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OUBLI SANS ABSINTHE

30 Novembre 2014 , Rédigé par Alain Sennepin

(POUR LA ENIEME FOIS) : LA TERRE SECRETE LE CIEL, LES GRANDS ORGANISMES REGULENT LE CLIMAT.

J'ai donné,fréquemment des exemples ou des références attestant ce fait (voir par exemple mon document PDF "Terre et mer" du printemps dernier, téléchargeable à partir de la page d'accueil de mon site "4 continents pour les tigres". Citons aussi le cas emblématique des thons rouges, et bornons nous aux populations de l'Atlantique Est (côtes européennes) : une gestion modérée de cette espèce a permis à celle ci, depuis le "point bas" de 2008 , de quadrupler sa biomasse. Les décisions récentes d'augmenter les quotas de 20% par an pendant 3 ans sont donc plus que stupides sur les plans économique et climatique, car leur simple maintien aurait permis une nouvelle multiplication par 10 des effectifs d'ici 2022... Voir aussi, ce soir sur la 5 à 20h40 "Quand le thon nous met en boîte"...

Et de ce point de vue,la Conférence de Paris (Décembre 2015) se présente mal, car l'oubli (qui plus est, l'absinthe semble ne rien avoir à l'affaire...) de ce facteur essentiel dans tous les discours officiels a quelque chose de vertigineux. C'est le vide le plus abyssal (on pense aux hommes creux ("The hollow men") de T.S. Eliot).

Le Discours de François Hollande, lors de la conférence environnementale du 27 Novembre ("Le 21ème siècle doit être celui de l'hygiène chimique") est archétypal de ce point de vue : il s'agit de réduire les émissions de CO2 sans dire un mot des agressions "mécaniques" infiniment plus graves que subit l'Organisme planétaire, et donc sans intégrer le moins du monde qu'un renforcement de celui -ci constitue sa meilleure protection...

Demain, s'ouvrira à Lima, pour 12 jours, l'ultime Conférence Internationale de Préparation au Sommet de fin 2015. Qu'attendre, à cette occasion, d'Ollanta Humala, Président du Pérou, dont la surexploitation du sous sol semble devenue l'alpha et l'omega de la politique, alors même que son arrivée au pouvoir en 2011 semblait augurer du meilleur ? Et la faune marine de la côte Pacifique,d'une importance cruciale pour toute la région, sera t-elle intégrée, en vigueur et centralité, dans la réflexion globale? En tout cas, le document résolutionnaire tout aussi creux que le discours de F. Hollande, que présentera dans ce cadre le Parlement péruvien le 8 décembre prochain, n'en dit strictement rien et se contente de généralités fumeuses sans le moindre intérêt.

Le pape François, qui a souhaité chaleureusement le plein succès au président péruvien, travaille à une encyclique sur le rapport de l'Homme à la Nature, qu'il doit présenter au premier semestre 2015, et qui peut jouer un rôle positif, dans l'approche originale d'une forme de pensée que beaucoup d'hommes ont oublié.

A ce jour, le seul Sommet environnemental ayant eu des conséquences heureuses reste celui de St Petersbourg sur le tigre, qui s'était tenu du 21 au 24 Novembre 2010.

La reconstitution d'un bouclier végétalo - animal protecteur est une question de survie pour l'Humanité, au même titre que l'armure spirituelle mentionnée par Igor Chafarevitch (dans "Russophobie", 1993, traduit par Alexandre Volsky, eds. Chapitre douze SER., voir aussi "Le Rouge et le Blanc", le blog de Pierre - Olivier Combelles). Les deux sont d'ailleurs intimement liées, tant il est facile de sécrèter celle - là à partir de celui -ci.

