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LA CONFIRMATION

31 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

LA CONFIRMATION

Ceci fait suite à "Un rocher sur la lande" mis en ligne le 27 février dernier, et "Indomitus", mis en ligne le 8 mars.

Newsweek reprend les données des chercheurs de l'Université de Tomsk sur Elasmotherium au Kazakhstan et sa cohabitation avec les humains. Courrier international, hier. "Sciences. La licorne de Sibérie aurait côtoyé les humains."

http://www.courrierinternational.com/article/sciences-la-licorne-de-siberie-aurait-cotoye-les-humains

Ceux qui croient aux licornes n’ont peut-être pas tort, comme le montre la découverte d’une “licorne de Sibérie”. .

Tout a commencé avec la découverte par la Tomsk State University de Russie d’un petit fragment de crâne en Sibérie, explique le magazine américain. Ce bout d’os appartenait à un rhinocéros appelé Elasmotherium Sibiricum, soit “licorne de Sibérie”, en raison de la présence d’une large corne sur son front.

L’animal en question aurait disparu il y a 29 000 ans et non 350 000 ans, comme on le pensait initialement. Il aurait pu migrer dans des endroits un peu plus au sud (de la Sibérie) – il est donc possible que des hommes aient vécu en même temps que lui. Mais, nuance le journal,

Cette découverte, publiée dans l’American Journal of Applied Sciences, doit par ailleurs être confirmée par celle d’autres spécimens similaires.

Pour l'étude détaillée, voir :

http://thescipub.com/PDF/ajassp.2016.189.199.pdf

Original research paper. The Quaternary mammals from Kozhamzhar locality (Pavlodar region, Kazakhstan). Shpansky (A.V), Aliyassova (V.N), Ilyina (S.A). Am. J. Appl. Sc., 13 (2), 189 - 199.

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UN TUNNEL POUR LES LEOPARDS

29 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

UN TUNNEL POUR LES LEOPARDS

Le tunnel Narvinsky, inauguré le 26 mars, permet à la fois aux automobilistes de circuler dans de bonnes conditions, et aux animaux sauvages de traverser la voie sans danger. Ces dernières années, 3 tigres s'étaient fait écraser sur cette route, et l'an dernier, un léopard avait subi le même sort ("Mort sur la route", mis en ligne sur ce blog le 25 octobre 2015). WWF Russie, hier.

Нарвинский тоннель открыт в Приморье на благо людей и леопардов

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BALEINE VERTE, CORPS ET ÂME

27 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

Le Mont Greylock (Massachusetts). Enveloppant et Protecteur. Comme un sentiment océanique de profusion...

Ceci fait suite à "Soleil levant" mis en ligne sur ce blog le 20 mars.

Le chemin des dieux qui enlève le déchant du Monde.

LECTURES AMERICAINE, MAORIE, CETACEENNE.

Lecture américaine : la ligne de fuite. Dans les dernières décennies du XVIIIème siècle, l'industrie baleinière américaine, dont les navires atteignent le Pacifique, cible en priorité les cachalots. Ce choix perdurera jusqu'au début des années 1850, enrichi, à partir de la fin des années 1840, des baleines franches boréales. Sur le plan économique, les USA alimentent une grande partie du Monde en huile de cétacé, qui constitue la première source énergétique mondiale. A ce titre, les baleiniers se considèrent comme seigneurs et maîtres des trois quarts de l'espace planétaire. A leurs yeux, les cétacés sont du minerai brut, qu'ils prélèvent, puis raffinent.

Progressivement, les agresseurs notent une évolution dans le comportement de leurs proies. Des "accidents" commencent à survenir dès les premières années du XIXème siècle. En 1820, le navire Essex est coulé par un cachalot (Nathaniel Philbrick. 2000. La véritable histoire de Moby dick. Jean Claude Lattès). L'évènement provoque un traumatisme gigantesque dans toute l'industrie baleinière. La même année, c'est la découverte du "Japan ground" (importantes populations de cachalots entre Hawaï et les côtes japonaises). Bien après leurs proies, mais sur des bases bien différentes, les prédateurs entrent dans une logique de guerre.

La première guerre du Pacifique 1820 - 1861. Pendant que les cachalots cherchent à sauver la vie de leurs communautés par tous moyens à leur disposition et notamment les ressources de leur esprit ("Epopée salvatrice", mise en ligne sur ce blog le 18 janvier 2015), l'industrie baleinière cherche à préserver ses positions de pouvoir et ses revenus, et donc sa crédibilité vis - à - vis de sa clientèle internationale. Comme dans toute guerre, un des principes fondamentaux repose sur la propagande et le mensonge (Sun Tzu). La réalité des faits n'a donc pas grand chose à voir avec ce qui en a été dit et rapporté.

LES FAITS. Après le séisme social et politique provoqué par le naufrage de l'Essex, Owen Chase, le second mais aussi "l'homme fort" de ce navire (N. Philbrick) va poursuivre le responsable de la catastrophe, entre 1825 et 1830, à la tête du baleinier Winslow. Nul ne sait s'il est parvenu à ses fins. Au cours des années suivantes, des cachalots combattants détruisent les navires amiraux Pusie Hall (1835), Arabella (1836) et Lydia (la même année), Two Generals (1938). Des navires marchands sont également coulés, comme le Desmond, le 5 juillet 1840. L'année suivante, le haut Etat Major baleinier décide une politique coordonnée d'assassinats ciblés contre les officiers de la résistance (une dizaine d'entre eux ont été répertoriés au XIXème siècle (voir le documentaire « La véritable histoire de Moby Dick » de Jurgen Stumpfaus 2014, détail dans « Epopée salvatrice », mis en ligne sur ce blog le 18 janvier 2015).

Octobre 1842. L'industrie baleinière subit la plus grande défaite et la plus grave humiliation de son Histoire. Trois navires baleiniers avec une centaine d'hommes mènent une attaque coordonnée contre un officier - cible. Celui - ci, avec une audace et une intelligence qui dépasse toute imagination, mettra l'ensemble de la flotte en déroute. Celle - ci, après avoir subi des pertes sévères en hommes et en baleinières, battera en retraite pour éviter un complet anéantissement. Le vainqueur était de couleur blanche.

