GUERIR DU GENOCIDE
LUNDI PROCHAIN 29 JUIN, LE RWANDA VA REINTRODUIRE DES LIONS, DONT LA POPULATION AVAIT ETE ENTIEREMENT DETRUITE DANS LES ANNEES 90. Source : Le Figaro & l'AFP, ce jour.
Sept lions d'Afrique du Sud vont être réintroduits au Rwanda pour la première fois depuis la disparition de l'espèce dans le pays à la fin des années 1990, selon un communiqué de l'organisation gérant le parc de l'Akagera.
"Le retour des lions à l'Akagera est une étape importante pour la conservation du parc et pour le pays", a déclaré Peter Fearnhead, le directeur d'African Parks, l'organisation en charge de la gestion du parc de l'Akagera. Le groupe composé de cinq femelles et deux mâles, donnés par deux réserves sud-africaines de la province du Kwazulu-Natal (est), doit arriver au Rwanda par avion lundi.
Selon Yamina Karitanyi, responsable du tourisme à l'Office rwandais du développement (RDB), cette réintroduction "va favoriser l'équilibre naturel de l'écosystème" et apporter un nouvel attrait touristique au Rwanda.
Les lions de l'Akagera avaient été décimés après le génocide de 1994 (environ 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsi), lors du retour d'Ouganda et de Tanzanie de réfugiés rwandais. Ces derniers avaient occupé une partie du parc, faute de sites de réinstallation, et avaient exterminé le prédateur afin de protéger leur bétail.
A leur arrivée dans le parc, les lions seront mis en quarantaine pendant au moins deux semaines avant d'être lâchés dans la nature. Le parc est clôturé, mais les félins seront tout de même équipés de "colliers satellites" afin de réduire le risque qu'ils n'entrent dans des zones habitées, détaille le communiqué.
Le parc national de l'Akagera, qui tire son nom de la rivière Kagera qui le borde, est situé dans l'est du Rwanda, à la frontière avec la Tanzanie. Cette réserve naturelle, dans laquelle cohabitent entre autres des girafes, des zèbres, plusieurs espèces d'antilopes, des buffles, des léopards et des éléphants, a accueilli en 2014 près de 28.000 visiteurs.
LES ECAILLES COMMENCENT A TOMBER DES YEUX
Depuis 8 ans je remets en cause la classification officielle des tigres en 9 sous espèces historiques (à la fois scientifiquement aberrante car sans rapport avec la dynamique de distribution continentale de ces animaux, et inductrice d'une politique de destruction massive de soi disant "hybrides" par les zoos et parcs, ouvrant la voie à tous les trafics, d'une part, et d'une démarche plus que timorée pour un redéploiement populationnel à juste échelle, c'est - à - dire continentale, de l'autre. J'insiste, tout au contraire sur l'existence de deux groupes : les "continentaux" (pool majoritaire) et les îliens (issus du sous continent Sunda, et qui peuplèrent historiquement non seulement plusieurs îles indonésiennes, mais aussi l'île philippine Palawan, au Nord de Bornéo). Voir sur mon site "4 continents pour les tigres" : dernier paragraphe de "Qui est vraiment le tigre?" (2007), thèse régulièrement réitérée depuis lors ( voir documents téléchargeables sur la page d'accueil du site : Conférence du 23 janvier 2010, "Tigres : fin de crise, retour à la croissance"; 30 Avril 2013).
Pour la première fois, la Science officielle semble encline à prendre acte des réalités en ce domaine, et d'en tirer les conséquences quant aux réorientations nécessaires pour la protection et le renforcement de l'espèce, aux perspectives potentiellement gigantesques. Andreas Wilting, de l'Institut Leibnitz de Berlin, et son équipe de 10 autres chercheurs, va clairement dans ce sens dans un article circonstancié publié dans Science Advances, volume 1, N°5, ce jour. "Planning tiger recovery : understanding intraspecific variation for effective conservation".
COMMENTAIRES :
Washington post, ce jour. Robert Gebellhoff; "To save big cats from extinction, scientists say we need redefine TIGER."
