L'ALLIER, LA SIOULE, LE TIGRE ET LE CHEVAL
J'ai ouvert le blog où est publié cet article au début de l'année 2009, pour promouvoir la réimplantation de tigres sauvages au coeur de l'Europe, après des siècles d'absence, et une présence
largement ignorée pendant les temps médiévaux.
Ceci fut fait en suite logique à la mise en place du site "4 continents pour les tigres" à l'été 2007, à la recherche de formules originales permettant un avenir solide aux grands félins.
Je donnerai sur ce sujet une conférence au Museum d'Histoire Naturelle de Paris le 23 Janvier 2010, intitulée "Le retour des grands félins au coeur de l'Europe : renaissance du Dragon Vert".
Entièrement absorbé par cette tâche, je n'avais plus transmis depuis cette période, de contribution écrite à la revue de la Fédération Allier Nature, à laquelle j'avais fourni des articles régulièrement depuis 2001.
Je souhaite donc que ce texte, publié sur mon blog le 27 octobre 2009, puisse servir à la nécessaire harmonisation des luttes locales et globales pour la défense de la Nature, pour l'Allier, l'Europe et le Monde.
J'ai utilisé notamment, pour la mise en lumière des richesses du fleuve Allier et son caractère accueillant pour une faune eurasienne digne de ce nom, les documents sur la forêt et la biodiversité en Auvergne d'une part, l'Allier rivière sauvage d'autre part, publiés par la FRANE en 2009, et en regard, et éclairage additionnel à celà, le Terre Sauvage Hors Série Cahiers Nature de l'Hiver 2008 - 2009 sur l'Europe Nature, "Rare animals" de O.P. Bogdanov 1992, concernant les espèces remarquables de la faune ouzbèke dans leur milieu, don gracieux de M. René Cagnat , auteur de "La Rumeur des steppes,"traducteur en russe de mon texte "L'avenir des tigres est en Russie" (avril 2009, concernant notamment des zones occidentales et méridionales du pays ) et ambassadeur de France en Kirghizie, à l'occasion de notre rencontre le samedi 10 Octobre, "Les forêts de la Gaule et de l'Ancienne France" d'Alfred Maury, Jean de Bonnot 1994, "Les régions naturelles de l'URSS", de Léo Berg, Payot 1941.
L'ASIE CENTRALE A FEU ET A SANG, L'EUROPE ORIENTALE FRAGILISEE
Je pars d'un constat fort simple : l'ère de répartition traditionnelle des tigres est soumise à une situation socio politique chaotique, qui n'est guère propice à la sauvegarde des derniers survivants à l'état sauvage d'une part, ni à la réintroduction d'animaux captifs réensauvagés d'autre part.
La zone qui compta jusqu'au milieu du XXème siècle entre 15 et 20 espèces de grands et moyens mammifères carnivores (dont 7 espèces de grands félins), et hébergeait des descendants des rhinocéros à fourrure préhistoriques à l'époque où les tigres vivaient aussi en Europe, est aujourd'hui sinistrée écologiquement et humainement, les deux choses étant intimement liées.
J'ai documenté largement, à plusieurs reprises, la connection fonfamentale entre le destin des tigres et des hommes (voir mon site et mes articles parus dans la Lettre de la SECAS en 2008), la question de la puissance du lobby du commerce des produits issus des grands prédateurs (voir par exemple la page publiée le 14 juillet dernier), et d'une façon plus générale, l'impact des activités humaines les plus destructrices en lien avec des types d'organisations sociales aux conséquences cataclysmiques pour les êtres humains (pages des 12 Juillet et 11 Octobre).
Aujourd'hui, Chine, Inde et Russie sont pris dans un tourbillon nécrosant, où les vertus traditionnelles de leurs cultures respectives sont méthodiquement mises à mal par les classes dominantes, et salies aux yeux des peuples. L'anéantissement des cultures du tigre en Asie par la modernité européenne à partir de la fin du 19ème siècle avait brisé un lien vital pour les sociétés humaines. En conséquence directe, celles ci semblent désormais en train de se suicider.
La Russie orientale est dévastée par les mafias chinoise et locale (voir page du 11 Octobre).
La Chine masque des difficultés immenses et une situation précaire derrière une boursouflure dysharmonique aux antipodes de l'économie - à moins que l'on confonde Amour et viol - (pages des 12 Juillet et 4 Octobre), entraînant notamment un point de rupture léthal entre les différentes communautés qui la composent.
Une Inde aboulique dans tous les domaines essentiels à la sauvegarde de ses populations, sans parler de sa diplomatie illisible et par conséquent jugée négligeable, parachève dans l'anomie la destruction de sa culture entamée par Nehru au siècle dernier, en s'engageant dans le "Green Hunt", une opération paramilitaire contre des prétendus "Naxalites Maoïstes" dont la plupart ne sont que des pauvres gens qui n'en peuvent mais, intouchables et dalits qui cherchent à survivre et s'affranchir d'une oppression intolérable dans les forêts et les ravines du centre du pays, prélude possible à une guerre civile de grande ampleur.
La Chine, en difficulté dans la partie de l'Asie centrale sur laquelle elle a la main mise politique (Tibet, et bien plus encore Xinjiang), menace d' annexer "le Tibet du Sud", l'Anurachal Pradesh sous contrôle politique indien, qu'elle revendique comme sien. Elle attise le séparatisme cachemiri, soutient le Pakistan qui, en retour, n'a pas peu contribué à la liquidation des Tigres de l'EELAM tamoul au Sri Lanka en mai dernier. Un blogueur anonyme chinois indique que "La Chine peut démembrer la prétendue Union Indienne en un clin d'oeil". Dans le contexte du "Green Hunt", celui - ci n'a probablement pas tort...
Et peut - on raisonnablement envisager, dans un avenir prévisible, une réintroduction du tigre centre asiatique (à partir de son noyau génomique sibérien) au Pakistan, en Afghanistan, ou dans les zones hyperarides du Karakalpakstan ouzbek où le delta de l'Amou Daria au débit significativement appauvri n'est plus connecté au flanc sud de la mer d'Aral et où les pesticides mis à nu par l'assèchement de l'environnement entraîne le taux de mortalité infantile le plus élevé au Monde?
Ceci relativise le tracé initialement prévu pour le "Dragon vert", projet de reconstitution des forêts alluviales du réseau hydrographique eurasien préalable à son réensemencemencement en grands prédateurs sauvages, dont grands félins et hyénidés, en Asie centrale du méandre occidental du Fleuve jaune à la mer Caspienne, puis en Europe orientale à partir des côtes orientales des mers Noire et d'Azov ( page publiée le 27 Aout, puis l'alternative septentrionale proposée par Evgeny Kashkharov - communication personnelle du 25 septembre - ).
De plus, le delta du Danube voit ses ecosystèmes mis à mal.
Une initiative des autorités roumaines prise en 2008 (destruction des espèces clefs de voûte telles que les grands prédateurs, ainsi que les chevaux sauvages et les pélicans) est le prélude à la mise en culture des forêts alluviales, à l'image de ce qui se passa au Turkestan russe dans la première moitié du XXème siècle (destruction des tigres, léopards, lions relictuels, panthères des neiges à partir de 1906, préalable à l'incendie de la forêt tugaï et la famine artificielle qui extermina un tiers des pasteurs kazakhs (1929 - 1931), la transformation de la steppe lacustre en champs gigantesques pour la monoculture du coton (années 30, puis 50) et la destruction de la mer d'Aral et des populations humaines et animales riveraines et endémiques (années 60 et 70).