Gary's nautical information, lundi 19 novembre 2007
http://nauticalinformation.blogspot.fr/2007/11/terror-whale-of-pacific-mocha-dick.html

Les baleiniers viennent progressivement à bout de leurs adversaires, mais les pertes continuent, avec celle du Pocahontas (1850), et de l'Ann Alexander (20 août 1851, deux mois avant la publication de "Moby Dick"), dont le responsable sera tué en janvier 1852. La même année, 2750 baleines franches boréales sont massacrées dans le détroit de Béring, où 220 navires baleiniers participent au carnage (Voir "Soleil levant", cité plus haut). Mocha Dick (le vainqueur de la bataille d' octobre 1842) n'est, semble t-il, plus évoqué. Un immense cachalot blanc, plus grand qu'une baleine bleue, meurt en août 1859, dans l'Atlantique, près des côtes brésiliennes, tué par un baleinier suédois, sans combat. Le journal de bord de celui - ci précise l'état d'épuisement du grand animal, qui était en train de mourir, usé jusqu'à la corde. Le nom de Mocha Dick furt alors évoqué à cette occasion.

La première guerre du Pacifique a révolutionné les représentations mentales dans les deux camps (voir "Guerre et Paix" mis en ligne sur ce blog le 26 juillet 2015). Celui des agresseurs bascule dans une guerre civile qui fera plus de 600 000 morts, et où le navire sudiste Shenandoah, en 1864 et 1865, détruira des dizaines de baleiniers nordistes, pour mettre l'économie de ceux - ci à genoux.

LES INTERVENANTS - CLEFS POUR LA CONSTRUCTION DU MYTHE.

1. Le triplet Mocha Dick / Cachalot de l'Essex / Morquan.

Mocha Dick est né au large du Chili central à l'extrême fin du XVIIIème siècle ou au tout début du XIXème. Fondamentalement pacifique, élusif et prudent, doté d'une très grande sensibilité communautaire, il fut actif face aux navires américains dès 1807. Il fut le cachalot combattant le plus efficace de la première guerre du Pacifique. Ses exploits défient l'imagination, et vont bien au delà de ceux de "Moby Dick" racontés par Herman Melville. Les descendants de ses adversaires lui ont rendu hommage au Virginia Museum of Fine Arts.

http://vmfa.museum/exhibitions/exhibitions/tristin-lowe-mocha-dick/

Le cachalot qui coula le baleinier Essex fusionna, dans l'esprit du public,avec Mocha Dick.

Morquan fut l'officier de la résistance du "Japan Ground" (voir pour le détail "Soleil levant", mis en ligne sur ce blog le 20 mars). "A la mémoire de feu le capitaine Ezechiel Hardy qui à l'avant de son bateau fut tué par un cachalot sur la côte du Japon le 3 août 1833." (H. Melville, "Moby Dick, chapitre 7 : "La chapelle").

2. Le triplet Edmund Gardner / Owen Chase / Nathaniel Hawthorne.

Edmund Gardner perdit le navire marchand "l'Union" (dont il était le capitaine), coulé par un cachalot blanc (probablement Mocha Dick) en 1807. Il eut la jambe broyée par ce même animal en 1815, au large des côtes du Pérou. Il cessa toute activité maritime en 1826, mais n'en joua pas moins un rôle déterminant dans l'élaboration de la politique d'éliminations ciblées décidée en 1841 (voir le documentaire de Jurgen Stumpfhaus cité plus haut).

Owen Chase était le numéro 2 de l'Essex, et chercha ensuite à se venger de l'auteur du naufrage (comme indiqué plus haut). Son récit des évènements de 1820 ont fortement impressionné Herman Melville, qui a eu accès à son journal en 1840. La même année, Chase cessa définitivement toute activité maritime.

Nathaniel Hawthorne était un écrivain d'une grande notoriété. Il fut l'ami d'Herman Melville, sur lequel il eut une emprise intellectuelle et psychologique certaine: comme l'a indiqué Agnès Derail (auteur de "Moby Dick, Allures du corps", éditions Rue d'Ulm, en 2000) le mois dernier dans une émission radiophonique sur France Culture, Melville modifia en profondeur la tonalité générale de sa nouvelle sous son influence, mettant au centre la figure ténébreuse du capitaine Achab... Melville dédicaça "Moby Dick" à Hawthorne en ces termes :"In token of my admiration for his genius, this book is inscribed to Nathaniel Hawthorne." Comme Gardner et Chase, Hawthorne est un représentant de l'idéologie des quakers, lecteurs littéralistes de la Bible qui mènent "une guerre sacrée contre Léviathan". Ce messianisme méphitique, qui mènera le pays à la Guerre civile, constitue un pivot essentiel de la civilisation américaine. Melville évoquait le côté sombre du personnage, « enveloppé dans un linceul de noirceur, noir à la puissance 10 ».

3. Le triplet Ralph Waldo Emerson / Jeremiah N. Reynolds / Herman Melville

Le poète Ralph Waldo Emerson consigna dans son journal, en 1834, un témoignage évoquant un cachalot blanc tué par l'équipage du baleinier Winslow, qui est probablement une version déformée de la vengeance d'Owen Chase, si toutefois celui - ci parvint jamais à ses fins (Philbrick).

Jeremiah Reynolds, écrivain, explorateur, officier dans l'armée chilienne, avocat (Christian Garcin. 06 – 01 – 2016. Les vies multiples de Jeremiah Reynolds. Collection La Bleue, Editions Stock. 160 pages) écrivit un long article fictionnel sur Mocha Dick dans le magazine "The Knikerbocker" en 1839 : Mocha Dick: Or The White Whale of the Pacific: A Leaf from a Manuscript Journal, auquel Herman Melville eut accès.

