DESTINEES

Spartak, lionceau des cavernes mort il y a 43500 ans, et découvert en Yakoutie cette année, était tacheté.


Il a vraisemblablement été laissé de côté par sa mère dès les premières heures après sa naissance. Il n'a pas pu avoir accès au lait maternel, ce qui l'a probablement tué.
Il appartenait certainement à la même portée que Boris, découvert l'an dernier sur le même site. Celui - ci est décédé pour une raison inconnu, alors qu'il était bien nourri et connaissait une croissance normale.



The Siberian Times, hier.
https://siberiantimes.com/science/casestudy/news/ancient-cave-lions-had-spots-believe-scientists-after-analysing-starving-cub-spartak-preserved-in-permafrost/
L'ART DE LA GUERRE
Ceci fait suite à "Une épineuse question. 2." mis en ligne le 8 octobre 2016, et à "Sous-espèces ou variétés géographiques?" mis en ligne le 26 octobre 2018.
"Au départ, je suis comme le renard : plein de mépris, l'autre vient à moi ; mais au moment de la rencontre, je me transforme en rhinocéros ou en tigre, et l'ennemi s'enfuit à toutes jambes." Huainanzi, ch.15. IIème siècle avant J.C.
L'annonce des autorités chinoises, avant-hier, selon laquelle le pays reprendra, dans certaines conditions*, le commerce des produits issus du tigre et du rhinocéros, impactera négativement les populations sauvages des deux espèces, à la marge pour les premiers, et à une échelle plus significative pour les seconds.
Il s'agit d'une affirmation de puissance et de souveraineté (contrairement au Japon, qui n'a pas osé, depuis la mi-septembre, se retirer de la Commission Baleinière Internationale après la réunion de Florianopolis dont l'issue lui fut défavorable).
Voir l'argumentaire chinois d'une protection renforcée des tigres et des rhinos du fait de cette décision, notamment dans China Daily, hier. HUYONGQI. "Nation to prohibit most trade of rhino, tiger products."

