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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 06:47

"C'est pourquoi la création d'une armure spirituelle protectrice est une question de survie nationale... DIRE LA VERITE, proférer à voix haute ce que d'autres ont voulu taire craintivement". Igor CHAFAREVITCH. La Russophobie. Traduit du russe par Alexandre Volsky. Editions Chapitre Douze SER, 1993 ( Merci à Pierre - Olivier Combelles pour cette référence).

GEORG WILHEM STELLER, CONSTAT D'EVIDENCE. La survivance tardive, jusqu'à aujourd'hui, de la Rhytine de Steller dans certaines zones côtières du Kamtchatka relève de la simple logique. De nouvelles recherches de terrain s'imposent dans ces régions qui restent encore quasiment inexplorées. Cet article est un prolongement de mes recherches sur la dynamique réelle des populations de Rhytine de Steller ("Chiffres politiques et réalités", sur ce blog le 17 janvier 2015), et sur l'inscription de l'animal dans le temps long, futur inclus ("La condition humaine", 13 avril ; voir aussi, sur leur présence ancienne sur la totalité de l'arc du Pacifique Nord : Genevois 2012, page 328. Sur une rhytine japonaise gigantesque : Tokio Shikama & Daryl Domning. 1970. Pliocene Sirenia in Japan. Trans. Proc. Palaeont. Soc, Japan, N.S, 80, 390 - 396). Voir aussi les détails sur la survie vraisemblable de l'animal dans la deuxième moitié du siècle dernier au Kamtchatka :

Karl Shuker, 24 décembre 2014

http://karlshuker.blogspot.fr/2014/12/stellers-secret-fauna-gargantuan-sea.html

Michel Raynal, 15 Mai & 3 Juin 2015.

http://cryptozoo.pagesperso-orange.fr/dossiers/rhytine4.htm

http://cryptozoo.pagesperso-orange.fr/dossiers/rhytine5.htm

1. Expédition Béring. Une espèce naïve parmi d'autres, qui a toutes les raisons de le rester. Ref. Fabrice Genevois. 2012. Le crépuscule des vaches de mer. Editions Le Guetteur. Le 6 novembre 1741 au soir, quand l'expédition dirigée par Vitus Bering accoste en catastrophe sur l'île qui portera son nom, les habitants (renards bleus, loutres marines, Grand cormoran de Pallas, rhytines) n'ont manifestement pas eu affaire à des chasseurs (notamment aléoutes) depuis fort longtemps et en ont, à l'évidence, perdu le souvenir : au cours des semaines qui suivront, ils n'éprouveront aucune crainte à l'égard des nouveaux arrivants. Deux jours plus tard, Steller observe des rhytines ("le petit cachalot") pour la première fois. Un mois après cette observation, Béring décède, sans avoir vu un seul de ces animaux, Le but principal de l'expédition est de PARTIR AU PLUS VITE et de rejoindre Petropavlovsk, au Kamtchatka, les conditions de vie ( et notamment l'état sanitaire de nombreux hommes) étant épouvantables. Et pour ce faire, l'équipe doit construire un nouveau bateau. Si les loutres de mer, pour leur fourrure, et les renards bleus, parce qu'ils harcèlent les hommes, paient un lourd tribut à l'équipage, si les otaries à fourrure ne sont pas épargnées, les choses sont bien différentes pour la Rhytine et le cormoran. L'une comme l'autre ne sont touchés que tardivement et marginalement. La première tentative de mise à mort d'une rhytine n'interviendra que le 21 mai 1742, et se soldera par un échec.Le premier succès en la matière interviendra à la toute fin du mois de juin. A partir de ce moment, les hommes de l'expédition tueront en moyenne une rhytine toutes les deux semaines, avant de réembarquer pour le Kamtchatka 2 mois et demi plus tard (13 aout 1742), avec, à leur bord, 5 barils de viande de ces animaux. Au total, de la fin juin au 13 aout 1742, moins de 10 rhytines ont été abattues - probablement entre 5 et 7. -,alors que 32 hommes étaient morts entre novembre 41 et février 42 (et il y en aurait eu plus encore sans les talents de botaniste de Steller). Quand les 46 survivants accostent dans la baie d'Avacha le 26 août, personne ne s'attendait à les revoir un jour vivants. Les effectifs des grands siréniens sont intacts, et leur comportement n'a pas gagné en méfiance, contrairement aux loutres de mer et aux renards bleus. Quant au niveau réel des populations, Steller indique que les gros animaux sont si nombreux "qu'ils suffiraient à nourrir l'ensemble des habitants du Kamtchatka", ce qui renvoie à l'équilibre des biomasses de grands siréniens du Pacifique Nord (Rhytines d'au moins plusieurs tonnes) et du Pacifique Sud (dugongs de 900kgs, et "courants marins" de millions d'individus, voir "Les gens heureux n'ont pas d'Histoire" sur ce blog le 16 septembre).