J.N. Reynolds: "Mocha Dick: Or The White Whale of the Pacific"

Voir aussi : Jeremiah Reynolds. Mocha Dick. Editions du Sonneur, Préface et traduction de Thierry Gillyboeuf. Octobre 2013.

Herman Melville, écrivain à l'esprit fondamentalement léger et panthéiste, s'orientait, dans la deuxième moitié des années 1840, vers un récit "baïkovien" avant la lettre. Ce qui aurait pu être "Moby Dick, histoire d'un cachalot du Pacifique Sud" se métamorphosa progressivement, à partir de 1848, date de sa rencontre avec Hawthorne. La sensibilité de Melville est bien illustrée dans une de ses premières lettres à son ami où il décrit son quotidien dans sa résidence d'Arrowhead (Berkshire) : "Je souhaite le bonjour au cheval et lui sers son petit déjeuner. (Cela me fend le cœur de lui en donner un froid, mais on n'y peut rien). Je rends visite à ma vache, je découpe une citrouille ou deux pour elle et reste à ses côtés pour la regarder manger, car c'est une vision plaisante que de voir une vache bouger ses mâchoires : elle le fait avec tant de douceur et de sainteté." (voir aussi, à ce sujet, "Le protocole de Kyoto", paragraphe de fin de "Soleil levant" mis en ligne le 20 mars). Melville a mis la dernière main à "Moby Dick" dans cette maison, devant une fenêtre encadrant le mont Greylock, qui domine les crêtes au nord. La masse du Greylock, le plus haut sommet du Massachusetts, avec 1063 mètres, et sa double bosse suggèrent en été une baleine verte émergeant du brouillard.

La formule finale de l'ouvrage témoignage, derrière le masque lugubre d'Achab / Hawthorne, de l'échappement discret mais radical de l'auteur, qui fait de ce nouveau "Livre de l'Apocalypse" une œuvre pleinement dostoïevskienne ( voir "Resubstantiation : littérature, la vrai foi", dans "Russie : enlumineurs réinclus", mis en ligne sur ce blog le 5 avril 2015) jusqu'au surnaturel et au prophétique, parce qu'elle rétablit une vérité présente, et anticipe plusieurs vérités futures successives :1851, La Révélation : la politique engagée 10 ans auparavant est l'expression d'une folie meurtrière et aveugle, qui échoue lamentablement ; 10 ans après, la Nation américaine dans son ensemble fait naufrage. (Voir aussi « Soleil couchant » mis en ligne sur ce blog le 11 décembre 2015).

Voici le quatrième de couverture du libre d'Agnès Derail, très éclairant de mon point de vue :

http://www.presses.ens.fr/collections_21_offshore_moby-dick-_2-7288-0248-3.html

Le Moby Dick de Melville est plus qu'un livre pour l'Amérique, c'est Le Livre. Ce récit, tout en digressions, d'une longue traque à travers les océans du globe, est hanté par la perspective d'un corps à corps final avec la baleine blanche. Le corps du monstre fabuleux y est plus que pourchassé, il est exhibé, et décliné dans ses diverses versions – anatomique, christique (car « ceci est mon corps »), obstétrique, érotique, politique.

Par delà l'aventure maritime, se profile le blason d'un corps. La tête et la queue. Le parchemin de la peau et ses pigments. Le monumental squelette. Les entrailles et leurs borborygmes. Le sang, rouge ou noir. Sans oublier les humeurs et les liqueurs, dont ce fameux « sperme », l'huile dont on oint les rois.

Ce roman encyclopédique veut « faire » corps, le décrire, l'englober. Et sa lecture aussi est un acte clinique. Disséquer, extraire, greffer. Fouiller dans les replis les plus intimes d'un « corpus » d'inscriptions » desquamé.

Et pourtant, le grandiose final, vers lequel ce livre semblait s'orchestrer, s'esquive à peine esquissé. Au lieu de la capture vient le naufrage. Une écriture, une voix s'élève parmi les débris. Le livre s'est écrit à corps perdu.

Lire, alors, signifie repérer les empreintes qu'a laissées au passage le corps dans sa fuite. Des traces, des sillages, des bifurcations, des « allures ». Qu'on écoute, à la lisière du silence, ce « déchant » : on y touche à la littérature américaine dans ce qu'elle a de plus profond, de plus secret.

The Māori people are most likely descended from people who emigrated from TAIWAN to Melanesia and then travelled east through to the ref="https://en.wikipedia.org/wiki/Society_Islands">Society Islands. After a pause of 70 to 265 years, a new wave of exploration led to the discovery and settlement of New Zealand. Les migrations des maoris depuis Taï Wan déterminent l'influence de leur culture de la Baleine, pour le passé et l'Avenir, du Japon au Chili, culture étatsunienne incluse.

UNE LECTURE MAORIE : INFLUENCE TRANSPACIFIQUE, ARMATURE RESOLUTRICE.

Mocha Dick, les Lafkenches et l'influence Maorie.

Les Lafkenches ( "Mapuche maritimes"), considèrent que l'île Mocha accueille les âmes de leurs morts transportés sur le dos de quatre baleines (Amucha = La résurrection des âmes). Déplacés à partir de 1685 pour s'être opposés à l'autorité espagnole, ils n'ont donc sans doute pas eu connaissance de Mocha Dick, en tout cas pas directement. L'île est restée inhabitée pendant 160 ans. Des Chiliens viendront la repeupler à partir de 1845.

Les Lafkenches ont - ils subi l'influence culturelle des polynésiens maoris, qui, des îles Cook, auraient atteint Mocha grâce aux vents d'Ouest? Et notamment les Ngati Poru de l'extrême - Est de l'île du Nord de l'archipel néo - zélandais)

Voir : Païka, la légende de l'ancêtre et des baleines à bosse. Et Whale Rider, film de Niki Caro, 2002 .

Autres éléments prouvant la colonisation polynésienne de la région mapuche (Chili) 6 crânes se trouvent sur l'île Mocha : forme pentagonale typique du crâne et de la forme de la mâchoire. Résultats d' une recherche publiée en Juin 2007 dans les Actes de l'Académie nationale des sciences et publié par le New York Times.

