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LA MORT EN FACE, ENCORE UNE FOIS

31 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

LA SEULE ANTILOPE EURASIENNE SERA PEUT ÊTRE BIENTÔT QUASI ANEANTIE .

Depuis le 10 mai dernier, la moitié des antilopes saïgas du Kazakhstan sont mortes, pour une raison inconnue (le mot pandémie et les références à des bactérioses n'expliquant pas grand chose, voire absolument rien en l'occurence). Le phénomène est le plus foudroyant jamais observé (28000 décès le 21 mai, au moins 121000 le 28), avec un taux de mortalité de 100%. Les individus touchés meurent systématiquement au bout de trois jours. Ce pays hébergeait jusqu'au mois dernier 90% des antilopes saïgas vivant à l'état sauvage dans le Monde. La zoologue Bibigul Sarsenova constate que "la mort de l'antilope saïga est une tragédie gigantesque. Si ce phénomène se reproduit l'an prochain, elle peut disparaïtre purement et simplement". The Washington Post, il y a deux jours. Adam Taylor. "Kazakhstan's ecological mystery : why have 100 000 saïga antelopes died in just a few weeks?"

Des morts de masse interviennent de façon récurrente chez cette espèce. En 2010, 12000 décès sont déplorés dans un groupe de 24000 individus. Au siècle dernier, le phénomène s'est produit à vaste échelle (frappant il est vrai au sein de populations bien plus conséquentes démographiquement). Ainsi, lors du printemps 1981, dans l'ancienne région Tourgaï, 180 000 antilopes ont péri, entre Février et Avril 1984, dans la région Ouest du Kazakhstan, ce fut le cas de 250 mille animaux , et en mai 1988, d'environ 500 mille saïgas.

A l'âge glaciaire, la saïga occupait de larges régions d'Eurasie dont la France, ainsi que des zones béringiennes de l'Amérique du Nord. Elle était la proie des lions des cavernes. Il y a 10 000 ans, cet animal a disparu d'Amérique (à l'inverse du boeuf musqué qui a disparu d'Eurasie, et différemment du mammouth et du rhinocéros laineux qui ne parvinrent à se maintenir nulle part, officiellement).

Depuis lors, et jusqu'à l'Ere moderne, la steppe Nord américaine a été entretenue notamment par les bisons et les antilopes pronghorns, alors que la steppe eurasienne le fut par les saïgas (proies des tigres eurosibériens) et les chevaux des pasteurs nomades.

Par la suite, les saïgas furent complètement détruites par la surchasse en Roumanie et en Moldavie à la fin du 18ème siècle, puis faillirent être éradiquées en tant qu'espèce en URSS ( où elles étaient encore présentes dans le Donbass, en Russie , en Asie centrale, et en Mongolie) au cours du chaos politique des années 1920.

Elles reconstituèrent leurs populations par la suite. A la mort de Staline, elles étaient deux millions. Il en restait encore 1 million en 1993, qui faillirent une nouvelle fois s'évaporer de la surface de la Terre lors des années 90, l'ensemble de la région étant à nouveau livrée à l'anomie, et les cornes de l'animal jouant un rôle analogue à celle du rhinocéros dans les représentations des populations de l'aire sinisée...

Depuis le début de ce siècle, le Kazakhstan avait réussi à restaurer en partie les populations de saïgas (de 20 000 en 2003 à 257 000 en 2014). Certaines d'entre elles hivernaient en Ouzbékistan et au Turkménistan.

C'est donc la troisième fois en moins d'un siècle que l'espèce voit la mort en face. La population mongole (qui constitue peut être une espèce distincte par ailleurs) compte moins de 1000 individus. Les saïgas européennes se trouvent dans le district d'Astrakhan, à l'Ouest de la Caspienne, et dans la république de Kalmoukie, au Nord de celle - ci. Les premières étaient peut être 20 000 en 2010 mais ont connu de fortes fluctuations depuis lors, signe d'une évidente fragilité. Celles de Kalmoukie (seule région d'Europe à majorité bouddhiste) sont sans doute quelques dizaines de milliers.