http://www.chinadaily.com.cn/a/201810/30/WS5bd7b1dea310eff303285547.html
Voir aussi, plus bas, "Actualisation au 2 novembre".
TIGRES. Comme je l'avais indiqué en conclusion de mon texte du 26 octobre dernier, la question "scientifique" des "sous-espèces" (position soutenue par les chinois) contre celle des "variétés géographiques" (avancée depuis peu en Occident) relève d'asymétries culturelles, dont les conséquences sur le commerce des tigres en pièces détachées est considérable, par la pression qu'elle impose à tous les détenteurs de tigres captifs, ou que ce soit dans le Monde, et quels que soient leurs statuts respectifs.
Par rapport à la situation actuelle, il est vraisemblable que, pour les tigres sauvages, rien ou presque ne changera d'ici 2022 : nous entrons, à mon sens, dans une période transitoire ou, comme nous le verrons dans les mois et les années à venir, l'argumentaire chinois pour la protection effective des tigres en tant qu'espèce va gagner en influence. Dans un second temps (à partir du milieu des années 2020), la situation en Asie du Sud - Est risque de se dégrader. Les orientations favorables prises ces dernières années par les autorités cambodgiennes et laotiennes risquent de faire long feu, la Thaïlande et la Malaisie se retrouveront au coeur de toutes les attentions et vigilances. Le tigre de Sumatra ne devrait être impacté qu'à l'extrême marge ou pas du tout. Le tigre de l'Amour, puis celui d'Asie centrale ( à partir de la deuxième moitié des années 2020) ne seront concernés en rien par cette question. Toutefois, Pavel Fomenko, le plus grand spécialiste des tigres du Nord, fait observer que l'interdiction du commerce du Tigre en Chine est très similaire à celle du ginseng. Et si une énorme quantité de ginseng fait maison est cultivée aujourd'hui dans ce pays, ce qui est à la fois peu coûteux et très demandé, parallèlement, une quantité considérable de ginseng sauvage est vendue en Chine, illégalement cueillie dans des régions comme le Primorje russe, à des prix nettement supérieurs. Or, la Chine ne contrôle pas la situation avec le ginseng... WWF Russie, hier.**
https://wwf.ru/resources/news/amur/wwf-bet-trevogu-v-kitae-snyat-zapret-na-vnutrennyuyu-torgovlyu-kostyami-tigra-i-rogom-nosoroga/
WWF БЬЕТ ТРЕВОГУ: В КИТАЕ СНЯТ ЗАПРЕТ НА ВНУТРЕННЮЮ ТОРГОВЛЮ КОСТЯМИ ТИГРА И РОГОМ НОСОРОГА
Ceux d'Inde, qui vont atteindre un "plafond" officiel de plus de 3000 individus cette année et de plus de 4000 dans 4 ans, n'auront en tout état de cause nul besoin des Chinois pour connaître un déclin ultérieur ("Vers la croisée des chemins", mis en ligne le 26 novembre 2017).
Pour les tigres captifs, la décision chinoise aura vraisemblablement, en revanche, un impact considérable, au niveau mondial comme déjà indiqué. Sur le plan domestique, il permettra de donner une nouvelle vigueur à l'industrie tigrière ("centres de reproduction" / "fermes à tigres). Dans les années 2000, l'un des lobbyistes à la solde de cette industrie, l'indien Barun Mitra, estimait qu'en cas de levée de l'embargo (ce que les Chinois viennent de s'accorder à eux - mêmes), on pouvait envisager, à moyen terme, une production annuelle de 100 000 tigres...
RHINOS. L'impact d'une telle décision sur les populations sauvages risque d'aggraver un état de fait déjà catastrophique. Comme pour les tigres, les Chinois vont tenter de démontrer que "le domestique protège le sauvage". Ils vont vraisemblablement rechercher des accords avec des pays comme l'Afrique du Sud pour le développement de ranchs à rhinos, et peut - être même de développer de telles fermes en Chine même.
* China says it will allow trading in products made from endangered tigers and rhinos under "special circumstances". A notice from the Cabinet issued Monday avoided mentioning any change in the law, saying instead that it would "control" the trade and that rhino horns and tiger bones could only be obtained from farmed animals for use in "medical research or in healing." "Under the special circumstances, regulation on the sales and use of these products will be strengthened, and any related actions will be authorized, and the trade volume will be strictly controlled," the statement said. The statement also said nothing about regulating the farming of tigers and rhinos, but added that the central government "urged governments at all levels to improve publicity activities for protecting rhinos and tigers to help the public actively boycott any illegal purchases." Operators are also believed to be investigating the possibility of farming rhinos in the country, although, unlike tigers, those are not native to China.
ABC News, hier. Christopher Bodeen, Associated Press.
https://abcnews.go.com/International/wireStory/china-reverses-ban-trade-tiger-rhino-products-58841151
** Voir aussi (actualisation au 31 octobre) les préoccupations à ce sujet des responsables du Centre de Réhabilitation et de Réintroduction du Tigre de l'Amour.