« Les courants marins et les vents d'ouest pendant El Niño pointent directement vers le territoire mapuche. Pour les Polynésiens eux-mêmes, ces longs voyages étaient non seulement possibles, mais ils sont inscrits dans la tradition orale. » Archéologue Jose Miguel Ramirez, directeur de Rapa Nui études Centre de l'Université de Valparaiso

Et voir ici le lien entre les navigateurs polynésiens et l'île Mocha...

https://www.bbc.com/travel/article/20190407-chiles-wild-pirate-island

...En 2005, des cachalots albinos auraient été observés au large du Chili...

https://www.guioteca.com/patagonia/mocha-dick-la-verdadera-ballena-blanca-que-habito-al-sur-de-chile/

L’océan a toujours été la force dominante pour le peuple maori qui voyagea sur de très grandes distances dans leurs grandes pirogues et qui vécurent des ressources des eaux tropicales. Ils ont toujours eut un grand respect pour les créatures de la mer, en particulier les dauphins et les baleines. Les Maoris ont un lien très fort depuis toujours avec ces communautés animales. Les cétacés fournissent vivres et ustensiles, et sont considérés dans les traditions tribales maories comme les gardiens du voyage des ancêtres jusqu’à Aotearoa (ce qui évoque la mythologie Lafkenche du Chili ).

Les baleines sont distinguées suivant les espèces, mais il existe aussi des noms honorifiques de baleines et de familles de baleines.

Il existe de nombreuses versions de l’origine tribale des baleines. Certains disent que « Tangaroa » (dieu de la mer) est l’ancêtre des créatures de la mer, tandis que d’autres comme « Te Pūwhakahara », « Takaaho » et « Tinirau » sont des ancêtres des baleines. Une autre tradition cite « Te Hapuku » comme l’ancêtre principal des baleines, dauphins et des phoques, ainsi que des fougères arborescentes, qui sont souvent appelés «nga ika Ngahere o te » – le poisson de la forêt (Une "Méthode Miyawaki" inversée, voir "Soleil levant", mis en ligne sur ce blog le 20 mars).

Les baleines échouées sur les plages ont été conservées et considérées comme un cadeau des dieux (comme au Japon).

Les Baleines sont souvent représentées, dans la culture maorie, comme un exemple de l’amour dans une famille avec la mère et ses enfants toujours l’un contre l’autre à se toucher à la moindre occasion, qui évoque le KHOOSLOH mongol (le chemin), musique produite par le Morin Khuur (vielle à tête de cheval) pour que la chamelle qui a rejeté son chamelon blanc le reprenne auprès d'elle (voir le film "L'histoire du chameau qui pleure", 2004, de Byambasuren Davaa et Luigi Falorni). Le chant des Baleines : chemin des dieux qui enlève le déchant du Monde.

TIERS INCLUS, TROISIEME LECTURE. La prise en compte, en tant que partenaire effectif, de la civilisation des cachalots en tant que telle, et des différentes cultures existant au sein de celle - ci, constitue la dimension résolutrice la plus importante pour les sociétés humaines du Pacifique, "traditionnelles" ou "modernes" (voir "Russie : Enlumineurs réinclus", mis en ligne sur ce blog 5 avril 2015). Et qui sait comment s'appelaient REELLEMENT Mocha Dick, Shy Jack, Ugly Jimmy (Tom, Jack), Spotted Tom (Bob), Fighting Joe, Timor Jack (Tom, Tim), New - Zealand Tom(ou Jack) , Old Tom, Païta Tom, Don Miguel, Morquan... et tous les autres, innommés par l'ennemi?

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SUICIDE CULTUREL EN FLAGRANCE

26 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

SUICIDE CULTUREL EN FLAGRANCE

Folie... Folie... Dernière réplique du film "Le Pont de la Rivière Kwaï", réalisé par David Leane, 1957.

L'Horreur... l'horreur... Dernière réplique du film "Apocalypse now", réalisé par Francis Ford Coppola, 1979.

Lors de leur dernière campagne baleinière, les pêcheurs japonais ont INTENTIONNELLEMENT détruit plus de 200 femelles prégnantes sur le quota de 333 baleines Minke qu'ils s'étaient accordé. National Geographic, hier. Rachael Bale. "Japan kills 200 pregnant Mink whales".

http://news.nationalgeographic.com/2016/03/160325-Japan-whaling-minke-whales-Antarctica/

Présentée officiellement comme une chasse "scientifique", les promoteurs de ce choix argumentent en privé pour la baisse de la population des baleines de Minke dans le Pacifique sud et l'Océan Austral, dans le but de favoriser la hausse des populations de baleines bleues. Après la destruction de ces dernières (300 000 individus avant la chasse au XXème siècle, quelques milliers aujourd'hui), les baleines de Minke, beaucoup plus petites et qui présentaient un intérêt nettement moindre pour l'industrie baleinière, ont occupé leur niche écologique. leurs populations actuelles se situent entre quelques centaines de milliers et plus d'un million.

Le tabou fondamental pour tout chasseur concerne la femelle enceinte ou suitée. Chercher à tuer un animal dans cette situation est sacrilège dans TOUTES les cultures. Les fous irresponsables qui promeuvent cette "politique" devraient se souvenir de la grande baleine franche du 24 décembre 1878, et de la Bake - Kujira... ("Soleil levant" mis en ligne sur ce blog le 20 mars).

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SANS RELÂCHE

25 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

SANS RELÂCHE

Hier, dans le cadre de l'opération spéciale de la Direction des frontières du FSB dans la région du Primorye, ont été découverts dans un congélateur, et saisis, des fragments de carcasses d'animaux sauvages, dont ceux d'un jeune tigre (3 à 5 mois), après un travail d'investigation considérable des gardes - frontières depuis des mois. L'enquête déterminera l'identité des responsables du meurtre de l'enfant (et vraisemblablement aussi de sa mère). Amur Tiger Centre, ce jour.

