ARMES DE PROTECTION MASSIVE
LE DRAGON BLANC
Moscou et Washington relancent un vieux projet de gigantesque réserve naturelle transfrontalière autour du détroit de Behring.
Source : Article de Vladimir Soloviov dans Kommersant, traduction dans Courrier International 1043 paru le 28 Octobre, page 51.
Le futur parc naturel concerne une portion de l'Alaska à l'Est et de la Tchoukotka à l'Ouest.
Cette initiative écologique vieille de 20 ans (juin 1990) avait été mise en sommeil après
l'effondrement de l'URSS.
La partie occidentale concernera 1,8 millions d'hectares (et non plus de 3 millions comme envisagé dans un premier temps).
La partie russe devrait être opérationnelle d'ici la mi 2011. A ce moment, le parc international pourra être créé en coopération avec les Etats Unis. Cette sanctuarisation représente la première étape vers le retour de la Béringie vers ses conditions écologiques prévalant avant la présence européenne.
Dans un deuxième temps, une continuité de milieux à fort degré de naturalité pourrait s'établir progressivement du lac Khanka au Sud à la Béringie et la Yakoutie au Nord (voir l'expérience de Sergeï Zimov, page blog du 3 septembre "Vers le retour des géants").
La Russie poursuit sa politique de réserve transfrontalière avec ses voisins, à la fois écologique et stratégique : elle permet la préservation du contrôle politique d'un pays trop vaste pour sa population, en transformant juridiquement une partie de ses zones frontières en lisières sanctuarisées.
Le pays partage déjà le lac Khanka avec la Chine (voir page du 10 Octobre "La scintillante écaille") et la réserve Daouria à la fois avec la Chine et la Mongolie.
Sur son flanc occidental, elle sanctuarise une zone forestière et marécageuse conjointement avec la Finlande.
D'autres projets de ce type sont envisageables et souhaitables avec des pays de l'Union européenne et l'Ukraine, ainsi qu'avec la Biélorussie, réceptacle de la plupart des marais "poumons verts de l'Europe", quand les conditions politiques le permettront.
LE DRAGON VERT
L'émergence d'un véritable DRAGON BLANC en extrême orient septentrional est assurément indispensable.
Ecologiquement capital, il ne sera solidement viable que si est réalisé au coeur des activités humaines le DRAGON VERT, susceptible de modifier les habitudes sociales en profondeur, et donc de viabiliser sur le long terme l'ensemble du dispositif écologique et stratégique. Sans lui, il risque de n'être qu'un mince feuillet périphérique rapidement mis en danger par les pratiques désastreuses des sociétés du "Heartland".
L'un et l'autre sont aussi complémentaires pour l'équilibre des systèmes socio écologiques que les courants marins pour celui du climat.
D'ores et déjà, à l'issue du recensement réalisé ces dernières semaines en Russie, une réflexion devra être menée sur l'orientation environnementale à venir concernant les milliers de villages vides de la partie centrale du pays (voir aussi page blog "Réorganiser pour survivre" du 9 Octobre).
Qui plus est, la nécessité de la vie sauvage pour l'homme devient d'autant plus forte qu'elle est rare. A titre d'exemple conclusif, le meurtre de l'Empereur d'Exmoor (voir détail ci après) est pour le peuple anglais un acte sacrilège dans la pleine acception de ce terme. Il était, de fait, le représentant du Dragon Vert en Grande Bretagne.
28 – 10 - 2010
Surnommé "l'empereur d'Exmoor", un cerf géant considéré comme le plus grand animal sauvage de Grande-Bretagne a été abattu pour ses bois. C'est probablement un riche chasseur qui a tué cet
animal auquel le pays était très attaché.
Âgé d'une douzaine d'années, l'empereur d'Exmoor mesurait 2,75 mètres, bois compris, et pesait environ 135 kilos. C'est près d'une route, dans le sud-ouest de
l'Angleterre, que son cadavre décapité a été retrouvé.
D'après la presse britannique, l'homme qui a abattu le cerf pourrait être un riche chasseur de trophées, qui aurait payé une somme importante pour avoir le droit de chasser sur une propriété
située dans l'Exmoor.
Cette nouvelle suscite un vif émoi en Angleterre. Le Times évoque ainsi "une révulsion contre la destruction gratuite de quelque chose de magnifique et de
sauvage", quand de nombreuses chaînes de télévision annoncent en boucle la mort du cerf géant.
REACTION EFFICACE
LE PEUPLE RUSSE DEFEND SON TERRITOIRE AVEC SUCCES
La vente à l'industrie du bois, sous contrôle da la mafia russo chinoise, prévue pour aujourd'hui, de zones protégées particulièrement riches en biodiversité, particulièrement en végétaux clefs de voûte, poissons, et mammifères prédateurs géants (voir pages des 19 et 23 octobre) dont l'une ("Oussouri median") concernait les territoires russe et chinois et relevait d'une décision de protection conjointe des deux gouvernements, n'a finalemement pas pu avoir lieu, sous la pression de l'opinion publique.
Voici le compte rendu des évènements donné aujourd'hui par le WWF Russie :
Dans le même temps, la presse russe (Moscow Times le 25 Octobre et le St Petersburgh Times le 26) relayait les conclusions du séminaire sur le tigre qui s'était tenu le 22 à Stockolm (intervenante WWF : Marie von Zeipel), selon lesquelles le tigre sauvage courait d'énormes risques d'extinction totale avant 2022, tigres russes inclus.