Science.orf.at, ce jour. "Tiger : Nur zwei statt neun Unterarten."
News.discovery.com, ce jour. Jennifer Viegas. "Some tigers could be wiped out to save others."
News.sciencemag.org, ce jour. Kai Kupferschmidt. "Controversial study claims there are only two types of tiger."
Prenant en compte ces éléments, le "Cats' Group" d'Urs et Christine Breitenmoser va engager une redéfinition du statut taxinomique interne du tigre en vue de son officialisation internationale ultérieure.
Dans la pratique, cela devrait induire progressivement des progrès substantiels dans la politique des zoos et parcs. Par ailleurs, le projet d'établir la région des Ghats occidentaux comme matrice de diffusion vers les pays d'Asie du Sud - Est, évoqué par le ministre de l'écologie indien le 20 janvier dernier, pourrait s'en trouver grandement facilité. Aujourd'hui, le seul pôle fonctionnel de diffusion continentale se trouve dans l'extrême orient russe.
UN "TIGRE" PERSAN
Un "tigre" mâle d'une dizaine d'années a été retrouvé mort dans une zone montagneuse du nord ouest iranien (Tehran Times, il y a cinq jours). Sa mort pourrait résulter d'un conflit territorial (avec un autre mâle?). Le tigre persan est officiellement disparu depuis la deuxième moitié du siècle dernier. Pourtant, en août 2013, le cadavre d'un animal présenté comme un tigre tigre avait été découvert dans l'extrême nord de l'Irak (zone frontalière à la fois de l'Iran et de la Turquie). La cause de la mort n'avait pas pu être établi.
http://www.yourmiddleeast.com/travel/kurdish-park-battles-violent-legacy-while-protecting-the-environment_17901
En tout état de cause, voici l'article du Tehran Times du 20 juin :
Tiger found dead in protected area of Zanjan
Tehran Times Social Desk
http://www.tehrantimes.com/index_View.asp?code=247518
TEHRAN- The body of a male tiger was found dead in the protected area of Sorkhabad in Zanjan Province, the head of the local Department of Environment confirmed on Thursday.Ghorbanali Mohammadpour told ISNA that though most of the body had decomposed, preliminary studies indicated that the tiger was about 10-years-old.
Mohammadpour added that the cause of death has not been decided yet but no gunshots were found in the body.
"It is possible that the tiger was killed in a territorial fight,” he concluded.
Shorkhabad, which became a protected area in 1996, is about 122,618 hectares and is located between the northern and southern mountains of Zanjan province.
S'agit -il vraiment d'un tigre? Le Dr Ozgun Emre Can m'indique qu'après enquête, il s'agit plutôt d'un léopard... Vérification recoupée par le Dr Arash Goddhousi.
UN NOUVEAU POINTAGE EN 2020
Le recensement des tigres de l'Amour sur le territoire russe s'effectuera désormais tous les cinq ans (il était décennal jusqu'à présent), a annoncé le Ministre des ressources naturelles Sergeï Donskoï. D'après les données réunies lors de la plus récente et plus complète enquête de ce type, effectuée en février dernier, le Ministre a indiqué que la population actuelle se situait entre 523 et 540 individus (à peu près identique à celle des lions du Gujarat indien). Ces données résultent de l'introduction de coefficients de pondération et de minoration prudentielle d'éléments bruts recueillis par les caméras pièges qui feront l'objet d'un suivi annuel. Ainsi, cette année, en tenant compte des traces de toutes les réserves et parcs nationaux de la région et de leur analyse d'individualisation, on obtenait une "population brute maximale" de 686 individus. La même chose avait été faite en Inde il y a quelques mois (nombre officiel de 2226, nombre officieux proche de 3000) avec, toutefois, une qualité, amplitude, précision et complexité du recensement nettement moindre que pour la Russie. Les résultats définitifs seront publiés en octobre prochain. Quant à la solidification de l'Avenir, le naturaliste Pavel Fomenko insiste particulièrement sur la sauvegarde et le renforcement des populations d'ongulés proies, liés à une lutte vigoureuse contre le braconnage dans certains secteurs du district de Khabarovsk notamment, qui créent actuellement de véritables déserts nutritionnels pour les grands félins.
http://programmes.putin.kremlin.ru/en/tiger/news/25098
BOUE ET SANG
LA MALEDICTION DU TIGRE GRIS.