http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1123/
О РЕШЕНИИ КИТАЯ СНЯТЬ ЗАПРЕТ НА ИСПОЛЬЗОВАНИЕ КОСТЕЙ ТИГРОВ, ВЫРАЩЕННЫХ В НЕВОЛЕ
Actualisation au 2 Novembre. La Chine affine son argumentaire, à travers les opinions croisées de trois experts (Qiao Xinsheng, Zhang Li et Tang Xiaoping). China Daily. "How best to protect wild tigers, rhinos?
http://www.chinadaily.com.cn/a/201811/02/WS5bdb8899a310eff3032860af.html
Balancing use with protection
1. Qiao Xinsheng, a professor at Zhongnan University of Economics and Law
Animal protection groups and conservationists have reacted to the revision of the regulation saying it could lead to the reopening of trade in rhino and tiger products and significantly undermine the protection of the two animals.
As one of the countries that has implemented a specific wildlife protection law, China has invested much and gained valuable experience in protecting wildlife, particularly endangered species. For instance, its strenuous efforts to breed giant pandas and Siberian tigers have yielded tangible results. Also, its latest ban on the trade in ivory is much stricter than that of many developed countries.
The revision of the regulation is actually a move to better protect the two species. For instance, the version of the 1993 notice didn't mention products made of tiger fur or tiger meat. And this notice announces a total ban on any illegal use or trade in such products, as well as the illegal medical use of rhino horns or tiger bones. It specifically stipulates that only the horns from the rhinos in captivity, or the bones of dead tigers in captivity are allowed to be used for medical purposes under strict conditions.
Chinese philosophy emphasizes the harmonious co-existence of human beings and wildlife. Chinese people have always revered and protected wildlife while using their body parts to benefit humans. As such, the use of some wildlife products in traditional Chinese medicine under special conditions to treat human diseases is still accepted by Chinese society.
Contrary to speculation that the revision of the regulation will open the trade in rhino and tiger parts, the move is aimed at curbing the misuse of animal products through more stringent stipulations on their use.
Wildlife protection must not be weakened
2. Zhang Li, a professor at Beijing Normal University
The revision allows the use of rhino horns and tiger bones under strict conditions, in medical research and treatment. China banned the trade in and use of rhino horns and tiger bones in medicine in 1993, and the two items can no longer be found in the Chinese Pharmacopoeia.
History shows the ban on the trade in tiger products helped check the decline in the number of tigers in the wild. Thus the revision may pose a threat to the protection of rhinos and tigers, whose numbers have been continuously declining in recent years.
Also, the move could affect China's reputation for its total ban on ivory trade in early 2018, which has earned widespread praise for the country for its efforts to protect the environment and biodiversity.
Reflecting progress in management
3. Tang Xiaoping, deputy director of the Design Institute of Investigation and Planning, the State Forestry and Grassland Administration
The decision to allow products made from non-wild rhinos and tigers for medicinal and other specified purposes reflects an improvement in the management and technology to protect the environment and ecology. Thanks to technology, the authorities have learned to distinguish wild animals in captivity from animals in the wild. It has also helped them to enact more sophisticated and detailed regulations to strengthen wildlife protection.
In the 1990s, wild animals in captivity were not under the protected list-only wild species were protected. Today, people can easily identify between wildlife and animals in captivity. In addition, the progress made in breeding wild animals in captivity and effective conservation measures have greatly helped wildlife protection.
Furthermore, traditional Chinese medicine has played a significant role in Chinese people's lives, healing the diseases of people. The revision of the regulation mirrors the demand for rhino and tiger products in TCM, whose use has remained unabated in traditional medicine. Besides, the use of those products is restricted to animals in captivity under strengthened monitoring and law enforcement.
If rhino horns and tiger bones can be used for medicinal purposes, and their use causes zero harm to the two endangered species in the wild, why should we oppose it?
What is important is full implementation and effective management of the wildlife protection law.
CULTURE DANGEREUSE
Si l'huile de palme cultivée à grande échelle génère des conflits meurtriers entre travailleurs agricoles et tigres, éléphants et orangs -outangs en Indonésie, il en va de même pour la canne à sucre dans l'Inde himalayenne, où les hommes meurent par dizaines sous la dent des tigres (25 morts au cours des 2 dernières années dans le seul district de Pilibhit, Uttar Pradesh). Une réunion est prévue à ce sujet le 3 novembre prochain pour permettre aux fermiers de minimiser les risques quand ils côtoient sans le savoir des félins lovés dans cette végétation leur offrant un camouflage idéal. Si un contact frontal vient à être établi, il est trop tard. Le félin peut même attaquer les éléphants envoyés pour le déloger. The Times of India, ce jour. Kanwardeep Singh, TNN.
https://timesofindia.indiatimes.com/city/bareilly/workshop-for-farmers-to-tackle-tigers-lurking-cane-fields-on-nov-3/articleshow/66405597.cms
THE EYE WAS IN THE SHRINE
COMMENT LES JAPONAIS SONT DEVENUS MODERNES.

En 1962, sort sur les écrans japonais un film en noir et blanc produit par Daiei Film : "Kujira Gami" ("Le Dieu Baleine").
https://www.clubdesmonstres.com/best/htm/kujira_gami.html
Un très Grand Merci à Eric Roland pour cette précieuse découverte et communication gracieuse (après tant d'autres...)