В ПРЕДОТВРАЩЕНИИ БРАКОНЬЕРСТВА ЗАДЕЙСТВОВАНЫ ВСЕ СИЛОВЫЕ СТРУКТУРЫ

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LEVER DE RIDEAU

24 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

LEVER DE RIDEAU

Le rhinocéros de Sumatra vit encore à Bornéo. Des naturalistes ont pu entrer en contact physique direct avec un rhinocéros de Sumatra (une femelle de six ans) dans la partie indonésienne de lîle de Bornéo (province du Kalimantan oriental). Ceci n'avait plus été réalisé depuis 40 ans. Jusqu'à ces dernières années, l'animal était considéré comme éteint, mais en 2013, une caméra - piège filma un individu... The Times of India, hier. AFP. "First contact in decades made with rare Sumatran rhino in Indonesia's Borneo."

http://timesofindia.indiatimes.com/home/environment/flora-fauna/First-contact-in-decades-made-with-rare-Sumatran-rhino-in-Indonesias-Borneo/articleshow/51527520.cms

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CHAQUE ANNEE PLUS PETITS...

24 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

CHAQUE ANNEE PLUS PETITS...

Les requins baleines comptent de moins en moins de très grands individus, qu'on ne retrouve plus guère que dans le Pacifique oriental. National Geographic, il y a deux jours. Traci Watson. "The World's largest Whale Sharks are disappearing".

http://news.nationalgeographic.com/2016/03/160322-whale-sharks-animals-science-oceans-biggest/

You’d think finding something as big as a school bus would be a cinch.

But large whale sharks—the biggest fish in the sea—seem to have vanished from the world’s oceans, scientists say.

Until a decade ago, adult whale sharks measuring an awesome 43 to 49 feet (13 to 15 meters) plied warm waters from India to Belize.

Today these biggest of the big are seen only in the eastern Pacific, a new study says. Animals elsewhere average a mere 23 feet (7 meters) and under, which are small fry too young to breed. (Read more about the incredible lives of whale sharks.)

The average size of Ningaloo’s whale sharks also shrank. In the most recent study period, the animals averaged only 20 feet (6 meters) from snout to tip, the scientists report in this week’s Royal Society Open Science. That meant most of the sharks were just kids.

"Where are they?” marine ecologist Ana Sequeira of the University of Western Australia says of the big guys.

“We urgently need to know. ... We need to have the big mums and big dads to keep the species going," says Sequiera, who led a new study about the phenomenon.

But how whale sharks go about their business is a secret they keep to themselves.

Researchers still don’t know basic facts about the fish, such as its global population or why whale sharks gather in groups, called “coastal aggregations,” in shallower waters. (Related: "Secrets of Whale Shark Migration Revealed.")

Troubling Trend

Sequeira and her colleagues recently delved into the lives of whale sharks at western Australia's Ningaloo Reef, home to one of the world’s best-studied coastal groups.

After reviewing decades of observation data, the team found a troubling trend: The biggest animal spotted on the reef in the mid-1990s was 43 feet (13 meters long), but only 33 feet (10 meters) in the early 2000s, and an even more modest 26 feet (8 meters) a half-decade ago.

A search of whale-shark data from other sites turned up similar data.

Except for some big females recently recorded near the Galápagos and Mexico, most very large whale sharks were seen before 2008, the study found, and the sharks in coastal groups are mostly immature animals.

Sweating the Small Stuff

So why are they getting smaller?

It's possible the slow-growing animals, which live about 80 years, haven’t recovered from overfishing. Whale sharks are protected from hunting by some countries.

Or perhaps illegal or accidental kills are still jeopardizing the shark. In 2014, a nonprofit group provided evidence that a factory in southeastern China processes about 600 whale shark carcasses a year.

There are alternate explanations. Maybe whale shark gatherings have a youthful bias because big adults prefer to roam the deep ocean, says Eric Hoffmayer, a research fishery biologist at the U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration. (See "Biggest Whale Shark 'Swarm' Found.")

Whale shark measurements from groups other than Ningaloo aren’t totally reliable, adds whale shark expert Simon Pierce, of the California-based Marine Megafauna Foundation.

That makes it difficult to draw conclusions about whale sharks worldwide. Sequeira agrees: With the big kahunas MIA, it’s impossible to say whether the species—listed as vulnerable by the International Union for Conservation of Nature—is in serious decline.

But Pierce says other data from fisheries in Taiwan and mainland China suggest whale sharks have gotten smaller. And whale-shark sightings in several oceans have become less frequent.

“Whale sharks are definitely in a lot of trouble,” he says by email. “That's a valid take-home message."

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RETOUR DANS LA MERE PATRIE

24 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

Contribution à l'enrichissement du Patrimoine National de la Russie. Ceci englobe "Un rocher sur la lande" mis en ligne sur ce blog le 27 février dernier.

CRIMEE PROFUSE

Projet pour le Patrimoine National Russe

Reconstitution de la grande faune originelle du berceau des Slaves

К региону Азовского моря – колыбели первоначального сообщества славянских племен – относятся земли, на которых до современной эры обитала поразительно богатая и разнообразная фауна. В следующем году, в связи с объявленным в России Годом природоохранных территорий, по-настоящему крупномасштабный проект развития и сохранения национального наследия не просто был бы особенно желательным для региона, столь тесно связанного с российским, русским самосознанием – без всякого сомнения, подобный проект также бы принес богатые плоды и придал новые силы всему народу, всей стране.

La région de la mer d'Azov, berceau de la communauté slave originelle, a hébergé jusqu'à l'époque moderne une grande faune sauvage d'une richesse prodigieuse. L'an prochain, à l'occasion de l'Année des Espaces Protégés en Russie, un projet patrimonial de très vaste envergure serait particulièrement bienvenu pour ce territoire si intensément lié à l'identité russe, et assurément fécond et fortifiant pour toute la Nation.

