1998, 2010, 2022 ?
LE WWF SE REND A L'EVIDENCE
Alors que l’année du Tigre doit commencer le 14 février, le plus grand félin du monde disparaît de la planète. Une réunion des ministres de 13 pays l’abritant encore s'est ouverte hier mercredi 27 janvier à Hua Hin, en Thaïlande, pour faire le point sur les politiques de sauvegarde. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a publié hier une étude de suivi des tigres faite durant vingt ans dans la région du Grand Mékong (Cambodge, Vietnam, Laos, Birmanie, Thaïlande) où se trouve la plus grande zone d’habitat du tigre sauvage.
Le constat est saisissant. « Le nombre d’individus dans la zone du Grand Mékong est tombé de 1 200 tigres recensés en 1998 (précédente année du Tigre) à environ 350 aujourd’hui », relève Edina Ifticene, chargée du programme Biodiversité-Mékong au WWF.
Ce recul de 70 % est à l’image de l’effondrement de la population mondiale du félin rayé. Le nombre de tigres sauvages dans le monde s’élevait en effet à 100 000 environ il y a un siècle, on en dénombrait 20 000 dans les années 1980, et il n’en resterait aujourd’hui qu’environ 3 000. « La population des tigres sauvages est à un seuil critique », souligne le WWF.
Le déclin du tigre n'est pas irréversible
« La déforestation, qui fait disparaître à la fois leur habitat et leur nourriture (mammifères), la chasse de ses proies, le braconnage ainsi que le commerce illégal de produits à base de tigre sont les principales menaces », rappelle Edina Ifticene. Les organes du tigre sont utilisés pour la médecine chinoise traditionnelle, avec des vertus supposées de force. Et même si la Chine et la plupart des pays de la région (à l’exception de la Birmanie) ont signé la Convention sur le commerce de la faune sauvage, les autorités ferment souvent les yeux sur la chasse au tigre.
Le déclin du grand prédateur n’est toutefois pas irréversible, selon le WWF. L’organisation préconise une meilleure protection de son habitat. « Certains sites à la frontière Thaïlande-Birmanie ou Cambodge-Laos sont déjà protégés. Il faudrait les connecter par des corridors, ce qui élargirait le territoire des tigres et offrirait de meilleures possibilités génétiques », préconise Edina Ifticene.
Un sommet se tiendra en septembre 2010
Le WWF conseille également de financer des projets régionaux qui « développent les ressources forestières, comme par exemple la récolte de la résine, la production de miel, etc., en intégrant les populations des villages », de former sur place plus de gardes-chasse et d’inventer des projets touristiques valorisant les zones de tigres.
Un sommet sur la sauvegarde de ce grand félin se tiendra en septembre 2010 à Vladivostok (Russie), sous la présidence de Vladimir Poutine et du président de la Banque mondiale, Robert Zoellick. Objectif : que lors de la prochaine année du Tigre, en 2022, l’animal, symbole de la culture asiatique, ait vu sa population doubler.
Alors que l’année du Tigre doit commencer le 14 février, le plus grand félin du monde disparaît de la planète. Une réunion des ministres de 13 pays l’abritant encore s'est ouverte hier mercredi 27 janvier à Hua Hin, en Thaïlande, pour faire le point sur les politiques de sauvegarde. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a publié hier une étude de suivi des tigres faite durant vingt ans dans la région du Grand Mékong (Cambodge, Vietnam, Laos, Birmanie, Thaïlande) où se trouve la plus grande zone d’habitat du tigre sauvage.
Le constat est saisissant. « Le nombre d’individus dans la zone du Grand Mékong est tombé de 1 200 tigres recensés en 1998 (précédente année du Tigre) à environ 350 aujourd’hui », relève Edina Ifticene, chargée du programme Biodiversité-Mékong au WWF.
Ce recul de 70 % est à l’image de l’effondrement de la population mondiale du félin rayé. Le nombre de tigres sauvages dans le monde s’élevait en effet à 100 000 environ il y a un siècle, on en dénombrait 20 000 dans les années 1980, et il n’en resterait aujourd’hui qu’environ 3 000. « La population des tigres sauvages est à un seuil critique », souligne le WWF.
Le déclin du tigre n'est pas irréversible
« La déforestation, qui fait disparaître à la fois leur habitat et leur nourriture (mammifères), la chasse de ses proies, le braconnage ainsi que le commerce illégal de produits à base de tigre sont les principales menaces », rappelle Edina Ifticene. Les organes du tigre sont utilisés pour la médecine chinoise traditionnelle, avec des vertus supposées de force. Et même si la Chine et la plupart des pays de la région (à l’exception de la Birmanie) ont signé la Convention sur le commerce de la faune sauvage, les autorités ferment souvent les yeux sur la chasse au tigre.
