PROFONDEUR, PROFUSION
COSMOLOGIE, COSMOPHANIE : quelques animaux sacrés dans les représentations du pouvoir et des rapports entre sédentaires et nomades chez les anciens slaves, qui éclairent présent et avenir : ours, rhinocéros, esturgeon, simargl’, tigre. CADRE GENERAL. La figure emblématique du pouvoir légitime des Slaves est empruntée aux Scythes. C’est le draconicide igné solaire, libérateur des eaux (Cornillot 1994 & 1998, Galezowski 2008). Avatar du Dieu Indra (Inde du Nord), il est figuré soit comme un cavalier sur un cheval blanc, soit le cheval lui –même. Animal sacré dans la civilisation indienne, étroitement lié au roi dont il est le double, le cheval blanc subit le sacrifice le plus complexe dans l’histoire du monde, tel que décrit dans le Mahabarata (pour accès facile et illustratif, voir Calasso 1996). C’est Kalki, un cavalier chevauchant cet animal, qui doit mettre fin au Kali Yuga, le cycle historique actuel. Du draconicide Scythe découle Svarog, le Soleil slave resplendissant, qui triomphe du dragon Zmeï. En Russie, Saint Georges est représenté en cavalier draconicide. Sa monture est blanche. Mais le chevalier serbe Milos Obilic, héros de la bataille de Kosovo Polje où il parvint à tuer le sultan Murat au prix de sa vie, est présenté dans un poème épique comme le fils du dragon. Au moins une dizaine de héros serbes se voient attribuer cette filiation. A travers l’Ordre du Dragon de St Georges, l’animal démoniaque devient lui même un protecteur de la chrétienté contre l’islam ottoman. Les chevaliers de l’Ordre de St Georges ont constitué la garde rapprochée du Tsar jusqu’à la révolution de 1917. Dans le film « Andreï Roublev » du cinéaste Andreï Tarkovski, un cheval chutant d’un escalier, transpercé par une lance, et une vache en feu (donc ignée) illustrent le chaos politique et moral d’une cité russe détruite par un imposteur à la tête d’une bande de tatars. A l’inverse, quatre chevaux gambadant sous la pluie accompagnent les icônes de l’artiste lors de l’Epilogue, après la rédemption de celui – ci, qui s’apparente à une véritable résurrection, à la fois spirituelle et artistique. Pendant au moins 11 siècles, du 6ème avec les Avars, jusqu’aux Khans de Crimée au 17ème , les relations entre les peuples nomades de la steppe et les slaves sédentaires ont été majoritairement celles d’une pression des premiers sur les seconds. Celle – ci était vécue par les assaillants comme une activité de capture pour la constitution d’un cheptel (Gengis Khan évoque les « peuples patrimoine » qu’il offre à ses fils – dans Lebedynsky 2013 -). Les victimes la percevaient comme un rapport de proie à prédateur. Bien après la fin du « joug tatar », Moscou fut détruite en 1571 par le khanat de Crimée, entraînant la mort de 80 000 personnes et la capture de 150 000, lors d’une invasion destinée à l’annexion totale de la Moscovie d’Ivan le Terrible. La dernière invasion du pays par ce khanat eut lieu en 1688…
ANIMAUX PORTEURS DES REPRESENTATIONS DES SLAVES ANCIENS .
L’OURS. Etres humains et plantigrades entretiennent une relation particulière depuis des dizaines de milliers d’années. Un chercheur russe a même émis l’hypothèse que le culte des ancêtres était pratiqué par les ours antérieurement aux hommes ( dans Jadrincev ). L’animal occupe la même niche écologique forestière que celle des premiers slaves, baltes et finnois. Homme et ours mangent les mêmes produits, poisson, miel, baies (Arrignon 2003). L’animal est considéré comme l’ancêtre tutélaire de la communauté. C’est un esprit céleste et protecteur. Dans le golfe de Finlande, des cérémonies lui sont dédiées où son crâne est placé à la cime d’un pin, au moins jusqu’au XIVème siècle. Sur l’Ob, c’est un protecteur des communautés et un libérateur des eaux (Rouguine 2008). Le sentiment de parenté des slaves orientaux avec cet animal n’a jamais cessé. Les conflits opposant l’Empire tsariste à l’Empire ottoman étaient ceux de «l’ours russe contre le tigre turc" (dans la bouche des diplomates).
LE RHINOCEROS. A priori, il peut sembler particulièrement farfelu d’intégrer cet animal dans un tel sujet. Et de lui offrir une place de choix dans le dispositif, qui plus est. En effet, les seuls rhinocéros eurasiens actuels vivent en Asie du Sud – Est. D’autres espèces, présentes sur l’ensemble du continent eurasien à l’époque paléolithique, se sont officiellement éteintes il y a des milliers d’années. La réalité est bien différente. Parmi des ballades probablement en lien avec Novgorod la Grande, et indépendantes des cinq Chroniques de cette cité, le « livre des profondeurs » (Glubinnaia kniga) évoque un monstre bienfaiteur : Indrik (appelé aussi, parfois, Indra, Beloiandrikh, Kondryk, Edinrog, Edinor). Il est la Force de Vérité etde Droiture. Il combat « les lions », creuse des puits avec son immense corne frontale et sauve le monde de la sécheresse (Russell 2009). Il correspond donc parfaitement au combattant libérateur des eaux, aussi bien dans son comportement que dans son nom. Celui ci évoque l’indien Indra, dont le draconicide est un avatar scythe, mais signifie précisément « une seule corne » (Russell 2009). Selon les cas, il est représenté avec le corps d’une chèvre ou d’un cheval. Il est à la fois le père et la mère de tous les autres animaux, à qui ceux ci doivent rendre des comptes. Le rhinocéros laineux européen du puits de la grotte Lascaux (Dordogne, France) était déjà une figuration du principe paternel, selon Picard (2003). Fonctionnellement, il est un véritable « Behemoth » (« bête – monde ») septentrional. La présence de descendants d’une ou plusieurs espèces de rhinocéros au Moyen Âge est crédible (Planhol 2004), dans les zones steppiques d'Europe orientale. Au 10ème siècle, Ibn Fadlan en fait une description précise et détaillée (voir le texte intégral dans Ibn Fadlan & Frye 2005). Beaucoup plus récemment, lors de l’hiver 1560, particulièrement rigoureux, il semble que plusieurs de ces animaux aient été découverts parmi les nombreuses bêtes mortes de froid dans les steppes d’Otchakov et de Savran (dans l’actuelle Ukraine méridionale, côte Nord Ouest de la mer noire) (Broniovius 1630, Kirikov 1955). Il est possible que les derniers représentants de l'espèce aient disparu au temps des troubles (début du XVIIème siècle), en même temps que les derniers tigres volgiens, les cornes des uns et les peaux des autres étant exportées en Europe occidentale via la "Novgorod orientale" : le comptoir de Mangazeïa, en Sibérie du sud - ouest. De qui descendent ces « fossiles vivants » ? (Planhol 2004 ). Ce ne sont pas des rhinocéros laineux du type de celui de Lascaux (Coelodonta antiquitatis). Il s’agirait plutôt d’ animaux du genre Elasmotherium, qui possédaient une gigantesque et unique corne frontale. Deux espèces peuvent être concernées ici, et de façon non exclusive. Elasmotherium caucasicus, semi aquatique, est peut être l’une des figures originelles d’Indrik libérateur des eaux, tout comme l’hippopotame pour Behemoth. Elasmotherium sibiricum, beaucoup plus massif et velu, également présent en Europe orientale, avait une aire de répartition beaucoup plus vaste, jusqu’à la Yakoutie, et comparable, en cela, à celle de l’aurochs. Il exprime toute la puissance du combattant titanesque. Parfois victime du tigre, l’Elasmotherium préfigure le Grand Prince Slave libérateur des eaux, proie potentielle puissante et dangereuse pour les razzieurs nomades. L’aurochs Bos primigenus (dont les troupeaux, au Moyen Âge, régulent les populations de tigres, et non l’inverse) et le sanglier géant Sus scrofa attila, lui sont assimilés. D’autre part, le « rhinocéros – monde » conflue, dans les représentations, avec le cheval solaire. Notons ici que rhinocéros et cheval sont les seuls membres, aux côtés du tapir, du groupe des ongulés périssodactyles :. Ils sont donc très proches, sur le plan taxonomique. Celui - ci est ensuite assimilé à son cavalier protecteur, qui combat le tigre dans un conflit entre pasteurs dont l’enjeu est la maitrise des troupeaux de chevaux sauvages, capturés vivants par le Grand Prince en vue d'un dressage ultérieur, dévorés par le tigre (Sennepin 2013). Certains contes russes évoquent même la capture précautionneuse de "l'auroch bai", la "bête féroce" (le tigre) et le "sanglier sauvage" par les bogatyrs qui ramènent ces animaux vivants à Kiev auprès du Grand Prince...
