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LA MALAISIE NOUS MONTRE LA VOIE

25 Février 2009 , Rédigé par Alain Sennepin

LES MALAIS VEULENT DOUBLER LEUR POPULATION DE TIGRES EN LIBERTE D'ICI 2020

La Malaisie a annoncé ce mois - ci le lancement d'un plan ambitieux destiné à doubler sa population de tigres libres dans les onze ans qui viennent, en protégeant notamment certaines parties de la jungle où les braconniers sévissent.
Les autorités considèrent que le nombre de tigres sauvages malais  a été divisé par 6 au cours des 50 dernières années, passant de 3000 à 500 (chiffres à considérer avec beaucoup de prudence, ces animaux étant en réalité probablement encore beaucoup moins nombreux à l'heure actuelle).
Ce plan d'action national est le premier effort concerté du gouvernement pour enrayer le déclin de cette population.
Des responsables gouvernementaux et des associations de protection de la nature vont essayer d'aménager des zones de la jungle fréquentées par les tigres, d'agrandir leur territoire et d'atténuer l'impact sur leur environnement d'infrastructures telles que des routes, des voies ferrées et des oléoducs.
Il est aussi prévu d'enlever les tigres des zones où ils pourraient avoir des relations conflictuelles avec des êtres humains.
Les protecteurs de la nature ont aussi exhorté le gouvernement à renforcer la protection de la flore et de la faune en renforçant les peines contre les braconniers jusqu'à présent non dissuasives.
Ceci permettrait non seulement une augmentation significative du nombre de tigres (le plan fixe l'objectif de 1000 individus), mais aussi une protection plus efficace d'espèces rares et emblématiques présentes sur le territoire malais telles que l'orang - outang, le rhinocéros de Sumatra et l'éléphant pygmée de Bornéo.
Sara Sukor, du WWF, se veut optimiste sur les chances de succès de ce plan.
Mais tout va dépendre maintenant de la détermination effective des initiateurs pour la mise en place et le maintien dans la durée des moyens indispensables à la réussite d'une initiative d'une telle envergure, inédite en Asie du Sud depuis le Projet Tigre indien des années 70 initiée par Indira Gandhi.

Source: Associated Press, 13 Février, information transmise gracieusement le 23 Février par Mme Martine MASSOT, responsable du site TIGRISSIMA, à qui j'adresse mes remerciements les plus vifs.

PAR CETTE INITIATIVE, LES MALAIS MONTRENT LA VOIE A L'EUROPE, LA RUSSIE ET L'AMERIQUE
POUR LA SOLIDIFICATION DE MILIEUX NATURELS ABRITANT UNE POPULATION SIGNIFICATIVE DE GRANDS FELINS LIBRES.

 
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GRANDS FELINS CONTRE CHANGEMENT CLIMATIQUE

17 Février 2009 , Rédigé par Alain Sennepin Publié dans #Retour du tigre en Europe


COURAGE ET LUCIDITE AU PARLEMENT EUROPEEN
DEUX INITIATIVES COURAGEUSES ET COMPLEMENTAIRES PRISES PAR LES DEPUTES CE MOIS - CI

1.Un communiqué de France Nature Environnement nous apprend que le Parlement européen a adopté le 3 février dernier une résolution de première importance pour la protection et le développement des zones vierges de toute activité humaine.
Le parlement considère notamment que ces zones "constituent d'importants stocks de carbone, dont la sauvegarde est essentielle pour la protection tant de la biodiversité que du climat" et "doit être une priorité de la Commission dans sa stratégie de lutte contre les changements climatiques".


Il s'agit pour nous d'un élément supplémentaire de nature à pousser les autorités européennes (et  en particulier roumaines, voir à ce propos la page "Contradictions européennes, espoirs américains, publiée le 7 février dernier sur ce blog) à revoir de fond en comble la calamiteuse politique actuelle de destruction des territoires sauvages.

