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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 07:45

Ceci fait suite à "Un rêve français. Le Lion, l'Avenir", mis en ligne sur ce blog le 9 septembre 2015.

Maléfices de la Pierre Philosophale, malédiction du Lion Noir, cauchemar flaubertien.

"Nous étions comme une engeance malfaisante qui se détruit elle - même". Franz Marc, lors des premiers jours de la bataille de Verdun.

"Nous devenons chaque année plus petits et plus bêtes". Okkotonushi, Seigneur des sangliers, dans "Mononoke Hime", Hayao Miyazaki, 1997.

La France est parvenue à imposer, à partir du XVIème siècle, sa "Modernité" au monde entier, pour le plus grand malheur de tous. Certains (Russie, Corée... "Refermer la blessure", mis en ligne hier sur ce blog) commencent à se dégager de cette gangue. Pendant ce temps, le (si) doux pays de notre enfance, géant devenu nanoparticule, persiste et signe. Prisonnier d'un filtre d'amour narcissique qu'il s'est lui - même administré, se croyant détenteur de la Pierre Philosophale photophore, il fonce vers l'Abîme en klaxonnant. Les coréens perçoivent l'ébrouement d'une crinière leur indiquant la sortie du labyrinthe. Les français tournent en rond dans leur cage jusqu'à épuisement, ressassant leur "gloire" passée ( "Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres!" Matthieu, 6 : 22).

Comme indiqué le 9 septembre dernier, Flaubert (la crucifixion des lions sur la route de Sicca) et Rosny -Aîné (Le Félin géant) ont eu l'instinct d'ouvrir une route pour un jour futur, où une autre France décidera de vivre, et saura trouver son "chemin de Seoul" (et celui - ci passera par Ahmedabad et Gandhinagar), pour une "Opération Androclès" résolutrice...

Concernant le second, j'avais établi (un peu à l'instinct, moi aussi) que le lion des rocs était une sublimation du lion à crinière noire d'Afrique du Nord (voir aussi le lien entre félin "préhistorique" et tigre de Corée, dans "Refermer la Blessure" cité plus haut). J'en ai récemment trouvé, sinon une preuve, du moins un indice solide :

Une source possible de Joseph Henri Rosny Ainé.

Colonel Corneille Trumelet (1817-1892) :

« Blida : Récits selon Légende, la Tradition et l’Histoire », t. I

« Bien qu’il y fût (c’est-à-dire : le lion noir) beaucoup plus rare que le lion fauve et le lion gris, le lion noir se rencontrait pourtant assez fréquemment, avant l’occupation française, dans les montagnes des Bni-Salah [Aït Saleh]. Le fond de la robe du lion noir est bai-brun jusqu’à l’épaule, où commence la crinière, qui est noire, longue et épaisse. »

« un rugissement terrible vint ébranler la montagne, […] grognements roulant dans les vallées comme la foudre dans les nuages noirs, alternaient avec les rugissements ; les feuilles frissonnèrent sans que pourtant le vent souffle et des arbres se brisèrent avec d’épouvantables craquements ; les broussailles gémirent fracassées ; en même temps, un lion noir de taille colossale déboucha dans la clairière en éventrant un massif de chênes-lièges ; ses yeux, cloués dans une tête énorme, paraissaient deux tisons ardents soufflés par un impétueux vent du sud ; sa gueule ouverte laissait voir deux rangées de dents sortant menaçantes de ses mâchoires sanglantes, […] ».

DE SALAMBÔ à MME BOVARY, CAUCHEMAR DE FLAUBERT, DESTIN DU PAYS ? Le grand écrivain, qui avait pris un grand plaisir à la composition de l'épopée antique, fut mis au défi par ses amis de réaliser un chef d'oeuvre sur l'insignifiance, qui fut pour lui un véritable pensum. Faiblesse insigne des sentiments, présentéisme, inconséquence, incohérence, intempérance, insignifiance, incompétence, un portrait éclairant, aussi, de la France d'aujourd'hui. Sur la route de Sicca, les mercenaires se moquent volontiers des lions crucifiés. Mais eux mêmes finissent dans la même situation, et c'est seulement à cet instant qu' Autharite le Gaulois, dans un éclair de lucidité tardif et vain, s'exclame : "C'étaient nos frères". Le destin collectif se noue dans le défilé de la Hache, véritable Vallée des Larmes, de la Mort et de la Dévoration :

"Les bêtes féroces, les lions surtout, depuis trois ans que la guerre durait, s'étaient multipliés. Narr'Havas avait fait une grande battue, puis courant sur eux, après avoir attaché des chèvres de distance en distance, il les avait poussés vers le défilé de la Hache ; - et tous maintenant y vivaient, quand arriva l'homme, envoyé par les Anciens pour savoir ce qui restait des Barbares.
Sur l'étendue de la plaine, des lions et des cadavres étaient couchés, et les morts se confondaient avec des vêtements et des armures. A presque tous le visage ou bien un bras manquait ; quelques-uns paraissaient intacts encore ; d'autres étaient desséchés complètement et des crânes poudreux emplissaient des casques ; des pieds qui n'ayaient plus de chair sortaient tout droit des cnémides, des squelettes gardaient leurs manteaux ; des ossements, nettoyés par le soleil, faisaient des taches luisantes au milieu du sable.
Les lions reposaient la poitrine contre le sol et les deux pattes allongées, tout en clignant leurs paupières sous l'éclat du jour, exagéré par la réverbération des roches blanches. D'autres, assis sur leur croupe, regardaient fixement devant eux ; ou bien, à demi perdus dans leurs grosses crinières, ils dormaient roulés en boule, et tous avaient l'air repus, las, ennuyés. Ils étaient immobiles comme la montagne et comme les morts. La nuit descendait ; de larges bandes rouges rayaient le ciel à l'occident. Dans un de ces amas qui bosselaient irrégulièrement la plaine, quelque chose de plus vague qu'un spectre se leva. Alors un des lions se mit à marcher, découpant avec sa forme monstrueuse une ombre noire sur le fond du ciel pourpre ; - quand il fut tout près de l'homme, il le renversa, d'un seul coup de patte.
Puis étalé dessus à plat ventre, du bout de ses crocs, lentement, il étirait les entrailles.
Ensuite il ouvrit sa gueule toute grande, et durant quelques minutes il poussa un long rugissement, que les échos de la montagne répétèrent, et qui se perdit enfin dans la solitude."




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