Le déclin du grand prédateur n’est toutefois pas irréversible, selon le WWF. L’organisation préconise une meilleure protection de son habitat. « Certains sites à la frontière Thaïlande-Birmanie ou Cambodge-Laos sont déjà protégés. Il faudrait les connecter par des corridors, ce qui élargirait le territoire des tigres et offrirait de meilleures possibilités génétiques », préconise Edina Ifticene.
Un sommet se tiendra en septembre 2010
Le WWF conseille également de financer des projets régionaux qui « développent les ressources forestières, comme par exemple la récolte de la résine, la production de miel, etc., en intégrant les populations des villages », de former sur place plus de gardes-chasse et d’inventer des projets touristiques valorisant les zones de tigres.
Un sommet sur la sauvegarde de ce grand félin se tiendra en septembre 2010 à Vladivostok (Russie), sous la présidence de Vladimir Poutine et du président de la Banque mondiale, Robert Zoellick. Objectif : que lors de la prochaine année du Tigre, en 2022, l’animal, symbole de la culture asiatique, ait vu sa population doubler.
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CONSTATS D'APRES CONFERENCE
LE DIRE ET LE FAIRE
Samedi dernier 23 Janvier 2010, sous l'égide de la Société des Amis du Museum d'Histoire Naturelle, que je remercie chaleureusement pour avoir organisé et rendu possible cette manifestation, j'ai donné une conférence sur le retour des grands félins en Europe, dans une salle connexe à l'Amphithéâtre d'Entomologie, 45, rue Buffon à Paris.
J'ai présenté une trame reposant sur quelques notions clefs:
1. Le projet "Dragon Vert" de reconstruction de forêts alluviales eurasiennes, puis leur repeuplement en grands herbivores et carnivores, bien loin d'être un projet fou, est au contraire une réponse réaliste et adaptée à la situation actuelle de la Nature Sauvage et des communautés humaines, qui elle, s'inscrit vraiment dans un tourbillon de folie meurtrière, qui enfle à une vitesse hallucinante.
2. Cette situation rend les hommes sourds et aveugles, et permet le démembrement, la dispersion et la désintégration, dans les conditions les plus horribles, des milieux naturels eux mêmes comme de leurs représentants les plus emblématiques (depuis la Nuit des Temps, l'Eurasie sécrète le Tigre comme la Montagne cristallise le Diamant).
3. C'est pourtant une Nature robuste et saine qui est la mieux à même de résister aux agressions de toutes sortes (pollutions chimiques, changements climatiques sont absorbés naturellement par une Terre riche et en bonne santé, ils deviennent d'atroces calamités sur un corps malade et décharné, incapable de résister).
4.Des tigres furent présents en Europe jusqu'au Moyen Âge. Descendants les plus directs du tigre originel, ils évoluaient dans un cadre phyto géologique très particulier, dans lequel vivaient de nombreux animaux aujourd'hui disparus ou confinés dans des milieux bien différents. Ces tigres sont les fondateurs de la souche actuelle des tigres de Sibérie qui survit encore dans l'extrême orient russe, notamment.
C'est la prévalence politique de la civilisation nomade jusqu'à l'ère moderne qui a permis celà.
5. La destruction de ces milieux est liée à l'immense barbarie des hommes contre eux - mêmes (1870 - 1950). La restauration d'une Nature riche permet aux communautés humaines une amélioration significative de leur qualité de vie. Sur les plans économique et culturel, elle est la meilleure garantie contre le désespoir et la misère sociale.
6. Les choix fondamentaux : une restauration des corps et des âmes, ou leur réification définitive ; le Dragon Vert, ou les "Fermes à tigres". Les choix politiques à venir des parcs zoologiques seront absolument déterminants pour favoriser l'une ou l'autre de ces orientations irréductiblement antinomiques.
Le sujet n'a pas laissé indifférent. Le public était nombreux (une estimation de 200 personnes semble raisonnable), et on peut regretter que l'Amphithéâtre ne fût pas disponible (de nombreuses personnes supplémentaires sont reparties, ne pouvant avoir accès à la salle).
J'ai le fort sentiment, qui plus est, que le public a été conquis, très majoritairement.