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BAÏKAL : RETOURNEMENT

29 Novembre 2014 , Rédigé par Alain Sennepin

LA CHASSE AU CHAT DE MER EST POUR BIENTÔT

Le phoque du Baïkal, un des plus petits pinnipèdes au monde,, appelé aussi "chat de mer" et qui ne vit que dans ce lac, va vraisemblablement subir des prélèvements annuels de plusieurs milliers d'individus. Mis à mal lors de la katastroïka des années 90, ses populations se sont largement reconstituées depuis lors. L'équilibre du Lac repose notamment sur les interactions entre pêcheurs, phoques, omouls et coméphores. Les communautés humaines riveraines du lac pêchent l'omoul, un corégone (salmonidé) qualifié localement de "pain du Baïkal" pour sa très grande abondance.. Cet animal subit toutefois de très fortes fluctuations, notamment à partir des années 60 et plus encore au cours des années 90. Les coméphores, petits poissons du groupe des gobies, peuvent concurrencer l'omoul. Sans intérêt commercial pour les pêcheurs, ils sont en outre très difficiles à capturer, car ils ne s'organisent pas en bancs et vivent à grande profondeur. Or, si l'omoul est la proie préférentielle des hommes, le coméphore est celle du chat de mer. Quand ce dernier est en difficulté, les coméphores tendent à devenir dominants, et se compter en milliards d'individus. Ils deviennent alors les vertébrés non marins les plus prospères au monde, mais menacent l'épanouissement des omouls. Un minimum de 50 000 chats de mer est nécessaire pour contenir les coméphores. Aujourd'hui, les pinnipèdes sont environ 120 000, avec une augmentation annuelle des populations de 25%. Le risque de rupture d'équilibre intervient donc en sens inverse à celui de la fin du siècle dernier. Il est donc envisagé de lancer une chasse commerciale concernant 5 à 6000 individus par an, essentiellement au bénéfice des pêcheurs bouriates. Par ailleurs, le chat de mer peut être occasionnellement victime,du virus canin qui affecte également le tigre de l'Amour (voir sur ce blog "Authentique menace" du 7 novembre dernier). Source : Derek Lambie & Anna Liesowska, dans le Siberian Times d'hier. "Siberian seals could be used for food delicacy amid population crisis".. .

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CHARPENTE ET PLACENTA CIVILISATIONNELS

28 Novembre 2014 , Rédigé par Alain Sennepin

L'ALLEE DES BALEINES BIENTÔT REFERENCE CULTURELLE POUR LES RUSSES

Cet article peut être considéré comme une suite logique à "La lance de la Nation" publiée sur ce blog le 30 septembre dernier. "L'Allée des Baleines" est un site de la péninsule de Chukotka, dans l'extrême - orient russe, où ont été disposés, principalement au cours des XIV ème et XVème siècles, des mâchoires, des cränes et d'autres os de grandes baleines franches. Désormais inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, il peut devenir assez vite l'équivalent russe du Stonehenge anglais ou des pyramides égyptiennes. Comme le constate la grande presse américaine (New York Times, Los angeles times), la Chukotka constitue le symétrique écologique de l'Alaska.

Dans le processus de refondation civilisationnelle que connaît la Russie depuis le lancement de l'opération Amba en 1995 (voir le détail dans le document PDF "Terre et Mer" de Mars dernier, téléchargeable à partir de la page d'accueil de mon site "4 continents pour les tigres"), il s'agit d'un paramètre supplémentaire après le Sommet du Tigre de St Petersbourg (Novembre 2010) et les conséquences de celui - ci.

Le site fut "découvert" par des archéologues soviétiques en 1976, qui publièrent leurs observations de façon très circonstanciée en 1984 (M. Chlenov & I. Krupnik : Whale Alley. A site on the Chukchi Peninsula, Siberia). Puis Jean Malaurie, en août et septembre 1990, dirigea une expédition franco -russe près du Cap Chaplino, où il put admirer à son tour ce qu'il appela la "Delphes de l'Arctique" (voir "Hummocks" T2, 1999, eds. Plon, coll. Terre Humaine, pages 391 - 430, puis "L"Allée des Baleines", eds. Fayard, coll. Mille et une nuits, 2003). Ce site de l'île d'Yttigran aurait été aménagé comme centre idéologique et religieux d'une puissante union politico - militaire des Inuits d'Asie septentrionale, à la suite d'un mini âge glaciaire et une crise de subsistance. Celle - ci aurait impliqué guerres et migrations en mer des Tchouktches et en mer de Béring. Les Inuits, dont les communautés ne comptaient pas plus d'une cinquantaine de personnes, chassaient surtout le morse avant le VIIIème siècle. Par la suite, ils durent se réorienter vers la chasse à la baleine franche, nécessitant des groupes de chasseurs de 30 à 60 personnes et donc des alliances mutualistes entre communautés. Voir le détail dans l'article richement illustré de Evgeniy Basov & Derek Lambie, dans le Siberian Times de ce jour. "Welcome to Siberia's answer to Stonehenge or the Pyramids".