Introduction. Le 1er Août 2015, le Président Vladimir Poutine a signé le décret instituant 2017 « Année des Aires protégées ». Depuis ses origines, la culture russe offre à la Nature une place centrale dans son patrimoine national, et la considère comme nourricière mais aussi protectrice (les forêts ont constitué à de nombreuses reprises de véritables refuges face aux envahisseurs pillards, et au XIIIème siècle, la débâcle printanière dans les marais du Nord empêcha les Mongols d'accéder à Novgorod). Les monastères orthodoxes médiévaux ont parfois été considérés de facto comme les premiers zapovedniks – espaces naturels protégés - (Josephson 2013). Et les 2000 dessins des frères Chernetsov, réalisés en 1838, lors de leur voyage entre Rybinsk et Astrakan, célèbrent la Volga (Speake 2013). Au même titre que l'Anneau d'Or, joyau du patrimoine architectural et urbain, les espaces naturels jouissant d'une protection particulière constituent pour la Nation un ruban d'émeraude, serti de saphirs et de diamants.

Azov, berceau des Slaves. La région de la mer d'Azov est le berceau de la culture slave, comme l'a magistralement démontré Cornillot (1994, 1998). De nombreuses histoires tirées du « folklore » slave se déroulent dans cette région (citons simplement, à titre d'exemple, les poèmes de Pouchkine « Rouslan et Ludmilla » et « Le conte du Tsar Saltan », ou « Le petit cheval bossu » de Piotr Erchov).

L'Esturgeon Kara est « le grand - père » de la communauté originelle, à laquelle il transmet ses caractéristiques à travers un « brochet aux ailes d'or ». Et comme le rocher Alatyr est le socle de l'Arbre du Monde, la mer d'Azov « mère de la mer sombre » est un Alatyr hydrologique, matrice de Kara, l'Animal monde (Cornillot 98 pages 114 - 115 ). Palatnikov et Kasimov (2010) illustrent cette dimension chez l'animal réel : celui - ci, venu du fond des âges - il y a 200 millions d'années - n'est ni un poisson osseux, ni un poisson cartilagineux. Les mécanismes de son développement embryonnaire s'apparentent à ceux des amphibiens. De plus, il possède des caractéristiques uniques quant à la structure de son cerveau, ainsi que dans la composition en protéines et en lipides de différents tissus. Enfin, il a été démontré que pour un certain nombre de facteurs internes, l'organisation de l'animal le rapproche non seulement des reptiles, mais même des mammifères (Palatnikov et Kasimov 2010, pages 13 – 14). Il y a 2500 ans, Hérodote écrivait que les tribus scythes pêchaient les esturgeons dans la mer d'Azov, la mer Noire et la mer Caspienne. Et l'esturgeon géant bélouga de la mer Caspienne (Huso huso) a une sous - espèce dans la mer d'Azov (Huso huso maeoticus) et une autre dans la mer Noire (Huso huso ponticus). Le "poisson baleine" (Piotr Erchov), qui transporte la communauté slave originelle sur son dos,  est peut -  être un avatar de Kara.

Aperçu historique de la grande faune de la région (de la Rus' de Kiev au Khanat de Crimée).

« Les Slaves, issus de la forêt et de la forêt – steppe, qui, délivrés de l'autorité turco – mongole, commencèrent, vers la fin du XVème siècle, à s'enfoncer en nombre dans les steppes, y découvrirent en effet un paysage animal d'une exubérante profusion » (Planhol 2004, page 762). Aux côtés des ours et des élans (aussi steppiques que forestiers jusqu'à cette époque), des antilopes saïgas occupaient cet espace, des onagres (ânes sauvages) ainsi que des chameaux de Bactriane arrivés au XIIIème siècle avec les Mongols, et qui, retournés à l'état sauvage, se maintinrent jusqu'au XVIIIème siècle (Planhol 2004). Au Moyen – Âge, des sangliers géants (Sus scrofa attila), des aurochs et des chevaux sauvages, tous en vastes troupeaux, évoluaient dans la prairie, les marais et les roselières (Berg 1941). Il est vraisemblable que des bisons d'Europe étaient également présents dans cet espace.

De plus, il est même envisageable que des rhinocéros (Elasmotherium ? Rhinocéros chinois?) aient survécu dans la steppe européenne jusqu'aux débuts de l'ère moderne (Planhol 2004 : pages 761 – 762, Sennepin 2016).

Par ailleurs, Berg (1941) décrit avec minutie « l'abondance des « soucoupes », dépressions circulaires peu profondes et de dimensions variées, parfois occupées par des lacs, des marais ou des eaux temporaires. On les rencontre de préférence dans les plaines qui partagent les eaux. Dans la région de Poltava, ces « soucoupes » sont parfois si nombreuses que la distance qui les sépare descend parfois de 60m à 2m. Leur profondeur est généralement de 75 à 150cm, plus rarement de 2m. Leur diamètre varie de 10 à 50m. » C'est dans l'une d'elle, la « soucoupe » d'Aïgamane, que fut abattu, en 1876, le dernier cheval sauvage de la région, une jument (dans la région du parc zoologique d'Ascania – Nova).*

Berg mentionne également les ravins « qui acquièrent un grand développement dans certaines parties de la zone des steppes boisées, notamment sur la rive droite de la Desna dans le territoire de Tchernigov ou dans le bassin supérieur du Don. » Et c'est probablement dans l'un d'entre eux que le Grand Prince Vladimir Monomaque, lors de l'une de ses chasses entre Tourov et Tchernigov (1073 - 1094) a subi l'attaque d'un tigre (« lyuty zver », Heptner 1969), comme ce fut le cas pour d'autres cavaliers, plus récemment (1928), sur le territoire de l'actuel Tadjikistan, dans « Tigrovaïa Balka », la « Ravine du Tigre ».

Dans le film « Rouslan et Liudmilla » réalisé par Alexandre Ptoutchko en 1972, dont l'intrigue se déroule dans la Rus' de Kiev, le héros est confronté à cet animal.

Et cette présence du tigre dans l'Europe orientale médiévale ouvre la possibilité de celle de grands carnivores qui lui sont généralement associés, la hyène striée (Bogdanov 1992), et le loup rouge (dhole).