Inspiré de "Moby-Dick", il met en scène un cétacé plus grand que nature représentant une menace surnaturelle. Les chasseurs finissent par triompher du monstre, auquel il coupent la tête.

La même année, le peuple japonais consomme 233000 tonnes de viande de cétacé, record absolu dans toute son histoire. A partir de la fin des années 40 jusqu'au début des années 80, les japonais pratiquent une chasse industrielle massive, aux conséquences exterminatrices. A la fin de la Guerre du Pacifique (Septembre 1945), la famine menace de tuer plus de japonais que le conflit qui vient de s'achever. Le ProConsul américain Douglas McArthur décide alors que soit mise sur pied une industrie de chasse aux cétacés de vaste échelle, officiellement pour nourrir en urgence la population. Pendant plusieurs années, cette provende représentera plus de la moitié de l'apport en protéines des habitants du pays.
Une autre explication tient aux impensés collectifs des américains d'une part, des japonais d'autre part.
Pour les premiers, défaits par les cachalots lors de la première guerre du Pacifique (1800 - 1860), au cours de laquelle la station de Nantucket passe en quelques décennies du statut de superpuissance à une ville en cendres (1819 - 1846), il s'agit d'une revanche génocidaire par délégation, dont ils chargent ceux qui sont désormais leurs "protégés" et auxiliaires.
Pour les seconds, il s'agit d'un exorcisme transgressif. Certes, complaisants envers leurs maîtres, ils vengent la défaite de ceux - ci face à l'armée des cachalots combattants (que Moby Dick symbolise, résume, et dont il est un concentré). Mais, plus encore, ils revendiquent un sacrilège qu'ils imaginent libérateur, lié à LEUR PROPRE HISTOIRE. Le 24 décembre 1878, la communauté côtière de Taiji tue une baleine franche femelle qui s'occupe de son enfant, contre toutes les lois de la chasse.
Baleine franche du Japon (Eubalaena japonica).

Les baleiniers américains avaient alors dépeuplé les côtes japonaises en grands cétacés, poussant les communautés locales à la disette. Une tempête se lève, entraînant la plus grande catastrophe humaine de l'Histoire mondiale de la chasse à la baleine : 130 chasseurs périssent.

Le "Dieu Baleine" de 1962 n'est pas un cachalot, contrairement à Moby Dick, mais s'apparente plutôt à une Eubalaena japonica gigantesque. Tuer ostensiblement cet animal à nouveau revient à se libérer de son sentiment de culpabilité, et de terreur qui lui est lié : "La vengeance de la baleine fantôme, la BAKE KUJIRA. Voir le détail dans "Guerre et Paix" mis en ligne sur ce blog le 26 juillet 2015 :