Enfin, on ne peut exclure l'existence d'un rhinocéros pontocaspien, survivant tardif des rhinocéros "chinois" (et probablement eurasiens du Fleuve Jaune au Danube) massivement présents en Chine du Nord jusqu'au IIème millénaire avant notre ère, et qui aurait survécu et même prospéré plus à l'ouest (au moins jusqu'à l'optimum climatique médiéval, entre le Xème et le XIVème siècle) dans des milieux qui restèrent longtemps fort peu anthropisés. Ce rhinocéros européen des temps médiévaux serait alors au Rhinocéros "de Sumatra" (dominant en Chine pendant des millénaires) ce que le tigre européen est à celui de l'Amour : une variété géographique isolée secondairement de ses congénères orientaux.
Avatars historiques possibles. 1. L’aurochs : en 1361, le prince transsylvain Dragos est entraîné par son gibier, lors d’une chasse à l’aurochs, jusqu’en Moldavie où il fonde son royaume. 2. Le sanglier. Celui - ci est étroitement associé au chêne. Le culte de Perun (Dieu slave de l'orage, comparable au Zeus grec) s'exprime fréquemment à travers la vénération d'un chêne gigantesque et aux formes atypiques où sont encastrés, à une hauteur bien définie, plusieurs (neuf pour un tronc découvert dans le lit du Dniepr en 1975) maxillaires inférieurs de sanglier (voir les travaux de Francis Conte sur l'héritage païen chez les Slaves). Comme l'Aurochs, le sanglier est une proie préférentielle du tigre comme du Grand Prince kiévien. Ces animaux pouvaient (et peuvent encore,voir Sputnik.fr du 23 novembre 2015) excéder une demi tonne. Question subsidiaire : antérieurement, ou dans le même temps mais dans des régions différentes, un culte était -il rendu à une divinité ancienne associant un chêne et des cornes de rhinocéros? 3. Le libérateur de Kiev. En 1362, la capitale de la Russie ancienne est libérée du « joug tatar » par le Grand Prince lituanien Algirdas lors de la bataille des Eaux Bleues. Tchernigov avait été libérée auparavant par ses soins. 4. La baleine blanche Beluga. Le "cheval blanc", "troisième compagnon" fondateur du monastère des Solovki en 1436, est parfois considéré comme un beluga nouveau - né :
http://www.helsinki.fi/~lauhakan/whale/petroglyph/whitesea/whitehor.html
Déclinaison possible en Europe de l’ouest : Animal « aux 5 couleurs » en Asie centrale (Sinon 1960), Elasmotherium évoque la « Pan – Thera » (« bête des bêtes ») des bestiaires du moyen – âge occidental, au pelage tâcheté des couleurs de l’arc – en – ciel, homologue du Behemoth comme animal – monde (Sennepin 2013). Le libérateur des eaux slave peut aussi être, parfois, un inondeur. C’est aussi le cas, dans la mythologie d’extrême occident, d’un « Behemoth négatif », un monstre aquatique velu appelé Afang Du (« le castor noir ») (Markale 1969). Par ailleurs, selon le mythe européen de la licorne, cet animal indomptable, qui ravage le pays et provoque aussi des inondations, ne peut être arrêté que par une jeune femme, qui découvre sa poitrine devant lui. L’animal pose délicatement sa tête sur celle – ci, en signe de soumission. La culture de l’amour courtois associe évidemment le chevalier fougueux à la licorne. Abélard signait certaines de ses lettres à Héloïse « Rhinoceros indomitus » (le rhinocéros (licorne) indompté(e) - Clanchy 1997 -). La mutation secondaire du monstrueux « castor noir » en une belle licorne blanche est homologue à celle de l’Elasmotherium Indrik / Edinor en cheval solaire. La « Dame à la Licorne » a donc aussi les traits de la protectrice de Tchernigov, parèdre du draconicide kiévien (voir Sennepin 2013). Au XIXème siècle, le cachalot Mocha Dick prolonge Edinor. Par son volume, son comportement, sa blancheur, sa corne frontale "bosse pyramidale", il est la licorne ultime qui ferme le cycle historique ouvert par Indrik (Blog du 18 janvier : "Epopée salvatrice").
L’ESTURGEON : l’esturgeon géant est historiquement l’animal clef de voûte de l’économie de l’espace slave, du Dniepr à la Volga. Dans la région de Rybynsk, certains individus atteignaient des proportions colossales, comparables à celles des plus grands poissons marins actuels. Il est l’ancêtre tutélaire des premiers slaves (Cornillot 1998), personnalisé sous le nom de Kara. Il est une sorte de « Leviathan du Nord », déclinaison aquatique du « Behemoth » Indrik . Les légendes d’esturgeons titanesques inondeurs abondent de l’Ob (Sibérie) à la Gironde (France).
LES TROIS MONDES DES SLAVES ANCIENS. L’ours céleste, le rhinocéros / cheval solaire , ainsi que l’esturgeon aquatique et chthonien, sont les 3 ancêtres des Slaves, maîtres respectifs de chacun des 3 espaces qui structurent l’Univers. Comme Moby Dick prolonge Edinor, le "poisson - baleine", porteur de villages et de territoires, popularisé dans les contes de Piotr Erchov au XIXème siècle, est à la fois un avatar du celui - ci et de l'Esturgeon géant, et apparaît comme la cosmophanie d'une île, d'une cité, voire d'une arche, un espace sacral et sanctuarisant (voir sur ce blog, le 23 mars : "Adieu à l'île").
Les Slaves intègrent également à leur panthéon d’animaux sacrés deux entités du monde nomade : le Simargl’ et le Tigre.