De plus, et à une échelle présente probablement pire encore, le passage de supertankers ukrainiens ravage ce milieu qui fut jusqu'à une époque très récente d'une extrême richesse. Les autorités ukrainiennes ont entamé la construction d'un canal, creusant le fond du delta sur une profondeur de 22 mètres, bouleversant en totalité l'équilibre de celui - ci, pour permettre le passage de supertankers plus volumineux encore.
La Commission Européenne, directement responsable de ce qui se passe sur le territoire relevant de son autorité, est d'un silence assourdissant concernant les deux causes de destruction d'un joyau territorial sur lequel elle a une main mise politique théorique.
La construction du "South Stream", gazoduc sous la Mer Noire conjointement construit par la Russie et l'Italie, après un accord bilatéral Poutine - Berlusconi contre l'avis d'une commission européenne impuissante, est un autre symptôme de la "réalité" de l'Europe comme ectoplasme politique impuissant, qui, s'il l'était, adopterait de toute façon, pour l'instant, les orientations asiatiques présentes.
L'EUROPE, TERRE ENCORE SAUVAGE : TIGRES ET CHEVAUX
Réintroduire des tigres dans les forêts alluviales de l'Allier ou de tout autre fleuve sauvage européen ne va évidemment pas de soi, et chacun est bien conscient des harmonisations nécessaires et des étapes à organiser pour l'établissement d'une expérience non pas dissuasive et vaccinatoire, mais au contraire utile, efficace, productive et féconde.
Et en premier lieu, l'extension des zones alluviales est préalable à l'introduction de grands félins, loin de zones habitées dans un premier temps. Une révision en profondeur du Plan d'Occupation des Sols, et notamment la question de l'établissement ou du maintien de zones de lotissements, doit être précédée d'une phase de "rapprochement" des zones où s'épanouissent les prédateurs et des établissements humains, habités par de petites communautés de volontaires enthousiastes (elles existent, le le sais de source très sûre).
Des établissements comme le Parc des Félins à Nesles peuvent certainement jouer un rôle catalytique au niveau des protocoles éthologiques de réensauvagement.
J'ai posé la question, dans mes videos publiées le 2 septembre sur Dailymotion (accessibles sur la page du 31 août), de la présence éventuelle de tigres eurasiens dans les parties centrales et occidentales du bassin du Danube dans les temps historiques, notamment lors de l'optimum néolithique humide d'une part, entre les 5ème et 15ème siècles d'autre part.
Encore aujourd'hui, des restes de ce qui fut un continuum écologique de forêts et de zones humides constitué il y a 10 000 ans à l'issue de la dernière période glaciaire (milieu beaucoup plus favorable aux tigres et léopards qu'aux lions dominants lors de la période précédente) sont toujours présents de l'Europe centrale au coeur du Massif central.
Les marais Pripiatsky (Biélorussie méridionale), constituent, sur plus de 80 000 ha, le poumon vert de l'Europe. La présence de tigres en ces lieux au moins entre les10ème et 12ème siècles a été dûment établie par le scientifique russe Vladimir Heptner, spécialiste des mammifères carnivores, en 1969 (pages des 16, 19 et 31 août). Qui plus est, les ravins et les dépressions circulaires (inondées ou non) de la steppe lacustre d'Asie centrale, qui ont offert aux tigres leurs repères préférentiels, étaient encore largement présents dans la zone de steppe boisée ukrainienne jusqu'au milieu du siècle dernier, précisément dans les zones hantées par ces animaux pendant les temps médiévaux. Les forêts proprement dites n'étaient présentes dans cette zone que sur les rives inondables des rivières, avec ormes, chênes, trembles, peupliers noirs et argentés, saules, érables champêtres, coudriers, aubépines, aulnes noirs (glutineux), poiriers, pommiers, prunelliers... On y trouvait aussi des ours, des élans, des aurochs, des cerfs, des antilopes saïgas, des gloutons et des castors.
Les proies préférentielles des tigres en ces lieux n'étaient pas les sangliers (qui se déplaçaient en troupeaux gigantesques en Asie centrale mais qui étaient moins généreusement représentés en Europe centrale sous la forme géante Sus scrofa attila). C'étaient les chevaux sauvages, qui constituaient des bandes immenses et qu'allait capturer le Grand Prince kievien Vladimir Monomaque, celui là même qui fut confronté au tigre lors d'une de ses chasses (voir pages des 16, 19 et 31 août), et que le peintre Viktor Vaznetsov a immortalisé au 19ème siècle.
En contiguité géographique avec eux, sont encore bien vivants à l'heure actuelle les 26 000 ha de zones humides du Parc de la rivière Biebzra en Pologne orientale, avec des murs infranchissables de roseaux, et les marais de Viru Raba, en Lituanie méridionale. Les carpates roumaines occidentales, également concernées par la présence possible de grands félins pendant la période médiévale (voir le document PDF "Europe et grands félins", sur mon site "4 continents pour les tigres"), conservent encore une roborative sauvagerie, où loups,lynx ours bruns et chats sauvages évoluent en liberté.
Plus au Nord, la Finlande regorge encore de ces grands prédateurs, auquel on doit ajouter le glouton.
Les élans, encore présents dans toute la Scandinavie, font aujourd'hui l'objet d' une réintroduction dans le marais Vernier, près du Havre.
Plus à l'Ouest, le lac de Fertö, à cheval sur la Hongrie et l'Autriche, est le lac de steppe le plus occidental d'Europe. Il constitue un reliquat de la grande steppe eurasienne antique et médiévale, où les civilisations pastorales jouaient un rôle prépondérant dans l'évolution écologique, humaine et géopolitique de l'Eurasie, et permet l'épanouissement de roselières particulièrement gigantesques.
Dans le bassin du Danube antique, les populations germaniques vouaient un véritable culte à la forêt, prenant grand soin de la protéger. Quelques siècles avant la conquête romaine, lors de l'arrivée des celtes en Gaule, le Megaceros (daim à large ramure) préhistorique, plus grand cervidé de tous les temps, et le renne, étaient peut être encore présents, du Nord de la France au pied des Pyrénées.
Le tropisme sylvestre des Germains eut de grandes répercussions sur les orientations de la politique environnementale dans l'espace français (et plus encore en Allemagne) lors du bas moyen - âge, puis à l'époque féodale.
Il a toujours existé une tendance plus ou moins affirmée dans la Noblesse (et plus ou moins contrariée politiquement et économiquement par l'action de l'Eglise), de privilégier la forêt et les animaux sauvages au détriments des champs, villages et paysans.
La forêt des Ardennes, par exemple, produisait une impression si profonde sur les imaginations qu'on la voit figurer fréquemment dans les aventures fablées des trouvères, où elle est dépeinte commez le repaire d'animaux tels que les lions, tigres et léopards.
Un félin énigmatique, le chama, appelé rufius par les Romains et qui était peut être le lynx ( mais rien n'est moins sûr), semblait particulièrememe redoutable pour les chasseurs (plus encore que l'aurochs) au moins jusqu'au 15ème siècle.
Il est en tout cas clairement établi que le lynx pardelle (ou lynx ibérique) est historiquement un représentant de la faune de France, jusqu'à une époque relativement récente.
Vers la fin du Moyen Âge, ce sont plutôt les marais et étangs qui prennent le pas à la fois sur des territoires forestiers et des zones habitées.
L'ALLIER ET LA SIOULE, RIVIERES ENCORE SAUVAGES
Je me suis fréquemment promené, ces derniers mois, dans la "jungle" du domaine public fluvial, sur la commune d'Hauterive. Un sentiment de force réparatrice vous envahit dans un environnement d'une telle puissance accueillante, à deux pas de lotissements où une vie étriquée et aveugle impose son ordre torve...
