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DES MILLIERS D'HIPPOPOTAMES EN COLOMBIE EN 2050?

31 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Certains des "hippopotames d"Escobar", capturés après la mort de leur propriétaire en 1993, vivent à l'état sauvage dans le fleuve Magdalena, et leur population augmente malgré une politique de stérilisation. Les extraits suivants sont tirés de l'article d'Anne Proenza, correspondante à Bogota du journal "Libération", et publié le 27 jullet :

https://www.liberation.fr/planete/2020/07/27/en-colombie-la-dangereuse-proliferation-des-hippos-d-escobar_1795382

...les mastodontes, qui avaient été importés illégalement à la fin des années 80 par le chef du cartel de Medellín pour enrichir le zoo exotique de son immense propriété, la hacienda Nápoles, à l’ouest de Medellín, se reproduisent depuis sa mort, le 2 décembre 1993, de manière exponentielle. Ils étaient quatre - trois femelles et un mâle - du temps du capo, ils sont aujourd’hui au moins 80, représentant le plus grand troupeau hors d’Afrique, d’où ils sont originaires.

«C’est un environnement parfait pour eux, sans saisons ni sécheresses, avec une bonne humidité et des pâturages qui leur offrent de quoi manger toute l’année.» explique le biologiste David Echeverri.

Une quarantaine de bêtes sont restées dans les lacs artificiels de la hacienda Nápoles, devenue en 2007 un parc à thème à succès, qui comprend notamment un mémorial pour les victimes du trafic de drogue. Mais le troupeau grandissant, certains hippos se sont échappés et n’ont pas eu de mal à trouver le fleuve Magdalena, à 11 kilomètres de là, ou à s’installer dans un de ses affluents, s’éloignant jusqu’à 150 kilomètres.

Quatre spécimens ont par exemple élu domicile depuis déjà sept ans à la confluence de la rivière Claro Cocorna et du Magdalena, raconte par téléphone le pêcheur Alvaro Diaz : «Ils représentent un danger pour les pêcheurs et les habitants des rivages, mais ils ont aussi embelli le paysage et attirent les touristes qui préfèrent les observer en liberté dans un milieu naturel, ce qui engendre des revenus supplémentaires.»

Plusieurs accidents ont eu lieu, les hippopotames aimant défendre leur territoire : «On ne peut plus pêcher à l’embouchure», souligne Alvaro Diaz. Et certaines bêtes se promènent dans les hameaux avoisinants, effrayant plus d’un villageois.

Les scientifiques débattent pour l’instant encore des conséquences à long terme de la prolifération de ces impressionnants animaux dans un environnement qui n’est pas le leur. «L’espèce peut, d’une part, modifier la composition physique et chimique de l’eau, estime David Echeverri, et de l’autre, altérer la biodiversité et chasser des espèces en voie d’extinction» comme les lamantins, les caïmans et les loutres.

En 2009, la mort d’un hippopotame avait fait l’objet d’une plainte et depuis, selon la jurisprudence colombienne, il est interdit de les tuer. Les capturer pour les stériliser ou les déplacer dans des zoos en Colombie ou à l’étranger représente un travail de titan, surtout pour ceux qui sont en liberté dans le Magdalena. Sans compter le coût…

Les hippopotames ne sont certes pas la seule pression qui s’exerce sur l’écosystème du Magdalena, déjà touché par la déforestation, l’élevage, l’industrie… Isabel Romero, qui s’occupe du centre de conservation des tortues de Puerto Triunfo (commune où se trouve la hacienda Nápoles) et qui aime bien «les grosses bêtes» fait observer que les immenses troupeaux de buffles ont un impact énorme, bien plus important que celui des hippos, et c'est aussi une espèce importée -les buffles ont également été massivement importés au Brésil- . En dix ans, cinq hippopotames ont été transférés dans des zoos et dix autres stérilisés. Dans le même temps, leur nombre est passé de 25 à 80… 

Selon plusieurs études scientifiques publiées ces derniers mois en Colombie et aux Etats-Unis, les hippopotames pourraient se compter en milliers d’ici à 2050 dans le nord du pays.