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TIGRES RUSSES COMME LIONS INDIENS

28 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

Actualisé au 4 juin 2015.

Selon le WWF, il y aurait désormais en Russie orientale de 480 à 540 tigres de l'Amour, dont une centaine de jeunes (2005 : entre 423 et 502). Les résultats définitifs du recensement seront publiés en octobre prochain. Le 20 janvier dernier, le gouvernement indien avait indiqué une population de 2226 tigres pour 2014. Les résultats pour le Bhoutan et le Bangladesh sont également attendus pour cette année. WWF, hier. "Amur tigers on the rise, say latest figures".

http://wwf.panda.org/wwf_news/?247417/Amur-tiger-numbers-on-the-rise--say-latest-figures

Tigres russes et lions indiens (523 recensés cette année pour les seconds) sont donc en nombre comparable, dans une dynamique d'expansion démographique et de redéploiement sur de nouveaux territoires.

En effet, la population chinoise de tigres de l'Amour étant elle même en expansion, le nombre d'animaux sur leur espace actuel de distribution se situe officiellement entre 510 et 580, compte non tenu de la population nord coréenne, la seule certitude des spécialistes de la région (comme Dale Miquelle qui a travaillé en détail sur le terrain à ce sujet) étant celle de leur présence dans des zones montagneuses de ce pays. Les Chinois vont bientôt retirer certaines barrières frontalières pour permettre une plus grande liberté spatiale pour les félins et faciliter leur expansion géographique et démographique. The Siberian Times, hier. "China set up to open border with Far East to allow rare big cats to move freely."

http://siberiantimes.com/ecology/others/news/n0236-china-set-to-open-border-with-far-east-to-allow-rare-big-cats-to-move-freel

De façon plus précise, le Ministre des ressources naturelles Sergei Donskoy indique qu'il y a vraisemblablement 510 tigres environ dans l'extrême - orient russe, répartis comme suit : la Province Maritime du Primorye hébergerait de 310 à 330 adultes et de 70 à 85 jeunes, auxquels s'ajouteraient 80 à 95 adultes et 20 à 30 jeunes dans le district de Khabarovsk, 4 adultes dans la Région Autonome Juive (Birobidjan) et 2 adultes dans la Région (administrative) de l'Amour.

Le Ministre estime qu'avec la poursuite des efforts tous azimuts concernant l'animal, on peut espérer un développement futur de ses populations qui pourraient atteindre progressivement 700 individus.

http://programmes.putin.kremlin.ru/en/tiger/news/25088

En confirmation, le meilleur connaisseur des tigres russes, Pavel Fomenko, qui avait notamment pointé, l'an dernier, les insuffisances et les erreurs du plan de retour à la vie sauvage de 5 tigres, a cette fois ci souligné que depuis quelques mois, la prise en charge totale de la question des espèces rares par les autorités, combinée à une modification très sensible quant à la nature, au niveau et à la fluidité de la coordination entre celles - ci et les spécialistes de terrain issus des organismes publics (coordination demandée à cor et à cri par ces derniers depuis des années), constituait un progrès indiscutable par rapport à la situation antérieure, avec des conséquences très concrètes sur le terrain, et laissait donc augurer d'une poursuite de l'épanouissement et du renforcement du tigre de l'Amour en Russie à l'avenir.

http://www.wwf.ru/resources/news/article/13432

Une petite fraction de la presse anglo -saxonne semble enfin commencer à prendre la mesure de ce qui se passe en Russie à ce sujet.

Vice News, 3 juin. Laura Dattaro. "Vladimir Putin really loves tigers. And it's actually making a difference in the world".

https://news.vice.com/article/vladimir-putin-really-loves-tigers-and-its-actually-making-a-difference-in-the-world

The NewDaily, 4 juin.Jackson Stiles. "Putin's love for tigers save them from extinction".

http://thenewdaily.com.au/news/2015/06/04/putins-love-tigers-saving-extinction/

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L'ARMENIE, C'EST L'EUROPE

25 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

Un léopard européen a été photographié récemment par une "caméra - piège" dans une réserve de vie sauvage du Caucase, en Arménie. L'animal a été repéré dans une zone située à 10kms de la frontière iranienne et à 25kms de la frontière azerbaïdjanaise. Irish Times, ce jour. "Armenia offers refuge for Europe's last leopards".