LE SIMARGL’ : Organisme chimérique ailé gigantesque, il est la seule des entités présentées ici qui n’ait pas d’expression biologique réelle dans la Russie médiévale. Il est directement issu du Semourgh d’Asie centrale, équivalent du Phoenix chinois, du Garuda indien, de l’oiseau Rokh moyen oriental et du griffon occidental. Celui - ci est le protecteur du représentant du pouvoir légitime, dans de nombreux contes. Il est le frère du tigre, et même son double sur les portes des madrasas du Régistan de Samarkand d’une part, de Boukhara d’autre part (Sennepin 2013). Le Simargl’ slave est dans une situation un peu différente. Il devient l’auxiliaire du libérateur des eaux à Kiev, alors que le tigre est le partenaire de la parèdre de celui – ci à Tchernigov (Galezowski, communication personnelle 2011). Il est habituellement représenté sous la forme d’un chien ailé, mais peut l’être aussi sous celle d’un tigre ailé (Arrignon 2003). Les semourghs prédateurs de la porte de la madrasa Divan Begi à Boukhara sont, quasiment à l’identique, des paons, sur le trône du même nom de l’indien moghol Shah – Jahan. Le Simargl’ connaît sa déclinaison symbolique la plus célèbre dans l’aigle bicéphale russe. Avatars historiques possibles : Protecteur dominant : la Horde d’or, à l’ombre de laquelle la Russie se structure, ce qu’elle n’avait pu réaliser auparavant, autour de l’Eglise orthodoxe, bénéficiant pour ce faire de la Pax Mongolica, après avoir repoussé le danger catholique romain germanique avec l’aide précieuse de son suzerain oriental (Arrignon 2003, Lebedynsky 2013). Protecteurs auxiliaires : les cosaques. Déclinaisons culturelles : L’oiseau de feu, le cygne blanc.
LE TIGRE. Essentiellement lié, historiquement, à la civilisation nomade, il est souvent perçu par les Slaves comme un antagoniste, contrairement à son frère Simargl ‘. Sa proie la plus fréquente est le cheval sauvage, la seconde est l’aurochs. Or, ces deux animaux renvoient à deux figures fondamentales (et intimement liées) de la représentation du pouvoir légitime chez les anciens slaves : le rhinocéros Indrik / Edinor et le cheval solaire. Le tigre est le compétiteur direct du Grand Prince kiévien, captureur de chevaux et chasseur d’aurochs, dont le représentant le plus emblématique à cet égard, Vladimir Monomaque, se fait appeler Vladimir le Blanc. Comme le cheval est une déclinaison du rhinocéros, le "loup féroce" des contes de Piotr Erchov, ami, conseiller et protecteur du tsarévitch Ivan, est une déclinaison de la "Bête féroce" mentionnée par Vladimir Monomaque dans ses "Instructions", et que Vladimir Heptner (1969) identifia comme étant un tigre. Sa figuration mythologique la plus occidentale est celle du Dieu Radgost, en Moravie et Silésie (République tchèque). La ville de Retre y hébergeait un temple en son honneur jusqu'à la deuxième moitié du XIème siècle. Le tigre se maintient (au moins) jusqu'au 12ème siècle dans le golfe de Finlande, et au début du XVIème dans les marais de Polésie. Les peaux des derniers spécimens présents dans l'estuaire et sur le cours inférieur de la Volga sont probablement envoyés en Europe occidentale via le comptoir sibérien de Mangazeïa lors du Temps des Troubles, au début du XVIIème siècle. Après la disparition progressive de toute forme d’autonomie effective pour les cosaques (Lebedynsky 2004), puis l’annexion du khanat de Crimée par la Russie en 1783, et enfin les destructions physiques simultanées d’une partie significative de la population kazakhe entre 1929 et 1931 (soit la population nomade numériquement la plus importante au monde jusqu’à cette date), de la quasi totalité de son cheptel équin, et de milliers de tigres dans les roselières environnantes, la Russie est amenée à réorganiser les représentations de son Histoire dans son ensemble, et donc à réaménager ses mythes fondateurs. L’érection de facto du Tigre (image historique de l’antagonisme le plus radical) comme emblème national de la Russie (Sennepin 2013) à égalité avec l’Ours (image historique de la symbiose endogène) en constitue, semble t-il, un puissant signal, tant sa charge symbolique est importante : c’est un nouvel « aigle » bicéphale qui est en train de naître.
TIGRE EUROPEEN : QUI TIRE LE CHAR DE FREYJA ? Le char céleste de la déesse germano - scandinave est tiré par deux "chats", "TENDRESSE" et "AMOUR MATERNEL" aussi volumineux que des lions, et tellement lourds que Thor lui - même ne parvient pas à les soulever. Le "champ d'action" de la divinité coïncide avec l'aire d'influence viking, qui va jusqu'au golfe de Finlande, à la péninsule de Kola et Novgorod... Clin d'oeil, énigme, étrangeté, parallélisme culturel? Le Shanshui chinois, perception du paysage, fait de la montagne le lieu des génies (chimei). Par monts vont les chi, qui prennent l'apparence de tigres, par vaux vont les mei, qui prennent l'apparence de sangliers (Berque 2012). Freyja utilise volontiers comme monture Hildisvini, le sanglier combattant. Celui - ci serait il son "mei" terrestre, et ses "chats" ses "chi" célestes?
BEHEMOTH, L'ETRANGE PEREGRIN. Une tigrification blottie dans la gueule du temps. Comme nous l'avons vu plus haut, Edinor / Indrik, le rhinocéros velu, véritable Behemoth du Nord (et authentique "Jardinier d'Otchakov" avant la lettre!), s'évapore vraisemblablement avec les derniers tigres volgiens dans le chaos du Temps des Troubles, pendant lequel la Russie est dépecée et vendue à l'encan. Il resurgit au XIXème siècle dans les mers du Sud sous les traits du cachalot Mocha Dick, "gentleman courageux, rayé, tâcheté et marbré", exactement comme un tigre (Epopée salvatrice, blog du 18 janvier 2015). Magnifié et même cosmisé dans "Moby Dick" par Herman Melville, il apparaît au fond de l'eau comme "une tache vivante blanche, pas plus grande qu'une belette, s'élevant avec une célérité merveilleuse". Quelques instants plus tard, il devient un immense fécondateur du ciel à l'assaut duquel il se lance "comme un saumon", les vagues figurant "sa crinière", visible à plus de 11kms de distance... L'ensemble a une dimension authentiquement sismique, que l'on retrouve à l'identique dans "The Tiger", le livre qu'a écrit John Vaillant en 2010 pour décrire les évènements tragiques et stupéfiants qui se sont produits en décembre 1997 dans la Province maritime de l'Orient russe ("L'Amour est éternel", troisième partie: Approche magico - religieuse et implication d'un "chi" caché derrière le "mei" Nago d'Hayao Miyazaki, blog du 17 février 2015 ). L'animal semble surgir des entrailles du sol, les impacts acoustiques et visuels de sa surrection sont vécus comme un tremblement de Terre, il s'identifie à l'Egoule, monstre mythique si énorme que l'on peut construire une demeure avec sa peau et ses os, comme les bisons, mammouths et baleines... Il a la tête "grosse comme la Lune", et absorbe "les balles comme Moby Dick les harpons"... Entre 1927 et 1939, dans "Le Maître et Marguerite", écrit en pleine terreur stalinienne, Boulgakov, malade et désespéré, avait inventé un "Behemoth" luciférien, nom dont était affublé un immense chat noir auxiliaire du Diable, avec lequel il finira par mettre le feu à Moscou, évènement dont la dimension heureuse est perceptible. En 1997, quelques mois avant "les évènements de Décembre" décrits par Vaillant, H. Miyazaki évoque "L'esprit vengeur" et "le destin du monde qui repose sur le courage d'un seul guerrier" A la fin de la même année, "Behemoth" resurgit en robe héraldique, et sauve la Russie... (Blog du 17 février, "L'Amour est éternel", Approche magico - religieuse). Un pays cristallise ses saints comme une montagne ses diamants...