Le mois dernier, une bonne centaine d'aigrettes blanches s'étaient invitées dans un grand champ où paissaient de paisibles vaches, à quelques km de là, sur la commune de Mariol.
Quelques années auparavant (mars 2005), j'avais eu l'occasion de comparer les bords d'un de ses affluents à une véritable savane africaine, en route pour les journées cinéma Nature à Dompierre sur Besbre. On voyait des familles populeuses de ragondins évoluer au milieu des oiseaux aquatiques, non loin de lignes de peupliers marquant le lit de la rivière...
Les clichés pris par le biologiste russe O. Bogdanov dans la forêt alluviale ouzbèke de Badaï Tugaï évoquent trait pour trait l'Allier et certains membres du réseau de son bassin...
Les listes d'essences arbustives et arborescentes des forêts alliuviales et des bras morts du fleuve fournies dans le document de la FRANE recoupent en très grande partie celles données par Leo Berg pour l'Asie centrale.
Il est aussi profondément émouvant de connaître l'hydrologie fantasque de la soeur jumelle de la Loire, dont les crues peuvent être les plus importantes d'Europe occidentale, seulement égalées par celles du Pô. Ainsi, la crue de novembre 1790 provoqua un flot frôlant les arches du pont Régemortes à Moulins, et aurait atteint au Bec d'Allier (soit à la confluence Allier - Loire à hauteur de Nevers) un débit de 7000m3/s.
La priorité consiste à rétablir la dynamique du fleuve et restaurer sa gigantesque nappe alluviale en faisant cesser les extractions de granulat qui provoquent un affaissement du lit du fleuve aux conséquences catastrophiques, ainsi que l'encerclement de la réserve du Val d'Allier et le pillage de son eau pour l'irrigation de la monoculture du maïs sur de vastes espaces captifs.
Il s'agit de définir puis de lui réoffrir son espace de liberté, qui est l'espace vital pour le bassin et tous ceux qui y vivent.
Les gorges de la Sioule, affluent du Fleuve, que j'ai parcourues dans des secteurs divers (à hauteur du viaduc de Rouzat près de Gannat, au Pont de Menat...) et dont certaines parties à la topographie particulièrement tourmentée n'ont pas été foulées par un pied d'homme ou une patte de chien depuis des décennies sinon des siècles, devraient être classées prochainement en réserve biologique intégrale, fonctionnant donc comme des forêts en libre évolution. Celà concernera 358 ha. Aujourd'hui, seuls 98 ha bénéficient de ce statut en Auvergne (enclave de Nantigny, au centre de la forêt de Tronçais).
Voilà comment j'aime les gorges, la forêt, le fleuve.
Pour les tigres, les chevaux, et nous - mêmes.
Une Allier Nature.
Ceci fut fait en suite logique à la mise en place du site "4 continents pour les tigres" à l'été 2007, à la recherche de formules originales permettant un avenir solide aux grands félins.
Je donnerai sur ce sujet une conférence au Museum d'Histoire Naturelle de Paris le 23 Janvier 2010, intitulée "Le retour des grands félins au coeur de l'Europe : renaissance du Dragon Vert".
Entièrement absorbé par cette tâche, je n'avais plus transmis depuis cette période, de contribution écrite à la revue de la Fédération Allier Nature, à laquelle j'avais fourni des articles régulièrement depuis 2001.
Je souhaite donc que ce texte, publié sur mon blog le 27 octobre 2009, puisse servir à la nécessaire harmonisation des luttes locales et globales pour la défense de la Nature, pour l'Allier, l'Europe et le Monde.
J'ai utilisé notamment, pour la mise en lumière des richesses du fleuve Allier et son caractère accueillant pour une faune eurasienne digne de ce nom, les documents sur la forêt et la biodiversité en Auvergne d'une part, l'Allier rivière sauvage d'autre part, publiés par la FRANE en 2009, et en regard, et éclairage additionnel à celà, le Terre Sauvage Hors Série Cahiers Nature de l'Hiver 2008 - 2009 sur l'Europe Nature, "Rare animals" de O.P. Bogdanov 1992, concernant les espèces remarquables de la faune ouzbèke dans leur milieu, don gracieux de M. René Cagnat , auteur de "La Rumeur des steppes,"traducteur en russe de mon texte "L'avenir des tigres est en Russie" (avril 2009, concernant notamment des zones occidentales et méridionales du pays ) et ambassadeur de France en Kirghizie, à l'occasion de notre rencontre le samedi 10 Octobre, "Les forêts de la Gaule et de l'Ancienne France" d'Alfred Maury, Jean de Bonnot 1994, "Les régions naturelles de l'URSS", de Léo Berg, Payot 1941.
L'ASIE CENTRALE A FEU ET A SANG, L'EUROPE ORIENTALE FRAGILISEE
Je pars d'un constat fort simple : l'ère de répartition traditionnelle des tigres est soumise à une situation socio politique chaotique, qui n'est guère propice à la sauvegarde des derniers survivants à l'état sauvage d'une part, ni à la réintroduction d'animaux captifs réensauvagés d'autre part.
La zone qui compta jusqu'au milieu du XXème siècle entre 15 et 20 espèces de grands et moyens mammifères carnivores (dont 7 espèces de grands félins), et hébergeait des descendants des rhinocéros à fourrure préhistoriques à l'époque où les tigres vivaient aussi en Europe, est aujourd'hui sinistrée écologiquement et humainement, les deux choses étant intimement liées.
J'ai documenté largement, à plusieurs reprises, la connection fonfamentale entre le destin des tigres et des hommes (voir mon site et mes articles parus dans la Lettre de la SECAS en 2008), la question de la puissance du lobby du commerce des produits issus des grands prédateurs (voir par exemple la page publiée le 14 juillet dernier), et d'une façon plus générale, l'impact des activités humaines les plus destructrices en lien avec des types d'organisations sociales aux conséquences cataclysmiques pour les êtres humains (pages des 12 Juillet et 11 Octobre).
Aujourd'hui, Chine, Inde et Russie sont pris dans un tourbillon nécrosant, où les vertus traditionnelles de leurs cultures respectives sont méthodiquement mises à mal par les classes dominantes, et salies aux yeux des peuples. L'anéantissement des cultures du tigre en Asie par la modernité européenne à partir de la fin du 19ème siècle avait brisé un lien vital pour les sociétés humaines. En conséquence directe, celles ci semblent désormais en train de se suicider.
La Russie orientale est dévastée par les mafias chinoise et locale (voir page du 11 Octobre).
La Chine masque des difficultés immenses et une situation précaire derrière une boursouflure dysharmonique aux antipodes de l'économie - à moins que l'on confonde Amour et viol - (pages des 12 Juillet et 4 Octobre), entraînant notamment un point de rupture léthal entre les différentes communautés qui la composent.
Une Inde aboulique dans tous les domaines essentiels à la sauvegarde de ses populations, sans parler de sa diplomatie illisible et par conséquent jugée négligeable, parachève dans l'anomie la destruction de sa culture entamée par Nehru au siècle dernier, en s'engageant dans le "Green Hunt", une opération paramilitaire contre des prétendus "Naxalites Maoïstes" dont la plupart ne sont que des pauvres gens qui n'en peuvent mais, intouchables et dalits qui cherchent à survivre et s'affranchir d'une oppression intolérable dans les forêts et les ravines du centre du pays, prélude possible à une guerre civile de grande ampleur.