Entre 1804 et 1876, l'industrie baleinière a tué 410 000 grandes baleines (220 000 cachalots et 190 000 baleines franches). 80% de ces prises ont été réalisées par les Américains. Dans ce contexte, le 24 décembre 1878, des baleiniers côtiers japonais, qui savent fort bien qu'il ne faut pas donner la chasse à une femelle suitée, décident malgré tout de le faire, leurs familles ne mangeant plus à leur faim depuis longtemps. Partant à bord de nombreux petits bateaux, ils tuent la mère, mais sont dispersés par une tempête. Sur 258 intervenants, entre 111 et 130 périront noyés. Beaucoup d'autres, qui ont pu rejoindre des îlots ou des récifs çà et là, mettront jusqu'à trois mois pour rentrer chez eux. Le traumatisme collectif est immense. De nombreux survivants s'exilent, au Canada, aux Etats - Unis, au Mexique. L'endroit se transforme en ville fantôme. Autre exemple : en 1941, un manuel scolaire destiné à promouvoir le métier de harponneur (au canon lance harpon) auprès des jeunes élèves, le fait d'une bien étrange manière. Il raconte l'histoire d'un jeune harponneur de 13 ans, particulièrement efficace, et apprécié comme tel. Après quoi, il arrive à l'âge adulte, se marie et a un enfant. Confronté à un mâle, une femelle et son petit, il tue ce dernier sur ordre de son capitaine, mais voit la femelle se rapprocher du petit corps et l'asperger de lait. Il voit alors l'image de sa propre femme allaitant son fils nouveau né. Son capitaine lui demandant de tuer la femelle, il prie, habité par un terrible conflit intérieur, puis obéit. Peu après, il abandonne le métier...
POUR RAPPEL :
En 1853, le commodore Matthew Perry impose au Japon l'ouverture de ses ports (c'est l'épisode des « bateaux noirs » qui marque le début de la fin pour le Japon de l'ère Edo. Le « grand Poisson interdit » est enfin capturé (1)... La même année, tous les exemplaires de « Moby-Dick » brûlent dans l'incendie des bâtiments de l'éditeur Harpers & Brothers. Ils ne seront réimprimés qu'au siècle suivant. L'année suivante, la ville baleinière de Taiji (Japon occidental) est détruite par un séisme et le tsunami qu'il provoque, tandis que Matthew Perry refuse catégoriquement la proposition d'Hawthorne de confier à Melville la rédaction de l'odyssée nippone du Commodore. Il y a un lourd contentieux personnel entre Perry et Melville, qui remonte à l'épisode du Somers. Et la place du Japon dans « Moby-Dick » n'arrange rien (2). C'est aussi pour cette raison que Billy Budd (3) ne sera publié qu'au siècle suivant...
GONE WITH THE WHALE. Le pillage du Japan Ground par les baleiniers américains met en difficulté les baleiniers côtiers japonais. Le 24 décembre 1878, les baleiniers de Taiji, qui, en situation économique difficile, mettent les embarcations à la mer alors qu'une tempête se prépare, puis violent les principes de base du chasseur de ne pas s'en prendre à une femelle suitée, subissent la plus grande catastrophe humaine dans l'histoire de cette activité à l'échelle mondiale (4, 5). La femelle se défend furieusement et disperse les embarcations. Plus de cent hommes périront à tout le moins. Les survivants émigrent, la cité devient une ville fantôme. Le traumatisme est comparable à celui engendré par le drame de l'Essex pour les américains. Le « Vent Divin », qui avait sauvé la flotte des baleiniers pélagiques de la colère du grand cachalot 36 ans auparavant, a cette fois-ci frappé impitoyablement les pêcheurs nippons.
Lors de la deuxième guerre mondiale (1943), un film animé de propagande américaine montre un cachalot affublé d'une croix gammée prêt à engloutir les îles britanniques. Ce « cachalot nazi continental » renvoie au Behemoth de Neumann (6), héritier de celui de Hobbes (7), mais pas seulement... Dès 1940, Walt Disney avait présenté une version totalement baroque de « Pinocchio », aussi bien vis-à-vis de l'oeuvre de Collodi que des canons habituels de sa production propre, en mettant en scène un cachalot meurtrier (8). En Septembre 1942 (quelques mois après l'opération TIGRE contre la flotte américaine à Pearl Harbor, et cent ans après la victoire de Mocha Dick), Irwin Shapiro met en scène la victoire de Stormalong sur le cachalot blanc (9). En 1945, 102 ans après que le Commodore Perry ait réduit le Japon à un comptoir colonial baleinier, le Proconsul McArthur met sur pied une industrie baleinière gigantesque, officiellement pour sauver le peuple japonais de la famine. L'année suivante, plus de la moitié de la consommation carnée provient des cétacés. En 1958, un tiers (et un volume bien plus important que 12 ans auparavant). En 1962, tous les records sont battus : les Japonais engloutissent 226 000 tonnes de viande de baleine (10). Comme les polonais, après le Drang Nach Osten et l'échec germanique face à la Russie, devinrent les auxiliaires des allemands contre les russes, les japonais jouèrent le même rôle contre les cachalots (11). Les conséquences pour ces derniers furent effroyables (12).
Au cours des années 60, le sous - marin nucléaire Seadragon, qui stationna dans des ports japonais au grand dam de l'URSS (ce qui fut considéré comme le parachèvement de l'action états -unienne depuis Matthew Perry), aurait été endommagé (bien que sa coque fût en titane) par l'action résolue d'un cachalot (13).
Après le retournement idéologique de la société américaine vis – à – vis des cétacés dans la deuxième moitié des années 60 ( 14, 15), les japonais deviennent alors pour celle - ci des repoussoirs commodes, attitude induisant de leur part un durcissement identitaire réactionnel, dans un cercle vicieux, classique en pareil cas, de confusion culturelle inductrice de colère (16).
1. Sakurai (Hayato). 2014. The Great Forbidden Fish. Whaling History Symposium, NewBedford.
http://www.simetani.com/event08.htm
2. Dorsey Kleitz. Herman Melville, Matthew Perry, and the narrative of the expedition of an american squadron to the China seas and Japan. Leviathan 8 (3), octobre 2006, 25 – 32.
3. Melville (H). 1924. Billy Budd, Sailor. Raymond M. Weaver. In : Melville complete works, vol XIII, Standard Edition, Constable and co., London. Edition française 1980, Gallimard, traduit par Pierre Leyris.
4. Melville (H). 1852. Pierre ; or, the ambiguities. Harpers and brothers. NY.
5. Nicol (C.W). 1979 (février). Taiji. Winds of change.
http://luna.pos.to/whale/jwa_taiji.html