Il ne fait guère de doute que, peu ou prou, la population d'hippopotames sera régulée d'une manière ou d'une autre. Les environnementalistes feront valoir que la compétition spatiale et trophique qu'ils imposent au lamantin local est insupportable pour ce dernier, et il serait étonnant que d'aucuns n'envisagent pas sérieusement une industrie locale basée sur la viande d'hippo (sauvage, donc de qualité nettement supérieure à celle du boeuf ou du porc, et qui peut susciter l'attrait des classes aisées et des touristes fortunés).

En 1910, aux USA, il avait été envisagé de lâcher des hippopotames dans les bayous de Louisianne et les laisser prospérer, pour construire une industrie de la viande de ces animaux. Mais le projet ne vit jamais le jour. Voir un article détaillé sur le sujet ici :

https://www.wired.com/2013/12/hippopotamus-ranching/

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VALSE DE LA MORT ET DU NEGOCE

31 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Un habitant du district de Vyazemsky (territoire de Khabarovsk) de 44 ans, qui avait abattu une tigresse en mai dernier, a été arrêté, alors qu'il essayait de vendre la peau de sa victime. Il risque 4 ans de prison. Voir le détail dans "Amur Tiger Centre", hier :

http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1465/

УГОЛОВНОЕ ДЕЛО ПО ФАКТУ ДОБЫЧИ И НЕЗАКОННОГО ОБОРОТА АМУРСКОГО ТИГРА ВОЗБУЖДЕНО В ХАБАРОВСКОМ КРАЕ

Sur le même sujet, "The Siberian Times", hier :

https://siberiantimes.com/other/others/news/poacher-faces-up-to-four-years-in-jail-for-killing-a-rare-amur-tigress/

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EUROMEDITERRANEE AFFAIBLIE

31 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Après les dauphins entre 1990 et 2008, les cachalots méditerranéens, affaiblis par les conditions de vie difficiles dans cette mer presque fermée où le renouvellement des eaux est lent et la densité de plastique est beaucoup plus importante que dans toute autre étendue d'eau salée au monde*, sont à leur tour victimes d'un virus proche de celui de la rougeole, susceptible de provoquer des encéphalopathies mortelles. Ce micro-organisme semble pouvoir se transmettre aux phoques, aux loutres de rivières, aux hommes... Un organisme (biologique, social ou politique) affaibli envoie automatiquement une convocation en bonne et due forme pour tout agresseur opportuniste. Voir le détail dans l'article de Steven Brown publié hier par le magazine britannique "Express".

https://www.express.co.uk/news/nature/1316595/disease-whales-jump-transmitt-humans-research-virus-dolphin-Greenpeace-italy

*Non accessoirement, 70% des macro déchets plastiques dans les océans sont des résidus d'engins de pêche. Or, la Méditerranée est la mer la plus surpêchée au monde, alors que 92% des bateaux de pêche qui y sont actifs font moins de 12m de long et pratiquent une pêche locale... Source : Lamya Essemlali, 26 juillet 

https://www.seashepherd.fr/index.php/actu-editos/editoriaux/218-news-26072020-fr-01

Voir aussi l'étude sur les populations méditerranéennes de cachalots publiée avant-hier :

https://www.sciencedaily.com/releases/2020/07/200729210509.htm

https://www.int-res.com/abstracts/esr/v42/p133-149/

Pour rappel : un cachalot blanc avait été observé en Méditerranée, une première fois en 2006, puis une seconde en 2015, au Nord-Est de la Sardaigne, non loin des bouches de Bonifaccio et du canyon de Toulon. 

https://www.ansa.it/english/news/2015/08/05/rare-sighting-of-white-sperm-whale-in-sardinia_942d6233-f214-4133-bffe-8102f880adf1.html

Il appartenait probablement au "clan blanc" des Açores, miroir atlantique du "clan blanc" du triangle de Corail dans le Pacifique... (voir à ce sujet : "Corail blanc" mis en ligne le 26 jullet) :

http://europe-tigre.over-blog.com/2020/07/corail-blanc.html

... de même que ce bébé pris en photo le 3 janvier 2020 avec sa mère près des côtes du Portugal...

  https://peapix.com/bing/29854

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TIGER DAY ONCE AGAIN AND AGAIN

29 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Comme chaque année, ce 29 juillet est la Journée Internationale du Tigre. Détail dans "The Times of India" de ce jour.

https://timesofindia.indiatimes.com/india/international-tiger-day-2020-all-you-need-to-know/articleshow/77232966.cms

 

Et pour la Russie : c'est aussi le septième anniversaire du Centre de réhabilitation et de réintroduction du Tigre de l'Amour, fondé en juillet 2013 par la Société russe de géographie, sur l'initiative du Président Vladimir Poutine.