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2400 TIGRES: INDE BIENTÔT PÔLE D'ESSAIMAGE
Le ministre indien de l'écologie, Prakash Javadekar, a déclaré aujourd'hui que son pays était prêt à aider d'autres pays à protéger efficacement les tigres, et même à en donner si d'importantes garanties de suivi de leur adaptation existent. Il a précisé que son gouvernement était d'ores et déjà en discussion avec plusieurs pays intéressés. Le ministre a également précisé que les résultats définitifs du recensement 2015 (en principe publiés à la fin de ce mois) indiqueraient un nombre d'environ 2400 individus sauvages sur le territoire (les chiffres provisoires indiqués le 20 janvier étaient 2226, avec un minimum de 1945 et un maximum de 2491). The Economic Times, ce jour. India ready to impart training to conserve tigers : Prakash Javadekar.
Peut - être les lions indiens seront - ils dans la même dynamique d'ici à quelques décennies, permettant un réensemencement de l'Iran, du Pakistan, d'autres pays de l'Organisation de Shangaï, voire l'Afrique du Nord (voir sur ce blog, 15 février : "Lions indiens, Modi va mettre le paquet).
CHASSE EN BOÎTE ET TÊTES DE BOIS
"EXPLOITER INDUSTRIELLEMENT DES MILLIERS DE GRANDS FELINS CAPTIFS PEUT PROTEGER EFFICACEMENT LES INDIVIDUS SAUVAGES". CETTE ESCROQUERIE MEURTRIERE, EN RECUL EN CHINE, RETROUVE DES COULEURS EN AFRIQUE DU SUD. Aujourd'hui, la plus grande menace sur une espèce emblématique de grands félins pèse moins sur les tigres (à travers les "fermes" géantes chinoises) que sur les lions, avec les centres de reproduction sud africains comme base industrielle de la "chasse en boîte", et après la disparition de ces animaux en Afrique du Nord au début des années 60, puis la quasi évaporation actuelle de ceux - ci d'Afrique de l'ouest et du centre.
En 2008, j'avais montré l'ampleur du problème créé par les "fermes" à tigres chinoises, qui créaient ex nihilo un marché mondial du tigre en pièces détachées, avec le produit "captif" largement démocratisé, et le produit "sauvage" de qualité supérieure, réservé aux nouvelles classes dirigeantes politico - économiques. A cette époque, un lobbyiste neolibéral de la filière, Barun Mitra, prophétisait que sans l'embargo international sur ce type d'activité, on pourrait élever 100 000 tigres en 2020, et que, parallèlement , les tigres sauvages auraient un avenir de long terme solidement assuré, dans un déni complet de réalité du fonctionnement des marchés d'une part, de l'organisation des sociétés humaines de l'autre. "Au royaume du tigre ... en batterie". Lettre de la SECAS 53, printemps 2008, pages 19 - 21. Aujourd'hui, la Chine entame une politique de protection active de ses tigres sauvages, amoindrissant par la même le danger représenté par les fermes à tigres, dont les objectifs commencent par ailleurs à se différencier (commerce, tourisme, et même réensauvagement). Sur ce blog, le 10 mars : "Chine, passage à l'acte", et le 19 mars : "Tigres des neiges : la Chine précise ses plans".
En Afrique du Sud, 160 "centres de reproduction" fabriquent, en fonction de la demande, des milliers de lions (5000 officiellement à l'heure actuelle) destinés exclusivement à la chasse en enclos pour les chasseurs fortunés du monde entier, de Dallas à Shangaï ( Le "produit" : lion blanc aux yeux bleus est actuellement de plus en plus demandé...). Les responsables de la filière cherchent à promouvoir l'injustifiable par le même bobard que celui martelé par Mitra il y a quelques années à des organes de presse complaisants. Ecologist, hier. Dominic Dyer. Canned hunting is not protecting lions!
http://www.theecologist.org/blogs_and_comments/commentators/2806457/canned_hunting_is_not_protecting_wild_lions.html
Le principe du pyromane / pompier va pouvoir désormais s'appliquer dans sa pureté de cristal. Après avoir mené les lions au bord de l'extinction, les responsables organiseront des campagnes récréatives d'éradication des tigres sud africains, victimes eux aussi de la chasse en enclos mais aussi relâchés massivement dans la nature pour des safaris plus traditionnels et dont les survivants entrent en compétition menaçante avec les derniers lions sauvages (voir sur ce blog "Salopards et apprentis sorciers" du 27 janvier dernier). Renonçant pour l'heure à toute politique de souveraineté nationale sur la gestion de ses ressources, l'Afrique du Sud d'aujourd'hui perd ses rhinocéros, ses lions, et bientôt ses éléphants. Ouverte à tous les vents, comme le fut la Russie des années 90 qui faillit perdre alors ses tigres de l'Amour, où celle des temps des troubles 1601 - 1619, où les peaux des derniers tigres de la Volga inférieure et de son delta, aux côtés de tonneaux de caviar, de nombreuses fourrures et peaux de mammifères marins, de l'ivoire de morse et de mammouth, rejoignirent l'Europe par une route fluviale jalonnée de comptoirs, elle n'est plus, pour l'heure, un pays, mais un simple terrain de jeu pour nouveaux riches. Elle doit trouver en elle même le courage de reconquérir sa souveraineté, si elle souhaite conserver son bien le plus précieux : UNE GRANDE FAUNE SAUVAGE.
RETOUR PARMI LES HOMMES
Un article détaillé et très intéressant sur la réintroduction de tigres à Sumatra. Une large partie est consacrée à l'oeuvre de réhabilitation et réimplantation des tigres mangeurs d'hommes par Tommy Winata. Sont aussi évoqués le plan de reproduction des rhinocéros de Sumatra, et les perspectives de réintroduction de tigres au Cambodge. Aslaone Asia, ce jour, republication du Straits Times, hier. Releasing tigers a risky business to tame.
nirmal@sph.com.sg
http://news.asiaone.com/news/asia/releasing-tigers-risky-business-tame
Following India's success in protecting endangered tigers, Cambodia says it wants to get some of the big cats from India and reintroduce them to its Cardamoms mountain range.
Indonesia, which has only an estimated 500 sumatran tigers at most left in the wild, recently released two into protected forests in southern Sumatra.
Even Scotland and England will soon reintroduce the eurasian lynx that died out there more than 1,000 years ago.
The practice is much coveted; the survival of a big predator at the top of a food chain amounts to an ultimate quality stamp for an ecosystem. There is a glamour quotient as well: Big predators like tigers are charismatic - and attract funding.
Ms Susi Pudjiastuti, Indonesia's minister of maritime affairs and fisheries, was at the release of the sumatran tigers on March 3 at the 450 sq km Tambling Wildlife and Nature Conservation Area (TWNC) on the southern edge of the 3,500 sq km sprawl of Bukit Barisan Selatan National Park. She welcomed the move.
But it is a risky business. Reintroducing a big predator is not easy, especially in populated Asia. In general, they roam wide areas. Five tigers released so far in the TWNC, fitted with satellite collars, have been tracked walking 200km per week.
If there are not enough prey animals to go round for the newcomers, the predator could roam farther in search of food, encountering humans, killing livestock and getting into sometimes deadly conflict with people.
If the tiger, for example, was raised in captivity and thus overly familiar with people, it may not have a natural fear of man. This could also increase the chances of close encounters.
There is also the risk of the tiger being killed by poachers or local livestock owners. Hostile humans worried about their livestock or children are unlikely to guarantee the survival of a big predator.
So while it may seem like a sound idea to reintroduce tigers brought from India into Cambodia's wilds, India is likely to require watertight guarantees of protection. After all, Cambodia's tiger population has been almost wiped out; during years of instability and war they were killed by poachers and, more recently, have lost habitat to species like deer and wild boar as well as to logging and plantations.