High on an Armenian hillside, Gor Hovhannisyan eases a camouflage-green box from its hiding place in the trees and opens the back to see what he has caught.

This time, only a bird and a rabbit triggered the camera trap’s motion sensors. But far bigger beasts also roam the Caucasus Wildlife Refuge: lynx, bears, wolves and at least one of Europe’s last remaining leopards.

Across a deep gorge speckled with thyme and wildflowers, Hovhannisyan points to the snowy ridge where a Caucasian leopard was last captured here on camera; behind him, far below, a lush plain of farmland and fruit trees stretches away to Mount Ararat, an ice-clad 5,000m volcano just over the border in Turkey.

The refuge is breaking new ground in Armenia and the region, by leasing a large area of outstanding beauty and biodiversity and ensuring that local people contribute to and benefit from its protection.

The challenge is considerable in a country where environmental awareness is low, large predators are seen as a threat to life and livestock, and the rule of law is too weak to control either small-scale trappers or wealthy hunters.

Geopolitics doesn’t help, either. Barely 25km south of the refuge is Azerbaijan, which officially is still at war with Armenia after an early-1990s conflict. Some 10km further lies Iran. The leopard’s territory spans all three countries, further complicating conservation efforts.

Hovhannisyan is one of several local men who work as wardens in the refuge, patrolling its 4,000 hectares in a battered green 4x4 and on horseback.

“All hunting is banned in the refuge,” he shouts, as the groaning 4x4 bounces beneath a troop of iridescent bee-eaters preening on a telephone line.

“We make sure no one’s in the refuge without permission, and we talk to the villagers. We tell them that if they hunt bezoar goats or boar or even rabbits, then there will be less food for the wolf and bear and lynx. And then they are more likely to come to our yards and fields and take a sheep or cow.”

People’s lives are intertwined with nature here, to a degree that is not always comfortable. In winter, hungry wolves sometimes come down from the mountains to snatch a sheep, chicken or dog from a yard; in spring and summer the shepherds take their flocks to the high meadows, into the domain of the big carnivores; and autumn is the bears’ favourite time to raid the valley’s orchards – though they also amble down in warmer months to feast on fruit.

“Last year a bear family ate lots of apples and damaged the trees, and they like to come for apricots,” says Ashot Manatsakanyan, who lives in Urtsadzor, a village on the edge of the refuge.

“And I’ve seen a bear sitting and eating watermelons like a man – splitting them open in his lap, eating the best bits, throwing away the rest and grabbing another,” he recalls.

“Sometimes a wolf comes into the village, but it’s the shepherds in the hills who have the most problems. Even with six or seven guard dogs, a pack of wolves can take a sheep or even a horse. They complain that the wolf is taking money from their pockets, but I’m glad the wolves are here – and they need to eat too.”

The refuge aims to boost and diversify the local economy through eco-tourism, and it helps villagers access clean and cost-saving technology such as solar panels, and runs classes for adults and children on nature and sustainability.

“We want this type of conservation model to be spread more widely through the Caucasus,” says Ruben Khachatryan, the founder of the refuge and director of Yerevan’s zoo.

Though it is barely an hour’s drive from Yerevan, there are few visitors to the refuge, which is supported by the UK-based World Land Trust.

Most that do make the trip dream of glimpsing a Caucasus – also know as Persian – leopard, but the chance is minuscule: only a handful survive in Armenia, and the entire population may be less than 1,000.

“In Armenia, people and leopards have co-existed since the early prehistoric times. Depictions of leopards can be found in many ancient petroglyphs . . . recounting origin myths and tribal traditions of ancient Armenia,” says Khachatryan.

“The inhabitants of Caucasus region should be proud of not killing the last of the species, and to have this amazing feline thrive in their territory.”