Le Global Tiger Recovery Program avait été approuvé le lendemain 23 octobre à New Dehli.
Il doit constituer officiellement l'épine dorsale du Sommet de St Petersbourg de Novembre.
Le réensauvagement n'a pas, à ce jour, été officiellement évoqué.
REWILDING TIGERS OR LET THEM DIE
UN DRAGON VERT, LA CHANCE ULTIME A SAISIR
Après le point fait sur la situation des tigres sauvages dans le monde (20 Octobre), puis en extrême - orient russe (23 octobre), une idée à la fois simple et originale, martelée sur le site "4 continents pour les tigres" depuis plus de 3 ans, est plus actuelle et plus urgente à mettre en place que jamais.
A ce jour, seule Li Quan, présidente de Save China's tigers, s'est véritablement attelée à cette tâche, qui commence à porter ses fruits et être regardé d'un oeil plus attentif par des biologistes de plus en plus nombreux. Son expérience est reconnue désormais comme un modèle à suivre. Il est temps.
Voici le compte rendu de l'atelier de travail qui s'est tenu à Laohu, la réserve sud africaine où elle réapprend la vie sauvage à des tigres de Chine du Sud, publié sur son site "save china's tigers".
(Oct 2010 Johannesburg, South Africa) International wild cat scientists gathered at Laohu Valley Reserve in the Free State of South Africa mid-month to evaluate the progress of the South China
Tiger Rewilding and Reintroduction Project (hereafter abbr. SCT Project) undertaken by Save China’s Tigers (SCT), and assess its role in conserving the South China tiger (aka. Chinese tiger) in
the wild.
The “Rewilding” workshop included Dr. Peter Crawshaw of Centro Nacional de Pesquisa e Conservacão de Mamiferos Carnivoros, Cenap/ICMBIO, Dr. Gary Koehler, Dr. Laurie Marker of Cheetah
Conservation Fund, Dr. Jim Sanderson of Small Wild Cat Conservation Foundation, Dr. Nobuyuki Yamaguchi of Department of Biological and Environmental Sciences of Qatar University, and Dr. David
Smith of Minnesota University, Chinese government scientists as well as representatives of SCT.
The South China tiger is an iconic symbol in Chinese history but only a few may remain in the wild and less than 100 currently live in captivity. Some had predicted that the South China tiger
would vanish by 2010 but SCT project has brought new hope for their survival.
In 2000 Ms. Quan established SCT as a charitable foundation. SCT reached agreement with the Chinese government to transfer zoo-born South China Tigers from China to SCT’s 300 square km wildlife
reserve in South Africa (known as Laohu Valley Reserve) to breed and rewild them. The goal is to prepare tigers born in captivity for introduction to wild habitat in China where tigers once
lived. South Africa was chosen as a springboard thanks to its leadership in wildlife management, readily available land, and abundant game. SCT has also been working with the Chinese government
to identify suitable for the establishment of pilot reserves in China. These reserves will provide a large protected wilderness environment for the reintroduced tigers, as well as other wildlife
in the ecological chain.
Starting 2003, the project acquired four studbook registered South China tiger cubs. These cubs, familiar only with concrete box display cages, were initially reluctant to leave the concrete pad
adjacent to the gate of their new natural enclosure in South Africa. Their paws had never touched grass. They underwent rewilding training after their arrival and since 2007, eight tiger cubs
were born in Laohu Valley Reserve, five survived and learned to hunt like their parents.
Results of the workshop confirmed the important role of the South China Tiger Rewilding Project in tiger conservation. “Having seen the tigers hunting in an
open environment at Laohu Valley Reserve, I believe that these rewilded tigers have the skill to hunt in any environment. We need to use an adaptive learning process when tigers are introduced in
China so one strategy might be to release two at a time. Often when you do a reintroduction you may have to repeat the action in order to be successful. SCT should not give up even if the first
reintroduction is not successful,” Dr. David Smith remarked.
“In addition, SCT has also done a remarkable job in recovering habitat for South African wildlife. The workshop’s conclusion is timely given the continuing decline of wild tiger populations and
their habitat. The initiatives undertaken at Laohu Valley Reserve may represent a model for the conservation of other carnivores and their habitats”, Dr.
Peter Crawshaw added.
In a just released report, Walston et al. (“Bringing the Tiger Back from the Brink- The Six Percent Solution” Sept 2010) stated, “Despite a long history of concern for wild tigers, both their
range and total number have collapsed: fewer than 3,500 animals now live in the wild, occupying less than 7% of their historical range. “While the report concludes that tiger conservation must
focus first and foremost on protecting 42 sites that contain almost 70% of all remaining wild tigers, the authors acknowledge that “this is but one element
of a long-term recovery strategy”. Li Quan, Founding Director of SCT agrees, “It is essential that we protect the core areas identified by Walston et al. (2010), but given that no source site was
identified in China, an alternative strategy must be applied for South China tiger conservation. It is especially so considering the South China tiger is the only extant subspecies without any
source site. This is where ‘Rewilding’ can play an important role. “
I am concerned that the remaining tiger populations outside the source sites will disappear and their habitat will be lost forever. It’s time to restore the habitat for the wellbeing of both
tigers and humans. We have already lost too much, and we must regain some of what we have lost. Accepting the status quo is unacceptable,” said Dr. Jim Sanderson. “SCT offers an additional
strategy to increase the number of wild tigers and their habitat.”