Selon l'AFP, un tigre blanc échappé du zoo de Tbilissi pendant les inondations qui ont ravagé la capitale géorgienne a tué ce jour, vers midi, un homme d'une quarantaine d'années dans le centre-ville. La victime, qui travaillait dans les environs, a été attaquée au cou et son artère jugulaire a été transpercée par les crocs de l'animal grisâtre au corps recouvert de boue solidifiée (il avait été pour cette raison pris pour un lion dans un premier temps). Elle est décédée lors de son transfert à l'hôpital. Le félin a ensuite été abattu par les forces spéciales géorgiennes (dans un reportage diffusé à la télévision géorgienne, on voit des membres de celles - ci transporter le corps sans vie du félin géant sur une civière).
Selon les médias géorgiens, l'animal était resté caché dans une usine textile désaffectée entourée de fourrés, échappant ainsi aux recherches de la police pendant trois jours.
La crue subite de la Vere, petite rivière qui traverse Tbilissi et borde notamment le zoo de la capitale géorgienne, a fait dimanche au moins 17 morts et provoqué la mort d'une majorité des 600 animaux de l'établissement. De nombreux autres s'étaient alors échappés, notamment des tigres, des lions, des ours, des jaguars, des hyènes, des alligators. La plupart d'entre eux ont été abattus par les forces spéciales. Un hippopotame a été endormi à l'aide d'une flèche hypodermique, avant d'être remis en captivité, à l'issue d'une déambulation surréaliste dans les rues de la ville, l'animal aux jambes en coton soutenu et maintenu debout par plusieurs personnes.
Lundi, la porte-parole du zoo avait affirmé que tous les animaux avaient été capturés ou étaient considérés comme morts et que les recherches étaient suspendues. Les images de l'hippopotame pataugeant dans les rues de Tbilissi et se nourrissant du feuillage des arbres ou d'un ours perché sur le groupe extérieur d'une climatisation ont fait le tour du monde.
En février 1899, un tigre aussi volumineux qu'un grand mâle de l'Amour, et d'une teinte grisâtre (liée à sa fourrure d'hiver) avait été abattu en Géorgie, et avait fait l'objet d'une description minutieuse par le naturaliste Constantin Satounine publiée en 1915. A la même époque, un tigre gigantesque recouvert de boue, de résine et de détritus divers agglutinés dans cette carapace biologique sema la terreur sur l'île de Chin - do, à l'extrême sud ouest de la péninsule coréenne.
PANSPERMIE DIRIGEE
PLAN DE CONSTRUCTION D'UNE NOUVELLE POPULATION DE LEOPARDS DE L'AMOUR.
La branche Amour du WWF lance un projet de création, puis de diffusion dans les espaces sauvages, d'une population entièrement nouvelle de léopards de l'Amour, à partir de la reproduction d'individus captifs, ceux - ci ayant une diversité génétique actuelle plus importante que la population sauvage. Le plan doit s'étaler sur 12 ans. Les léopards seraient lâchés dans la nature 3 à 4 ans après leur naissance. Leurs lieux d'accueil serait la réserve Lazovsky, avec une diffusion progressive escomptée vers les zones côtières du sud de la cordillère Sikote - Alin (régions de Lazo et Olga, sur une superficie totale de 7000km2, incluant, sur 1400km2, un réseau d'aires protégées (réserves "Black Rocks" et "Vasilovsky", parc national ZovTigra). L'objectif est de constituer à l'horizon 2030, dans les zones côtières du Primorye méridional, une deuxième population de renforcement et solidification de l'espèce constituée de 50 à 60 léopards de l'Amour, indépendante de la population actuellement existante (60 à 70 individus sur l'ensemble du bassin transfrontalier Russie - Chine - Corée). Siberian Times, ce jour. Article détaillé et richement illustrée d'Anna Liesowska. "Plan to boost numbers of rarest big cats in the world."