2. L'espoir de Steller de revoir les "Kapustniks", Kamtchatka, septembre 1742. Présentées un peu rapidement comme endémiques des îles du Commandeur (île Béring et île du cuivre (aujourd'hui "Medni") où vivaient leurs troupeaux les plus imposants et les plus visibles, les rhytines étaient vraisemblablement présentes dans d'autres secteurs des Aléoutiennes jusqu'aux côtes alaskiennes, mais non dûment répertoriées par des naturalistes ou explorateurs européens (voir les observations et témoignages tout au long des deux derniers siècles. En réponse aux persécutions que leur infligeaient les chasseurs aléoutes, certaines d'entre elles avaient probablement migré jusqu'à ces îles qui leur servirent de refuge et où elles prospérèrent. Elles étaient aussi présentes au Kamtchatka, ainsi que l'indiquèrent à Steller des habitants du cap Kronotsky, dans le mois qui suivit son retour sur la péninsule. Ceux - ci les appelaient les "Kapustniks", ce qui signifie "les mangeurs de chou". Le naturaliste comptait poursuivre son étude de ces animaux mais il en fut empêché par des obligations puis de graves ennuis "administratifs" qui finirent par causer sa mort le 12 décembre 1746. Sur l'île Bering, au cours de l'hiver 1741 / 1742, il avait pu, à plusieurs occasions, toucher leur dos en tendant son bras...

3. Le blitzkrieg des Promyshelniky. Entre 1742 et 1768 (date "officielle de leur "disparition"), les rhytines des îles du Commandeur sont des victimes parmi d'autres d'un choc biologique létal qui s'est produit tout au long de l'histoire (humaine comme animale) quand il y a eu contact entre des groupes séparés depuis longtemps (ou depuis toujours) et dont les biologies, physiologies, épidémiologies respectives étaient fortement différenciées. De plus, les Promyshelniky (Ref. Michel Poniatowsky. 1978. Histoire de la Russie d'Amérique et de l'Alaska. Librairie Académique Perrin), descendants des cosaques de la Volga harponneurs d'esturgeons géants, agirent de même avec les grands herbivores aléoutiens. Leurs ancêtres furent aussi "à la manoeuvre" dans l'extinction des tigres et des rhinocéros européens au début du XVIIème siècle, pour fournir le comptoir de Mangazeïa - voir sur ce blog "Profondeur et profusion" : 30 mars 2015, et "Russie : enlumineurs réinclus" : 5 Avril-, voir aussi ref.Bruno Vianey. 2013. Le voyage de Jean sauvage en Moscovie en 1586. Editions L'Âge d'Homme. C'était des chasseurs et guerriers audacieux, prêts à tout, sans scrupules, avides et cruels. De leur fait, il ne restait pratiquement aucune loutre de mer sur l'île Béring dès 1756, soit douze ans avant l'extinction officielle des rhytines au même endroit. Et leur prise de contrôle de l'ensemble de l'arc aléoutien dans les années qui suivirent entraïna la division par 10 des populations autochtones. Leur état d'esprit était homologue à celui de leurs équivalents américains: les Bostoniens, puis, au siècle suivant, les Nantucketers (voir sur ce blog, le 18 janvier 2015; "Epopée salvatrice", et le 26 juillet : "Guerre et Paix"). Il est alors probable que les rhytines, notamment à partir de 1747 (quand les massacres les concernant atteignit des niveaux considérables, puis crûrent encore par la suite - sur ce blog le 17 janvier, "Chiffres politiques et réalités"), ont cherché à amplifier leurs migrations, jusqu'alors ponctuelles et occasionnelles, vers des zones protégées des côtes kamtchatkiennes, comme elles l'avaient probablement déjà fait par le passé vers des aléoutiennes orientales vers les îles du Commandeur. Dans un processus psychologique classique et très répandu, on a, par la suite, d'une part, perdu toute motivation à rechercher des animaux déclarés officiellement "éteints", qui plus est dans des lieux quasi inconnus, difficilement accessibles, voire dangereux, et, d'autre part, tenter, par souci de sécurité mentale, de montrer que cette espèce était sur le point de s'éteindre de toute façon (comme plus tard aux Etats unis, les ectopistes migrateurs dont on a dit que les dernières troupes s'étaient noyées dans le Golfe du Mexique...). Cependant, parmi beaucoup d'autres insuffisamment établis, qui concernent aussi bien le Kamtchatka que la Chukotka et même les îles Kouriles, des témoignages crédibles de l'observation de ces animaux ont été recueillis (au moins cinq, de la deuxième moitié des années 50 à la première moitié des années 80, la plus ancienne près de l'ïle Béring, les quatre plus récentes sur les côtes du Kamtchatka, dont celle d'un troupeau entier en 1962 et celle d'un cadavre échoué en 1976).