6. Neumann (F.L). 1987. Béhémoth. Structure et pratique du national-socialisme - 1933-1945, traduit de l'anglais par Gilles Dauvé et Jean-Louis Boireau, Paris, Payot.
7. Hobbes(Th). 1681. Behemoth. The history of the causes of the civil wars of England, and the counsels and artifices by which they were carried on from the year 1640 to the year 1660. Or, The Long Parliament. William Crooke. Publié à titre posthume, il fut rédigé en 1668, en même temps que la deuxième version de Léviathan.
8. Sennepin Alain. Blog « Le retour du tigre en Europe ». Le Sel de la Vie. Mis en ligne le 18 Mars 2018.
9. Shapiro (Irwin). 1942. How Old Stormalong Captured Mocha Dick. Messner eds.
10. Onishi (Norimitsu). 2007 (14 novembre). Whaling : a japanese obsession with american roots. The New York Times.
11. Clapham (Ph. J), Ivashchenko (Y. V). 2016. Stretching the truth : length data highlights falsification of Japanese sperm whale catch statistics in the southern hemisphere. Royal Society Open Science, 14 septembre 2016.
12. Christopher F. Clements, Julia L. Blanchard, Kirsty L. Nash, Mark A. Hindell, Arpat Ozgul. Body size shifts and early warning signals precede the historic collapse of whale stocks. Nature Ecology & Evolution, 2017; 1 (7)
13. Summit (Dan). 2004. Tales of a cold war submariner. Texas University Press.
14. Leiren – Young (Mark). The killer whale who changed the world. 2016 ; Published in partnership with the David Suzuki Institute.
15. Baird (Alison). 1999. White as the Waves: A Novel of Moby Dick. St. John's, Newfoundland, Canada: Tuckamore Books.16. Hoare (Ph). 2011. On Japan, whales and the nuclear age. The guardian, 16 mars 2011.
https://www.theguardian.com/commentisfree/2011/mar/16/japan-tsunami-whales-nuclear
ROUTE DELTAÏQUE
En hommage à Laura Williams, décédée ce jour.
https://www.russianlife.com/stories/online-archive/the-loss-of-laura-williams/
SUNDAY, OCTOBER 28, 2018
Laura Williams, a long-time contributor to Russian Life (an author of the wonderful memoir, The Storks' Nest: Life and Love in the Russian Countryside), passed away suddenly on October 28, 2018. We are heartbroken at this loss of our friend and colleague.
Laura had lived in Russia since 1993, when she moved there to start up the first World Wildlife Federation office in Moscow. A few years later, she met and married the amazing nature photographer and environmental worker, Igor Shpilenok (their meeting and marriage is chronicled nicely in The Storks' Nest, and in this article), and they made a life together in Chukhrai village in Bryansk Oblast, near where Igor had established a nature preserve.
For many years, Laura and Igor worked tirelessly on environmental issues, and recently Igor traveled to every single Russian nature preserve in a specially outfitted vehicle; Laura and their two boys, Andrei and Makar, joined him for some of the trip.
Laura always had a love of horses. And several years ago she turned that love into a mission to use these wise beasts to teach people about the world and their place in it. With her herd of eight horses, her Herd of Joy, she held horse-inspired workshops and retreats in Chukhrai, but also in locations all over the world. Her goal, she wrote, was to help people "connect with nature through horses and to join a growing community of people seeking heart-based communication and meaningful relationships with other human and non-human beings." And, judging from the outpouring of sympathies to her Facebook page, she built a network of fellow travelers in her journey that covers the globe.
Laura and I met over the internet sometime in the early 2000s. She offered to write some articles for us, and there followed a fruitful collaboration, in which she wrote articles on everything from the beekeepers of Bashkortostan, to people working to save bears, to wild tulips in Kalmykia, and the distant Kurile Islands. But surely her most beloved articles among our readers were her "Notes from a Russian Village," about life in Chukhrai. She went on to develop that series into The Storks' Nest.
I met Laura and Igor just once in person, about 10-12 years ago, when they happened to be passing through Montpelier, Vermont, and we shared a meal together in town. I don't remember what we talked about, or why they were coming through this area, but I remember being struck by how profoundly sincere and down to earth these two people were. I felt lucky to know them and be working with them.
Mikhail Mordasov and I had planned to stop by Chukhrai in 2015, during our trans-Russia trip for The Spine of Russia, but at the last minute we had to cancel that side trip because it would have been sorely rushed. I called Laura from the side of the road somewhere a few hours' drive west of Bryansk, and promised I would come back another time for a visit. Sadly, I will now never get to see her astride one of her treasured horses, galloping through a pasture outside Chukhrai.
As I thought back over the many pieces Laura wrote for our magazine (over two-dozen articles between 2002 and 2014), I kept returning to her wonderful story about Chado, their runaway dachshund. We had many people write in to tell us how much they loved that story, and so I felt that the best tribute we could offer to her work with us was to republish this popular and beloved piece.
My own daughter immediately fell in love with Chado when she read the story, and I later gifted her a print of Laura's photo of the rambunctious dachshund. It has been hanging on her wall for over a decade now, so I went into her room just a few minutes ago to look at the photo again. There I saw that she had hung from the photo's frame a quote that, upon searching the internet, I found was by the Argentinian writer Jorge Luis Borges. This, along with Laura's own story about Chado, is, I feel, a fitting quote with which to end this sad and all too inadequate tribute to a friend and colleague.
“A man sets himself to the task of making a plan of the universe. After many years, he fills a whole space with images of provinces, kingdoms, mountains, bays, ships, islands, fishes, rooms, instruments, stars, horses, and people. On the threshold of death, he discovers that the patient labyrinth of lines has traced the likeness of his own face.”
- Jorge Luis Borges
Rest in peace, Laura.
To Laura's family and friends extend our deepest sympathies. You will be in our thoughts.


