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TIGRE EUROPEEN, ACTUALISATION. 4.

31 Mars 2025 , Rédigé par Alain Sennepin

Ceci fait suite aux 3 premiers volets actualisant les données et l’approche sur la question du tigre européen, respectivement mis en ligne les 19, 21 et 25 mars 2025.

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/03/tigre-europeen-actualisation.1.html

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/03/tigre-europeen-actualisation.2.html

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/03/tigre-europeen-actualisation.3.html

Ce volet comporte 2 parties. Aujourd'hui, nous fournissons une explication écologique à l'interaction entre un tigre et un prince kiévien il y a un peu plus de 9 siècles dans des marais d'Europe orientale. Nous étendrons dans les jours prochains la notion de compétition entre super prédateurs à l'échelle continentale et sur une période de plus d'un millénaire entre lions, tigres et pasteurs nomades.

LE GARDIEN DE LA FORTERESSE. La tanière du tigre, au plus profond des roselières impénétrables, est comme une cape d'invisibilité...  Un Homme parviendra toutefois à percer son secret : SERGUEÏ OULIANOVITCH STROGANOV, de la route de glace au tunnel de roseauxAu début de la grande guerre contre l’agresseur allemand, ce naturaliste russe se porte volontaire pour aller au front. Le 1er juillet 1941 , il rejoint la milice populaire de Leningrad. Lors des combats avec les ennemis sur le front, il est blessé près de la ville de Krasnoïe Selo puis commotionné près de la ville de Kolpino. Il est amené à Leningrad, qui est déjà assiégée. Après s'être remis des effets de sa commotion cérébrale, il se lance dans des travaux scientifiques : dans Leningrad assiégé, il travaille sur sa thèse de doctorat, ne l'interrompant que pour participer à la construction de la route de glace du lac Ladoga, la fameuse route de la Vie, ouverte le 20 Novembre 1941, et qui permit, au total, à 1 300 000 personnes de quitter la ville assiégée. Après la percée du blocus lors de l’opération Iskra de janvier 1943, le ZIN de l’Académie des Sciences peut finalement être transféré au Tadjikistan, et Stroganov s’installe à Douchanbé jusqu’en 1945, étudiant intensément les espèces de vertébrés méconnus d’Asie Centrale. Il réussit à explorer la tanière du tigre, en rampant sur près de deux cents mètres le long du sentier tracé par les nombreux passages du félin - un tunnel de végétation sauvage. La bête faisait toujours sa tanière à l'ombre des arbres, elle était couverte d'herbe piétinée, et à côté d'elle se trouvait une zone d'environ quarante mètres carrés, toute tassée et jonchée d'ossements d'animaux que le propriétaire des lieux avait tués. Il y avait une odeur âcre et nauséabonde tout autour. S. O. Stroganov conclut ses observations par la description suivante : « Le tigre de Touran est audacieux, secret et très sensible. Vous pouvez vivre de nombreuses années dans des endroits où vivent des tigres et ne jamais les voir. »

LA ROUTE DU DESTIN. Lors d'une de ses chasses dans une zone marécageuse de la région de Tchernigov (qu'il dirige entre 1078 et 1094), celui qui deviendra Grand Prince de Kiev à partir de 1113, Vladimir Monomaque, est attaqué par une "bête féroce" ("lyuty zver") qui bondit sur son cheval, provoquant la chute de la monture et de son cavalier.

Sur la route de Tchernigov...

Saül chute de son cheval sur le chemin de Damas, frappé par la Révélation Divine... Tableau du Caravage.

La victime ne lui donne pas d'autre dénominatif, alors que les autres prédateurs (ours, loups...) sont parfaitement identifiés par leurs noms d'espèce respectifs. Vladimir Heptner conclura en 1969 que l'agresseur était  un tigre (dès 1936, le zoologiste Boris Jitkov en avait d'ailleurs déjà émis l'hypothèse) . Cette façon qu'a cet animal de bondir sur les cavaliers se vérifiera et sera dûment répertoriée siècle après siècle, chez les mongols, les ottomans, les kirghizes, les cosaques... et encore une fois dans une ravine au Tadjikistan en décembre 1928... Dans ses "Instructions" (Poutcheniya detyam, 1096), voici comment le Prince avait contextualisé l'évènement : "J'ai lié de mes mains dix et vingt chevaux sauvages, des chevaux vivants, en chevauchant à travers la plaine... Deux aurochs m'ont renversé de leurs cornes, moi et mon cheval ; un cerf m'a blessé ; de deux élans l'un m'a piétiné, le second m'a blessé de ses cornes, un sanglier m'a arraché l'épée du côté, un ours m'a arraché la doublure du genou avec ses dents, une bête féroce a sauté sur mes cuisses et a renversé mon cheval avec moi ; et Dieu m'a gardé sain et sauf..."