Once, Cambodia had a few hundred tigers, but no more than 30 are left in the entire country. India, by contrast, has more than 2,200 today - almost double the 1,400 in 2006.
The TWNC project shows the potential for partnerships between wildlife protection departments and private individuals or companies.
While corporations are sometimes accused of "green-washing" - donating money to environmental projects to give the impression of compensating for more widespread damage they often cause to the environment - it is also undeniable that the private sector often has more resources than government departments.
For instance, Malaysia's Sime Darby Foundation - spawned by the palm oil giant - supports a last-ditch sumatran rhino breeding project in Sabah.
There are only about 100 left in small scattered populations and captive breeding offers an option to save them from extinction.
The TWNC itself is supported by the sometimes controversial Indonesian tycoon Tomy Winata, who owns buildings in downtown Jakarta and has a passion for tigers specifically and wildlife in general. He spends around US$2 million (S$2.8 million) out of his own pocket every year on the TWNC.
In fact, Mr Winata runs it in an arrangement with the government. Since 2008, he has been taking "conflict tigers" into captivity there and has thus far released five into the wild. Eight more are in cages at his facility.
"Conflict tigers" are those that have run into problems with people, killing livestock and sometimes even mauling or killing people.
This is a problem in Indonesia, where oil palm and acacia plantation eat into forest habitats. Ministry of Forestry data as of 2013 indicated that up to 1.1 million ha of forest was being lost every year. Tigers often find themselves wandering in plantations, and have to be captured and removed.
The TWNC project is somewhat unorthodox, though.
Around 4,000 families live in the area. But Mr Winata insists that it has "thousands" of deer, wild boar and monkeys - the staple prey of the tigers - and so the big cats leave people alone. But he adds: "We are lucky there is no conflict between tigers and humans."
TWNC also takes care to build relations with the communities, he said.
New York-based Alan Rabinowitz, sometimes called the "Indiana Jones" of conservation for his exploits and his willingness to work in unorthodox settings - like the former military dictatorship in Myanmar - has so far cautiously supported the project.
Panthera, the organisation he heads, now helps monitor TWNC's tigers and other wildlife. Data has indicated "an unexpected density of six tigers per 100 sq km in the southern region of TWNC" - nearly double the highest recorded for the area to date - its website says.
"These findings, including camera-trap images of tiger cubs, have identified Tambling, which is part of the globally significant BBSNP, as a beacon of hope for the last remaining wild sumatran tigers" it says.
The released tigers are closely monitored, and Mr Winata has the wherewithal to maintain his own security force. In a phone interview, he acknowledged: "The most important issue is not how to release the tigers in the jungle. The most critical thing is how to protect them."
But for Dr Vidya Athreya, who works with the US-based Wildlife Conservation Society's programme in India and has studied leopards in habitats where they coexist with people, the real challenge is more complex.
Dr Athreya believes resources may be better spent trying to address the conflict situations that are at the core of the issue. The question is why there is a steady supply of "conflict tigers" in Indonesia - or for that matter "conflict leopards" in India.
She says: "It's easy to fence off and protect. But it is much harder to deal with the situations that produce conflict in the first place."
Following India's success in protecting endangered tigers, Cambodia says it wants to get some of the big cats from India and reintroduce them to its Cardamoms mountain range.
Indonesia, which has only an estimated 500 sumatran tigers at most left in the wild, recently released two into protected forests in southern Sumatra.
Even Scotland and England will soon reintroduce the eurasian lynx that died out there more than 1,000 years ago.
The practice is much coveted; the survival of a big predator at the top of a food chain amounts to an ultimate quality stamp for an ecosystem. There is a glamour quotient as well: Big predators like tigers are charismatic - and attract funding.
Ms Susi Pudjiastuti, Indonesia's minister of maritime affairs and fisheries, was at the release of the sumatran tigers on March 3 at the 450 sq km Tambling Wildlife and Nature Conservation Area (TWNC) on the southern edge of the 3,500 sq km sprawl of Bukit Barisan Selatan National Park. She welcomed the move.
But it is a risky business. Reintroducing a big predator is not easy, especially in populated Asia. In general, they roam wide areas. Five tigers released so far in the TWNC, fitted with satellite collars, have been tracked walking 200km per week.
If there are not enough prey animals to go round for the newcomers, the predator could roam farther in search of food, encountering humans, killing livestock and getting into sometimes deadly conflict with people.
If the tiger, for example, was raised in captivity and thus overly familiar with people, it may not have a natural fear of man. This could also increase the chances of close encounters.
There is also the risk of the tiger being killed by poachers or local livestock owners. Hostile humans worried about their livestock or children are unlikely to guarantee the survival of a big predator.
So while it may seem like a sound idea to reintroduce tigers brought from India into Cambodia's wilds, India is likely to require watertight guarantees of protection. After all, Cambodia's tiger population has been almost wiped out; during years of instability and war they were killed by poachers and, more recently, have lost habitat to species like deer and wild boar as well as to logging and plantations.
Once, Cambodia had a few hundred tigers, but no more than 30 are left in the entire country. India, by contrast, has more than 2,200 today - almost double the 1,400 in 2006.
The TWNC project shows the potential for partnerships between wildlife protection departments and private individuals or companies.
While corporations are sometimes accused of "green-washing" - donating money to environmental projects to give the impression of compensating for more widespread damage they often cause to the environment - it is also undeniable that the private sector often has more resources than government departments.
For instance, Malaysia's Sime Darby Foundation - spawned by the palm oil giant - supports a last-ditch sumatran rhino breeding project in Sabah.
There are only about 100 left in small scattered populations and captive breeding offers an option to save them from extinction.
The TWNC itself is supported by the sometimes controversial Indonesian tycoon Tomy Winata, who owns buildings in downtown Jakarta and has a passion for tigers specifically and wildlife in general. He spends around US$2 million (S$2.8 million) out of his own pocket every year on the TWNC.
In fact, Mr Winata runs it in an arrangement with the government. Since 2008, he has been taking "conflict tigers" into captivity there and has thus far released five into the wild. Eight more are in cages at his facility.
"Conflict tigers" are those that have run into problems with people, killing livestock and sometimes even mauling or killing people.
This is a problem in Indonesia, where oil palm and acacia plantation eat into forest habitats. Ministry of Forestry data as of 2013 indicated that up to 1.1 million ha of forest was being lost every year. Tigers often find themselves wandering in plantations, and have to be captured and removed.
The TWNC project is somewhat unorthodox, though.
Around 4,000 families live in the area. But Mr Winata insists that it has "thousands" of deer, wild boar and monkeys - the staple prey of the tigers - and so the big cats leave people alone. But he adds: "We are lucky there is no conflict between tigers and humans."
TWNC also takes care to build relations with the communities, he said.
New York-based Alan Rabinowitz, sometimes called the "Indiana Jones" of conservation for his exploits and his willingness to work in unorthodox settings - like the former military dictatorship in Myanmar - has so far cautiously supported the project.
Panthera, the organisation he heads, now helps monitor TWNC's tigers and other wildlife. Data has indicated "an unexpected density of six tigers per 100 sq km in the southern region of TWNC" - nearly double the highest recorded for the area to date - its website says.
"These findings, including camera-trap images of tiger cubs, have identified Tambling, which is part of the globally significant BBSNP, as a beacon of hope for the last remaining wild sumatran tigers" it says.
The released tigers are closely monitored, and Mr Winata has the wherewithal to maintain his own security force. In a phone interview, he acknowledged: "The most important issue is not how to release the tigers in the jungle. The most critical thing is how to protect them."