“If we accept the constant erosion of nature, probably there is no realistic chance to conserve large terrestrial carnivores,” added Dr. Nobby
Yamaguchi (personal friend of Li Quan, Nobby Yamaguchi was involved in Oxford University study 2008 about caspian and siberan tiger as a single animal branch. Noted by Alain
Sennepin).
“Conservation of tigers requires creative strategies. Saving core areas must be a priority, and the rewilding project can help assure that non-core areas are
included in the world’s conservation effort”, concluded Dr. Gary Koehler who assessed the status of the wild populations of South China tigers in the early 1990s.
Mr. Lu Jun, representative of the Chinese government to the South China Tiger Reintroduction Project, affirms “The South China tiger is only found in China and the Chinese government is committed
to re-establishing viable populations of this subspecies in the wild. China has already taken actions to save the South China tiger and restore its habitat, and will continue to do so in the
future.”
NOUVELLE MENACE : REACTION
MISE EN LUMIERE DE L'ETENDUE DU PROBLEME POLITIQUE
J'avais évoqué, le 19 Octobre sur ce blog, des risques imminents de "bûcheronnage très mal venu" dans des zones à tigres du Primorye.
Le lendemain, des représentants du WWF Russie ont mis en lumière de façon très explicite, lors d'une conférence donnée conjointement avec des représentants du WWF US, le caractère démentiel d'une telle initiative.
La vente doit s'effectuer mardi prochain 26 Octobre. Elle devrait notamment affecter la forêt alluviale de la rivière Bikin, qui abrite la reproduction des saumons géants Hucho taïmen, la réserve de vie sauvage de "l'Oussouri moyen" récemment instituée, et des forêts de pin de Corée.
Les autorités du district montrent ainsi, de façon ostentatoire, leur intouchabilité.
Avec une opinion publique sous le choc, localement (comme me l'indiquait mercredi dernier Yuri Bersenev, Directeur du Parc Zov Tigra) comme nationalement, moins d'un mois avant le sommet International pour l'avenir du Tigre, à St Petersbourgh, le WWF Russie demande l'exclusion de ces zones de la vente aux entreprises d'exploitation du bois.
J'ajoute pour ma part que le gouvernement fédéral accomplirait un acte de salubrité publique
élémentaire par une décision simple concernant ces criminels qui pressurent le Primorye en lien avec une puissance étrangère : mettre fin à leurs
fonctions.
Voici le détail des informations transmises sur le site du WWF Russie :
Protective forests in the north of Primorsky Province, including key habitats of the Amur tiger, are again under threat of destruction. On the 26th of October the Forest Management Agency of Primorsky Province will conduct an auction in which 16 harvest sites in the Bikinsky and Pozharsky Pine Nut Harvesting Zones, riparian forests along the Bikin River that protect salmon breeding habitat and the newly-established “Middle Ussuri” wildlife reserve will be available for so-called “intermediate harvesting”. Today a press conference was held in Vladivostok in which the harmful effects of this auction were elaborated.
“The Forest Management Agency of Primorsky Province for the first time so openly demonstrated its “untouchable” status and stands in opposition to everyone,” commented Denis Smirnov, director of the forest program of the WWF Russia Amur Division. “In the first place, it stands against public opinion: the scandal ignited by the presentation of the documentary film “Dark Forest” on the Rossiya channel has not yet subsided, but already the Agency prepares a new for the implementation of the plan described in the film by the Agency director Pyotr Diuk- to cut over the pine nut harvesting zone of Pozharsky County in two years.
Secondly: the Forest Management Agency of Primorsky Province demonstrates that it has the right to violate the law. The inclusion in the auction of territory leased by the Indigenous Peoples Community Enterprise “Tiger” for the collection and processing of edible and medicinal plants is illegal, because the Community Enterprise holds the rights to all management of this territory.”
Coordinator of forest projects for the Amur Division of WWF Russia Anatoliy Kabanyets presented facts on illegal logging in protective forests of Primorsky Province and identified the key problem – the authorities’ lack of genuine information on the true scale of illegal logging and its influence on region’s forests: “At the same time that hundreds of thousands of cubic meters of illegally logged timber is shipped to China and a number of loggers are even incarcerated for illegal harvesting, on paper the cut-over forests remain well-stocked and even increase in volume every year! The lack of consideration for actual changes in forest conditions will lead to further over-cutting and the destruction of our Provincial wood supply.”
Representative Aleksandr Ermolayev of the Legislative Assembly of Primorsky Province, following the example of Moscow mayoral candidate Sergey Sobyanina, who publicly stated that Moscow is in first place in Russia for the level of bribery, said that in order to solve the problem of illegal logging it is necessary for the governor to recognize that “Primorsky Province is in first place for embezzlement, illegal logging and the plunder of natural resources.”
Taking part in the press conference was Michael Stuewe, senior consultant for WWF USA on species conservation. He noted that Primorsky Province is the homeland of two of the most charismatic examples of global biodiversity: in the animal kingdom the Amur tiger, and in the plant kingdom Korean pine. He offered the following observations, connected with mankind’s concern for and care of the world’s tigers:
“The world is committing to tiger conservation this year – yet from what I have heard here today it seems that Primorsky Province has decided to do exactly the opposite. The opposite even of what Russia has asked thirteen heads of state of Asian tiger countries to come to St. Petersburg for: protect tigers. Looking at the map of planned new logging sites in prime tiger habitats in Primorsky the operations will fragment the population, lead to increased poaching of disturbed and displaced tigers, and most importantly will likely increase human deaths from conflict with tigers, as we have seen in Sumatra. Will that be the future of Primorsky Province?” asked Michael Stuewe. “The Far East should remain the leader in tiger conservation in Asia, and make Russia a proud host for the International Tiger Summit in Saint-Petersburg.”