L'état actuel du dossier, toutes pièces réunies et corrélées, montre donc que la survie actuelle de rhytines en petit nombre dans une ou plusieurs anses protégées et riches en algues laminaires des côtes de la péninsule kamtchatkienne est envisageable, et mérite d'être intégrée dans les choix d'orientation politico - économiques des autorités russes concernant la péninsule, au même titre que ceux réalisés depuis le début de ce siècle pour le Primorye (Province maritime) le furent aussi en fonction de la présence du tigre.

QUESTION OUVERTE : solidarité, protection. Dans "Le coeur a ses raisons" (sur ce blog le,9 septembre, complété le 16 septembre dans "Les gens heureux n'ont pas d'Histoire", j'ai donné quelques exemples d'entraide interspécifique chez certains cétacés, dont la sollicitude peut s'étendre à des pinnipèdes. Par aikleurs, Steller note à propos des rhytines : "Lorsque l'une d'entre elle était harponnée, les autres essayaient de lui venir en aide de plusieurs façons. Certaines tentaient de faire chavirer la chaloupe en la heurtant avec leur dos, d'autres s'appuyaient sur la corde pour essayer de la rompre, d'autres encore tentaient d'arracher le harpon d'un violent coup de queue, parfois avec succès." Et aussi : "Quand une femelle était harponnée, son conjoint usait de toutes ses forces pour la libérer, le plus souvent en vain. Il la suivait alors jusqu'au rivage, malgré les nombreux coups de baïonnettes dont il faisait l'objet. Après la mise à mort de celle - ci, il restait de longs moments prostrés en bordure du rivage." On ne sait pas si les rhytines entretenaient des relations avec de grands cétacés, notamment les baleines franches, dominantes dans les Aléoutiennes (elles étaient particulièrement florissantes jusqu'en 1848, quand les baleiniers américains arrivèrent en mer de Béring). Y a t-il eu des tentatives de communication,croisées ou non, en réponse au massacre subie par les premières sur les côtes des îles du Commandeur? Certains individus ont -ils bénéficié de la protection d'un troupeau de baleines pour migrer vers un secteur abrité? Les "poux des baleines" (Cyamidae) étaient des ectoparasites réguliers des rhytines, que les goélands, parfois installés en assez grand nombre sur un seul individu, consommaient comme le font les Pique - boeufs en Afrique. Mais ceux retrouvés sur une peau de rhytine n'étaient - ils pas de l'espèce ovalis, spécifique* de la Baleine franche du Pacifique Nord (voir à ce sujet la controverse dans Leung (Yuk.Maan). 1967. An illustrated key to the species of Whale Lice (Amphipoda, Cyamidae), ectoparasites of Cetacea, with a guide to the literature. Crustaceana 12 (3), 278 - 291), ce qui pourrait signifier dans ce cas un transfert entre deux animaux vivant en immédiate proximité?

*Les Cyamidae ectoparasites sont spécifiques à leur hôte. Les choses vont même plus loin dans le cas du cachalot, les modes et lieux de vie des deux sexes étant nettement différents la plus grande partie de l'année. Mâles d'une part, femelles et petits d'autre part sont porteurs de Cyamidae différents, n'appartenant même pas au même genre...

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commentaires

Fabrice Genevois 12/10/2015 20:24

"La survivance tardive, jusqu'à aujourd'hui, de la Rhytine de Steller dans certaines zones côtières du Kamtchatka relève de la simple logique". J'aimerai partager votre optimisme mais je dois bien avouer que les espoirs sont bien minces, pour ne pas dire totalement nuls. Pour bien connaître le pacifique nord et contrairement à ce que vous semblez suggérer, cette région a beau être vaste, il n'est pas de baies côtières inexplorées et les Rhytines ne sont pas des musaraignes : elles passent difficilement inaperçues. De plus, aucun échouage, aucune observation avérée et confirmée ne vient entretenir l'espoir....

Alain Sennepin 05/05/2017 11:39

Ceci étant, j'admets volontiers que les rhytines encore présentes entre le nord du Kamtchatka et le sud de la Chukotka dans les années 60 du siècle dernier n'ont probablement pas survécu à l'extermination massive clandestine de tous les grands mammifères marins effectuée pendant cette décennie par les baleiniers soviétiques et japonais, comme l'ont largement démontré Clapham et Ivashenko au cours des années 2010 (2011 à 2016).