La Chine, en difficulté dans la partie de l'Asie centrale sur laquelle elle a la main mise politique (Tibet, et bien plus encore Xinjiang), menace d' annexer "le Tibet du Sud", l'Anurachal Pradesh sous contrôle politique indien, qu'elle revendique comme sien. Elle attise le séparatisme cachemiri, soutient le Pakistan qui, en retour, n'a pas peu contribué à la liquidation des Tigres de l'EELAM tamoul au Sri Lanka en mai dernier. Un blogueur anonyme chinois indique que "La Chine peut démembrer la prétendue Union Indienne en un clin d'oeil". Dans le contexte du "Green Hunt", celui - ci n'a probablement pas tort...
Et peut - on raisonnablement envisager, dans un avenir prévisible, une réintroduction du tigre centre asiatique (à partir de son noyau génomique sibérien) au Pakistan, en Afghanistan, ou dans les zones hyperarides du Karakalpakstan ouzbek où le delta de l'Amou Daria au débit significativement appauvri n'est plus connecté au flanc sud de la mer d'Aral et où les pesticides mis à nu par l'assèchement de l'environnement entraîne le taux de mortalité infantile le plus élevé au Monde?
Ceci relativise le tracé initialement prévu pour le "Dragon vert", projet de reconstitution des forêts alluviales du réseau hydrographique eurasien préalable à son réensemencemencement en grands prédateurs sauvages, dont grands félins et hyénidés, en Asie centrale du méandre occidental du Fleuve jaune à la mer Caspienne, puis en Europe orientale à partir des côtes orientales des mers Noire et d'Azov ( page publiée le 27 Aout, puis l'alternative septentrionale proposée par Evgeny Kashkharov - communication personnelle du 25 septembre - ).
De plus, le delta du Danube voit ses ecosystèmes mis à mal.
Une initiative des autorités roumaines prise en 2008 (destruction des espèces clefs de voûte telles que les grands prédateurs, ainsi que les chevaux sauvages et les pélicans) est le prélude à la mise en culture des forêts alluviales, à l'image de ce qui se passa au Turkestan russe dans la première moitié du XXème siècle (destruction des tigres, léopards, lions relictuels, panthères des neiges à partir de 1906, préalable à l'incendie de la forêt tugaï et la famine artificielle qui extermina un tiers des pasteurs kazakhs (1929 - 1931), la transformation de la steppe lacustre en champs gigantesques pour la monoculture du coton (années 30, puis 50) et la destruction de la mer d'Aral et des populations humaines et animales riveraines et endémiques (années 60 et 70).
De plus, et à une échelle présente probablement pire encore, le passage de supertankers ukrainiens ravage ce milieu qui fut jusqu'à une époque très récente d'une extrême richesse. Les autorités ukrainiennes ont entamé la construction d'un canal, creusant le fond du delta sur une profondeur de 22 mètres, bouleversant en totalité l'équilibre de celui - ci, pour permettre le passage de supertankers plus volumineux encore.
La Commission Européenne, directement responsable de ce qui se passe sur le territoire relevant de son autorité, est d'un silence assourdissant concernant les deux causes de destruction d'un joyau territorial sur lequel elle a une main mise politique théorique.
La construction du "South Stream", gazoduc sous la Mer Noire conjointement construit par la Russie et l'Italie, après un accord bilatéral Poutine - Berlusconi contre l'avis d'une commission européenne impuissante, est un autre symptôme de la "réalité" de l'Europe comme ectoplasme politique impuissant, qui, s'il l'était, adopterait de toute façon, pour l'instant, les orientations asiatiques présentes.
L'EUROPE, TERRE ENCORE SAUVAGE : TIGRES ET CHEVAUX
Réintroduire des tigres dans les forêts alluviales de l'Allier ou de tout autre fleuve sauvage européen ne va évidemment pas de soi, et chacun est bien conscient des harmonisations nécessaires et des étapes à organiser pour l'établissement d'une expérience non pas dissuasive et vaccinatoire, mais au contraire utile, efficace, productive et féconde.
Et en premier lieu, l'extension des zones alluviales est préalable à l'introduction de grands félins, loin de zones habitées dans un premier temps. Une révision en profondeur du Plan d'Occupation des Sols, et notamment la question de l'établissement ou du maintien de zones de lotissements, doit être précédée d'une phase de "rapprochement" des zones où s'épanouissent les prédateurs et des établissements humains, habités par de petites communautés de volontaires enthousiastes (elles existent, le le sais de source très sûre).
Des établissements comme le Parc des Félins à Nesles peuvent certainement jouer un rôle catalytique au niveau des protocoles éthologiques de réensauvagement.
J'ai posé la question, dans mes videos publiées le 2 septembre sur Dailymotion (accessibles sur la page du 31 août), de la présence éventuelle de tigres eurasiens dans les parties centrales et occidentales du bassin du Danube dans les temps historiques, notamment lors de l'optimum néolithique humide d'une part, entre les 5ème et 15ème siècles d'autre part.
Encore aujourd'hui, des restes de ce qui fut un continuum écologique de forêts et de zones humides constitué il y a 10 000 ans à l'issue de la dernière période glaciaire (milieu beaucoup plus favorable aux tigres et léopards qu'aux lions dominants lors de la période précédente) sont toujours présents de l'Europe centrale au coeur du Massif central.
Les marais Pripiatsky (Biélorussie méridionale), constituent, sur plus de 80 000 ha, le poumon vert de l'Europe. La présence de tigres en ces lieux au moins entre les10ème et 12ème siècles a été dûment établie par le scientifique russe Vladimir Heptner, spécialiste des mammifères carnivores, en 1969 (pages des 16, 19 et 31 août). Qui plus est, les ravins et les dépressions circulaires (inondées ou non) de la steppe lacustre d'Asie centrale, qui ont offert aux tigres leurs repères préférentiels, étaient encore largement présents dans la zone de steppe boisée ukrainienne jusqu'au milieu du siècle dernier, précisément dans les zones hantées par ces animaux pendant les temps médiévaux. Les forêts proprement dites n'étaient présentes dans cette zone que sur les rives inondables des rivières, avec ormes, chênes, trembles, peupliers noirs et argentés, saules, érables champêtres, coudriers, aubépines, aulnes noirs (glutineux), poiriers, pommiers, prunelliers... On y trouvait aussi des ours, des élans, des aurochs, des cerfs, des antilopes saïgas, des gloutons et des castors.
Les proies préférentielles des tigres en ces lieux n'étaient pas les sangliers (qui se déplaçaient en troupeaux gigantesques en Asie centrale mais qui étaient moins généreusement représentés en Europe centrale sous la forme géante Sus scrofa attila). C'étaient les chevaux sauvages, qui constituaient des bandes immenses et qu'allait capturer le Grand Prince kievien Vladimir Monomaque, celui là même qui fut confronté au tigre lors d'une de ses chasses (voir pages des 16, 19 et 31 août), et que le peintre Viktor Vaznetsov a immortalisé au 19ème siècle.
En contiguité géographique avec eux, sont encore bien vivants à l'heure actuelle les 26 000 ha de zones humides du Parc de la rivière Biebzra en Pologne orientale, avec des murs infranchissables de roseaux, et les marais de Viru Raba, en Lituanie méridionale. Les carpates roumaines occidentales, également concernées par la présence possible de grands félins pendant la période médiévale (voir le document PDF "Europe et grands félins", sur mon site "4 continents pour les tigres"), conservent encore une roborative sauvagerie, où loups,lynx ours bruns et chats sauvages évoluent en liberté.
Plus au Nord, la Finlande regorge encore de ces grands prédateurs, auquel on doit ajouter le glouton.
Les élans, encore présents dans toute la Scandinavie, font aujourd'hui l'objet d' une réintroduction dans le marais Vernier, près du Havre.