WWF demands that protective forests in key Amur tiger habitats be excluded from the upcoming timber auction.
Dans le même temps et indépendamment de ces évènements, deux nouvelles zones de protection ont été odfficiellement instaurées dans la région (WWF Russia du 22 Octobre). Quelle peut être leur fonctionnalité réelle?
"As part of cooperation between the government of Amur region and WWF Russia , a new refuge «Tokinskiy» and buffer zone of «Zhelundinskiy» refuge were created in Amurskaya Province."
2022 : SAUF OU ETEINT ?
MODIFICATION DE LA POLITIQUE DES ZOOS ET PARCS PLUS URGENTE QUE JAMAIS
Depuis Mai 2007, j'explique pourquoi une réorientation fondamentale de la politique des zoos et parcs est indispensable pour sauvegarder les grands félins à l'état sauvage. Aujourd'hui, cette nécessaire préparation d'une proportion significative des individus captifs à un retour dans des milieux naturels adaptés et accueillants est plus urgente que jamais.
La sanctuarisation effective de territoires récipiendaires et l'extension progressive de leur superficie, par tout pays, particulièrement en Eurasie occidentale et septentrionale, mais aussi sur le continent américain, l'est tout autant.
De ce point de vue, l'initiative hollandaise de "Rewilding Europa" (voir page du 16 Octobre) est particulièrement bienvenue.
Les tigres ne resteront ou ne redeviendront libres qu'à cette échelle.
LA LIBERTE OU LA MORT.
SITUATION PIRE QU'ANNONCEE
Les infos reçues ce matin de Yuri Bersenev, Directeur du Parc de Zov Tigra, dans le Primorye, confirment et amplifient celles publiées sur ce blog hier. Les juridictions locales donnent raison aux braconniers, aux morceleurs/spoliateurs, et interdisent la venue des responsables du Parc sur les zones volées et pillées par les mafieux locaux.
En voici d'autres, tout aussi significatives, à l'échelle de toute l'Asie orientale.
Source : Indian Jungles.com (site de Nirmal Gosh)
1.En dépit des engagements pris par le gouvernement indonésien en juillet dernier de suspendre la destruction de l'habitat du tigre et de l'éléphant, l 'anéantissement continue.
2. Le chercheur Népalais Pralad Yonzon, spécialiste de terrain des tigres himalayens (il a démontré que ces animaux sont présents depuis longtemps au Bhoutan jusqu'à 4500m d'altitude) constate que les positions officielles des gouvernements comme des ONG ne tiennent aucun compte du recul constant du tigre sur le terrain. Loin de pronostiquer un doublement des effectifs pour 2022 (objectif officiel affiché à Bali en Juillet dernier), il redoute une disparition pure et simple de l'espèce à l'état sauvage.
3. Cette situation est confirmée par Gethin Chamberlain, dans THE OBSERVER du 17 Octobre, concernant
le futur sommet de St Petersbourg. Celui - ci pourrait bien n'être qu'un leurre, alors qu'il ne reste, en réalité, que 800 tigres en Inde (comme l'avait annoncé Armand Farraci il y a plus de 3
ans) , et sans doute guère plus de 200 en Russie.
Voici l'article :
Leaders of the few remaining countries where tigers are still found in the wild are preparing for a make-or-break summit in Russia, which they believe offers the last chance to save the
critically endangered animal.
The Global Tiger Summit in St Petersburg next month will bring together the 13 countries that still have wild tigers, along with conservation organisations, in an attempt to thrash out a global
recovery plan. Britain and the US are also being urged to attend.
The WWF (formerly the World Wide Fund for Nature) says it is optimistic about the summit's chances of success, but warns that failure will lead to the extinction of the tiger across much of Asia. The draft communique for the summit, seen by the Observer, notes that in the past decade tiger numbers worldwide have fallen by 40% and warns that "Asia's most iconic animal faces imminent extinction in the wild".
It concludes: "By the adoption of this, the St Petersburg Declaration, the tiger range countries of the world call upon the international community to join us in turning the tide and setting the tiger on the road to recovery."
The challenge was illustrated clearly last week when hidden camera footage showed the destruction of part of the Sumatran tigers' Indonesian forest home to make way for illegal palm oil plantations. Meanwhile, in Singapore undercover officers seized several tiger skins that had been advertised for sale online.
Organisers of the summit, which is backed by the World Bank, hope agreements can be reached that will lead to a doubling of tiger numbers by 2022. But some
conservationists fear it is already too late and the summit will be another talking shop that fails to deliver results.
Tiger numbers worldwide have collapsed from an estimated 100,000 over the past century, due to poaching and human encroachment. It is now thought there are no more than 3,200 tigers in the wild,
of which only about 1,000 are breeding females. The situation is so critical that four of the 13 countries attending the summit тАУ China, Vietnam, Cambodia and
North Korea тАУ no longer have viable breeding populations, according to a study released last month.