No one in Armenia has a better hope of seeing a leopard than refuge warden Hovhannisyan.

“Sometimes, when I’m alone on my horse in the hills, I wonder if it might attack me,” he says. “But I’d still love to see a leopard up close. It’s great to know that it’s out there.”

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EXPLOSION

23 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

La population des léopards de l'Amour a été multipliée par 6 ou 12 en Chine du Nord depuis le début du XXIème siècle. Dans la province de Jilin, sont désormais répertoriés 28 tigres et 42 léopards. En 1998, ils étaient respectivement entre 6 et 9 pour les premiers, entre 3 et 7 pour les seconds. En Russie, il y a environ 10 tigres pour 1 léopard. La configuration chinoise semble plutôt s'orienter vers ce qu'elle fut historiquement dans la péninsule coréenne : 1 tigre pour 6 léopards (voir "L'Amour est éternel" sur ce blog, le 17 février dernier). Bernama.com, ce jour. Berita Tergempar. "China's wild tiger, leopard population in recovery".

http://www.bernama.com.my/bernama/v8/wn/newsworld.php?id=1137274

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LE RETOUR DES GEANTES

22 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

Pour la première fois depuis un siècle, un couple de baleines bleues a été observé près des côtes du Maharashtra (Inde occidentale). S'agit - il d'une migration comparable à celle régulièrement observée chez les requins - baleines, du Sri Lanka au Gujarat? (le Sri Lanka héberge en effet une très importante colonie de baleines bleues, consommatrices de sardines, et non de krill comme le font leurs congénères de l'Hémisphère Sud). The Hindu Business Line, ce jour. Rahul Wadke : "Blue whales sighted off Maharashtra, after 100 years."

Le Maharashtra hébergeait officiellement 190 tigres sauvages l'an dernier. Il est situé juste au Sud du Gujarat, qui abrite actuellement 523 lions, et c'est donc dans cette région côtière de la mer d'Oman que requins - baleines et baleines bleues sont peut être en train de confluer.

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HARIMAU : SAUVER CE QUI PEUT ENCORE L'ÊTRE

22 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

La protection du tigre de Malaisie est désormais inscrite dans le 11ème Plan d'orientation pluriannuel du gouvernement, ce qui répond à une urgence absolue : éviter la disparition pure et simple de HARIMAU, l'icône de la Nation, des espaces sauvages du territoire. En 2010, les forêts malaisiennes abritaient 500 tigres, et l'objectif fixé pour les années 2020 était d'atteindre les 1000 individus. Tout au contraire, la population a subi des coups terribles depuis lors, et ne compte peut être plus, aujourd'hui, que 250 individus. The Star Online, ce jour. "Plan protects malayan tigers too".

http://www.thestar.com.my/News/Nation/2015/05/22/Plan-protects-Malayan-tigers-too/

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LE REQUIN, L'ARBRE, LA VIE

21 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

Le capitaine Paul Watson et Lamya Essemlali (Présidente de Sea Shepherd France), donneront ce soir une conférence débat à l'auditorium du Conservatoire Darius Milhaud d'Aix en Provence.

http://www.seashepherd.fr/france/evenements.html

Voir aussi le communiqué de Paul Watson du 22 Avril dernier, qui explicite en termes lumineux la réalité sur les requins de la Réunion et la spécificité mortifère française :

TUER lES REQUINS, C'EST TUER NOS ENFANTS. Il faut que les tueurs de requins de la Réunion se décident: ou bien ils veulent un océan sain et la biodiversité marine, ou bien ils préfèrent un égout sans vie, avec des vagues stériles où ils puissent surfer.

Il faut qu’ils décident si leurs enfants auront un océan qui leur permettra de vivre, ou bien un océan qui viendra lécher les rivages de leur mort prématurée.

Il y a sur toute la planète une culture du surf qui respecte l’écologie marine et qui reconnaît que les surfeurs font partie de cet océan vivant et magnifique.