Depuis lors, la population du tigre de l'Amour en Russie s'est stabilisée dans l'aire de répartition existante, une croissance naturelle est observée dans certains habitats et une tendance à élargir les limites dans les directions ouest, nord-ouest et nord est observée. Au total, le nombre de grands félins en Russie a augmenté et, selon les estimations des experts, atteint désormais environ 600 individus.

Un tigre dans la réserve Lazovski

Un autre, dans la vallée de la Bikin

Concernant le Birobidjan, la population tigréenne est passée, depuis juillet 2013 à aujourd'hui, de 0 à 21.

Et chaque dernier dimanche de septembre, Vladivostok se couvre de couleurs fauves et noires, pour le festival annuel du Tigre de l'Amour. La Résurrection de l'animal au XXIème siècle est symbolisé par un Phoenix :

Voir le détail dans "Amur Tiger Centre" de ce jour :

http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1464/

И У ТИГРОВ БЫВАЮТ ПРАЗДНИКИ
 

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LA VIE CONTINUE

29 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Tahleka, femelle orque d'une communauté sédentaire de Colombie Britannique, avait perdu son enfant il y a 2 ans (celui-ci n'avait vécu qu'une demi-heure). Elle l'avait alors transporté avec elle pendant 17 jours, réalisant un voyage solitaire de plus de 1000 miles... 

Tahleka nage dans le Swanson Channel, étroitement liée à son enfant décédé,  lors du huitième jour de sa pérégrination funèbre, le 31 juillet 2018 :

Aujourd'hui, Tahleka est enceinte à nouveau. Voir le détail dans "The Daily World", hier.

https://www.thedailyworld.com/northwest/tahlequah-the-orca-who-carried-her-dead-calf-for-17-days-is-pregnant-again/

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EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE

29 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Une exposition photographique relatant l'histoire de la réserve de Sikhote-Alin a ouvert ses portes hier dans le terminal passagers de l'aéroport international Vladimir Klavdievitch Arseniev* de Vladivostok, à l'occasion du 85ème anniversaire de la création de celle-ci, et à la veille de la Journée Internationale du Tigre. Voir le détail dans "Amur Tiger Centre", hier :

http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1463/

ФОТОВЫСТАВКА К 85-ЛЕТИЮ СИХОТЭ-АЛИНСКОГО ЗАПОВЕДНИКА ОТКРЫЛАСЬ В МЕЖДУНАРОДНОМ АЭРОПОРТУ ВЛАДИВОСТОК

* Auteur de "Dersou Ouzala", V.K. Arseniev est probablement le plus grand explorateur russe des 140 dernières années :

https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D1%80%D1%81%D0%B5%D0%BD%D1%8C%D0%B5%D0%B2,_%D0%92%D0%BB%D0%B0%D0%B4%D0%B8%D0%BC%D0%B8%D1%80_%D0%9A%D0%BB%D0%B0%D0%B2%D0%B4%D0%B8%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87

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TRANSFERT NON CONCLUANT

28 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Le premier transfert de tigres entre deux états indiens (du Madhya Pradesh vers l'Odisha), réalisé voici 2 ans, s'avère non concluant pour l'heure. La réserve de Satkosia, qui a été le lieu d'accueil de deux félins, est désormais considérée comme insuffisamment sécure. Le tigre Mahavir et la tigresse Sundari avaient été lâchés à Satkosia à l'été 2018, à quelques jours d'intervalle. Quelques mois plus tard, Mahavir fut tué, supposément par des "braconniers" (vraisemblablement, de fait, des villageois hostiles à cette introduction).