The study тАУ produced by researchers from Cambridge University, the World Bank and the US-based Wildlife Conservation Society тАУ concluded that "current approaches to tiger conservation are not slowing the decline in tiger numbers, which has continued unabated over the last two decades".
It recommended that, rather than trying to save all the remaining tigers, governments should concentrate on sites that provided the most realistic chance of supporting a breeding population. "Conflict with local people needs to be mitigated. We argue that such a shift in emphasis would reverse the decline of wild tigers and do so in a rapid and cost-efficient manner."
The study will have made uncomfortable reading for the host nation. It found there had been a "dramatic decline" in tiger numbers in the Russian far east over the past five years тАУ understood to be about a 15% drop тАУ which it associated with a decline in anti-poaching enforcement.
The Siberian tiger тАУ also known as the Amur tiger тАУ nearly went extinct in the middle of the last century, when numbers fell below 50, but there are now thought to be more than 400 left in the wild. Suggestions that numbers have dipped again will not have pleased Russia's prime minister, Vladimir Putin, who will be hosting the summit and who has been keen to portray himself as a rugged protector of the animals.
In 2008 he accepted a tiger cub as a birthday present (the donor was never disclosed) and in the same year was at the centre of an extraordinary drama when it was claimed that he shot an Amur tiger with a tranquilliser dart to save the lives of a television crew. The team had been filming him taking part in a conservation exercise when the animal apparently broke free and charged.
But not only Russia is struggling to save the tiger. Earlier this year the Observer revealed how India's tiger population remained in decline, with some
conservationists estimating that only 800 remained in the wild, significantly fewer than the official claim of 1,411.
Events in India in recent weeks have demonstrated just how great the challenge is. In the Panna reserve, which had to be restocked from other national parks last
year, two young tigers have gone missing and are presumed dead. The human-tiger conflict for land was illustrated when three people in Uttar Pradesh, just 150km from the national capital
Delhi, were attacked in an area not previously associated with tigers.
In Indonesia, a hidden WWF camera shot footage of a rare Sumatran tiger in the forests of Bukit Betabuh. Later, the same camera filmed a bulldozer clearing the area
тАУ apparently for a palm oil plantation тАУ and then recorded the tiger returning to the scene of devastation.
But despite the gloomy picture the summit's backers remain optimistic. Diane Walkington, the WWF's head of species programme in the UK, said that considerable progress had already been made to
sketch out a global recovery plan and to concentrate the minds of politicians on the problem.
"Tiger numbers can recover, but you can never take your eye off the ball," she said. "We are down to 3,200 and that is a really low number." The solution, she said, was international co-operation to tackle issues such as smuggling. She cited deals between China and Nepal as an example of how that can bear dividends. But she warned that, with numbers so low, the tiger would not get another chance. "I think that if this is not a success we will see tigers going extinct in much of Asia," she said.
Some conservationists worry that the summit is more about politicians wanting to be seen to be doing something, rather than tackling the issues on the ground, such as the encroachment into tigers' traditional territory by poor farmers in search of land.
Aditya Singh, a conservationist and wildlife photographer who spends much of his time among the tigers of India's Ranthambore national park, said previous summits had involved a group of leaders seeking answers to a problem they did not understand.
"There is little or no ground-level representation. As a result, the real practical problems never get highlighted," he said. "There is no link between field workers and conservation leaders. They do not even know each other's problems and the conservation efforts are not co-ordinated. Kind of like the climate summit."
The "tiger range" countries attending the conference are Bangladesh, Bhutan, Burma, Cambodia, China, India, Indonesia, Laos, Malaysia, Nepal, Russia, Thailand and Vietnam.
NOUVELLE MENACE
BÛCHERONNAGE TRES MALVENU
Alors que l'on attend les résultats du recensement des tigres et léopards de l'Amour réalisé en Septembre avec caméras dissimulées qui semblent avoir fait la preuve de leur efficacité, une conférence sera donnée conjointement demain 20 Octobre par le WWF Russie et le WWF USA concernant une nouvelle vente aux enchères à destination de l'industrie du bois (contrôlée notamment par le mafieux chinois Sun Laijun, dirigeant de l'entreprise Longjang Shanglian, voir page blog du 11 Octobre 2009 "La course à l'abime") de zones forestières dans le district du Primorye, situées en plein coeur de l'habitat du tigre.
Les conclusions seront transmises à la presse locale, habituellement tenue à l'écart de telles transactions.
Source : WWF Russia des 15 et 18 Octobre.
Cette réalité de terrain relativise sérieusement les déclarations officielles sur la protection du pin de Corée (voir page du 12 août "Les choses à l'endroit?") ou l'engagement - sans doute sincère par ailleurs - de
Vladimir Poutine pour la sauvegarde des tigres russes (voir le site "Prime Minister of Russian Federation"). Les autorités russes doivent désormais se donner les moyens d'agir vraiment, efficacement, en profondeur, dans cette région.
18 NOVEMBER : REWILDING EURASIA
INITIATIVE EUROPEENNE POUR UN CONTINENT PLUS SAUVAGE
Le 18 Novembre prochain (soit 3 jours avant le début du Sommet International sur l'Avenir du Tigre à Saint Petersbourg), un projet européen de réensauvagement de vastes espaces sera officiellement lancé, à
Bruxelles : "REWILDING EUROPE. Key to ecological and economic development" à la philosophie homologue à celle du "Dragon Vert" eurasien. Il s'agit d'engager, d'ici 2020, le retour de milieux à l'Etat sauvage, dans une dizaine de zones pionnières d'au moins 100 000 ha, soit un total de 1
million d'hectares dans un premier temps. Ces "noyaux spatiaux" à forte naturalité s'agrandiraient progressivement au cours des années et des décennies suivantes.