Une petite poignée de surfeurs de la Réunion ainsi que la Fédération Française de surf sont en train de salir la réputation des surfeurs du monde entier en lançant un pogrom absurde contre les requins.

Appeler à l’élimination des requins, c’est comme appeler à l’élimination des arbres. Qu’il s’agisse de perdre des requins ou de perdre des arbres, les deux ont des conséquences extrêmement sérieuses.

Les requins, en tant que super prédateurs, ont modelé l’évolution dans les mers depuis plus de 400 millions d’années. Chaque poisson dans la mer a vu sa vitesse, son comportement, son camouflage, façonnés par les requins. Eliminer les requins dans la mer, ce serait comme éliminer les abeilles dans les champs, ou les éléphants dans la savane.

La solution aux attaques de requins est simple. Si vous avez peur des requins, n’allez pas dans des eaux où l’on sait que vivent des requins. C’est chez eux, pas chez nous.

Il serait aussi avisé d’éviter les plages où on été placés des panneaux d’avertissement sur les dangers liés à la présence de requins.

Si quelqu’un va se promener dans la jungle du Belize et qu’il se fait attaquer par un jaguar, est-ce pour cela qu’il faudra abattre tous les jaguars?

Chaque année, il y a plus d’accidents mortels dus à des hippopotames, à des éléphants, à des crocodiles, à des autruches. Est-ce une raison suffisante pour tuer ces ces animaux?

Et maintenant, la réserve marine nationale de la Réunion est menacée. Un cocktail molotov a été placé devant les bureaux de la Réserve, ses employés sont menacés, harcelés par les mêmes personnes qui détestent les requins. Ils exigent que le gouvernement français ferme la réserve marine et réduise à néant plus de trente ans de travail de protection des écosystèmes récifaux et la seule chance de retrouver un jour un équilibre avec un retour à une vie récifale normale, seule garantie de maintenir à distance des requins bouledogue qui autrement continueront de venir du large.

Car faut il le rappeler, la Réunion est une ile ouverte sur l’océan indien et les requins tués seront irrémédiablement remplacés par d’autres… jusqu’à ce qu’il n’ y en est plus. Est ce là que nous allons en arriver?

La conséquence directe de l’élimination des requins, c’est la réduction de la biodiversité, et la réduction de l’interdépendance a pour conséquence la limitation de la capacité de charge, entraînant à son tour une altération de l’écosystème océanique partout où l’on élimine les requins. Il y a tout un enchaînement de stades qui conduisent à la mort de l’océan, et ce n’est pas l’héritage que nous devrions laisser à nos enfants pour la simple raison qu’un petit groupe de personnes à la pensée purement anthropocentrique craint les requins et veut les détruire.

J’espère que le gouvernement français ne cèdera pas à des exigences d’un tel degré d’hystérie. La France s’est engagée pour l’avenir de notre planète et pour la protection des écosystèmes marins, qui dépassent largement les exigences de groupes d’intérêts particuliers.

Je compte parmi mes amis quelques-uns des plus grands surfeurs du monde, des hommes comme Kelly Slater, David Rastovich et Laird Hamilton, et des femmes comme Stephanie Gilmore. J’ai nagé, surfé et plongé avec les requins toute ma vie durant, qu’il s’agisse de requins tigres, de requins marteaux ou de grands blancs. Chaque grand surfeur que j’ai rencontré respecte les requins en tant qu’habitants estimés de l’environnement où naissent les vagues magiques que nous surfons.

L’océan appartient aux requins, aux tortues, aux dauphins et aux poissons. Nous sommes leurs hôtes, et lorsque nous leur rendons visite c’est à nous de nous adapter à eux. C’est ainsi que nous préservons la nature, et en préservant la nature, nous préservons l’humanité.

Nous ne pouvons pas vivre sur une planète dont l’océan est mort, et éliminer les requins met en branle toute une série de conséquences qui ne laissent rien présager de bon pour notre avenir.

Les requins abattus la semaine dernière lors d’une tuerie revancharde n’avaient fait de mal à personne. Tuer au hasard n’est pas la réponse. Un océan où les hommes seraient pleinement en sécurité est un océan stérile et aucun des vrais surfeurs que je connais ne surferait la vague d’un océan qui se meurt.