Sundari finit par être placée dans un enclos après avoir attaqué des riverains de la réserve (personne ne semble vouloir se poser la question, en tout cas publiquement, sur la possibilité d'un lien direct entre le comportement de la tigresse et la mort du tigre intervenue précédemment).

Sundari va désormais repartir au Madhya Pradesh, selon des plans établis par les autorités de Satkosia, en principe avant la fin du mois d'août. Des discussions sont en cours pour relancer, en son temps, un plan de transfert, sur des bases plus solides. Voir le détail dans l'article de Manish Kumar publié ce jour dans "Mongabay-India".

https://india.mongabay.com/2020/07/setback-in-inter-state-tiger-relocation-as-odisha-prepares-to-return-sundari-to-mp/

Voir aussi une "photographie" de la situation à l'échelle du sous-continent. Ces données officielles ont été établies à partir des résultats affinés du recensement de 2018. Elles offrent une tendance, les données numériques, elles, n'étant pas à prendre au pied de la lettre (ou du chiffre)... Deux articles sont consacrés à la question par Jayashree Nandi ce jour dans le magazine "Hindustan Times" : 

Celui-ci a été publié cet après-midi :

https://www.hindustantimes.com/india-news/mizoram-s-dampa-and-west-bengal-s-buxa-have-no-tigers-left-report/story-pHwXgHyiHe3ZHbuT760EuI.html

Celui-là l'a été ce soir peu avant minuit (il sera actualisé demain 29 juillet) :

https://www.hindustantimes.com/india-news/one-in-three-tigers-live-outside-reserves-report/story-C6hYaEl5mmYjeHcLG2wDVO.html

Voir aussi "The Hindu", ce jour :

https://www.thehindu.com/news/national/indias-tiger-count-unchanged-at-2367/article32211788.ece ​​​​​​​

 

 

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INDOCHINE : REBOND DU TIGRE THAÏ

27 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Alors que le Laos, le Vietnam et même le Cambodge n'hébergent plus aucun tigre sauvage sur leur territoire (ou peut-être une population minuscule résiduelle dans le troisième cas) la Thaïlande voit la présence tigréenne dans le Nord-Ouest de son territoire croître à nouveau. Dans le complexe forestier de l'Ouest du pays, les grands félins sont désormais plus de 100. Il s'agit du même type de félin que celui disparu dans les trois pays précédemment cités : le tigre indochinois.

Dans le sanctuaire de vie sauvage de Huai Kha Khaeng, leur nombre est passé de 46 à 71 au cours de ces dernières années, de 10 à 18 dans le complexe forestier de Dong-Phayaven-Kao Yai. 

Cette famille a été photographiée au sein du Dong Phayaven-Kao . Source :  article de Aimee Gabay publié dans "Mongabay" du 20 avril dernier :

https://news.mongabay.com/2020/04/photos-of-wild-tiger-cubs-in-thailand-rekindles-hope-for-species/

Et 10 autres ont été répertoriés pour la première fois dans le sanctuaire de vie sauvage de Salak Phra, dans le parc national de Sai Yok, et dans le parc national Erawan (dans la province de Kanchanaburi). 

Le tigre indochinois n'est donc pas irrémédiablement condamné à brève échéance, et connait même un certain rebond. Voir le détail dans l'article du "Bangkok Post", il y a 3 jours.

https://www.bangkokpost.com/thailand/general/1956471/wild-tiger-population-growing-fast

Voir aussi les 4 tigres dans un "jacuzzi" naturel du complexe forestier de l'ouest thaï, dans l'article d'Elizabeth Claire Alberts publié dans "Mongabay" le 29 juin dernier.

https://news.mongabay.com/2020/06/tigers-caught-on-camera-lounging-in-a-jacuzzi-sized-watering-hole/

De plus, une vingtaine d'individus survivent dans le sud de la Birmanie, où leur population s'accroît dans la région de Tanintharyi. Voir le détail dans l'article de Myat Moe Aung publié dans "Myanmar Times" du 29 juillet de l'an dernier.

https://www.mmtimes.com/news/tiger-conservation-faces-challenges-myanmar.html

Concernant les tigres endémiques de l'Asie du Sud, une vigilance toute particulière mérite d'être immédiatement portée sur le tigre Malais, dont les effectifs furent autrefois élevés (3000 en 1950, 500 dans les années 1990) et dont le déclin est manifeste en Malaisie, où il ne survit plus que dans quelques zones méridionales et centrales de la Péninsule.