Ainsi, les 5 zones d'ores et déjà définies (frontalière entre Espagne et Portugal, Velebit (Croatie), delta du Danube et Carpathes méridionales (Roumanie), ainsi que Carpathes orientales, frontalières de la Pologne, de la Slovaquie et de l'Ukraine), pourraient à elles seules, à terme, occuper une superficie cumulée de 3 440 000 ha.
Pour les détails, annonce sur le site :
"Large herbivores"
A visiter le site passionnant :
http://rewildingeurope.com
EURASIE : LA BONNE ECHELLE
Ce projet est, à tous égards (civilisationnel, politique, économique dans son sens premier), le plus efficace et le mieux pensé pour la véritable (re)construction d'une Europe digne de ce nom.
Au delà, l'échelle permettant une solidité dans l'efficience est celle de l'Eurasie ("cordon" vert alluvial des siècles passés de l'Asie à l'Europe orientales), voire de la zone holarctique (Eurasie septentrionale + Amérique du Nord) - réimplantation de boeufs musqués dans le Taïmir russe en 1974 (plusieurs milliers d'individus aujourd'hui à partir de 30 fondateurs), puis en Norvège (200 individus aujourd'hui) -.
Ceci sous tend des choix politiques et civilisationnels clairs pour les structures de pouvoir concernées au premier chef (Fédération Européenne, Russie, Etats - Unis, Canada) - voir page publiée sur ce blog le 9 Octobre -.
Le maillage floro - faunistique complet peut se reconstituer progressivement, jusqu'à retrouver, à terme, sa continuité continentale perdue :
A l'Est, du volcan Baekdu - San nord coréen (*) au lac Khanka (page blog du 10 Octobre) et plus au Nord, à la Yakoutie des bisons des bois et des boeufs musqués, avant les mammouths et les tigres de Sibérie (voir page du 3 Septembre "Le retour des géants"),
jusqu'à l'Ouest, dans le delta du Danube, les marais de Pinsk, les Carpathes, "l'Amazonie polonaise" de la haute - Narew, et les marais austro - hongrois du lac de Fertö des élans, loups et ours, avant léopards et tigres.
La première marche de l'escalier peut être franchie le mois prochain, à Bruxelles et St Petersbourgh.
(*) La montagne volcanique Baekdu "la caverne du dragon" a une dimension fondatrice pour les civilisations coréenne et mandchoue.
Elle est indissociablement lié au "Grand Van", le tigre divinisé
par les populations locales (voir Nicolas Baïkov, page publiée le 30 Juin 2009).
LA SCINTILLANTE ECAILLE
KHANKA, RELIQUE ET MATRICE
Le Dragon Vert, géant chlorophyllien qui fertilisait l'Eurasie, a connu un sort parallèle à son habitant le plus emblématique, le tigre eurosibérien. Celui - ci "s'était retiré" d'Europe au Moyen Âge (12ème siècle? 14ème en région balto - finnoise? Ou plus récemment encore?) et d'Asie centrale au début du siècle dernier. Il n'est plus présent aujourd'hui que dans l'extrême orient russo - chinois (zones côtières de la mer du Japon).
La formidable richesse floro - faunistique passée du "Dragon" existe encore dans cette région. Dans le Primorye, le lac Khanka rappelle l'Europe orientale et l'Asie centrale d'antan.
C'est le plus grand lac d'Asie du Nord Est (4190 km2, les trois quarts côté russe), alimenté par un réseau de 23 rivières (15 côté russe, 8 côté chinois) représentant un bassin hydrographique de près de 17 000km2, la plus grande partie constituée de marais.
On y trouve des animaux comme la tortue molle, et le grand poisson rampant (80cm) Channa argus
(warpachowskii), qui franchit le rivage pour aller cueillir ses proies grouillantes dans les grandes flaques ou les bras morts.
Il est probablement le dernier endroit au monde où cohabitent (comme en Asie centrale et Europe orientale il y a des siècles), le dhole (loup rouge), le tigre eurosiberien, et l'esturgeon géant Huso dauricus "kaluga", dont des individus de 600kgs hantent les lieux.
La scène du film d'Akira Kurosawa "Dersou Ouzala" (1984), où Dersou et Arseniev construisent à toute vitesse un abri à l'aide de graminées géantes pour ne pas mourir pendant la nuit, avait été tournée sur les rives de ce lac.
Plus récemment, lors d'une tempête estivale, en 2001, le lac avait rejeté un tigre mort sur son rivage.
Relique du "Dragon vert" du passé, Khanka est aussi la possible matrice de celui de l'avenir, écaille scintillante et noyau indestructible protecteur du principe actif.
UNE LONGUE RECONQUÊTE
La restauration des milieux naturels liés aux cours d'eau eurasiens est la condition sine qua non d'un rééquilibrage écologique, socio économique, et politique, du Continent, et même bien au delà.