http://siberiantimes.com/ecology/casestudy/news/n0266-plan-to-boost-numbers-of-rarest-big-cat-in-the-world/
PANSPERMIE
La carpe dorée géante d'Asie du Sud (Tor putitora, le tigre aquatique) vient réensemencer les rivières d'Inde à travers le plan de reconstitution le plus ambitieux depuis le projet tigre. Cet animal vigoureux peut atteindre 2,75m de long et peser 50kgs. The Statesman, ce jour. Anil Sardana. "Fish tales of swimming tigers".
Green initiatives have become ubiquitous these days, implemented with zeal at companies, and often used in conjunction with "sustainable development" and "corporate social responsibility". But people’s familiarity with the subject, and the full extent of their knowledge about the depleting resources and dying breeds is largely fleeting. Industrial growth has its effects on biodiversity and, therefore, corporates must play a major role in reversing the trend of biodiversity degradation by imbibing "conservation" as a corporate value. The Mahseer Conservation Programme by Tata Power is a case in point that has lent a new wave of life to the fast depleting Golden Mahseer in what can be described as the biggest Indian conservation effort after Project Tiger.
A tough fighter
Mahseer, known as "tigers of the water", are the world’s toughest fighting fish and can grow up to 2.75 metres (9 feet) in length, and easily weigh 35-40 kg. Due to the large size these fish attain, mahseer finds a place among the 20 "mega fishes" of the world. Locals admire the fish’s vigor to constantly swim upstream in search of food and oxygen. Some even worship the fish at local temples. But over the years, due to natural distress as well as habitat and demographic alterations, mahseer was reported to be declining in size and numbers and was feared to be in danger of extinction in some parts of the country. Indiscriminate fishing of brood and juvenile fish and the deteriorating ecological condition of its spawning and breeding grounds as a result of river valley projects, had placed the mahseer in danger of extinction. According to a 2010 report, the Golden Mahseer is estimated to have declined by more than 50 per cent in recent years and, without any intervention, the population might further dip to 80 per cent in the future.
Conservation moves
Since the early 1970’s, species-protection initiatives in India have gained momentum but aquatic life has gained little attention from conservationists. One of the pioneering attempts in this area is the Mahseer Conservation Programme, which kick started in 1975, making it the longest running conservation effort by a private corporation in India, aimed at preserving a single species.
Taking cognisance of the alarming decline in the population of the mahseer, Tata Power set up a breeding centre at Lonavla, near Mumbai, as part of its eco-restoration and eco-development project for the lakes. Today, the project operates in seven lakes in the region and the catchment areas in the surrounding hills from where rainwater collects in reservoirs.
After carrying out thorough research and careful observation of the fish in its natural habitat, healthy mahseer were transported from its Himalayan habitat to the Lonavla facility. The fish needed to be acclimatised to the changed environs and higher temperatures. They also needed to be reared for three years, until they reached maturity and were ready to breed.
Captive breeding
Mahseer is a difficult fish to breed in captivity due to its penchant for fresh, running water. After carrying out several experiments, biodiversity experts at the hatchery zeroed in on two species Rs the Deccan Mahseer and the Golden Mahseer. After the initial vigilant monitoring of the mahseer's behaviour, the first batch of eggs, approximately 14,000, was procured through a process known as dry stripping. These were artificially fertilised and about 10,000 were brought to maturity. This was the first step that helped turn the tide for the mahseer. Over the years, the project has gained momentum and has successfully produced in excess of 10 million seeds of mahseer.
Today, the project is the biggest breeding stock of mahseer in India, and produces four to five lakh mahseer seed every year. The hatchery also sends fish every year to rivers in a dozen states, including Karnataka, Punjab, Haryana, Andhra Pradesh and Assam, in an attempt to introduce the Golden Mahseer in other parts of the country. The project’s success with the Golden Mahseer initiative has encouraged the company to stretch its conservation efforts to cover three other species of the fish.