 

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CORAIL BLANC

26 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

En moins de deux décennies (entre 1999 et 2018), les cachalotiers traditionnels de Lamalera (île de Lembata, archipel des Solor, Sonde du Sud-Est, Indonésie) ont tué trois cachalots blancs, parmi les quelques centaines d'individus qu'ils ont capturés au cours de cette période (en moyenne une vingtaine par an, parfois plus, souvent moins). 

Le "cachalot blanc" doit être compris, en tant que dénominatif, comme un individu intégré à une généalogie dans laquelle au moins un (mais généralement plusieurs)  cachalot entièrement blanc s'est reproduit. Le "cachalot blanc" exprime alors cette parenté par un corps totalement ou partiellement, blanc, tacheté, marqueté, etc...

On peut découvrir les cachalots de ce type capturés à Lamalera entre 1999 et 2001 d'une part, en 2007 d'autre part, dans la partie réservée aux photographies de : 

Egami (Mikiyuki), Kojima (Hikitaro). 2017 ou 2018. The quarter century of Lamalera whaling culture in Indonesia. Asian Area Studies_First Issue.indb. 35-48 (texte), 49-59 (photographies en couleur).

https://www.mgt.ous.ac.jp/wp-content/uploads/AsiaAreaStudy01_04.pdf

Le premier est un "cachalot blanc" comparable à un "éléphant blanc". Son corps gris est persillé de taches et lignes blanches, dont certaines s'agrègent en nappe. Il correspond à la photo 8. 

Le second est un grand cachalot intégralement blanc, de 18m. Il correspond à la photo 24. La photo 25 montre un enfant comptant les 48 dents de sa mâchoire inférieure (les cachalots peuvent posséder, suivant les cas, de 34 à 58 dents dans cette mâchoire).

Plus récemment, un animal plus petit (et sans doute plus jeune) a été capturé en 2018. Il est essentiellement blanc :

Voir la suite sur YouTube :

Dissolution of a white sperm whale , at Lamalera Indonesia. 1er aout 2018. 42s.

ラマレラ村 白いマッコウクジラの解体

https://www.youtube.com/watch?v=0l6jIomdZFE

Ceci confirme la persistance jusqu'à nos jours d'un pool génétique blanc dans la région (comme l'avaient déjà noté Keen en 2011 d'une part, Egami et Kojima en 2013 d'autre part*), découvert de façon fracassante par les européens au tout début du XIXème siècle à travers la figure de "Timor Jack"/ "Timor Tom" (Beale 1939 et Melville 1851**), et trouvant son origine dans la nuit des temps.

Keen (E). 2011. At surface dwell. Lessons from Lamalera and its whales. 180 pages.

https://emkeendotorg.files.wordpress.com/2016/11/9266215_asd_ust_draft7_20110921_final.pdf

Egami (Tomoko), Kojima (Kotaro). 2013. Traditional whaling culture and social change in Lamalera, Indonesia : ananalysis of the catch record of whaling 1994-2010. Senri ethnological studies 84, 30 août 2013, 155-176.

file:///C:/Users/Alain/Downloads/SES84_08%20(2).pdf

** Beale (Thomas). 1839. The natural history of the sperm whale & South sea whaling voyage.

http://mysite.du.edu/~ttyler/ploughboy/bealenew.htm

Melville (Herman). 1851. Moby-Dick, or : the whale. Richard Bentley, London (18 Octobre). Harper and Brothers, New-York (14 novembre).

Eu égard à la dimension minuscule de ce que représente Lamalera, aussi bien sur le plan géographique que sur le niveau des prises par rapport à la population de cachalots de la région abritant en son sein ce "clan blanc" multi millénaire, il ne fait guère de doute que ce sont plusieurs dizaines de cachalots blancs, à tout le moins, qui sillonnent les eaux du Triangle de Corail, aujourd'hui.