Plus à l'Ouest, le lac de Fertö, à cheval sur la Hongrie et l'Autriche, est le lac de steppe le plus occidental d'Europe. Il constitue un reliquat de la grande steppe eurasienne antique et médiévale, où les civilisations pastorales jouaient un rôle prépondérant dans l'évolution écologique, humaine et géopolitique de l'Eurasie, et permet l'épanouissement de roselières particulièrement gigantesques.
Dans le bassin du Danube antique, les populations germaniques vouaient un véritable culte à la forêt, prenant grand soin de la protéger. Quelques siècles avant la conquête romaine, lors de l'arrivée des celtes en Gaule, le Megaceros (daim à large ramure) préhistorique, plus grand cervidé de tous les temps, et le renne, étaient peut être encore présents, du Nord de la France au pied des Pyrénées.
Le tropisme sylvestre des Germains eut de grandes répercussions sur les orientations de la politique environnementale dans l'espace français (et plus encore en Allemagne) lors du bas moyen - âge, puis à l'époque féodale.
Il a toujours existé une tendance plus ou moins affirmée dans la Noblesse (et plus ou moins contrariée politiquement et économiquement par l'action de l'Eglise), de privilégier la forêt et les animaux sauvages au détriments des champs, villages et paysans.
La forêt des Ardennes, par exemple, produisait une impression si profonde sur les imaginations qu'on la voit figurer fréquemment dans les aventures fablées des trouvères, où elle est dépeinte commez le repaire d'animaux tels que les lions, tigres et léopards.
Un félin énigmatique, le chama, appelé rufius par les Romains et qui était peut être le lynx ( mais rien n'est moins sûr), semblait particulièrememe redoutable pour les chasseurs (plus encore que l'aurochs) au moins jusqu'au 15ème siècle.
Il est en tout cas clairement établi que le lynx pardelle (ou lynx ibérique) est historiquement un représentant de la faune de France, jusqu'à une époque relativement récente.
Vers la fin du Moyen Âge, ce sont plutôt les marais et étangs qui prennent le pas à la fois sur des territoires forestiers et des zones habitées.
L'ALLIER ET LA SIOULE, RIVIERES ENCORE SAUVAGES
Je me suis fréquemment promené, ces derniers mois, dans la "jungle" du domaine public fluvial, sur la commune d'Hauterive. Un sentiment de force réparatrice vous envahit dans un environnement d'une telle puissance accueillante, à deux pas de lotissements où une vie étriquée et aveugle impose son ordre torve...
Le mois dernier, une bonne centaine d'aigrettes blanches s'étaient invitées dans un grand champ où paissaient de paisibles vaches, à quelques km de là, sur la commune de Mariol.
Quelques années auparavant (mars 2005), j'avais eu l'occasion de comparer les bords d'un de ses affluents à une véritable savane africaine, en route pour les journées cinéma Nature à Dompierre sur Besbre. On voyait des familles populeuses de ragondins évoluer au milieu des oiseaux aquatiques, non loin de lignes de peupliers marquant le lit de la rivière...
Les clichés pris par le biologiste russe O. Bogdanov dans la forêt alluviale ouzbèke de Badaï Tugaï évoquent trait pour trait l'Allier et certains membres du réseau de son bassin...
Les listes d'essences arbustives et arborescentes des forêts alliuviales et des bras morts du fleuve fournies dans le document de la FRANE recoupent en très grande partie celles données par Leo Berg pour l'Asie centrale.
Il est aussi profondément émouvant de connaître l'hydrologie fantasque de la soeur jumelle de la Loire, dont les crues peuvent être les plus importantes d'Europe occidentale, seulement égalées par celles du Pô. Ainsi, la crue de novembre 1790 provoqua un flot frôlant les arches du pont Régemortes à Moulins, et aurait atteint au Bec d'Allier (soit à la confluence Allier - Loire à hauteur de Nevers) un débit de 7000m3/s.
La priorité consiste à rétablir la dynamique du fleuve et restaurer sa gigantesque nappe alluviale en faisant cesser les extractions de granulat qui provoquent un affaissement du lit du fleuve aux conséquences catastrophiques, ainsi que l'encerclement de la réserve du Val d'Allier et le pillage de son eau pour l'irrigation de la monoculture du maïs sur de vastes espaces captifs.
Il s'agit de définir puis de lui réoffrir son espace de liberté, qui est l'espace vital pour le bassin et tous ceux qui y vivent.
Les gorges de la Sioule, affluent du Fleuve, que j'ai parcourues dans des secteurs divers (à hauteur du viaduc de Rouzat près de Gannat, au Pont de Menat...) et dont certaines parties à la topographie particulièrement tourmentée n'ont pas été foulées par un pied d'homme ou une patte de chien depuis des décennies sinon des siècles, devraient être classées prochainement en réserve biologique intégrale, fonctionnant donc comme des forêts en libre évolution. Celà concernera 358 ha. Aujourd'hui, seuls 98 ha bénéficient de ce statut en Auvergne (enclave de Nantigny, au centre de la forêt de Tronçais).
Voilà comment j'aime les gorges, la forêt, le fleuve.
Pour les tigres, les chevaux, et nous - mêmes.
Une Allier Nature.
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LA COURSE A L'ABIME
ILS VEULENT TUER L'ESPOIR DANS L'OEUF
Les initiatives pour réensemencer le Monde en Nature sauvage et réenchanter celle ci par la présence de grands prédateurs sauvages sont "des jets d'aube sur la noirceur d'un futur engoncé dans ses hardes de sang".
L'équipage du Titanic humain semble connaître un effondrement psychologique complet et basculer dans la folie schyzophrène la plus absolue. Malgré tous les signaux d'alerte, ils nous entraînent sciemment et résolument vers l'abîme.
FORETS BOREALES : LE DRAGON JAUNE DEVORE LE DRAGON VERT
Le journaliste espagnol Alfonso Daniels, après avoir mené une enquête à Dalneretchensk (Russie), a publé en début de semaine un article dans le journal madrilène El Mundo. Il y présente un témoignage sur les pires atteintes jamais portées à la Nature sibérienne, qui eut pourtant, au cours de son histoire, à subir de très nombreuses agressions, dont certaines furent colossales.
Il décrit, sous un ciel plombé, des files interminables de wagons remplis de grumes attendant à la gare de Dalneretchensk, dans la région russe du Primorie, à l'extrême - Est du pays, célèbre pour ses derniers tigres et léopards. Ce bois sibérien traversera bientôt la frontière chinoise, où il sera utilisé pour construire des maisons, des ponts et des édifices ou bien pour fabriquer des meubles de jardin destinés à l'exportation vers les marchés occidentaux.
On estime à environ 7 millions de tonnes la quantité de bois coupée chaque année, dont 30% seraientt issus de l'abattage illégal. Un énorme négoce que contrôlent d'une main de fer les mafias russe et chinoise, et qui menace de détruire à jamais les forêts millénaires de chênes, tilleuls, pins sylvestres, épicéas et bouleaux. Au rythme actuel, la fin de l'écosystème le plus riche de l'hémisphère Nord - non seulement ultime refuge des plus grands félins de la planète qui sont eux - mêmes l'ultime réserve génétique pour une résurrection des tigres d'Europe et d'Asie centrale, mais aussi source de nourriture pour des millions de familles - est pour bientôt. Une activité qui pèse près de 1 milliard d'euros au marché noir.
C'est la mafia chinoise qui bénéficie de ces activités de massacre et de pillage.
Son principal chef, Sun Laijun, est à la tête d'une fortune de plusieurs millions d'euros et dirige l'entreprise Longjiang Shanglian.