But for Dr Vidya Athreya, who works with the US-based Wildlife Conservation Society's programme in India and has studied leopards in habitats where they coexist with people, the real challenge is more complex.
Dr Athreya believes resources may be better spent trying to address the conflict situations that are at the core of the issue. The question is why there is a steady supply of "conflict tigers" in Indonesia - or for that matter "conflict leopards" in India.
She says: "It's easy to fence off and protect. But it is much harder to deal with the situations that produce conflict in the first place."
ADIEU A L'ILE
Le 14 mars dernier, à l'hôpital de Moscou, mourait le grand écrivain Valentin Raspoutine. Après un dernier hommage à la Cathédrale du Christ Sauveur le mercredi 18 mars,rendu notamment par les plus hautes autorités religieuse et politique du pays, il a été enterré à Irkoutsk (il a toujours vécu en Sibérie centrale). Chantre de la force des sociétés traditionnelles, il s'était vigoureusement opposé, dans les années 60 et 70 du siècle dernier, aux plans d'inversion des cours des fleuves Ob et Ienisseï pour irriguer les monocultures du coton d'Asie centrale après la mort de la mer d'Aral, et au gigantesque complexe de transformation du papier qui allait polluer le lac Baïkal. J'avais été particulièrement marqué par la lecture de son roman le plus célèbre, "L'Adieu à Matera",1976, traduit dans sa version française parue en 1979 chez Robert Laffont par "L'Adieu à l'Ile". L'ile et son village vont être engloutis sous les eaux d'un barrage, et le livre décrit la vie des derniers mois des habitants avant cet évènement, Ceux - ci incarnent la civilisation, et les ouvriers du chantier représentent la barbarie. Dans cet univers, vivants et morts se côtoient dans une continuité où le temps n'existe pas.L'ile représente la totalité du Monde, qui va être engloutie dans une apocalypse technocratique. Par delà les êtres humains, les deux personnages principaux sont "le maître de l'ile", petit carnivore sauvage à l'espèce non définie, et un vieux et gigantesque mélèze indestructible. Cet Espace "Cosmos" s'identifie au "poisson - baleine" des mythes slaves, illustré notamment en 1834 dans le conte de Piotr Erchov "Konyok gorbunok", qui porte villages et territoires sur son dos. A la fois créateur et protecteur du Monde, il est un avatar d'Edinor, le rhinocéros moussu dont tout procède, et de l'esturgeon primordial, ancêtre des slaves, avec lesquels il constitue en quelque sorte une Sainte Trinité. A ce titre, l'hommage à Valentin Raspoutine concerne aussi L'ATLANTIDE RUSSE et sa dizaine de cités englouties au cours du siècle dernier, qui forment un pays sous - marin artificiel : Mologa, Vessegonsk, Kaliazine, Kortcheva, Stavropol sur Volga, Poutchej, Berdsk, Spassk - Tatarski, Chagonar... et qui prolongent les cachalots combattants, soldats morts pour la même patrie au siècle précédent (Epopée salvatrice, sur ce blog le 18 janvier dernier). De même, Valentin Raspoutine s'identifiait PHYSIQUEMENT à la Sibérie, et la constituait. Il était aussi un Passeur, dans l'acception pleinement shamanique du terme (voir "Ofelas" 1987. Film norvégien de Nils Gaup). Comme Bernanos a prolongé Dostoïevski, des amis sortent de l'ombre à sa place.
REBOND PRINTANIER
Le programme de réimplantation de tigres des neiges à l'état sauvage s'intensifie. "Cassandra the tiger brought from Gelendzhik to Primorye", publié hier sur
http://programmes.putin.kremlin.ru/en/tiger/news#
Cassandra, a female Amur tiger, has arrived in Primorye from the Gelendzhik Zoo. Scientists are going to conduct a unique experiment to increase the tiger population.
“The five-year-old female tiger born in Gelendzhik will participate in the programme to preserve the population of Amur tigers in Russia’s Far East,” said Viktor Serdyuk, a representative of the Tiger Special Inspection. “Researchers at the Severtsov Institute of Ecology and Evolution and the Wildlife Rehabilitation Centre in Primorye will experiment with crossbreeding a tiger born in captivity and a tiger born in the wild. The offspring will be raised to live in the wild and released once they reach the age of two.”
According to Serdyuk, when the tiger cubs are four or five months old, Cassandra will be sent back home while her little ones will live at the rehabilitation centre in conditions close to those in nature. They will be collared with tracking devices for scientists to observe them after the cubs reach the age of two and are released.
“This is the first experiment of its kind. If the tiger cubs adapt to the wild, the experiment will be successful. We will then be able to try a similar method to restore the population of these wild felines,” Viktor Serdyuk added.
SUCCES A 80%
4 des 5 jeunes tigres relâchés dans le Primorye, la région de Khabarovsk et la région autonome juive se sont bien adaptés à la vie sauvage. Le cinquième des "Putin tigers" qui avait tué des animaux domestiques dans des zones frontalières chinoises, avait été recapturé. Moscow Times, ce jour. "Putin tigers" love life in the wild, environmentalists say.
http://www.themoscowtimes.com/arts_n_ideas/news/article/putins-tigers-loving-life-in-wild-russia-environmentalists-say/517713.html
Four of the five Amur tigers known as "Putin's tigers" have successfully adapted to life in the wild, a news report said Thursday.
The four tigers are all in good health and have settled down in the Primorye, Khabarovsk and the Jewish autonomous regions in Russia's Far East, the RIA Novosti news agency said Thursday, citing a spokesperson for the federal Amur tiger conservation body, Viktor Serdyuk.
Amur tigers Ustin, Kuzya, Borya, Ilona and Svetlaya were found as orphaned cubs in the Siberian taiga in 2013 and reared back to health at an animal reserve. Last year President Vladimir Putin personally released three of the tigers back into the wild, earning them the nickname "Putin's tigers."
One of the felines, Ustin, soon made headlines after he crossed the Amur River into China and proceeded to cause mayhem in country, leaving a bloody trail of slaughtered livestock in his wake.
He was taken into captivity in December to prevent further killing sprees.
"Ustin would have also adapted to life in the wild had he not gone to China," Serdyuk told RIA, adding the overall experiment should be considered a success.
TIGRES DES NEIGES : LA CHINE PRECISE SES PLANS
La Chine prépare une méthodologie spécifique pour la protection des tigres de l'Amour présents dans le Nord Est du pays. Un recensement va également être lancé (estimation préalable : une trentaine d'individus). Ecns.cn, ce jour. China Daily. Mo Hong'e. China set to count its wild siberian tigers.
http://www.ecns.cn/2015/03-19/158640.shtml
China is going to conduct a national survey of wild tigers to provide bases for their research and management, said a senior official of the country's wildlife watchdog.
"The tiger is one of our working priorities," said Zhao Shucong, head of the State Forestry Administration.
"We are planning an overall tiger protection program with local governments from Northeastern China and experts from Beijing Normal University, Peking University, the Academy of Forestry, the Chinese Academy of Sciences, etc.
"During the process, China will enhance its cooperation with the World Wide Fund for Nature which has cooperated closely with China since the giant panda program," Zhao said.
Zhao was speaking as he received a WWF award as one of its Leaders for a Living Planet on Wednesday. The award was given for his and his administration's outstanding contribution to the conservation of the natural world and sustainable development.
China has carried out a national survey on the giant panda's status and its habitat every 10 years since the 1970s. Experts have been calling to have the same census for the Siberian tiger, which mainly lives in the northeastern part of China. It is estimated there are only 30 left alive.
