de préservation des milieux et de lutte contre le braconnage, et en lien avec celles -ci, par l'apport de "sang tigréen frais" d'origine indienne.

C. INDONESIE. Conscient qu'il héberge une lignée clairement distincte de celle présente sur le continent, ce pays envisage désormais une protection spécifique de son "tigre de la Sonde", présent aujourd'hui sur l'île de Sumatra, et une perspective de moyen et long terme de réimplantation de celui - ci sur d'autres îles de l'archipel (voir sur ce blog, 10 août, "Tigre australasien en construction").

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  • : Le retour du tigre en Europe: le blog d'Alain Sennepin
  • : Les tigres et autres grands félins sauvages ont vécu en Europe pendant la période historique.Leur retour prochain est une nécessité politique et civilisationnelle.
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