Le clonage d'un poulain préhistorique mort il y a plus de 42 000 ans devrait non seulement restaurer une espèce ancienne mais aussi servir de préparation à celle du mammouth laineux.




The Siberian Times, hier.
https://siberiantimes.com/science/casestudy/news/extinct-ancient-foal-in-pioneering-cloning-experiment-is-older-than-initially-believed/
SOUS-ESPECES OU VARIETES GEOGRAPHIQUES?
Une étude génomique globale réalisée par une équipe de scientifiques chinois tend à montrer des divergences évolutives de différentes populations de tigres suffisamment importantes pour distinguer 6 sous - espèces actuelles (et non des variétés géographiques au sein de 2 sous espèces (continentale et australasienne). Les tigres seraient apparus en tant qu'espèce il y a entre 2 et 3 millions d'années. Mais les tigres actuels seraient issus d'une petite population chinoise vieille de 110 000 ans, seule survivante d'une disparition massive à cette époque, et qui aurait connu alors une radiation évolutive en plusieurs branches. Faute de "matériel" suffisamment consistant, l'origine du tigre de Chine du Sud n'a par contre pas pu être éclairci, et il est planifié, le concernant, une recherche spécifique.. China Daily, ce jour. Xinhua.
http://www.chinadaily.com.cn/a/201810/26/WS5bd2812da310eff303284b79.html
Voir aussi, sur le même sujet, Mongabay, hier.