Enfin, jusqu'aux débuts de l'ère moderne, voire plus récemment, un esturgeon sur six pêché dans le Don mesurait plus de 4m de long (Palatnikov et Kasimov 2010).

Temps troublés, trésors perdus. Bien après la fin du joug tatar en Moscovie (1480, Lebedynsky 2013), la Russie resta en partie impuissante à maîtriser des zones clefs de son territoire, perdant ainsi une partie significative de sa population humaine et animale, envoyée en esclavage ou en « pièces détachées » dans l'Empire Ottoman et en Occident. Depuis l'époque de la Horde d'Or comme à celle du Khanat de Crimée, la population slave était victime d'un trafic d'esclaves organisé à très vaste échelle. Ce trafic concernait surtout les femmes, apparemment tout aussi recherchées en Occident que dans l'Empire Ottoman. A en juger par les actes notariaux de Caffa (actuelle Théodosie), comptoir gênois en Crimée, elles étaient quatre fois plus nombreuses que les hommes (dans Lebedynsky 2013, page 93).

Dans la deuxième moitié du XVIème siècle, Arkhangelsk fut largement utilisé par les Hollandais et les Anglais comme un comptoir à fourrure dont ils se considéraient comme propriétaires, dans une démarche typiquement coloniale (Vianey 2013).

Et si « Le Temps des Troubles » correspond à la période allant de 1598 à 1613 dans l'historiographie officielle (Berelowitch 2001), la Moscovie fut directement menacée d'anéantissement avant cette époque par le Khanat de Crimée, allié de l'Empire Ottoman. Moscou fut détruite en 1571 (80 000 morts, 150 000 prisonniers). De nouvelles tentatives intervinrent à sept reprises avant qu'une paix « définitive » ne soit signée en 1593 (Lebedynsky 2013). Pendant ce temps, Arkhangelsk fonctionnait à plein régime (Vianey 2013). Et c'est en 1579 que le voyageur polonais Martin Broniovius, qui se rendait en mission diplomatique auprès du khan de Crimée, observa ce qui semble être des rhinocéros dans les steppes d'Otchakov et de Savran (Planhol 2004, Albrecht & Herdick 2011, Sennepin 2016). Sept ans plus tard, le français Jean Sauvage se rendit en Moscovie, le roi Henri IV marquant son inquiétude quant à l'avance anglaise et hollandaise dans « la course aux fourrures » (Vianey 2013). L'Angleterre mit à profit la désagrégation politique intérieure au début du XVIIème siècle pour faire main basse sur le comptoir à fourrures de Mangazeïa (ouvert en Sibérie occidentale en 1601), véritable plaque tournante commerciale, expédiant vers l'Occident fourrures, caviar en tonneaux, ivoire de morse (et peut être, qui plus est, les peaux et les cornes, respectivement, des derniers tigres et rhinocéros européens). La Moscovie se vit infligée la domination polonaise en 1610, heureusement de courte durée. Elle arracha une souveraineté factuellement partielle en 1613, puis retrouva sa pleine autonomie en 1619. Cette année là, Mangazeïa fut détruite par un incendie, derrière lequel transparaît un conflit de souveraineté entre l'Etat russe et une puissance étrangère (l'Angleterre), comparable à celui qui avait opposé, à la fin du Xvème siècle, puis au XVIème , Ivan III et Ivan IV à Novgorod et la Ligue Hanséatique.

Reconstituer le bouclier de la Nation. Dans le cadre des initiatives prises à l'occasion de l'Année des Aires Protégées (2017), un projet de reconstitution progressive de la faune originelle du berceau des slaves pourrait être particulièrement fécond pour l'enrichissement du patrimoine national russe, dans toutes ses dimensions.

Et les expériences menées d'ores et déjà en Crimée sur les grands fauves (Parc Taigan des lions et zoo de Yalta) s'en trouveraient assurément dynamisées.

Les études préalables de faisabilité pourraient avantageusement s'inspirer, au moins en partie, du travail de Sergeï Zimov, qui reconstitue la mosaïque d'essences végétales typiques d' une steppe de l'ère glaciaire, dans la station Tcherskii (Parc Pleistocène, république de Sakha). Entamée il y a des décennies, cette initiative originale présente un bilan d'expérience unique, avec la présence de chevaux, de rennes, de bisons et d'ovibos. Ces dernières années, le projet est entré dans une phase cruciale, avec les premières étapes de reconstitution du mammouth laineux, et, très récemment (4 mars 2016), du lion des cavernes (le rhinocéros à fourrure devrait logiquement être le prochain concerné). Ceci participe à une régénération active de la culture yakoute traditionnelle (Sennepin 2016).

Ainsi, à terme, Les verrous de Saphir (Azov) et de diamant (Sakha) enchasseraient le ruban d'émeraude des espaces forestiers et prairiaux de la Fédération.

Et d'autres initiatives d'ampleur comparable et à fonction similaire pourraient alors voir le jour. Par exemple, celle d'une reconstruction de la Volga patrimoniale, presque 180 ans après le voyage des frères Chernetsov. Rappelons simplement qu'au Moyen – Âge, un esturgeon sur cinq pêché dans le bassin moyen de ce fleuve mesurait entre 4 et 6m de long. En 1769, l'académicien Samuel Gottlieb Gmelin assista à une pêche de 500 esturgeons bélougas en deux heures. Tous pesaient entre 655 et 820kg (Palatnikov et Kasimov 2010).

A Rybinsk, en 1838, les frères Chernetsov entendirent parler d'esturgeons de 19 mètres...

Un peu plus au Sud (Azerbaïdjan), la rivière Koura abrita jusqu'au siècle dernier les plus grosses truites du monde, dont certaines pouvaient atteindre 50kg … (Berg, dans Prosek 2003, page 136). A comparer avec la situation du Kaluga géant de l'Amour Huso dauricus ("Préparer le rebond" mis en ligne sur ce blog le 22 mars 2016).