Beaucoup de questions furent posées à l'issue de la présentation du Document.
Il y eut aussi de nombreuses manifestations d'intérêt, de sympathie et de soutien, aussi bien de la part de scientifiques chevronnés et de journalistes, que de simples citoyens.
Ce point me semble intéressant pour la suite, car ce n'était guère le cas, jusqu'à ces toutes dernières années, sur des sujets comme celui - ci.
Le principal défaut du Dragon Vert ne réside donc pas tant dans la complexité des protocoles de réensauvagement ou quelques crispations identitaires désormais minoritaires, mais de rester pour l'heure insuffisamment connu et illustré, pour accéder au financement indispensable à sa réalisation concrète.
Des pistes potentielles commencent à se dessiner : mise en place à venir d'un système efficace de contacts avec la presse, un projet de film qui pourrait voir le jour grâce à Caroline Brasseau, de l'association TAAC (The Animal Affinity Club), collaboration au futur "Journal de la Conservation" de Viviane Tytelman, proposition de travaux en synergie à Gilbert Cochet et Forêts Sauvages Yuri Bersenev de Zov Tigra (à l'occasion de son prochain passage à Paris) voire Sergeï Zimov, de la station polaire Cherskï (Yakoutie).
UN "TRES LEGER" PROBLEME A REGLER
J'ai déjà précisé que l'approche mentale inscrite dans le projet "Dragon Vert" ne devenait audible pour le plus grand nombre qu'en regard à la perception précise de ce qu'est véritablement la situation dans laquelle nous nous trouvons tous plongés.
2010, l'année du Tigre risque paradoxalement d'être, pour cet animal , la pire de tous les temps. En effet, la Chine, concernée au premier chef par l'évènement, n'a jamais été aussi puissante et influente dans le monde entier. A ceci s'ajoute maintenant une forme d'ivresse, d'euphorie, d'orgueil, d'ubris. Les Chinois se moquent éperdument, désormais, et avec ostentation, des complaintes internationales. C'est particulièrement vrai ces derniers mois, depuis que "Poutine et Obama se sont couchés devant nous", idée devenue une conviction et une fierté.
Or, dans ce pays, aujourd'hui, la célébration du Tigre s'exprime spontanément et en premier lieu, par la consommation d'une partie du corps de celui - ci. Ce sera encore beaucoup plus vrai cette année, non seulement en Chine même mais aussi partout ou son influence est importante, directement ou non.
De nombreux "nouveaux riches", appartenant aux cercles de pouvoir politique et économique, dans le monde entier, vont donc pouvoir célébrer, cette année, leur "amitié avec la Chine" (qui n'est qu'une génuflexion face à la force brute), à leur manière, que l'on sait fort élégante, et les institutions internationales seront fortement tentées d'aller au devant des demandes chinoises, quelles qu'elles soient.
Autre exemple : le gouvernement indonésien, plutôt que de protéger les milieux naturels, ce qui irait totalement à l'inverse de sa politique actuelle, est en passe d'autoriser l'adoption de tigres de Sumatra par de riches particuliers.
Je ne reviendrai pas ici sur la situation en Russie orientale et ses perspectives, suffisamment illustrée dans les pages immédiatement précédentes de ce blog.
En Inde, ou les tigres sauvages sont désormais moins d'un millier, les acteurs de la protection Valmik Thapar et Belinda Wright soulignent tous deux la responsabilité écrasante de la Chine dans l'impossibilité de sauvegarder l'animal dans son milieu, et ce en des termes particulièrement directs et explicites.
En 2009, le braconnage des tigres a plus que doublé par rapport à 2008, et cette année les choses devraient donc encore empirer (4 tigres ont été déjà retrouvés morts au cours des 2 premières semaines de cette année ). Les prix des produits dérivés du tigre ne cessent d'augmenter. Les points d'eau sont massivement empoisonnés (2 tigres sur 3 dont les cadavres furent retrouvés avaient été empoisonnés).
Les faits parlent donc d'eux mêmes.
Des tigres en Europe, une Utopie, vraiment?
RESOLUTION
Dans la culture traditionnelle chinoise, le Tigre est le symbôle du Courage et de la Dignité.
Et c'est celà que la Chine d'aujourd'hui détruit, réifie, transforme en pantin sanguinolent et désarticulé.