https://news.mongabay.com/2018/10/genome-wide-study-confirms-there-are-six-tiger-subspecies/
Le territoire de la Chine actuelle abritait, jusqu'au XXème siècle, au moins 5 variétés distinctes : tigres de Chine du Sud, du Bengale, d'Indochine, de l'Amour, de la Caspienne...
MISE AU POINT. Sans me prononcer formellement sur la validité effective de ce travail (n'ayant pas les compétences requises pour cela), je me permets de faire part de mes plus expresses réserves quant aux finalités réelles d'une telle étude. En effet, le nombre de "sous-espèces" officiellement reconnu est fondamental dans la politique effective vis à vis des tigres captifs dans le monde entier. La "préservation de la pureté des lignées" invite à tuer les "hybrides" ou supposés tels. Ceux - ci sont reconnus officiellement comme d'autant plus nombreux dans les zoos, parcs, ranchs, fermes de tous poils et de toutes nationalités que l'on admet l'existence de sous-espèces plutôt que de simples variétés géographiques. On assure ainsi un "massacre des innocents en bonne santé" à très vaste échelle. Les victimes se retrouvent en proportion significative en pièces détachées sur le marché chinois, thaï, vietnamien, cambodgien, laotien...
LE SOLEIL ASSURE LE SPECTACLE...
... MÊME POUR LES AVEUGLES. Il est facile, ces derniers jours, d'observer des tigres sauvages en grand nombre musardant au soleil près d'un point d'eau, dans la réserve de Bandipur (Karnataka, Ghats occidentaux, Sud-Ouest de l'Inde). Le Karnataka abrite des centaines de grands félins lancéolés, peut être près d'un millier... The Times of India, ce jour. TNN.
https://timesofindia.indiatimes.com/city/mysuru/tigers-come-out-to-enjoy-sun-sightings-common-in-bandipur/articleshow/66372863.cms
CE QU'IL FALLAIT CONFIRMER

La Mégaherbivorie peut contrer le réchauffement climatique. La réimplantation massive de grands herbivores sauvages peut y contribuer de façon significative. Rien de neuf sous le Soleil. MailOnline, 22 octobre. Phoebe Weston.
https://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-6304089/Rewilding-countryside-introducing-large-animals-stop-global-warming.html
TOUT EST DANS LA TÊTE

Un tigre de l'Amour vivant à la frontière des territoires du Primorye et de Khabarovsk, a été capturé et envoyé dans le centre de réhabilitation Utes. L'animal ne montrait à la fois aucune agressivité et aucune crainte des hommes. Il semblait comme absent. Il a dû être endormi par un tireur qui opérait à bord d'un bateau.

Il est possible qu'un foyer de maladie neurologique existe dans le secteur. Ce n'est pas la première fois que des tigres adoptent des comportements anomaliques aux confins du Primoryé et du territoire de Khabarovsk. Voir le détail et la vidéo sur "Amur Tiger Centre", hier.
http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1119/
НА БИКИНЕ ОТЛОВЛЕН ТИГР
SOUVENIRS, SOUVENIRS
Années 80 du siècle dernier : scène de performance de dissection d'un cétacé à Higashisonogi (Préfecture de Nagasaki).

Des chercheurs souhaitent collecter des informations sur les festivals de découpage de globicéphales (en particulier Globicephala macrorhynchus, à "petite nageoire dorsale) au Japon lors de l'Ere Showa (1926 - 1989), dont il reste peu de traces aisément accessibles. La recherche porte particulièrement sur les années 70 et 80. Ce type de manifestations se serait déroulé au moins 1000 fois lors de cette période, essentiellement dans la région du Kansaï (Japon central). La dernière d'entre elles se serait déroulée sur le toit d'un hangar commercial à Osaka, dans les années 90... The Japan times, ce jour.
https://www.japantimes.co.jp/news/2018/10/20/national/researchers-seek-records-whale-meat-cutting-performance-japan-70s-80s/#.W8rqkXszbIU