During the two sessions, President Xi Jinping heard a report that the number of tigers had increased to 27 in Jilin province and emphasized the ongoing need for practical conservation work to be done in the field.
Xie Zhongyan, director of the Changbai Mountain National Nature Reserve Administrative Committee, said Siberian tigers not only increased in Jilin province but also appear to be a family, showing a breeding trend.
Shi Quanhua, head of the Asia Big Cats Program of WWF China, said a full census can help to ensure that Siberian tigers have the space, food and protection they require to thrive.
Un bien n'effaçant jamais un mal, le Gardian mentionne aujourd'hui un rapport "révélant" (ce n'est une surprise pour personne) qu'au Laos, il y a table ouverte avec viande de tigre et patte d'ours pour les touristes chinois.
http://www.theguardian.com/world/2015/mar/19/tiger-meat-and-bear-paws-on-menu-for-chinese-tourists-in-laos-says-report
COSMOPHANIE LEONINE
UN GRAND MERCI A L'EXCELLENT PIERRE - OLIVIER COMBELLES, QUI M'A TRANSMIS L'INFORMATION.
Un lion a été observé au Gabon pour la première fois depuis près de 20 ans, au grand étonnement de tous, et notamment de spécialistes comme Philipp Henschel, qui avait mis en lumière la situation désastreuse de ces animaux en Afrique de l'Ouest, dans une publication du 2 Janvier 2014. Metatv.org, hier. Un lion vu au Gabon pour la première fois depuis près de 20 ans. L'évènement est presque aussi spectaculaire que l'apparition d'une lion dans le Cachemire Pakistanais au début d'année dernière (Dawn, 2 février 2014). L'animal apparaît soudain, et CONSTITUE LA CRISTALLISATION du paysage lui - même : UNE COSMOPHANIE LEONINE.
Un lion vu au Gabon pour la première fois depuis près de 20 ans
Le lion n’est pas mort ce soir. Au Gabon, on ne s’attendait plus à voir le roi des animaux rôder. C’est pourtant bien un lion qui a été filmé par des caméras dans le sud-est du pays, rapporte l’agence Reuters. Depuis le mois de janvier, le même animal a été filmé à trois reprises par les caméras installées pour étudier les chimpanzés. Le lion a élu domicile dans le parc national des plateaux Batéké, sur la frontière entre le Gabon et le Congo.
Baptisé Ali en hommage au président
«Au départ, je n'arrivais pas à le croire, a déclaré le docteur Philipp Henschel, coordinateur d'un programme de recensement des lions pour l'ONG Panthera. Et puis je me suis rendu sur place pour poser d'autres caméras, dans l'espoir qu'il y ait d'autres lions.» D’après lui, l’animal pourrait venir de République démocratique du Congo après avoir traversé le fleuve Congo. La dernière fois qu’un lion avait été vu au Gabon, c’était en 1996 et il s’agissait d’une femelle.
Ce mâle pourrait être baptisé Ali, en hommage au président du Gabon Ali Bongo, a précisé Philipp Henschel. Car dans la famille Bongo, on aime les fauves: Omar Bongo, père de l’actuel président, avait un tigre pour animal de compagnie. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo, le Gabon a renforcé sa lutte contre le braconnage dans ses parcs naturels, qui abritent notamment des éléphants et des gorilles.
UN TIGRE BRUN A BORNEO?
Voici un article paru dans Cat News en 1999, dont j'ignorais l'existence jusqu'à ce matin. Il met en lumière la possibilité, fondée sur de nombreux témoignages, de la présence de tigres sur cette île, au moins jusqu'en 1995, évoquant même l'existence d'un individu captif sur une plantation, uniformément brun et aux stries très peu apparentes. Historiquement (et indépendamment d'une souche endémique) l'importation de tigres de Sumatra à Borneo par les sultans de Sarawak et de Brunei est tout aussi vraisemblable que celle, clairement avérée, de tigres de Corée au Japon dès le 9ème siècle. Ayant déjà souligné un vraisemblable maintien du tigre dans les zones montagneuses du centre de Java (Bambang Muryanto, dans le Jakarta Post du 2 Juin 2012)*, je crois utile de porter ce travail à la connaissance d'un large public (j'ai mis les passages les plus explicites et troublants en caractères distincts). Le tigre était aussi présent juste au Nord de Bornéo, dans l'île philippine de Palawan, il y a des milliers d'années (Piper et collaborateurs 2008).
*D'après des études du début des années 2010, le Tigre de Java pourrait constituer une ESPECE à part entière, le tigre de Bali étant une simple sous espèce de celui - ci...Les lecteurs réguliers de ce blog connaissent mon point de vue sur la question. Je tiens ces divisions soit disant scientifiques comme des fumisteries d'imbéciles malhonnêtes . Il existe un tigre continental eurasien voire afroeurasien (avec des variétés géographiques) et un tigre du sous continent Sunda, qui a démultiplié ses variétés après la transformation de celui - ci en archipel nippo - philippo - australasien. De ce point de vue, il est recevable à mes yeux de reconnaître le tigre de Bali comme une variété de celui de Java. Carlos driscoll a étudié cela sur le plan génétique, en vue d'un réensemencement potentiel généralisé des îles indonésiennes.
Cat News 30 pages 12-15 Spring 1999
The Bornean Tiger; Speculation on its Existence
by Erik MEIAARD.
This short note presents and discusses references to the occurrence of the tiger
Panthera tigris (Linn.) on the island of Borneo.
There is no scientific evidence to support the theory that tigers occur naturally on Borneo
(Medway 1977). However, tiger skins (Hose and McDougall 1912, Sellato 1995), skulls
(Nieuwenhuis 1904, Banks 1931), and canine teeth (Peranio 1960, Puri 1992 pers. obs.)
have been observed in the possession of indigenous communities of the Sarawak interior
and in West and East Kalimantan. Medway (1977) believed that these items had been
imported.
Hooijer (1963) states that the recovery of the tip of an unerupted upper tiger canine from
a superficial level in the excavation at the Niah cave in Sarawak (no. 1) suggests that the
tiger may have been, until comparatively recently, a member of the native fauna.
Unfortunately, Hooijer does not go into detail of how he identified this find. Remains
from deeper levels in the cave had not been found in 1977 to corroborate the case
(Medway 1977), and I am not aware of any finds since then.
One skull apparently existed in the Natural History Museum in London earlier this
century and was labelled as "Borneo" (see Note). However, this skull may have been
mislabelled. Furthermore, there is documentary evidence of tiger parts being introduced
to Borneo by man. Nieuwenhuis, a Dutch anthropologist, brought tiger skulls and teeth
from Java to Borneo as presents for tribal leaders of the upper Mahakam and Kapuas
rivers in East and West Kalimantan respectively (Nieuwenhuis 1904).
Several authors mention evidence that the peoples of Borneo are at least very well aware
of the tiger. In his study area in interior East Kalimantan (no. 2), Puri (1992) noted that
tiger parts play an important role for the Penan and Kenyah people. Tiger teeth were used
by community leaders for lie detecting and were considered to be very powerful. Only
after 10 months did Puri get to see a set of six of them. Nieuwenhuis (1904) pointed out
the great importance of tigers in traditional Bornean arts and religion; so much was the
tiger worshipped and/or feared that it would generally be referred to only by a lesser
name, ‘aso’ or ‘dog’.