Son jeune frère, Laiyung, a reconnu, devant des enquêteurs se faisant passer pour des entrepreneurs du secteur, qu'il versait des millions de dollars en espèces à des mafieux russes et à des policiers pour importer le bois sans avoir à payer de taxes. Les intermédiaires exigent entre 70 et 140 euros par camion de grumes, selon que les papiers des transporteurs sont en règle ou non.
De plus, selon Alexandre Vitrik, l'un des inspecteurs en chef de la région, dans les rares occasions où se produisent des arrestations, comme celle de l'ex-maire de Vladivostok (surnommé "Winnie l'Ourson"), des pressions énormes provenant des hautes sphères du pouvoir freinent les procédures. "Je ne peux pas donner de noms, mais ils sont protégés par des gens très influents."
Il admet aussi que certains inspecteurs sont eux mêmes corrompus, pendant que des MILLIERS d'autres, courageux et honnêtes, ont été mis à pied.
ON DETRUIT CELLE QUI PEUT SAUVER LE MONDE
La forêt boréale de Russie, du Canada et d'autres pays nordiques est la dernière sur Terre que l'on puisse encore aujourd'hui qualifier, dans une large mesure, d'originelle, vierge et inviolée (article de Nikolaï Podorvaniouk dans Gazeta.ru du début de cette semaine, concernant les travaux d'une équipe de chercheurs dirigée par l'australien Corey Bradshaw).
La Russie abrite environ 70% des forêts boréales de la planète (plus des trois quarts se trouvent en Sibérie, le reste dans sa partie européenne).
On en trouve également au Canada, en Alaska et en Scandinavie.
Elles absorbent le tiers du gaz carbonique rejeté dans l'atmosphère.
Depuis quelques années, c'est en Russie que l'on constate la plus forte diminution de surface de ces forêts (1,1million d'ha anéantis par an), dûe à l'intensification des coupes, au développement rapide des villes, à la construction des barrages, à l'exploitation des tourbières et des ressources fossiles, et à la multiplication des incendies, d'origine humaine, puisque se déclenchant le plus souvent le long des routes et aux abords des localités.
A la différence de nombreuses régions de la planète dont les écosystèmes ont été largement mis à mal, les pays nordiques peuvent, s'ils le veulent, le décident et s'en donnent les moyens, conserver leurs forêts boréales et assurer ainsi une véritable absorption du gaz carbonique.
Tout le monde sait. Chacun doit choisir. Et l'Histoire tranchera.
OBAMA RENONCE A LUTTER CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
Copenhague, c'est fini avant d'avoir commencé.
Barack Obama est sur le point de renoncer à ses orientations premières sur la question du changement climatique.
Hu Jintao, le dirigeant Chinois, a dit que son pays était prêt à véritablement s'engager... si les pays "développés" et le premier d'entre eux, les Etats - Unis, faisaient de même.
Mais aujourd'hui, les Chinois protestent contre "l'immobilisme américain" en la matière.
Ces derniers jours, Carol Browner, la principale conseillère d'Obama sur l'énergie, a présenté comme une évidence qu'une législation américaine sur les réductions d'émissions de gaz ne sera pas adoptée cette année, alors qu'en Juin dernier, les Etats - Unis s'engageaient clairement dans la lutte contre le réchauffement, par un projet de loi avec calendrier et objectifs chiffrés. Celui - ci est aujourd'hui bloqué, semble t-il durablement, par le Congrès.
Dans cette situation, Obama n'a rien à dire au reste du Monde. Demander à la Chine, à l'Inde, au Brésil et à la multitude de pays pauvres de bouleverser appareils de production et modes de consommation n'a tout simplement plus aucun sens si la première puissance polluante de la planète s'exempte elle même de tout effort.
Zenya Kashkharov me proposait récemment un "lit" nordique pour le dragon vert, mais, sachant désormais
ce que vous venez de lire, ne serait - il pas plus crédible d'envisager sa réalisation sur Mars?
Il se trouve que la Terre est ma planète, et je la défendrai jusqu'au bout.
La guerre des dragons est commencée.
Les initiatives pour réensemencer le Monde en Nature sauvage et réenchanter celle ci par la présence de grands prédateurs sauvages sont "des jets d'aube sur la noirceur d'un futur engoncé dans ses hardes de sang".
L'équipage du Titanic humain semble connaître un effondrement psychologique complet et basculer dans la folie schyzophrène la plus absolue. Malgré tous les signaux d'alerte, ils nous entraînent sciemment et résolument vers l'abîme.
FORETS BOREALES : LE DRAGON JAUNE DEVORE LE DRAGON VERT
Le journaliste espagnol Alfonso Daniels, après avoir mené une enquête à Dalneretchensk (Russie), a publé en début de semaine un article dans le journal madrilène El Mundo. Il y présente un témoignage sur les pires atteintes jamais portées à la Nature sibérienne, qui eut pourtant, au cours de son histoire, à subir de très nombreuses agressions, dont certaines furent colossales.
Il décrit, sous un ciel plombé, des files interminables de wagons remplis de grumes attendant à la gare de Dalneretchensk, dans la région russe du Primorie, à l'extrême - Est du pays, célèbre pour ses derniers tigres et léopards. Ce bois sibérien traversera bientôt la frontière chinoise, où il sera utilisé pour construire des maisons, des ponts et des édifices ou bien pour fabriquer des meubles de jardin destinés à l'exportation vers les marchés occidentaux.
On estime à environ 7 millions de tonnes la quantité de bois coupée chaque année, dont 30% seraientt issus de l'abattage illégal. Un énorme négoce que contrôlent d'une main de fer les mafias russe et chinoise, et qui menace de détruire à jamais les forêts millénaires de chênes, tilleuls, pins sylvestres, épicéas et bouleaux. Au rythme actuel, la fin de l'écosystème le plus riche de l'hémisphère Nord - non seulement ultime refuge des plus grands félins de la planète qui sont eux - mêmes l'ultime réserve génétique pour une résurrection des tigres d'Europe et d'Asie centrale, mais aussi source de nourriture pour des millions de familles - est pour bientôt. Une activité qui pèse près de 1 milliard d'euros au marché noir.
C'est la mafia chinoise qui bénéficie de ces activités de massacre et de pillage.
Son principal chef, Sun Laijun, est à la tête d'une fortune de plusieurs millions d'euros et dirige l'entreprise Longjiang Shanglian.
Son jeune frère, Laiyung, a reconnu, devant des enquêteurs se faisant passer pour des entrepreneurs du secteur, qu'il versait des millions de dollars en espèces à des mafieux russes et à des policiers pour importer le bois sans avoir à payer de taxes. Les intermédiaires exigent entre 70 et 140 euros par camion de grumes, selon que les papiers des transporteurs sont en règle ou non.
De plus, selon Alexandre Vitrik, l'un des inspecteurs en chef de la région, dans les rares occasions où se produisent des arrestations, comme celle de l'ex-maire de Vladivostok (surnommé "Winnie l'Ourson"), des pressions énormes provenant des hautes sphères du pouvoir freinent les procédures. "Je ne peux pas donner de noms, mais ils sont protégés par des gens très influents."
Il admet aussi que certains inspecteurs sont eux mêmes corrompus, pendant que des MILLIERS d'autres, courageux et honnêtes, ont été mis à pied.
ON DETRUIT CELLE QUI PEUT SAUVER LE MONDE
La forêt boréale de Russie, du Canada et d'autres pays nordiques est la dernière sur Terre que l'on puisse encore aujourd'hui qualifier, dans une large mesure, d'originelle, vierge et inviolée (article de Nikolaï Podorvaniouk dans Gazeta.ru du début de cette semaine, concernant les travaux d'une équipe de chercheurs dirigée par l'australien Corey Bradshaw).