The entire mahseer conservation project has been documented in a monograph and is now extensively used by scientists involved in mahseer breeding and conservation programmes across India and in several South-East Asian countries. After the success of the project, Tata Power has extended training facilities to over 600 fishery scientists across India and have organised national workshops for senior scientists and policymakers to formulate recommendations for mahseer conservation.
The mahseer project continues to be one of the biggest conservation programmes in the country, promoting biodiversity, encouraging ecotourism, while breathing new life to what was a depleting wonder of the aqua world.
Evaporation
Le plus petit dauphin du monde s'efface. Détruit par les filets verticaux tendus sur la côte occidentale de l'Île Nord (Nouvelle Zélande), le dauphin de Maui (Cephalorhynchus hectori maui), connu aussi sous le vocable vernaculaire de "popoto" ne compte plus que 43 à 47 individus, dont seulement 10 femelles. Le contexte local et les particularités de son éthologie rendent improbable la survie de ce cétacé plus petit qu'un homme . Dans des conditions idéales impossibles à réaliser dans la pratique, il faudrait de toute façon 87 ans à ces animaux pour reconstituer une population de 250 individus. Salon, hier. Article détaillé et circonstancié de Christina Russo : "The world's smallest dolphin is about to vanish entirely".
http://www.salon.com/2015/06/07/the_worlds_smallest_dolphin_is_about_to_vanish_entirely_partner/
Heureusement, le temps n'existe pas chez Dionysos, seul l'espace est déterminant (kylix d'Exekias, dans "Simplement, un coeur qui bat", sur ce blog, 6 juin 2015)...
SIMPLEMENT, UN COEUR QUI BAT
TIGRE BLEU ET DAUPHIN DES PAMPRES : NOUVELLE PULSATION
Dans 10 jours (le 16 juin prochain), sera publiée l'encyclique "Laudato sii" (Loué sois tu), que le Pape François a consacrée aux relations de l'Humanité en général et la civilisation "occidentale" en particulier avec la Nature et "nos frères et soeurs" Animaux. L'auteur avait déjà indiqué, lors d'une intervention du 16 mars 2013 : "Un chrétien qui ne protège pas la création, QUI NE LA FAIT PAS CROÎTRE, est un chrétien qui n'accorde pas d'importance à l'oeuvre de Dieu". Celle - ci marque une rupture radicale avec le discours historique de l'Eglise sur le sujet, et ouvre, en "fraternité cosmique" avec nos voisins et commensaux d'autres espèces, une nouvelle phase de l'histoire humaine où une intelligence sensible (prônée par les Dionysiens ou Jésus de Nazareth) vient favorablement équilibrer la raison raisonnante, volontairement distanciée de son humanité, et que ses thuriféraires nomment Modernité... Elle officialise ainsi l'actuel basculement climatique, culturel et civilisationnel en cours.
Regards. Comme l'a magistralement montré Maria Daraki en 1994, il existe deux grandes tendances humaines pour appréhender la Nature, qui tient aux regards culturels portés sur celle - ci. Généreuse et protectrice, elle induit une attitude spirituelle à son égard, basée sur la confiance. Muette et hostile, elle doit être dominée, et donc réaménagée de fond en comble, car elle inspire la méfiance. Ces deux lectures valent aussi bien pour les Animaux Sauvages, que pour le Féminin ou la Mort...
Climats, cultures. La démarche "empathique" est culturellement favorisée lors de phases climatiques facilitant la richesse écologique et donc l'épanouissement humain. L'optimum néolithique humide permet une arboriculture qui laisse une forte autonomie à l'expression de la plante d'une part, des membres de la communauté de l'autre, avec une nourriture et des relations équilibrées et diversifiées. Au contraire, l'aride post néolithique implique la brutalisation du sol (le labour), des femmes, des communautés voisines... L'optimum médiéval coïncide avec la culture des cathédrales, de l'amour courtois, des bestiaires allégoriques et des cosmogrammes évoquant fortement la démarche dionysienne. A cette époque (11ème - 13ème siècles), la France est à l'apogée de sa puissance matérielle et géopolitique, ainsi que de son équilibre spirituel (c'est "la Renaissance du XIème siècle", et les vikings sont au "Groënland" :le "pays vert")... Le début du "petit âge glaciaire" (14ème siècle) marque l'effondrement de la culture française, la perte de son influence géopolitique (sur l'Italie du Nord, les Flandres, l'Angleterre), et l'entrée dans une maniaquo -dépression collective qui ne s'est jamais apaisée depuis...