Alain Sennepin 14/10/2015 08:38

M. Genevois, je vous remercie pour votre commentaire, qui nous permet d'avoir un contact direct sur un sujet qui nous intéresse profondément tous les deux. J'ai lu votre livre, passionnant et bouleversant à de nombreux égards, avec beaucoup d'attention.
Et je ne doute pas que vous connaissiez bien mieux que moi le Pacifique Nord, n'étant pas, pour ma part, un grand voyageur.
Ma différence d'appréciation d'avec la vôtre porte essentiellement sur trois points.
1. La dynamique des populations de rhytines et leur niveau réel de prospérité en 1741 (voir par exemple sur ce blog le 17 janvier dernier "Chiffres politiques et réalités"). Je ne pense pas que ces animaux étaient 1500 à 2000, selon l'estimation de Stejneger en 1887, que vous reprenez dans votre ouvrage, mettant ainsi en cause les propos de Steller lui même ("si nombreuses qu'elles auraient pu nourrir tous les habitants du Kamtchatka"). Mon analyse repose sur la relecture des travaux de Stejneger par Turvey et Risley en 2006., qui démontre que le niveau de prélèvement de ces animaux entre 1743 et 1768 est incompatible avec des effectifs "de départ" aussi faibles. Les rhytines étaient vraisemblablement 4 à 5 fois plus nombreuses que ce qu'estimait Stejneger. En se référant aux chiffres de prélèvements officiels année par année, très inférieurs aux prélèvements réels (results considered by the author as "very defective historical data", comme le précisent Turvey et Risley, et comme vous le précisez vous même "Ils en blessaient mortellement encore bien plus, qui finissaient par mourir en mer de leurs blessures), on arrive à des prélèvements compris entre 6000 et 8000 individus (estimation TRES prudente), lors de cette période. Qui plus est, les rhytines ont forcément réagi à cette situation, en cherchant à disséminer géographiquement leurs groupes familiaux face au danger.
2. S'il n'y a pas eu d'observation "avérée et confirmée", les témoignages, comme vous le savez, existent, pas si rares (voir le tableau récapitulatif sur "Institut virtuel de Cryptozoologie", 15 mai 2015). Qui plus est, certains d'entre eux, remontant aux années 60 et 70, que vous mentionnez d'ailleurs dans votre livre, méritent, ce me semble, attention. Je vous invite à relire le contexte et les circonstances détaillées des faits sur le site "Institut virtuel de cryptozoologie", 25 mai 2001, à partir du chapitre "Témoignages de baleiniers" (3ème page) : ceux - ci commencent dès les années 50. Si l'on s'en tient aux deux derniers cas, Vladimir Heptner n'a pas cherché à réfuter ses collègues par de réels arguments scientifiques mais par une posture d'autorité en déni de la réalité, les deux allant généralement de pair. Quatre ans après son coup de sang dans Priroda, le même Heptner présentait la thèse, tout aussi sulfureuse pour l'Académie des Sciences de l'époque, de la présence du tigre en Russie kiévienne, démasquant ainsi la "lyuty zver" des chasses de Vladimir Monomaque dans la deuxième moitié du 11ème siècle...
Quant au témoignage de 1976, publié par Vladimir Malioukovitch l'année suivante, il me parait difficilement contournable... De plus, Malioukovitch, du Musée ethnographique du Kamtchatka, connaissait bien la région et constatait néanmoins que "Le Kamtchatka, du point de vue biologique et géographique, est encore insuffisamment étudié. Chez nous on peut trouver des centaines d'endroits où l'homme se trouve rarement, mais où pourraient habiter tranquillement des animaux marins, parmi lesquels la vache de mer. Ce sont des lagunes tièdes, des baies, des embouchures, des fleuves, des lacs, ayant sortie sur la mer."
3. Descartes et Pascal savaient tous deux que la réalité est inconnaissable et que nous sommes condamnés à élaborer du "vraisemblable". Mais ce dernier l'est surtout, et avant tout, pour nous même, et notre psychologie l'habille. Ma position personnelle est plus pascalienne que cartésienne. Je ne sais pas si les rhytines sont encore présentes ou non parmi nous. Et je considère que répondre par l'affirmative est l'attitude la plus raisonnable pour le présent et le futur du Pacifique Nord (voir ma conclusion dans l'article à l'origine de notre échange). J'ai suffisamment constaté les différences d'attitude - et de résultat - quand on cherche pour trouver, et à l'inverse, quand on "cherche" pour ne pas trouver. Les Russes veulent reconstituer le tigre de la Caspienne, les turcs ne le souhaitent pas, et les uns comme les autres se donnent les moyens de leur politique. Des tigres rejoindront les roselières du Kazakstan oriental au début des années 2020. Quand un témoignage sur la présence de cet animal en Anatolie orientale filtre, des chasseurs professionnels sont discrètement envoyés sur place pour "régler le problème". Le cartésianisme est un produit de l'Holocène tardif, où nous avons tous beaucoup perdu. Je préfère Pascal. Et la Russie.
Bien cordialement.
Alain Sennepin

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