Tout au contraire, l'approche sous tendue dans le Dragon Vert est fidèle à la représentation de la civilisation nomade (voir "L'Asie Centrale, Histoire et civilisations", J.P. Roux, Arthème Fayard 1997) : la bête est supérieure à l'homme, parce qu'elle donne plus qu'elle ne reçoit et possède des capacités inouïes. Ses dons lui procurent une sorte d'excellence et font d'elle la réalité suprême. Tout ce qui dépasse la condition humaine relève de l'animalité. Et les célèbres "combats d'animaux imbriqués" de l'art Scythe peuvent être perçus comme des unions sexuelles d'entités surréelles.
La Chine d'aujourd'hui a perdu toute mesure. Elle en oublie toute prudence. Elle a tort.
Comme dans la nouvelle de Roman Rouguine "La Chatte qui a sauvé le Monde", l'Ours céleste va affronter le Monstre du Fleuve, à la confusion de ce dernier.
Samedi dernier 23 Janvier 2010, sous l'égide de la Société des Amis du Museum d'Histoire Naturelle, que je remercie chaleureusement pour avoir organisé et rendu possible cette manifestation, j'ai donné une conférence sur le retour des grands félins en Europe, dans une salle connexe à l'Amphithéâtre d'Entomologie, 45, rue Buffon à Paris.
J'ai présenté une trame reposant sur quelques notions clefs:
1. Le projet "Dragon Vert" de reconstruction de forêts alluviales eurasiennes, puis leur repeuplement en grands herbivores et carnivores, bien loin d'être un projet fou, est au contraire une réponse réaliste et adaptée à la situation actuelle de la Nature Sauvage et des communautés humaines, qui elle, s'inscrit vraiment dans un tourbillon de folie meurtrière, qui enfle à une vitesse hallucinante.
2. Cette situation rend les hommes sourds et aveugles, et permet le démembrement, la dispersion et la désintégration, dans les conditions les plus horribles, des milieux naturels eux mêmes comme de leurs représentants les plus emblématiques (depuis la Nuit des Temps, l'Eurasie sécrète le Tigre comme la Montagne cristallise le Diamant).
3. C'est pourtant une Nature robuste et saine qui est la mieux à même de résister aux agressions de toutes sortes (pollutions chimiques, changements climatiques sont absorbés naturellement par une Terre riche et en bonne santé, ils deviennent d'atroces calamités sur un corps malade et décharné, incapable de résister).
4.Des tigres furent présents en Europe jusqu'au Moyen Âge. Descendants les plus directs du tigre originel, ils évoluaient dans un cadre phyto géologique très particulier, dans lequel vivaient de nombreux animaux aujourd'hui disparus ou confinés dans des milieux bien différents. Ces tigres sont les fondateurs de la souche actuelle des tigres de Sibérie qui survit encore dans l'extrême orient russe, notamment.
C'est la prévalence politique de la civilisation nomade jusqu'à l'ère moderne qui a permis celà.
5. La destruction de ces milieux est liée à l'immense barbarie des hommes contre eux - mêmes (1870 - 1950). La restauration d'une Nature riche permet aux communautés humaines une amélioration significative de leur qualité de vie. Sur les plans économique et culturel, elle est la meilleure garantie contre le désespoir et la misère sociale.
6. Les choix fondamentaux : une restauration des corps et des âmes, ou leur réification définitive ; le Dragon Vert, ou les "Fermes à tigres". Les choix politiques à venir des parcs zoologiques seront absolument déterminants pour favoriser l'une ou l'autre de ces orientations irréductiblement antinomiques.
Le sujet n'a pas laissé indifférent. Le public était nombreux (une estimation de 200 personnes semble raisonnable), et on peut regretter que l'Amphithéâtre ne fût pas disponible (de nombreuses personnes supplémentaires sont reparties, ne pouvant avoir accès à la salle).
J'ai le fort sentiment, qui plus est, que le public a été conquis, très majoritairement.
Beaucoup de questions furent posées à l'issue de la présentation du Document.
Il y eut aussi de nombreuses manifestations d'intérêt, de sympathie et de soutien, aussi bien de la part de scientifiques chevronnés et de journalistes, que de simples citoyens.
Ce point me semble intéressant pour la suite, car ce n'était guère le cas, jusqu'à ces toutes dernières années, sur des sujets comme celui - ci.
Le principal défaut du Dragon Vert ne réside donc pas tant dans la complexité des protocoles de réensauvagement ou quelques crispations identitaires désormais minoritaires, mais de rester pour l'heure insuffisamment connu et illustré, pour accéder au financement indispensable à sa réalisation concrète.