IMPLICATION INEDITE D'UNE TELLE RESOLUTION
Pour notre part, nous souhaitons insister sur l'aspect suivant, peu ou pas médiatisé jusqu'à présent :
en Europe occidentale, la plupart des écosystèmes ayant un fort degré de naturalité sont moins productifs et moins robustes que dans d'autres régions du monde historiquement mieux préservées, et ceci en tenant bien sûr compte des différences de proportions correspondantes aux différences de climats.
Les écosystèmes d'Europe occidentale ne possèdent plus l'intégralité du spectre faune - flore avec lequel ils ont coévolué au cours des siècles passés, certaines espèces douées d'un fort pouvoir structurant, notamment des grands carnivores comme les félins géants, ayant été artificiellement exterminés.
A nos yeux, les citoyens de l'Europe seraient dès lors bien avisés de faciliter la reconstitution progressive de ces écosystèmes, laquelle s'accomplirait d'ailleurs d'elle même au fur et à mesure que de grands animaux sauvages, notamment carnivores, aménageraient de nouveau ces territoires, à l'instar de ce que permettait la présence féconde de leurs ancêtres.
LA PRESENCE DE GRANDS FELINS SUR LE TERRITOIRE EUROPEEN SERAIT DONC AUSSI UN OUTIL NON NEGLIGEABLE DE LUTTE CONTRE LES CONSEQUENCES LES PLUS DESASTREUSES DU CHANGEMENT CLIMATIQUE.

2. Aujourd'hui mardi 17 février, les députés européens de la commission Environnement du Parlement se sont prononcés à une quasi unanimité pour des "sanctions effectives, dissuasives et proportionnées" contre les personnes ou les entreprises commercialisant du bois ou des produits dérivés du bois coupés illégalement (cette disposition doit encore être approuvée en session plénière puis acceptée par les gouvernements européens pour entrer en vigueur).
Les européens se sont ainsi prononcés sur des propositions de la Commission Européenne (loi FLEGT) faites le 15 Octobre 2008 (voir sur le site "4 continents pour les tigres", le document PDF "Europe et grands félins").
Près du cinqième des importations de bois dans l'UE proviennent de sources illégales, selon la Commission.
Actuellement, 13 millions d'hectares disparaissent officiellement chaque année. La déforestation est responsable d'environ 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Malheureusement, les objectifs fixés par la Commission restent  à ce jour très en dessous du minimum indispensable pour éviter une catastrophe écologique et humaine majeure. il s'agit en effet pour elle "d'arriver à réduire la déforestation tropicale de 50% en 2020 et de stopper la diminution de la couverture forestière en 2030".

Or, aujourd'hui, ces sylves humides, théoriquement ininflammables, commencent à s'assécher, sous l'influence des modifications climatiques. Elles risquent désormais de subir des incendies particulièrement destructeurs, comme ceux que l'Australie connaît actuellement. Et si elles viennent à brûler, elles deviendront des producteurs de carbone, accélérant de ce fait le changement climatique qui leur est déjà tant préjudiciable.

On voit désormais à quel point la destruction des grandes flore et faune sauvages est UNE FOLIE SUICIDAIRE.
Les forêts australiennes ont subi leurs premiers incendies dramatiques, qui ont transformé ce territoire en continent le plus aride au monde, il y a 50 000 ans, immédiatement après l'extermination, par les premiers colons humains, des herbivores et des carnivores géants qui  peuplaient et aménageaient ces espaces...


D'où l'importance cruciale de la mise en oeuvre de politiques suffisamment vigoureuses pour assurer concrètement aux forêts leur protection, réexpansion et réensemencement en animaux géants.

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TIGRE ET BISON

7 Février 2009 , Rédigé par Alain Sennepin Publié dans #Retour du tigre en Europe

CONTRADICTIONS EUROPEENNES, ESPOIRS AMERICAINS

LE MAUVAIS COTON DE L'EUROPE
L'entrée d'un pays dans l'Union Européenne serait elle synonyme de menace aggravée pour ses ecosystèmes naturels?  La Roumanie est, depuis quelques mois, engagée dans un programme de destruction systématique de la faune sauvage  de ses parcs naturels, dans le but avoué de transformer ceux - ci en zones d'activités agricoles et industrielles. C'est notamment le cas sur l'île danubienne de Letea, où se côtoient notamment pélicans et  chevaux sauvages. Cette zone du delta correspond  aux milieux fréquentés prioritairement, autrefois, par le tigre eurasien , de la mer noire à la mer d'Aral... Cette folie administrative rappelle singulièrement celle  des autorités russes dans la première moitié du siècle dernier, qui ordonnèrent le massacre méthodique des tigres, léopards, guépards, hyènes et même lions araliens relictuels avant de transformer leurs milieux de vie en champs de coton, condamnant la culture nomade à la mort et ses représentants à la misère, sans parler de la tragédie vertigineuse de la mer d'Aral... Aujourd'hui, c'est au lac Baïkal lui - même que les autorités régionales bouriates comptent s'attaquer...