Si l'on prend pour exemple la pêche,
activité potentiellement capitale pour de nombreuses communautés, le pillage des mers est originellement dû à un épuisement précoce des rivières. L'Angleterre, pays où la grande faune sauvage fut
détruite très tôt, hébergeait des brochets de 80cm jusqu'en 975, après quoi leur nombre et leur taille s'effondrèrent. D'une façon générale, jusqu'à cette période, les rivières européennes
abritaient des poissons infiniment plus nombreux mais aussi deux fois plus gros qu'aujourd'hui.
Le kaluga géant du lac Khanka peut atteindre 1 tonne dans l'Amour voisin (huitième Fleuve du Monde). Et les Huso huso (beluga) du delta de l'Amou Daria vers la mer d'Aral, des 70 estuaires de celui de la Volga vers la mer Caspienne, et de l'estuaire du Dniepr vers la mer Noire, pouvaient même être deux fois plus lourds encore, au 17ème siècle (et peut être plus récemment).
Ressusciter les lacs, rivières et marais, c'est aussi rééquilibrer les sociétés humaines riveraines et soulager les océans.
Un long, difficile et exaltant voyage, commence. Il doit mener Channa argus de son scintillant repère extrême oriental jusqu'aux marais austro-hongrois du lac Fertö, puis vers le bassin Allier-Loire.
Comme l'anguille argentée quitte son lac de montagne pour la mer des sargasses.
Pour que se referme cette parenthèse historique pendant laquelle, comme dit le proverbe chinois "quand le tigre n'est plus là, les singes sont les rois de la montagne".
REORGANISER POUR SURVIVRE
LA RUSSIE A LA CROISEE DES CHEMINS
Le propre de la Puissance est de protéger. Blaise Pascal
La population russe est en baisse depuis 1995. Ces dernières années, la baisse s'est accélérée puisque le pays perd entre 700 000 et 900 000 personnes par an. Ce phénomène est le résultat de facteurs multiples et complexes, ceux rarement présentés n'étant probablement pas les moins importants, qui touchent à l'évolution de la psychologie collective.
Le Courrier International 1040, paru le 7 Octobre, présente un intéressant dossier sur la question, "Quand la Russie disparaîtra" pages 16 à 21. Un article particulièrement émouvant est consacré à la désertification des campagnes (Ivan Podchivalov, Izvestia), qui évoque visuellement et physiquement pour l'auteur les ruines d'une grande civilisation, d'énormes isbas vides, construites en rondins centenaires, qui résisteront encore longtemps. "Une maison splendide, bâtie pour traverser les siècles, se vend ici une misère, et les prix baissent à mesure qu'on s'éloigne de la nationale, puis des autres routes, et enfin des chemins, qui ne cessent de rétrécir pour se transformer en sentiers bordés de forêts à la beauté saisissante. A la saison des champignons, on peut y ramasser des seaux entiers de lactaires délicieux d'une vigueur remarquable, de nobles lactaires à lait abondant et de magiques baies des marais parfumées. Mais il n'y a personne pour les cueillir" (quand le village perd son dernier habitant, des électriciens viennent retirer les quelques kilomètres de fil électrique qui reliaient le village au reste du monde.
Comme le preux boegatir du tableau de Viktor Vaznetsov, la Russie est à la croisée des chemins, lieu de tous les dangers et de toutes les
opportunités.
APPELER LES CHOSES PAR LEUR NOM
Or, l'état d'esprit et la nature de la parole semble encline à évoluer sur des questions qui tiennent à la maîtrise de son avenir par la Société. Il y a un peu plus d'un an, fut signé un accord historique entre les présidents russe et chinois qui a marqué les esprits : le programme de coopération (2009 - 2018) entre les régions russes d'extrême - orient et de Sibérie orientale d'une part et celles de la Chine du Nord Est d'autre part (voir page blog du 28 Novembre 2009 consacrée à ce sujet). Interviewé tout récemment par la Nezavissimaïa Gazeta, un géographe russe explique que cette initiative s'apparente à un pacte colonial au profit de Pékin. En effet, tous les projets implantés sur le territoire russe sont liés à l'extraction des ressources alors que les activités de transformation sont basées en Chine. Ce programme organise, selon le géographe "le pillage des ressources de la Russie, l'expulsion de sa population locale et l'installation progressive de citoyens chinois".
PROTEGER LA RUSSIE
J'avais déjà évoqué des alternatives possibles à ce choix calamiteux et suicidaire (pages du 23 Mai 2010 "Vie et destin", du 23 septembre "Espoir d'un rééquilibrage" et du 6 Octobre "Europe sous contrôle"). J'ajoute aujourd'hui que l'intensification des liens russo - allemands tels qu'ils se dessinent est à la fois une précaution et une sagesse. Disons les choses très clairement. Les populations de culture européenne (de Brest à Vladivostok, en Amérique, Australie, Nouvelle Zélande...) furent, jusqu'au siècle dernier, les pires destructeurs de la Nature et des équilibres sociaux fondamentaux qui en dépendaient directement, dans le monde entier.
Mais les choses sont différentes aujourd'hui. De très nombreuses personnes dans cette aire culturelle sont désormais prêtes, et ont même une très grande motivation pour cela, à contribuer à une réorganisation des espaces qui, au contraire, rétabliraient des équilibres rompus.
A titre de simple illustration, la photo qui suit est celle de vieux croyants au début du siècle dernier. Ils durent fuir en Amérique du Sud quelques années plus tard pour échapper à la répression bolchevique. Ce sont leurs descendants directs qui, rentrés récemment au pays, protègent plus efficacement que quiconque les tigres dans le Parc National "Légende Udeghe", avec un soin et un savoir faire tout particulier (pour voir le détail, page du 28 Novembre 2009).