La Russie abrite environ 70% des forêts boréales de la planète (plus des trois quarts se trouvent en Sibérie, le reste dans sa partie européenne).
On en trouve également au Canada, en Alaska et en Scandinavie.
Elles absorbent le tiers du gaz carbonique rejeté dans l'atmosphère.
Depuis quelques années, c'est en Russie que l'on constate la plus forte diminution de surface de ces forêts (1,1million d'ha anéantis par an), dûe à l'intensification des coupes, au développement rapide des villes, à la construction des barrages, à l'exploitation des tourbières et des ressources fossiles, et à la multiplication des incendies, d'origine humaine, puisque se déclenchant le plus souvent le long des routes et aux abords des localités.
A la différence de nombreuses régions de la planète dont les écosystèmes ont été largement mis à mal, les pays nordiques peuvent, s'ils le veulent, le décident et s'en donnent les moyens, conserver leurs forêts boréales et assurer ainsi une véritable absorption du gaz carbonique.
Tout le monde sait. Chacun doit choisir. Et l'Histoire tranchera.
OBAMA RENONCE A LUTTER CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
Copenhague, c'est fini avant d'avoir commencé.
Barack Obama est sur le point de renoncer à ses orientations premières sur la question du changement climatique.
Hu Jintao, le dirigeant Chinois, a dit que son pays était prêt à véritablement s'engager... si les pays "développés" et le premier d'entre eux, les Etats - Unis, faisaient de même.
Mais aujourd'hui, les Chinois protestent contre "l'immobilisme américain" en la matière.
Ces derniers jours, Carol Browner, la principale conseillère d'Obama sur l'énergie, a présenté comme une évidence qu'une législation américaine sur les réductions d'émissions de gaz ne sera pas adoptée cette année, alors qu'en Juin dernier, les Etats - Unis s'engageaient clairement dans la lutte contre le réchauffement, par un projet de loi avec calendrier et objectifs chiffrés. Celui - ci est aujourd'hui bloqué, semble t-il durablement, par le Congrès.
Dans cette situation, Obama n'a rien à dire au reste du Monde. Demander à la Chine, à l'Inde, au Brésil et à la multitude de pays pauvres de bouleverser appareils de production et modes de consommation n'a tout simplement plus aucun sens si la première puissance polluante de la planète s'exempte elle même de tout effort.
Zenya Kashkharov me proposait récemment un "lit" nordique pour le dragon vert, mais, sachant désormais
ce que vous venez de lire, ne serait - il pas plus crédible d'envisager sa réalisation sur Mars?
Il se trouve que la Terre est ma planète, et je la défendrai jusqu'au bout.
La guerre des dragons est commencée.
SAVING TIGERS IN 2010 : THE WAR OF DRAGOONS
DAVID AND GOLIATH
This page will be both in french and english.
Cette page sera à la fois en français et en anglais.
VERS 2010, DANS LE BROUILLARD
2010 sera "l'année du tigre", particulièrement en Chine et dans toute son aire d'influence culturelle.
En préparation à celà, des décisions fortes, SUIVIES D'EFFETS, doivent être prises au sommet du tigre de Katmandou des 27 au 30 Octobre prochain. Pour celà, des projets alternatifs aux "fermes à tigres (de boucherie)" du surpuissant lobby du trafic des animaux sauvages, qui existent, doivent venir parasiter médiatiquement l'influence de celles-ci. En effet, la situation des tigres sauvages n'est tout simplement plus tenable. Et bientôt, celle de la Chine ne le sera plus non plus.
TOWARDS 2010, IN THE SMOG
2010 will be "the year of tiger", particularly in China and in its cultural influence sphere.
In preparation, strong decisions THAT NOT STAY ONLY WORDS must be taken during the "Tiger Summit" in Katmandu on 27 - 30 October. For that, alternative projects to "(butchery) tiger farms" of the superpowerful lobby of wild animals trade, who already exist, must mediatically parazite them. Infact, situation of wild tigers is almost desperate in the very short term.
INDE, LA FIN IMMINENTE
Les tigres sauvages indiens sont à l'agonie, et rien ne semble pouvoir empêcher une issue fatale très proche.
Les experts de ce pays viennent de reconnaître que la politique de protection du gouvernement indien était un échec, et que le braconnage se poursuivait tous azimuts, hors contrôle. Malgré l'argent dépensé, malgré les nombreuses initiatives prises depuis 2 ans, malgré les discussions avec les Chinois.
Le corridor à faune sauvage de l'Arc Teraï, entre Nepal et Inde du Nord, absolument vital pour la Nature, et le plus important réalisé à ce jour en Asie a été définitivement brisé par d'énormes travaux d'infrastructure du département des forêts de l'Etat d'Uttarakhand, à hauteur de la rivière Gola.
Le célèbre parc de Kaziranga perd régulièrement, semaine après semaine, ses tigres, ses rhinocéros, ses éléphants.
Le 24 août, la cour suprême indienne avait décrété la libération de Sansar Chand, condamné en 2004 pour braconnage.
Cet homme est le plus grand criminel direct sur la faune sauvage indienne depuis l'indépendance du pays.
La police avait retrouvé chez lui et les siens 40 peaux de tigres et 400 de léopards, pour une période de 11 mois.
Il avait reconnu plus tard avoir vendu 470 peaux de tigres et 2130 de léopards à seulement 4 clients, au Népal et au Tibet.
Toutes ces informations peuvent être retrouvées en détail sur le site de Nirmal Gosh, "Indian jungles".
INDIA, THE IMMINENT END
Indian wild tigers are in agony, and nothing seems to be able to prevent a fatal issue in a very short term.
Protection politics of the government is clearly a failure, experts admit, after (and despite) 2 years of various initiatives and an apparent will.
Teraï Arch corridor, between Nepal and India, most important ever realized in Asia and fundamental for wild fauna, has been broken by heavy infrastructure development allowed by the Uttarakhand forest department.
Famous Kaziranga park loses, week after week, its tigers, rhinos, elephants.
On August 24, Supreme Court of India decided the enlargement of Sansar Chand, found guilty of large scale poaching in 2004.
Sansar Chand is the greatest direct and individual criminal against wild fauna since the independence of India.
Diaries seized from his familiy by the Rajasthan police in 2004, allegedly showed transactions of 40 tiger skins and 400 leopards skins, in a period of 11 months. Later (2006), Sansar Chand apparently admitted to selling 470 tiger skins and 2130 leopard skins to just four clients from Nepal and Tibet.
These informations can be found with details on the site of Nirmal Gosh "Indian Jungles".
CHINE : UN DRAGON JAUNE PUISSANT ET FRAGILE
Le 25 Septembre, le scientifique sibérien Evgueny (Zhenya) Kashkharov, aujourd'hui à l'Université des Rythmes à Irkoutsk, après avoir travaillé, jusqu'à l'an dernier, à celle de de Barnaul, dans l'Altaï, avait eu cette formule : "Le dragon jaune dévore le dragon vert", précisant que les tigres devraient, comme ils l'avaient d'ailleurs toujours fait, s'en sortir par eux mêmes, indépendamment des efforts des protecteurs, et parfois en dépit de certaines initiatives de ceux -ci aux conséquences catastrophiques (radio - tracking simplifiant la tâche des braconniers, par exemple).
La puissance du "dragon jaune" chinois parait en effet, de prime abord, irrésistible. Lors d'un voyage au Pamir en Août dernier, le grand écrivain français et Ambassadeur de France en Kirghizie René Cagnat avait pu observer les immenses chantiers routiers ouverts par les fils du Ciel vers l'Asie centrale ex soviétique.