Sellato (1995) in his zoo-linguistical study reports that most Dayak languages have a
specific term to refer to the tiger that is quite distinct from other cats, such as the clouded
leopard (Neofelis nebulosa). Also the Aoheng, a Bornean tribe of the upper Sungai
Mahakam (Sungai = River, hereafter abbreviated as ‘S’) (no. 3), are aware of a number of
details pertaining to the tiger’s habitat and habits. This suggests that the tiger may have
occurred on Borneo in the past, or that the people who populated Borneo came from a
region of South East Asia where tigers existed (Sellato 1983, 1995).
Abbott (in Lyon 1911), a respected zoologist, actually believed that tigers existed in his
study area in west Borneo (no. 4). Based on local narratives he thought that a much larger
cat than the clouded leopard occurred. He thought it to be very rare, as few whom he met
had ever seen it. Also Witkamp (1932) refers to tigers, which were claimed to occur in
the ‘Tjina-batangan’ area (no. 5) in northern Borneo in the Natuurkundig Tijdschrift voor
Nederlands Indië of 1857. Finally, Gersi (1975) produced evidence of tigers on Borneo.
He claimed not only to have seen a tiger near the S. Belayan (no. 6) in East Kalimantan,
but he also took photographs of the animal. The two photos in his book clearly depict
tigers. His explanation for this sighting was that in the past the sultans of Sarawak, Sabah, or Brunei must have imported these tigers from elsewhere. This explanation was
considered scarcely plausible by Medway (1977), who thought that this report (if
authentic) could only be evidence of a surviving indigenous publication. In his book,
Gersi (1975) further states that the nomadic Punan people of Borneo knew of a large,
striped cat species that, unlike the clouded leopard, did not climb trees.
During four years of fieldwork in many locations on Borneo I have come across a
considerable number of alleged tiger sightings. The most recent tiger report came from
the area between S. Pari and S. Hanyu in Central Kalimantan (no. 7), where a tiger was
said to have been heard in 1995, although no one managed to see it. The interviewees
asserted that they knew the roaring of the tiger well enough to discern it from other
animals. One Punan hunter told me he had had a clear tiger sighting on a logging road
near the S. Belayan in East Kalimantan (no. 8) in the early 1990s. Another informant said
he had seen a captive young tiger in a logging concession, near Bengalon in East
Kalimantan (no. 9). This animal was described as being different from both the Sumatran
tiger and the clouded leopard, BY BEING LARGELY BROWN-COLOURED WITH ONLY FAINT STRIPES.
In the Central Kalimantan village of Tangiran (no. 10), old people told of a large striped
cat different from the clouded leopard. One tooth was shown; it was said to be between one and two centuries old and once belonged to a tiger that lived in the vicinity of the village. Finally, one sighting was reported from the PT Domas Raya logging concession and dated back to 1987/88 (no. 11). Again it was said that the animal was faintly striped, and the size of a Sumatran tiger.
Apart from the above useful records, the interviewee in the PT Domas Raya logging
concession told a more fanciful story. He stated that the local tiger lived in a cave and
would only come out in the seventh month of the year. It was thought to be associated
with hermits and ascetics who could take on the shape of this animal. The animal was
said to only occur in the mountains and not in lowlands like the Sumatran tiger. A.H.
Everett recorded similar traditions in which tigers were associated with caves (Banks
1931). These stories were centred on the Pupok Hill (no. 12), Serambo (no. 13), and
Bukit Rimong (no. 14), and mostly concerned a flying variety of the tiger that made
weird noises in caves at certain seasons of the year (Banks,1931).
Discussion
It is impossible to judge the significance of the reported tiger sightings. Mjöberg (1930)
already wondered about the apparent absence of tigers on Borneo, and it is indeed a
mystery why the tiger appears absent from the island. The species occurs in a variety of
habitats and seems to be very adaptable to different ecological conditions. On Borneo,
prey species, such as sambar Cervus unicolor, bearded pigs Sus barbatus, or muntjaks
Muntiacus spp. are common (pers. obs.), and, at present, there does not seem to be an
ecological factor on Borneo preventing the tiger’s survival.
I hereby postulate four theories that could provide explanations for the tiger’s absence
from, or the presence on, Borneo:
1. Tigers never occurred on Borneo
The island of Borneo has been connected to Sumatra and Java several times during the
Pleistocene when lower sea levels exposed the Sunda shelf. It is generally assumed that
during the glacials most faunal exchanges between the islands occurred (e.g. Groves
1990). Tigers swim well and could certainly have crossed the rivers that dissected the
exposed Sunda shelf. However, the drier climate during the glacials probably created
open woodland savannah conditions on the shelf (for a discussion on this subject refer to
Adams and Faure, 1997). It is therefore possible that the tiger, with a need for dense
vegetation cover, and access to water (Sunquist and Sunquist 1989), found the exposed
Sunda shelf too much of a barrier. Brongersma (1935) proposed an alternative
explanation. He suggested that the tiger reached the archipelago at a time when Sumatra
and Java were still connected, but already separated from Borneo (in the late Pleistocene).
2. Tigers once occurred naturally on Borneo but became extinct
Because of ecological conditions during the glacials, few tigers could reach Borneo.
Furthermore, the carrying capacity of forest on Borneo’s weathered substrate
(MacKinnon et al. 1996) is generally less than on the rich volcanic soils of Java and
Sumatra. Animal densities are therefore lower in Borneo, potentially supporting lower
tiger densities (e.g. Rijksen and Meijaard 1999). It could thus be relatively easier to hunt
a species to extinction in Borneo than in other areas, especially if most of the indigenous
population hunted wildlife. Also, the great cultural importance of tigers in Borneo could
suggest that the species would once have been heavily pursued by human hunters.
3. Tigers still occur naturally on Borneo
A very small possibility, but one that cannot be entirely ruled out. As opposed to the
theory above, one could reason that a tiger population that occurs naturally at low
densities, as it did in Borneo, might be better able to cope with dispersed individuals than a naturally high-density population at artificially low densities. Also hunting pressure on very dispersed animals may be low because the effort required to find a tiger would outweigh the potential profit. Therefore, a very low-density population in Borneo may have had a better chance to survive than elsewhere.
4. Tigers were once introduced to Borneo and established a wild-living population,
which either survived or died out .
As far as I am aware there is no historic documentation of tigers being introduced to
Borneo, and I appeal to readers for any information on this.
Conclusion
Proving that a species is present is relatively straightforward, but finding proof that it has
become extinct or locally absent is very difficult. At least a few times per year Indonesian
newspapers still report on new observations of the now thought to be extinct Javan tiger
(P. t. sondaica) in one of the most densely populated areas of the world. Luckily for the
tiger there is no known historical presence on Borneo. I say ‘luckily’, because, ironically,
if we assume that there is a remote chance of tigers surviving on Borneo, it may be the
least threatened population of all, as few would be specifically pursuing them for their
prized parts.
The question of what to do with the above tiger reports remains. If the scientific world is
interested in finding out more, systematic interviews with indigenous hunters combined
with camera trapping may be the best way to test whether tigers still occur. Camera
trapping would be very useful because it would not only target tigers but also come up
with information on a whole range of other little known Bornean species. Clearly positive
results from camera trapping would still not tell whether tigers occur naturally or were
introduced. Because two reports of tigers refer to a brown, faintly striped animal, it would
be useful to ask informants how the Bornean tiger compares to the Sumatran tiger.
Finally, an alternative approach, of course, would be to leave the image of the Bornean
tiger intact in the mists of mythology.
Acknowledgements
Thanks to Ed Colijn, Rona Dennis, Will Duckworth, Simon Hedges, Andrew Kitchener, Peter Jackson, and
Serge Wich for their support, data, and revisions.
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