Cultures, civilisations, pivots marins. Dans l'espace méditerranéen comme centre géopolitique du Monde, la culture grecque classique (Hésiode: "Les travaux et les jours") sécrète la civilisation romaine. Dans l'espace atlantique, nouveau centre du Monde depuis la deuxième moitié du XVème siècle, la culture française tardive ("Modernité" du XVIème siècle) génère la civilisation nord - américaine. Ces deux phénomènes historiques s'inscrivent dans un contexte climatique aride et une brutalisation généralisée. Aujourd'hui, issue de la culture russe, est en train d'émerger une civilisation sibérienne centrée sur le Pacifique ("Russie : enlumineurs réinclus" publié sur ce blog le 5 avril).
Modernité et féminité. Pour les grecs "classiques" (prométhéens), "Pandora, qui signifie précisément "Celle qui fait sortir les présents des profondeurs" et "Dispensatrice de tous les dons" devient "Dispensatrice de tous les maux". Les Muses orphiques deviennent des bacchantes infernales, étroitement liées aux animaux sauvages, ou des "monstres" que "doivent" combattre Persée, Thésée, Héraklès... Le code romain de la famille est à l'égard des femmes, le plus dur de l'Histoire du Monde. A la fin du XVème siècle, le "Marteau des Maléficieuses", document qui poussera Innocent VIII à promulguer, par une bulle pontificale, la chasse aux "sorcières", précise que "font aussi partie de ce groupe celles qui délivrent du mal "... "L'islam radical" actuel est typiquement un produit hypermoderne. Dans ce cadre, le seul à ce jour à n'avoir en aucune façon diabolisé le féminin est Jésus de Nazareth. Comme surent le faire avant lui les Dionysiens face aux Prométhéens.
Culture moderne : l'ivresse des profondeurs ou la malédiction de la Supernova. La culture grecque classique s'épuise dans un démocratisme totalitaire qui condamne et tue ses penseurs les plus lucides. "Se rendant à un sabre", elle s'abandonne à Philippe de Macédoine. Son fils Alexandre sera le plus grand conquérant de l'Histoire du Monde, exprimant ainsi, comme une Supernova, la phase maniaque terminale d'une culture dépressive et rétractile (remise en lumière par Laurent Gaudé dans sa pièce de théâtre "Le tigre bleu de l'Euphrate"). C'est le même phénomène qui se produit pour la France moderne. Celle - ci, géopolitiquement hors jeu du XVème au XVIIème siècle et qui enrage de cette situation, va conceptualiser culturellement une nouvelle "gréco - romanité", qui trouvera sa pleine puissance d'expression lors d'une deuxième guerre de cent ans (1715 - 1815) à l'issue fatale. Le "siècle des Lumières" (Matthieu : "Prends donc garde que la Lumière qui est en toi ne soit Ténèbres") met directement sur orbite la jeune puissance américaine* (évènement célébré ces jours ci des deux côtés de l'Atlantique avec l'arrivée de l'Hermione à YorkTown 235 ans après Lafayette, en présence de Ségolène Royal ), génère un prototype de bochévisme (la Terreur) et de National Socialisme ("la Vendée"). la Supernova française prend les traits de Napoléon, pour qui aucun Tigre bleu ne montrera le chemin, parce que la culture française ne sait ni ne veut le voir. Alors que celui - ci est désormais au centre de cette Russo Sibérie qui accomplit ses premiers pas...
CONCLUSION: Défi de Montego Bay, kylix d'Exekias.