Des pistes potentielles commencent à se dessiner : mise en place à venir d'un système efficace de contacts avec la presse, un projet de film qui pourrait voir le jour grâce à Caroline Brasseau, de l'association TAAC (The Animal Affinity Club), collaboration au futur "Journal de la Conservation" de Viviane Tytelman, proposition de travaux en synergie à Gilbert Cochet et Forêts Sauvages Yuri Bersenev de Zov Tigra (à l'occasion de son prochain passage à Paris) voire Sergeï Zimov, de la station polaire Cherskï (Yakoutie).
UN "TRES LEGER" PROBLEME A REGLER
J'ai déjà précisé que l'approche mentale inscrite dans le projet "Dragon Vert" ne devenait audible pour le plus grand nombre qu'en regard à la perception précise de ce qu'est véritablement la situation dans laquelle nous nous trouvons tous plongés.
2010, l'année du Tigre risque paradoxalement d'être, pour cet animal , la pire de tous les temps. En effet, la Chine, concernée au premier chef par l'évènement, n'a jamais été aussi puissante et influente dans le monde entier. A ceci s'ajoute maintenant une forme d'ivresse, d'euphorie, d'orgueil, d'ubris. Les Chinois se moquent éperdument, désormais, et avec ostentation, des complaintes internationales. C'est particulièrement vrai ces derniers mois, depuis que "Poutine et Obama se sont couchés devant nous", idée devenue une conviction et une fierté.
Or, dans ce pays, aujourd'hui, la célébration du Tigre s'exprime spontanément et en premier lieu, par la consommation d'une partie du corps de celui - ci. Ce sera encore beaucoup plus vrai cette année, non seulement en Chine même mais aussi partout ou son influence est importante, directement ou non.
De nombreux "nouveaux riches", appartenant aux cercles de pouvoir politique et économique, dans le monde entier, vont donc pouvoir célébrer, cette année, leur "amitié avec la Chine" (qui n'est qu'une génuflexion face à la force brute), à leur manière, que l'on sait fort élégante, et les institutions internationales seront fortement tentées d'aller au devant des demandes chinoises, quelles qu'elles soient.
Autre exemple : le gouvernement indonésien, plutôt que de protéger les milieux naturels, ce qui irait totalement à l'inverse de sa politique actuelle, est en passe d'autoriser l'adoption de tigres de Sumatra par de riches particuliers.
Je ne reviendrai pas ici sur la situation en Russie orientale et ses perspectives, suffisamment illustrée dans les pages immédiatement précédentes de ce blog.
En Inde, ou les tigres sauvages sont désormais moins d'un millier, les acteurs de la protection Valmik Thapar et Belinda Wright soulignent tous deux la responsabilité écrasante de la Chine dans l'impossibilité de sauvegarder l'animal dans son milieu, et ce en des termes particulièrement directs et explicites.
En 2009, le braconnage des tigres a plus que doublé par rapport à 2008, et cette année les choses devraient donc encore empirer (4 tigres ont été déjà retrouvés morts au cours des 2 premières semaines de cette année ). Les prix des produits dérivés du tigre ne cessent d'augmenter. Les points d'eau sont massivement empoisonnés (2 tigres sur 3 dont les cadavres furent retrouvés avaient été empoisonnés).
Les faits parlent donc d'eux mêmes.
Des tigres en Europe, une Utopie, vraiment?
RESOLUTION
Dans la culture traditionnelle chinoise, le Tigre est le symbôle du Courage et de la Dignité.
Et c'est celà que la Chine d'aujourd'hui détruit, réifie, transforme en pantin sanguinolent et désarticulé.
Tout au contraire, l'approche sous tendue dans le Dragon Vert est fidèle à la représentation de la civilisation nomade (voir "L'Asie Centrale, Histoire et civilisations", J.P. Roux, Arthème Fayard 1997) : la bête est supérieure à l'homme, parce qu'elle donne plus qu'elle ne reçoit et possède des capacités inouïes. Ses dons lui procurent une sorte d'excellence et font d'elle la réalité suprême. Tout ce qui dépasse la condition humaine relève de l'animalité. Et les célèbres "combats d'animaux imbriqués" de l'art Scythe peuvent être perçus comme des unions sexuelles d'entités surréelles.
La Chine d'aujourd'hui a perdu toute mesure. Elle en oublie toute prudence. Elle a tort.
Comme dans la nouvelle de Roman Rouguine "La Chatte qui a sauvé le Monde", l'Ours céleste va affronter le Monstre du Fleuve, à la confusion de ce dernier.