* Plus à l'Est, le cheval de Przewalski, disparu en Russie au siècle dernier, a été réintroduit cet hiver dans les environs d'Orenbourg (six animaux issus d'une réserve du sud de la France, avec, à terme, l'espoir de la constitution d'une population viable d'une centaine d'individus dans cette zone proche de la frontière avec le Kazakhstan).

Références bibliographiques.

Albrecht (S), Herdick (M). 2011. Im Auftrag des Königs : ein Gesandtenbericht aus dem Land der Krimtataren : Die Tatariae Descriptio des Martinus Broniovius (1579). Regensburg

Berelowitch (A). 2001. La hiérarchie des égaux. La noblesse russe d'Ancien Régime, XVIe – XVIIe siècles. Editions du Seuil.

Berg (L). 1941. Les régions naturelles de l'URSS. Traduction française par G. Welter. Bibliothèque Payot, Paris.

Bogdanov (O.P). 1992. Rare animals. Chief Editorial Board of Encyclopedies. Tachkent.

Cornillot (F). 1994. L’Aube Scythique du Monde Slave. Slovo 14, 77 – 260.

Cornillot (F). 1998. Le Feu des Scythes et le Prince des Slaves. Slovo 20 / 21, 27 – 128.

Erchov (P). 1834. Konyok Gorbunok.

Heptner (V.G). 1969. O lyutom zvere Monomakhova "Poucheniya detyam". Okhota i Okhotn. Khoz., 5, 42 – 43.

Josephson (P) and al. 2013. An environmental History of Russia. Cambridge University Press.

Lebedynsky (I). 2013. La Horde d’Or . Conquête mongole et « joug tatar » en Europe. 1236 – 1502. Editions Errance.

Palatnikov (G.M), Kasimov (R.U). 2010.Sturgeons, contemporaries of dinosaurs. Baku 2010. 71 pages.

http://www.polonia-baku.org/img/sturgeons_eng.pdf

Planhol (X.de). 2004. Le paysage animal. L’Homme et la Grande Faune : une zoogéographie historique. Editions Fayard.

Prosek (J). 2003. Le bel inventaire des truites. Editions Aubanel.

Sennepin (A). 2016. The enigma of the european rhinoceroses. Unpublished PDF document. 14th February 2016.

Speake (J) eds. 2013. Literature of travel and exploration : an Encyclopedia. Routledge, Taylor / Francis. NY, London.

Vianey (B). 2013. Le voyage de Jean Sauvage en Moscovie en 1586. Editions L 'Âge d'Homme.

Autres :

Ptouchko (A). 1972. Film. Rouslan et Liudmilla. D'après le poème éponyme d'Alexandre Pouchkine 1820, et del'opéra de Mickaïl Glinka 1837 – 1842.

Rimski Korsakov (N). 1900. Opéra. Le conte du Tsar Saltan, de son fils, glorieux et puissant preux le prince Gvidone Saltanovitch et de la très belle princesse cygne. D'après le poème éponyme d'Alexandre Pouchkine, 1831.

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PREPARER LE REBOND

22 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

PREPARER LE REBOND

Décision russo - chinoise de protéger l'esturgeon géant de l'Amour. Lors de la 25ème session de la commission mixte russo - chinoise de coopération halieutique, qui s'est tenue du 15 au 18 mars à Shenzhen, Russie et Chine ont annoncé que les deux pays vont interdire de concert la pêche commerciale du Kaluga géant et de l'esturgeon sibérien, engager un plan d'action pour leur reproduction artificielle cette année, renforcer la lutte contre le braconnage et créer une stratégie commune de protection. Une attention particulière sera aussi portée au saumon du Pacifique. Le Kaluga (dont les grands individus dépassaient la tonne) est, contrairement aux autres esturgeons, un prédateur actif, capable de capturer et dévorer des brochets et des saumons, ce qui fait de lui un superprédateur de l'Amour et de l'Oussouri. Au cours des 120 dernières années, il a perdu les 19 / 20èmes de sa population. Et chez les survivants,seul 1 individu sur 50 est un animal mature. Il s'agit d'une première étape visant à reconstituer progressivement une population quantitativement significative, qualitativement équilibrée dans sa structure d'âge notamment, impliquant une augmentation sensible du volume des individus. WWF Russie, ce jour.

Россия и Китай решили восстанавливать осетровых на Амуре

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DE L'ESPACE!

22 Mars 2016 , Rédigé par Alain Sennepin

Les tigres indiens ont besoin de beaucoup plus d'espace que celui qui leur est actuellement dévolu dans les réserves naturelles. Le manque d'espace débouche souvent sur l'extinction, comme ce fut le cas à Panna et Sariska au début des années 2000. Les réintroductions dans ces zones depuis le début des années 2010 ne peuvent donc pas se suffire à elle mêmes, si on ne prévoit pas une extension des espaces de quiétude et d'épanouissement pour les grands félins. Détail dans : Raghu Singh Chundawat, Koustubh Sharma, et leur équipe. 2016. "Size matters : Scale mismatch between space use patterns of tigers and protected area size in a tropical dry forest". Biological Conservation Journal 197, 146 - 153. Times of India, ce jour. Jayashree Nandi. "Big cats need more space : Study".

http://timesofindia.indiatimes.com/home/environment/flora-fauna/Big-cats-need-more-space-Study/articleshow/51505129.cms

ILLUSTRATIONS SPECTACULAIRES.

1. Installation, de vive force, de centaines de villageois, sur plud de 30ha du parc national Madhav (Madhya Pradesh). Times of India, ce jour. P. Naveen. "Squatters try to set ablaze Madhav park, tigers in danger zone".

http://timesofindia.indiatimes.com/city/bhopal/Squatters-try-to-set-ablaze-Madhav-park-tigers-in-danger-zone/articleshow/51506916.cms?

2. Le gouvernement du Rajasthan va autoriser la présence de véhicules de tourisme à Ranthambore 24 heures sur 24... Times of India, ce jour. "24 X 7 safari at Ranthambore? Experts warry".

http://timesofindia.indiatimes.com/home/environment/flora-fauna/24X7-safari-at-Ranthambhore-Experts-wary/articleshow/51505174.cms

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