LA LANCE DE LA NATION
Une pointe de lance en corne de rhinocéros à fourrure, longue de près de 90 cm, vieille de 13 300 ans, a été découverte sur l'île Bolshoï Lyahhovsky" ("petite Lyakhov") à hauteur du 74ème parallèle. Elle servait vraisemblablement à la chasse aux grands herbivores comme le rhinocéros et le mammouth à fourrure. Cet indice de présence humaine préhistorique est le plus septentrional jamais répertorié. Voir détail et illustrations dans Siberian Times, ce jour : "13 300 year old spear made of woolly rhinoceros horn found on Arctic island".
Et hier, au Sud - Est, 10 000 personnes s'étaient réunies à Vladivostok pour célébrer le Jour du Tigre, alors qu'au Sud - Ouest, les chefs de 5 états avaient aleviné la Volga en jeunes esturgeons lors de la cérémonie de clôture du 4ème Sommet de la Caspienne..
CIRCONSTANCES ET PLASTICITE
UN COMPORTEMENT INATTENDU
Un participant à un safari photo a immortalisé une séance de jeu entre une tigresse enceinte et un très jeune faon de sambar (cerf axis), qui s'est déroulé pendant 30mn dans la réserve de Tadoba Andhari (Maharastra, Inde centrale). On y retrouve de nombreuses attitudes qui expriment aussi bien un apprivoisement, une protection et un comportement maternel qu'une prédation symbolique.
Source : MailOnline, ce jour. Alex Finnis. "Playing with the food! The moment a pregnant tiger's hormones took over and allowed a tiny fawn to live!"
EVIDENCE EXPLICITE
Samedi et dimanche à venir (27 et 28 septembre), se tiendra le festival du JOUR DU TIGRE dans le Primorye (Province Maritime, extrëme orient russe, où vivent des centaines de tigres des neiges). Dans une interview donnée hier au magazine VOKRUG SVETA, Vladimir Poutine a rappelé : "Nous travaillons délibérément avec les espèces rares de la faune russe. En utilisant cet exemple, nous pouvons plus aisément comprendre les problèmes globaux. Car nous constatons que les problèmes environnementaux de conservation au sens large se cachent derrière les problèmes spécifiques de ces espèces rares. Et ceci devient évident non seulement pour les spécialistes, mais aussi pour les hommes d'affaires et les gens ordinaires".
UN RETOUR EN TRAIT PLEIN
LE RETOUR DE TIGRES CAPTIFS A L'ETAT SAUVAGE PREND CORPS, ET LES PROJETS SE MULTIPLIENT.
En Chine du Sud, le rêve de Li Quan (Save China's tigers) est en passe de devenir réalité. Une région est désormais prête à accueillir plusieurs individus en provenance de la réserve sud africaine de Lao Hu. Celle ci compte désormais 18 animaux. En Chine même, les tigres captifs de Chine du Sud sont désormais 110, contre 50 en 2002.
Des projets se développent et se concrétisent aussi au Kazakhstan (voir page du 15 septembre), au Cambodge, et s'intensifient en Inde et en Russie, avec d'importantes perspectives d'élargissement.
La reconfiguration statutaire et fonctionnelle des zoos et parcs est une conséquence d'accompagnement naturelle d'un tel processus.
Source : CatWatch, hier. Joseph Allchin. Inserting captive - bred tigers into the wild : will it work?
Le regard qui fait vivre
Valmik Thapar a expliqué en 2002, dans son livre "Cult of Tiger", que le rapport de respect sacral au tigre était l'agent déterminant de son maintien dans le monde jusqu'à nos jours. A l'issue du Sommet de Dhaka et de ses incertitudes (voir page blog d'avant hier), dont les résolutions conclusives abondent (et parmi elles la programmation d'un recensement mondial pour 2016, à comparer avec les 3200 animaux officiellement répertoriés dans la nature en 2010), il faudra en tenir le plus grand compte.
Il apparait en effet, ce qui n'est une surprise que pour les matérialistes obtus, que le même phénomène est constatable (pour qui a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un cerveau pour comprendre) pour les panthères des neiges, dont la survie est étroitement liée aux pratiques shamaniques et à celles des temples bouddhistes himalayens (voir, après le Cats News de l'automne 2013, l'excellent article de Sonia Phalnikar dans DW d'hier, "Tying conservation with faith to protect a big cat". Joseph Henri Rosny Ainé, dans sa nouvelle "Le Félin Géant", en 1911, avait compris et mis en illustration la viabilisation d'une société à travers son alliance à chaux et à sable avec un grand prédateur. Rien n'est plus actuel ni plus important que cet axiome, réaffirmé par Pedro Galhano Alves en 2000 et 2006, avec la mise en évidence du BONHEUR des communautés rurales (éleveurs, qui plus est) du district de Sariska (Rajasthan) et du Niger, au contact des tigres d'une part, des lions de l'autre.
INCERTITUDES AU SOMMET DE DAKHA
LE SOMMET SUR LE TIGRE QUI SE TIENT ACTUELLEMENT A DAKHA (BANGLA DESH) DU 14 AU 16 SEPTEMBRE MET EN EVIDENCE LA VIOLENCE DES CONTRASTES SELON LES PAYS.