"Dieu a donné à la France l'empire des mers". Richelieu. Testament politique.
Aujourd'hui, la France est une superpuissance virtuelle, avec 12 millions de km2 d'espaces marins partout dans le Monde, depuis les accords de Montego Bay en 1994. Pour l'heure, cela ne lui sert, en l'occurence, ni à se soigner ni à se reconstruire, car elle ne dispose pas des outils culturels idoines pour cela ni des représentations adéquates, pour l'accès auxquelles une véritable révolution culturelle à la genèse fort incertaine serait nécessaire sans être forcément suffisante. En effet, la France, historiquement double, a toujours été tiraillée entre une unité centrale (géographique, démographique et politique) férocement continentaliste, et des périphéries marines audacieuses, qui furent parfois très puissantes (duchés de Normandie, de Bretagne, d'Aquitaine, auxquels on peut même ajouter un certain Royaume d'Angleterre). Ses semelles de plomb l'empêchent de s'envoler. Son inconscient gréco - romain la pousse spontanément à détourner le regard face à la coupe d'Exekias ("Cachez ce Kylix que je ne saurais voir".) Ce vase en céramique du VIème siècle avant notre Ere résume l'approche dionysienne. Dans un cosmos circulaire sans ciel ni mer identifiables, la divinité se repose dans un bateau dont le mât est constitué d'une vigne avec 7 énormes grappes de raisin. Autour de lui, nagent 7 dauphins, 2 d'entre eux évoluant même quasiment au contact des pampres de la vigne, comme le feraient des phoques au sein d'une forêt de laminaires géantes. Cétacés et infrutescences sont de taille comparable. Et les premiers sont les compagnons, humains, si humains, de Dionysos...
*Ce qui constitue structurellement la texture véritable de la démocratie américaine a été magistralement mis en lumière dans l'ouvrage de Nathianel Philbrick mentionné ci - dessous, ainsi que dans le film "Sur les traces de Moby Dick", documentaire de 113mn réalisé par Rick Burns en 2012 pour Steeple chase films for the american experience PRODUCTIONS. Le livre et le film montrent qu'en 1820, la destruction du baleinier Essex par un grand cachalot fut vécu par l'Amérique de la même manière que ce qui advint le 11 septembre 2001, et eut des conséquences politiques et sociales gigantesques (voir aussi "Epopée salvatrice" sur ce blog le 18 janvier 2015).
Bibliographie
Bernet (A). 2003. Les chrétiens dans l'Empire Romain. Editions Perrin.
Daraki (M). 1994. Dionysos et la déesse Terre. Editions Flammarion.
Détienne (M). 1985. Dyonisos à ciel ouvert. Hachette Littératures.
Eaubonne (d') (F). 1999. Le sexocide des sorcières. Editions de L'esprit frappeur.
Gérard (A). 1999. "Par principe d'humanité..." La Terreur et la Vendée. Editions Fayard.
Gaudé (L). 2004. Le tigre bleu de l'Euphrate. Editions Actes Sud.
Hadot (P). 2004. Le voile d'Isis. Essai sur l'histoire de l'idée de Nature. Editions Gallimard.
Herbaux (F). 2008. Puisque la terre est ronde. Enquête sur l'incroyable aventure de Pythéas le marseillais. Editions Vuibert.
Lévèque (P). 1997. Dionysos dans l'Inde. Itinerarios, Araraquara 11, 127 - 141.
Philbrick (N). 2000. La véritable histoire de Moby Dick. Editions JC Lattès.
Thomas (K). 1985. Dans le jardin de la Nature. Editions Gallimard.
UN SIGNE...
Le tigre thaï est peut être en train d'étendre son aire de distribution au sein d'un complexe écosystémique de 18000Km2. Les spécialistes estiment que cet espace pourra héberger jusqu'à 2000 individus dans le futur. Voir l'article détaillé sur Mongabay.com, ce jour. Jeremy Hance. "Tigers expanding? Conservationists discover big cats in Thaï Park".
http://news.mongabay.com/2015/0604-hance-tigers-chaloem-ratankaosin.html