E.Basov, photographe et coauteur de l'article, habite lui même au Nord de la Péninsule, à Anadyr, ville nichée au fond du golfe du même nom dont le cap Navarin constitue la pointe sud. C'est à proximité de ce cap qu' au début des années 1960, des scientifiques russes pensent avoir observé quelques rhytines de Steller, animaux géants officiellement éteints depuis la deuxième moitié du XVIIIème siècle (Berzin A.A., Thikomirov C.A., Troïnin V.I. 1963. Priroda 8, 73 - 75). Dans "Steller's sea cows: past, present and future" (document PDF daté du 16 avril dernier), je m'interrogeai, notamment, sur la possibilité de l'existence ancienne d'une "Allée des Rhytines"... (voir aussi "Un tigre peut féconder l'Océan", publié sur ce blog le 21 avril dernier).

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DYNAMIQUES D'EXPANSION

27 Novembre 2014 , Rédigé par Alain Sennepin

25 - 27 Novembre, VLADIVOSTOK. Conférence sur les dynamiques de dispersion des population de mammifères et oiseaux, organisée par plusieurs grandes organisations axées sur la géographie du Pacifique Nord. Dans ce cadre, une cinquantaine de scientifiques russes, coréens et japonais présentent une contribution sur les dynamiques d'expansion et de dispersion du tigre de l'Amour, et les formules les plus appropriées pour faciliter, renforcer et pérenniser ces dynamiques.

Actualisation 28 Novembre. A l'issue de cet atelier de travail où 12 rapports sur le tigre de l'Amour ont été présentés et discutés, il a été convenu qu'après la publication des résultats du recensement des populations de 2015, une grande Conférence sera spécialement consacrée aux grands félins en danger, comme ce fut le cas en Novembre 2010 à St Pétersbourg.

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LE TIGRE DE SIBERIE DES HIBOUX

15 Novembre 2014 , Rédigé par Alain Sennepin

COMPLETION DU PAYSAGE ANIMAL : AEROSTREAM

La prospérité des saumons détermine (c'est peu de le dire ) la richesse du milieu qu'ils occupent, particulièrement sur les façades continentales asiatique et américaine du Pacifique Nord. Sans eux, la forêt côtière de Colombie Britannique (Canada occidental), qui abrite notamment l'ours kermode (un "ours noir" de couleur blanche) n'existerait pas.

Plus à l'Ouest, la situation est analogue pour la région russe du Primorye (Province maritime) qui abrite plusieurs centaines de tigres de l'Amour. Cette zone héberge les plus gros saumons au monde (Hucho taïmen) que les tigres pêchent volontiers. Nicolas Baîkov avait déjà noté ce fait au début du siècle dernier, et l'avait même dessiné. Quelques décennies plus tôt, Smirnov avait observé un comportement semblable de tigres d'Asie centrale pêchant des carpes sauvages (sazan) dans le Syr Daria. Il avait été frappé par le plaisir évident des prédateurs lors de cette activité.

Plus au Nord, le Kamtchatka et l'Alaska sécrètent aussi des pêcheurs géants, les plus grands ours bruns de la planète. De même, concernant les prédateurs aériens des saumons, les pygargues à tête blanche alaskiens sont les plus massifs d'Amérique (les femelles peuvent y dépasser 7kgs) et celles des pygargues de Steller du Kamtchatka dépassent même 9kgs.

Le grand oiseau pêcheur du Primorye est le plus grand hibou du monde, le kétoupa de Blakiston. Légèrement plus volumineux que le Grand Duc eurasien, il pêche truites, saumons, poissons - chats et brochets. Il peut capturer des proies 2 à 3 fois plus lourdes que lui : juché sur une basse branche à fleur d'eau, il laisse une de ses pattes immergée puis se saisit de sa proie et la tire sur la berge, sans jamais avoir à la soulever. Cet animal est aussi rare que le tigre de l'Amour. Le "cercle vertueux du saumon" est une dynamique de prospérité en cascade ; le Primorye héberge les 4 plus grands Stringidés au Monde : kétoupa de Blakiston et grand duc eurasien, chouette lapone et chouette harfang...

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AUTHENTIQUE MENACE

7 Novembre 2014 , Rédigé par Alain Sennepin

UN VIRUS CANIN (Canine Distemper Virus) fait des ravages depuis des années chez certaines populations isolées de tigres de l'Amour. Il peut constituer une sérieuse menace pour le grand félin des neiges et provoquer chez celui - ci un effondrement démographique dans les 50 prochaines années, les populations les plus fragmentées étant les plus vulnérables. La connection des populations en "nappes" territoriales continues prend donc désormais le caractère d'une course contre la montre.

Source : PlosOne. 29 Octobre. Estimating the potential impact of canine distemper virus on the Amur Tiger population (Panthera tigris altaica) in Russia. M.Gilbert, D. Miquelle, J. Goodrich, R. Reeve, S. Cleaveland, L. Matthews, D. O. Joly.

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