Derrière les célèbrations du 60ème anniversaire de la création de la République Populaire, qui se sont présentées comme l'expression de la marche triomphale d'un pays uni, solide, sûr de lui et dominateur, est soigneusement dissimulée une réalité beaucoup plus contrastée :
- une économie en trompe l'oeil, dont la croissance est une illusion (voir les travaux de Valérie Niquet, Directrice du centre Asie de l'Institut français des relations internationales)
- Une unité de façade : sans parler des cas bien connus des Ouïghours, Tibétains, Mongols et Mandchous, les "Hans" sont une création historiquement récente, artificielle et fragile, entre de nombreuses communautés à la langue et à la culture différente (voir les travaux de l'anthropologue Dru Gladney (article dans "Courrier international" 978 1er au 19 août 2009, page 21, avec une carte très parlante). Les oppositions resurgissent facilement à l'occasion de troubles sociaux et économiques : les cantonnais recommencent à faire entendre leur différence.
- Un pays sans eau : selon les termes d'un spécialiste, "aucun pays n'est plus peuplé que la Chine, aucun pays n'est plus pauvre en eau que lui". Dans un excellent Dossier "Quand la Chine mourra de soif", le Courrier International 987 paru ce jeudi 1er Octobre met en lumière les mécanismes qui mènent à une catastrophe déjà largement commencée, mais aussi les doutes les plus sérieux quant au modèle de développement exprimés dans la presse chinoise : un article d'un journal "dans la ligne" s'intitule "Il faut reconsidérer la politique des grands travaux", et ce, en pleine célébration du 60ème anniversaire de la création de la République Populaire, où les barrages géants sont portés au pinacle par la propagande officielle.
Plus radical, Feng Yongfeng (NGOCN.COM) invite à dynamiter les barrages, pour rétablir le réseau hydrographique dans son état initial, et redonner à la ville de Pékin son persillage de mares.
On ne doit pas se laisser impressionner par l'étalage de puissance lors des célébrations qui se sont déroulées cette semaine. Le jubilé de la Reine Victoria, en 1896, saluait "l'Empire sur lequel le Soleil ne se couche jamais". 50 ans plus tard, celui - ci avait été réduit à néant.
Comme ses fermes à tigres, et le lobby qui les promeut, le Dragon Jaune est à la fois surpuissant, et particulièrement fragile.
CHINA : A POWERFUL BUT UNSTABLE YELLOW DRAGOON.
The russian specialist of big wild feline Evgeny Khashkharov wrote me on September 25th that "The Yellow Dragoon eats the green one". The power of chinese "yellow dragoon" seems to be undestroyable. from a Pamir journey in August, the great french writer and Ambassador of france in Kirgystan René Cagnat observed immense road works towards (ex soviet) central Asia.
Infact, celebrations of 60th birthday of popular Republic creation, picture of united, powerful and solid country, mask a much more contrasted reality.
- Econometrical illusions, with immense domains of weakness in real economy (see Valérie Niquet, Director of french Institute of International relationships, centre Asia)
- A false unity : beyond well known cases of Muslims and Tibetans, "Hans" are a recent and fragile historical creation between many communities of different languages and cultures, that could easily explode in a social and economical crisis (see Dru Gladney works, article of the french weekly journal "International mail" 978, August 1st, page 21).
- A country in lack of water : as a specialist said, "no country is more populated than China, no country is poorer in water". In a very interesting compilation "when China will die of thirst", french "International mail" 987 of this week shows mechanisms conducting to an hydric crunch already begun. Chinese Press can sometimes write in an opposite way of the official propaganda (still more important this week) about giant dams and other immense infrastructure works. An "official" journal publishes an article entitled "We must change politics of great works". More radical, Feng Yongfeng 'NGOCN.COM) considers the necessity of blowing up dams to restore the hydrographic web in its original situation as well as the numerous ponds in Beijing.
Like its "tiger farms" and their promotors, the Yellow dragoon is both superpowerful... and freak.
KATMANDOU 2009, VLADIVOSTOK 2010 : LES DRAGONS DE L'ESPOIR
Comme ce fut le cas à la réunion de la CITES en Juillet dernier (voir la page de ce blog publiée le 14 Juillet), le lobby des fermes à tigres sera aux premières loges lors du "Sommet du Tigre" qui se tiendra à Katmandou du 27 au 30 Octobre prochain. Or, des projets alternatifs existent. Loin d'être des dragons jaunes dévorants, il s'agit de dragons porteurs d'un avenir solide pour la Nature sauvage. Leur matérialisation les rendrait porteurs, dans leurs flancs, de la grande Faune Sauvage de l'Avenir.
Ces projets doivent être largement diffusés et soutenus par une vague médiatique qui relèguerait les fermes à tigre au deuxième plan à l'occasion de ce sommet, puis pendant l'année 2010 avec son point d'orgue, le sommet du Tigre à Vladivostok à l'automne prochain. Quels sont -ils?
- Le Dragon Vert, déjà largement décrit dans les pages de ce blog. Il est possible que son tracé initial (entre Europe orientale et Chine centrale) soit réorienté selon un axe plus nordique (voir l'aricle qu'a publié à ce propos, E. Kashkharov, dans la revue russe "Rhytme" en 2008, que je tiens à disposition de toute personne intéressée), sa matérialisation initiale la plus raisonnable en dépit des apparences étant le "poumon vert de l'Europe", région marécageuse d'Europe orientale entre Baltique et Azov.
Il devrait donc aller d'Ouest en Est, comme Alexandre le Grand guidé dans les immenses marais par le Tigre bleu de l'Euphrate dans la pièce de Laurent Gaudé et non d'Est en Ouest comme les turcs originels guidés par la louve bleutée de la vallée d'Ergenekon dans l'Altaï.
- Le "Dragon de Montagne" de E. Kashkharov, avec comme espèce emblême le léopard des Neiges, qui impliquerait 14 pays, de l'Altaï à l'Himalaya
- Le "tiger corridor project" de l'association américaine Panthera, créée en 2006 par Thomas S. Kaplan et dirigée par Alan Rabinowitz, trame réticulaire qui irait du Népal à l'indonésie. Cette association a d'ores et déjà réussi la matérialisation fiable d'un "jaguar corridor", trame verte réticulaire du Mexique à l'Argentine, le plus important au monde à ce jour à avoir pris corps.
Ce sont des vermisseaux comparés au Dragon Jaune. Même avalés par lui, ils devront le parasiter.
KATMANDU 2009, VLADIVOSTOK 2010 : DRAGOONS OF HOPE
For the "tiger summits" (Katmandu, 27 - 30 October 2009, and then Vladivostok, next Autumn 2010), what could mediatically relegate "tiger farms" on a second plan?
-The green Dragoon, already widely evocated and described in the pages of this blog. Its preliminary way (from oriental Europe to central China) might probably be reaxed in a more northern "bed" (see 2008 work of E. Kashkharov, University of Irkutsk, in russian review "Rhytm", that I can send to anybody interested), and would begin in the "green lung of Europe", swampy area between Baltic and Azov seas.
-The mountainous Dragoon, of E. Kashkharov, with Snow leopard as emblematic species, implicating 14 countries from Altaï to Himalaya.
-The tiger corridor project, of the american association Panthera, founded in 2006 by Thomas. S. Kaplan and directed by Alan Rabinowitz. It would be a reticulary green web from Nepal to Indenosia. This association has already succeeded in the materialization and viable management of a green reticulary web from Mexico to Argentina, "the jaguar corridor", which is the most important in the world ever concretely realized up to now.
These are 3 dragoons of hope, which could be matrix of a new strong wild Nature, tomorrow.