La Roumanie, compte, par ailleurs, près de 6000 ours. Doit - on s'attendre, pour ces plantigrades, à un destin semblable à celui du lynx en Espagne, qui, dans les années 60, avait des populations aussi importantes que les ours roumains - certains avaient adopté l'extraordinaire comportement de prédation des sangliers, adultes inclus - avant de subir un effondrement des effectifs à moins d'une centaine d'individus en 40 ans... Toutefois, après une bonne année de reproduction en 2008, aidée par des efforts significatifs des autorités espagnoles, la population est remontée à environ 200 individus.
Un projet de réintroduction, à terme, du lynx boréal dans les Pyrénnées espagnoles, est engagé.


La vie sauvage dans l'Europe du 21ème siècle est - elle donc destinée à une présence élusive et temporaire dans quelques zones encore difficiles d'accès et sans intérêt économique aux yeux des humains?
J'ai passé mon enfance dans un petit village des Combrailles auvergnates: St Pardoux. Nous avons passé, mon frère jumeau et moi, de longs et formidables moments à arpenter collines et taillis d'un paysage mi agricole (dans le sens traditionnel du terme) mi sauvage, qui a structuré notre personnalité et notre représentation du monde. Néanmoins, j'étais loin d'imaginer qu'à quelques kilomètres de notre lieu d'habitation, les gorges de la rivière Sioule abritaient certaines zones particulièrement escarpées que ni homme ni chien n'avait foulé depuis des décennies... au moins.... (selon l'expression du naturaliste auvergnat Christian Bouchardy). En  2002, la découverte d'une hyène striée échappée d'un cirque ambulant dans des gorges de la chaîne des Rhodopes, dans le Sud - Ouest bulgare frontalier de la Grèce, m'a rappelé la visite, dans l'école de mon village, d'un cirque probablement très semblable, avec une hyène et un ours. A cette époque (années 60), on voyait encore régulièrement des nomades en roulotte passer au village...
Les gorges de quelques rivières centre asiatiques avaient été l'ultime refuge de grands prédateurs dans les années 30. Au Tadjikistan, un parc naturel fut créé dans une zone du Fergana particulièrement tourmentée, appelée "le ravin des tigres" où ces animaux parvinrent à se maintenir officieusement jusque dans les années 60...


ESPOIRS AMERICAINS
Personne n'ignore la tragédie absolue de la Nature aux Etats - Unis au cours des deux derniers siècles. Et pourtant... Les bisons, dont les immenses troupeaux recouvraient la Grande Prairie au 19ème siècle, et dont il ne restait que deux douzaines d'individus au début du siècle dernier, sont désormais 150 000, élevés, dans des zones de déprise agricole et de baisse de la présence humaine, par des passionnés d'espaces sauvages et de culture des indiens des plaines.
L'un d'entre eux, Paul Deprêt,  un indien Lakota, a décrit une scène de la vie sociale de son troupeau.
Lors d'une migration, un petit, exténué et malade, resta en arrière pour se laisser mourir. Au bout de quelques minutes, un groupe de jeunes bisons vinrent lui prêter "corne forte", s'efforçant longuement de le remettre sur ses pattes. Voyant que leur tentative était vaine, ils le tuèrent, puis repartirent. Peu après, l'ensemble du troupeau revenait sur ses pas pour que chacun, l'un après l'autre, puisse rendre un dernier hommage à leur jeune congénère.
Le Lakota expliqua alors que les bisons ne pouvaient vivre sans les indiens, ni les indiens sans les bisons. Maintenant qu'il y avait plus de bisons, le nombre d'Indiens aussi augmentait (depuis quelques années, de nombreuses personnes issues des communautés blanche et noire deviennent des membres à part entière de la communauté indienne).
Il concluait ainsi:
"Je ne sais pas si je verrai de mon vivant 50 millions de bisons sur la Grande Plaine, mais je l'espère, car c'est de celà dont ce pays a besoin".
Les Etats - Unis retrouvent les sources de leur richesse d'antan. L'Europe peut et doit en faire autant.
Car c'est bien de celà, avant tout, dont notre continent a besoin.
Ces  informations sont tirées d'une émission du 4 Février 2009, "USA: le come - back des bisons", diffusée entre 20h et 20h45 sur ARTE.







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