 POUR RAPPEL : Eléments sur la profondeur historique du sujet d'étude, tels que présentés dans mon ouvrage paru le mois dernier : "L'incroyable victoire des cachalots dans leur guerre contre les baleiniers au XIXème siècle" :

http://europe-tigre.over-blog.com/2020/06/premiere-vague.html

"Timor Jack/Tom" inscrit son action dans un contexte particulier, celui d'une chasse cachalotière pluriséculaire des habitants du village de Lamalera, sur l'île indonésienne de Lembata, au Nord-Ouest de Timor (Keen 2011, Egami & Kojima 2013). Keen n'hésite pas à comparer ce village, en particulier sur le plan culturel, à un véritable New Bedford asiatique.

Le cachalot blanc est un personnage central de la culture locale, qui remonte au moins au XVIIème siècle, où il est censé superviser la confection des embarcations, et qu'il brise « si celle-ci est inadéquate ». Respecté et craint, « Ikan paus puthi » règne en monarque absolu sur la région.

« Ikan paus » est le nom lamalérien donné au cachalot. Il signifie « le pape des poissons » (les lamalériens sont catholiques depuis leur conversion par les néerlandais). « Ikan paus puthi » est le cachalot blanc. Il est « le Pape des Papes ».

Il ne s'agit pas d'un individu mais d'une véritable dynastie dont l'origine est bien antérieure au « Timor Jack » des baleiniers anglo-saxons, et qui s'est poursuivie jusqu'à nos jours (Keen mentionne le témoignage d'un vieux harponneur, évoquant une rencontre aux environs de 1970, Egami & Kojima mentionnant pour leur part la capture de l'un d'entre eux le 2 mai 2007)...

Le véritable nom de « Timor Jack » serait donc « Ikan paus puthi » [suivi d'un numéro pour le situer chronologiquement dans l'histoire de la Dynastie].

« A WICKED FELLOW ». Le vétéran des harponneurs lamalériens dit que le cachalot blanc n'a jamais été tué [au XXème siècle en tout cas], et ne se montre quasiment jamais. Mais quand il le fait, c'est qu'il est en colère. « Il est venu nous rendre visite de nombreuses fois. Parfois, il peut être un mauvais compagnon »... Dans un tel contexte culturel, où les psychologies interagissent, il ne fait guère de doute que certains individus peuvent développer un état d'esprit vigoureusement dominateur, et leurs relations à une population prédatrice des leurs ne peuvent pas être spontanément harmonieuses sans l'imposition préalable, de vive force, d'une claire  hiérarchie socioécologique, réitérée autant de fois, et avec autant de vigueur que nécessaire.

Qui plus est, ce contexte facilite une tendance à la sédentarité plus poussée que chez les autres cachalots ( alors même que le triangle de Corail est, en premier lieu, un couloir de migration vers le Pacifique Nord). Cette densification de la territorialité ne peut qu'augmenter l'agressivité à l'égard de tout intrus... Parmi les 4 cachalots combattants auquel Melville rend hommage dans « Moby-Dick » (ch.45), le guerrier du détroit de Timor est donc vraisemblablement celui qui fut observé le moins souvent « loin de son secteur habituel ».

C'est dans ce cadre que les baleiniers anglais interviennent au début du XIXème siècle. On peut alors aisément imaginer la réaction du maître des lieux, qui met tout en œuvre pour nettoyer le terrain et libérer son royaume, ce qui cadre bien avec sa présentation en assaillant spontané et systématique qu'en faitt Beale (1839), et qui développe peut-être à l'encontre des envahisseurs une psychologie obsessionnelle plus proche de celle d'Achab que celle de « Moby Dick »...