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PETIT RAPPEL, EN PASSANT...

16 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

Les tigres des Sunderbans (Delta du gange, Inde et Bangla Desh) PROTEGENT ECONOMIQUEMENT, PHYSIQUEMENT ET MENTALEMENT les habitants de la mangrove. Les tigres des mangroves Sundarbans sont célèbres dans le Monde entier pour provoquer la mort de dizaines de personnes chaque année (récolteurs de miel, pêcheurs...). Mais comme le font observer les naturalistes, ils jouent un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique, étant de facto les meilleurs protecteurs de la Mangrove. Church Times, hier. A staff reporter. "Bengal Tigers preserve Sundarbans mangrove forest."

http://www.churchtimes.co.uk/articles/2015/15-may/news/world/bengal-tigers-preserve-sundarbans-mangrove-forest

Ils assurent de ce fait, la sécurité économique, l'autonomie et la dignité à des millions de personnes. Ce "point de détail", qui concerne aussi, à l'échelle mondiale, les loups, les cétacés, les grands poissons (parmi beaucoup d'autres) sera t-il EFFECTIVEMENT pris en compte lors du Sommet de Paris sur le Climat, en Décembre prochain?

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Bien faire seul plutôt que mal accompagné...

13 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

UNE PETITE SALOPERIE POLITIQUE SANS CONSEQUENCE. La Banque Mondiale a décidé d'arrêter d'ici le mois prochain le financement du Global Tiger Initiative, structure créée à la fin 2010, à l'issue du Sommet sur le tigre de St Pétersbourg, et qui est chargée de l'organisation et du fonctionnement du Global Tiger Recovery Program. La Banque souhaitait informer officiellement ses désormais ex partenaires de sa décision en Décembre prochain, mais il y a sans doute eu des fuites... Cette décision unilatérale entraîne une réorganisation en profondeur entre partenaires (Etats abritant des tigres sauvages, IUCN, Global Tiger Forum, donateurs institutionnels et privés) qui va intervenir sans délai, à la suite de la Réunion des 4 et 5 Mai derniers destinée à prendre les mesures permettant à la structure de conserver toute son efficacité. Les "Tiger Range Countries" ont de toute façon la maîtrise de la décision finale en la matière, et Sergeï Aramilev, directeur du WWF Russie, a clairement fait part de son optimisme en dépit de cette péripétie, en regard des remaniements réguliers d'ores et déjà effectués dans son pays, les succès obtenus depuis 5 ans et les perspectives d'expansion dégagées pour les années à venir. Voir, sur le site "President of Russia", hier. "Global tiger Initiative forms new council".

http://programmes.putin.kremlin.ru/en/tiger/news/25080

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LIONS INDIENS PLUS NOMBREUX QUE PREVUS

10 Mai 2015 , Rédigé par Alain Sennepin

Malgré la mort de 92 individus au cours des deux dernières années, les lions indiens continuent leur progression, en nombre et en superficie occupée. Les résultats définitifs du recensement des lions sauvages gujaratis indiquent l'existence de 523 individus, soit une hausse de 27% en 5 ans, plus importante que celle estimée il y a quatre jours ("Environ 500 lions sauvages au Gujarat", sur ce blog le 6 Mai). Les lions étaient 411 en 2010 (359 en 2005, 180 en 1974). La structure et la dynamique de cette population indiquent que si l'espace suffisant lui est offert, elle connaîtra une croissance vigoureuse au cours des années à venir, puisque on compte 213 individus juvéniles, et un sex ratio de près de 2 femelles pour 1 mâle (201 contre 109). L'espace occupé est désormais de 22000 km2, contre 10000 km2 il y a 5 ans, et 5000 km2 il y a 10 ans. The Hindu Business Line, ce jour. Rutam Vora. "Asiatic lion count in Gir goes up to 523."

http://www.thehindubusinessline.com/news/asiatic-lion-population-up-27-to-523/article7190614.ece

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