Si dans des pays comme la Russie, l'Inde et le Népal, la population de tigres sauvages augmente, de grandes incertitudes se font jour sur les tigres des sundarbans bangladaises. Ceux -ci pourraient n'être que 200 (contre 440 estimés jusqu'à présent) et la première ministre de ce pays, Sheikh Hasina, a vigoureusement appelé hier à une protection effective de la mangrove elle même. Le tigre de Malaisie, quant à lui, s'approche de la catastrophe. Située désormais entre 250 et 340 (contre 500 jusqu'à présent), sa population se réduit comme peau de chagrin et l'urgence est d'assurer sa survie immédiate. L'objectif fixé en 2010 d'une population de 1000 tigres malais en 2020 reconnu inatteignable en l'état est reporté sine die. Au Kazakhstan, après une période de renforcement des populations d'ongulés sauvages, et une révision du statut du tigre de la Caspienne dans le livre rouge des espèces menacées d"éteint" à "en processus de renaissance", un parc national doit être créé pour ces animaux et les roselières qui les abriteront en 2019. La population devrait atteindre progressivement 200 individus (entre 2040 et 2050).
INDE : L'EXEMPLE RUSSE
L'INDE S'ALIGNE SUR LA RUSSIE POUR PROTEGER EFFICACEMENT LE TIGRE.
Le ministère de l'environnement a décidé la mise sur pied d'une force de protection spéciale comparable à l'inspection tigre et aux brigades Amba russes, et l'ouverture de crèches pour les tigreaux orphelins ou abandonnés (celles -ci sont, depuis quelques mois, à la base du repeuplement de zones de l'orient russe d'où les animaux avaient disparu au siècle dernier).Source : Mohua Chatterjee, TNN, ce jour. Government plans creches for cubs, real time monitoring of reserves to protect tigers.
MISE EN ABIME, SAUT QUALITATIF
L'INDE, PONT ENTRE "DRAGON VERT" SEPTENTRIONAL ET "WHALE STREAM" MERIDIONAL.
Le sommet de Douchanbe (Tadjikistan) des 11 et 12 septembre prochain ouvrira la voie à l'adhésion de l'Inde, aux côtés du Pakistan et de la Mongolie, comme membre de plein droit de l'Organisation de Coopération de Shangaï (OCS). .Celle ci sera définitivement actée lors du prochain sommet de l'organisation qui se tiendra à Oufa - Bachkirie - en juillet 2015. L'Iran rejoindra ultérieurement l'Organisation.. L'OCS constitue la préfiguration d'une confédération eurasienne quadricivilisationnelle (Russie, Chine, Inde, Asie centrale) concernant plus de la moitié de l'Humanité.
Cet immense espace continental est de fait, depuis des années, un laboratoire géant pour la protection, le renforcement et la dissémination des grands félins sauvages. La coopération politico - scientifique s'intensifie. Le rôle actif de l'Inde induit, par exemple, la présence de lions en Iran demain, et peut être, en Chine et en Russie après demain... A plus long terme, la survie des lions en Afrique (Maghreb compris, voir page blog "Marée montante" du 10 juillet dernier) comme le retour des tigres en Europe constitueront les conséquences naturelles de cette dynamique géoécologique.
"WHALE STREAM" : actualisation.
Le retour progressif de certaines grandes baleines à leurs effectifs historiques (par exemple les baleines bleues californiennes, étude de l'Université de Washington du 5 septembre) constitue l'indispensable complément à celui des grands félins pour le rétablissement d'un équilibre planétaire culturel, écologique, social. Les résultats probants d'ores et déjà obtenus en Australie, Nouvelle Zélande, Chili, ainsi que certaines îles du Pacifique, et la volonté étatsunienne d'étendre considérablement le "Marine National Monument" de part et d'autre des îles Hawaï(ce dernier cas à nuancer très sérieusement, toutefois, désormais, après les déclarations de John Podesta) sont autant de facteurs d'espoir.
L'Inde des grands félins et des rhinocéros, mais aussi des dugongs et des requins baleines, tous faisant désormais l'objet de mesures de protection drastiques (depuis le 6 septembre) est un pont naturel, à la fois écologique et géopolitique, entre la civilisation septentrionale du "Dragon vert", et celle, méridionale, du "Whale Stream", qui sont en risque de confrontation.
LE PONT OU LE GRAND SAUT
En Chine, les populations Naxis du Yunnan parvinrent, entre 2004 et 2007, à empêcher l'érection d'un barrage géant sur l'un des canyons les plus spectaculaires au Monde, la gorge du saut du tigre. Leur exploit unique à ce jour, peut être comparé à celui de l'animal qui, selon la légende, échappa au chasseur qui le poursuivait par un bond prodigieux de 25m entre la montagne enneigée du Dragon de Jade et les monts Haba... L'Inde médiatrice des "blocs" peut éviter au Monde un grand saut dans l'inconnu.