Katherine Piercefield, dans sa figuration picturale des « big five » du roman de Melville, a sans doute été dotée d'une intuition très pertinente en représentant un « Timor Tom » gueule ouverte, dents acérés, au regard des plus féroces... (en haut à droite dans le tableau):

Keen va jusqu'à considérer qu' « Ikan paus puthi/Timor Jack » (« the vengeful albino sperm whale of Lamalera ») est « le véritable « Moby Dick » », son origine et sa source, contribuant ainsi à une confusion sur la véritable nature du personnage qui a inspiré Melville, et une mésintelligence quant à la véritable signification du roman : il renforce l'impression issue d'une lecture superficielle et d'une prise au pied de la lettre des « relectures » de l'oeuvre à travers le cinéma notamment, celle d'un « Raging Bull » solitaire sans âme...

LE CHOIX DE FEDALLAH. Et que penser des « indigènes de Manille » (ch. 48) que Fedallah a spécialement recruté pour cette chasse particulière ? Excellent connaisseur de l'océan indien, il a, à l'évidence jeté son dévolu sur les meilleurs cachalotiers du Monde : « en particulier dans les îles orientales à l'est de ce continent – ces nations insulaires, inaltérables, immémoriales » (ch. 50)... Lamalera... Beale (1839) précise que les navires anglais opèrent massivement au sud d'Ombay en 1803, précisément où, selon Melville « on aperçut si souvent le souffle [de ce cachalot] entre les palmiers » (ch.45)... Fedallah sera le seul membre du Pequod qui subira de la part du cachalot blanc un « assassinat ciblé »...

GENERAL DE LA GRANDE ARMADA. D'ailleurs, l'esprit du guerrier plane sur le détroit de la Sonde, où Melville évoque (ch.87) « les falaises aux vertes palmeraies », miroir des « palmiers de la baie d'Ombay » (ch. 45), et fait s'interroger Ishmael sur la possible mais discrète présence de « Moby Dick » au milieu de cette caravane bigarrée, armée et corps social complet de 7km2 : « la Grande Armada » (un homme d'équipage nomme même « Commodore » un grand mâle du troupeau géant...).

L'Histoire continue...

Le "clan blanc" des Açores est le pendant atlantique de celui du triangle de Corail : cachalot blanc géant tué par Amos Smalley à bord du Platina en juillet 1902 :

http://omnibus.chebucto.org/moby.html

Individu albinos filmé en 1997, intégré au film de Stumpfhaus (2014) :

https://www.youtube.com/watch?v=zH7OGzaLfOo

 Cachalot albinos au Nord-Est de la Sardaigne en 2006 et 2015 :

https://www.repubblica.it/ambiente/2015/08/05/news/rarissimo_capodoglio_bianco_avvistato_in_sardegna-120469289/

Plus récemment encore (photo du 3 janvier 2020), un bébé blanc aux côtés de sa mère près des côtes portugaises :

https://peapix.com/bing/29851

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SUNDA

25 Juillet 2020 , Rédigé par Alain Sennepin

Cet article a été actualisé au 29 juillet 2020 (voir en fin de page).

Les tigres de la Sonde tendent désormais à être presque aussi nombreux dans les parcs zoologiques (un peu moins de 300) qu'en liberté à Sumatra (estimation à moins de 400). Voir un exemple au zoo polonais de Wroclaw, dans "Le Courrier International" de ce jour.

https://www.courrierinternational.com/article/animaux-naissance-dune-tigresse-rarissime-dans-un-zoo-polonais

Le tigre de la Sonde, s'il parvient à se maintenir, finira par constituer une espèce tigréenne distincte du Panthera tigris eurasien.

 

Actualisation au 29 juillet :

Les estimations des tigres captifs vont même jusqu'à 402, dont 130 en Indonésie, les autres étant répartis entre des zoos européens, états-uniens, australiens et japonais. Les autorités indonésiennes estiment à 600 le nombre de tigres sauvages encore présents à Sumatra, ce qui semble fort "optimiste"... La biopolitique du pays tend à s'apparenter à l'approche chinoise en la matière : pas ou peu de frein à la destruction de la nature sauvage, reproduction encouragée des individus captifs, dont certains viendront réensemencer des espaces préservés ou restaurés, aux calendes grecques... Voir l'article de  A. Muh. Ibnu Aqil pour "The Jakarta Post" :

https://www.thejakartapost.com/news/2020/07/29/sumatran-tigers-face-perilous-future-as-efforts-made-to-improve-breeding-in-captivity.html

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