Le territoire russe sera beaucoup plus efficacement protégé si de vastes espaces y sont sanctuarisés de façon stratégique (l'aire de distribution du léopard de l'Amour a été divisée par 40 au cours des 30 dernières années) dans le cadre d'une politique résolue de protection et de renforcement des milieux naturels incluse à une réorganisation d'ensemble des choix d'activité et de peuplement les plus réalistes et efficients selon les zones concernées.
La marge de manoeuvre
est, de fait, considérable.
Pour mémoire, rappelons ici les chiffres comparés des espaces protégés en Russie et aux USA (source Zov Tigra 2009, transmis par Yuri Bersenev, Directeur du Parc National du même nom, aux services de Yuri Trutnev, ministre de l'Ecologie et des ressources naturelles) :
Superficie : 10,5% du territoire (USA: 21, 2%)
Personnel professionnel : 11500 personnes (USA : 30 000 personnes)
Budget : 40 millions de dollars (USA : 2,3 milliards de dollars)
Augmentation de la superficie 2002 - 2009 : 1, 25% (USA : 10%)
(Concernant Zov Tigra et Yuri, voir cet après - midi 16h sur la 5 : "Terres sauvages de Russie. Le Primorie". Film de Maria Hemmleb.
50mn.)
Le prochain Sommet international du Tigre (St Petersbourg, 21 - 24 Novembre 2010) peut être le point de départ d'une perspective d'avenir de long terme solide pour le tigre, le territoire, la civilisation et la population russes.
S'il a un sens, c'est
bien celui là.
EUROPE SOUS CONTRÔLE
VERS UNE EURASIE SOUS DOMINATION CHINOISE
"Opposons l'optimisme de la volonté au pessimisme de la réalité". Gramsci.
Les gouvernements grec et chinois ont solennellement paraphé hier, avec la bénédiction de la commission européenne, un accord économique comportant notamment le rachat par la Chine d'une partie des dettes grecques et la prise de contrôle par celle - ci du port du Pirée, noeud stratégique d'une importance capitale pour le commerce eurasien.
Les Chinois, possesseurs d'excédents financiers gigantesques, se sont dits prêts à assurer la sécurité financière mondiale.
Ils avancent tous azimuts et prennent le contrôle d'espaces immenses en Afrique, Amérique latine, Russie, Kazakstan...
Dans ce contexte, les célébrations des jours du tigre en Russie
orientale comme les initiatives symboliques à l'endroit de la Chine du Nord Est des naturalistes et étudiants russes et allemands (voir infos des 29 septembre, 5 et 6 octobre sur le site WWF
RUSSIA) tendent à se réduire à une dimension incantatoire. Il en va de même pour le Sommet international du Tigre à St Petersbourg du 21 au 24 Novembre prochains. Il est en effet à craindre que
cette réunion de Chefs d'Etats ne s'avère être, pour l'essentiel, qu'une grand messe sans apport original, simple chambre d'enregistrement des conclusions du Sommet de Bali (12 - 14 Juillet), non
suivis d'effet, qui plus est... A suivre.
Plus que désargentée (prisonnière de ses déficits vertigineux), l'Europe officielle applaudit et se sent soulagée.
Ceci n'est qu'une première étape. De nombreux économistes observent que l'Union Européenne perd
de facto
toute autonomie dans sa politique d'échange. La constitution du groupe Spinelli pour la mise en place d'une véritable fédération européenne supranationale et l'Appel à l'Alliance européenne de diplomates russes influents se trouvent torpillés avant d'avoir eu un début de mise en place. De même, le "Dragon Vert" perd toute possibilité de matérialisation : le Pirée devient un canon lance harpon pointé sur lui par anticipation.
Véritable coquille vide depuis des années, l'Europe politique tombe comme un fruit mûr dans l'escarcelle chinoise. Elle le doit principalement à sa faiblesse interne et son vide politique abyssal, comme la Russie des apanages du 13ème siècle qui tomba sous la domination mongole.
LE CHEVAL DE TROIE EST UN TIGRE DE PAPIER
Après la Russie (accord Medvedev - Hu Jin Tao du 23 Septembre 2009, voir blog du 28 Novembre 2009 "Bear, wake up! Yellow Dragoon devours you, and you are OK?") l'Europe occidentale se vend elle même à la Chine, en pièces détachées, comme un ours ou un tigre qui se suicideraient.
Ces choix politiques combinent lâcheté et stupidité. En effet, contrairement à l'Empire Mongol nomade, aux structures socio - écologiques et mentales solides, l'Empire sédentaro-financier n'a aucune viabilité. L'histoire chinoise depuis 3000 ans est instructive à cet égard : le géant aux pieds de loess sera confronté, dans les années et les décennies à venir, aux plus grands risques de dislocation (voir blog du 4 octobre 2009 : "Saving tigers in 2010 : the war of dragoons" et du 29 juillet 2010 : "Point de rupture").
Pour l'heure Cheval de Troie d'un Aurochs européen méconnaissable, au comportement de buffle d'eau, le dragon jaune n'est qu'un tigre de papier.
Des changements importants doivent intervenir instamment, qui sous tendent un volet idéologique :
"la politique prime l'economie" et un volet moral: "le courage prime la lâcheté, comme l'intelligence a barre sur la bétise".