LA LEGENDE RUSSE DE LA "BÊTE FEROCE". Par la suite, l'animal invisible est intégré dans les représentations collectives sous ce seul vocable, et on disait que cette bête vivait dans le sud ... Plus tard, les contacts de la Russie avec ses voisins se sont progressivement développés et des tigres de Perse et d'Asie centrale ont commencé à apparaître dans les ménageries royales et princières. Le marchand Fiodor Kotov, ayant vu un tigre touranien lors de ses voyages dans la ménagerie du Shah dans la ville de Qazvin, en a compilé une description dans les années vingt du XVIIe siècle. À cette époque, dans les livres russes, cet animal était appelé « babr » - un mot emprunté aux Turcs.

UN CONFLIT ENTRE SUPERPREDATEURS. Le Prince et le félin intervenaient dans la même niche écologique. L'un comme l'autre chassaient préférentiellement des chevaux sauvages, des aurochs et des sangliers géants. Le prince et son équipe pouvait tuer une centaine d'aurochs par an. Or, ce sont les aurochs, et notamment les grands mâles, qui régulent la population de tigres, et non l'inverse. Les buffles agissent de même en Afrique, en piétinant les portées des lionnes dans les marais, et, si possible, en tuant les lionnes elles-mêmes. Un souverain du Moyen-Orient en importa des milliers en provenance d'Inde au Moyen-Âge dans le but de protéger les troupeaux de ses sujets (Planhol)... Affaiblir ainsi la structure sociale des aurochs en visant prioritairement les grands mâles impliquait donc une sensible baisse de pression sur les tigres et facilitait leur croissance démographique. A contrario, capturer des troupeaux entiers de chevaux sauvages pour les domestiquer enlevait le pain de la bouche à des tigres plus nombreux, aux besoins alimentaires par conséquent plus importants. Enfin, l'invasion soudaine, massive et ostentatoire du territoire le plus intime du félin parachevait l'inévitabilité de la riposte. Qui, dans cette affaire, fut l'agresseur, et qui fut l'agressé?

DANS LE GRAND AMPHITHEATRE DE LA NATURE. "MONOMAQUE" est une épithète grecque qui signifie "LE GLADIATEUR"...

LION UKRAINIEN CONTRE TIGRE RUSSE. En 2021, Oleksandr Tsvelykh, chercheur à l'Institut de zoologie de l'Académie nationale des sciences d'Ukraineprivilégie lourdement l'hypothèse selon laquelle la "bête féroce" serait un lion, notamment développée par Charlemagne* en 1964, largement acceptée par nombre d'auteurs (comme l'indique Vladimir Heptner), sur des bases sans rapport avec l'étude de la biologie et de l'écologie réelle des grands félins, et pertinemment réfuté par Heptner lui-même en 1969. En particulier, l'analyse d'oeuvres picturales de la cathédrale de Kiev tendent à négliger le fait que l'art russe orthodoxe s'inspire directement, pendant tout le Moyen-Âge, des représentations byzantines, qui illustrent à la fois des scènes de la Bible et des réalités écologiques de cette péninsule hellénistique qui deviendrait plus tard la Turquie.

https://elementy.ru/nauchno-populyarnaya_biblioteka/436146/Zagadochnye_letopisnye_zhivotnye_Kievskoy_Rusi

Puis, dans une étude consacrée à la présence léonine dans l'ancienne Europe orientale, une étude ukrainienne (excellente et passionnante par ailleurs)**, publiée en novembre 2022, soutient également que la "lyuty zver" est un lion. Reconnaissant d'emblée qu'aucun indice archéologique n'indique la présence du lion d'Asie dans l'Europe médiévale, les auteurs font valoir notamment que la "bête féroce" est le dénominatif du lion dans la Bible. Pourquoi pas? Mais même dans le cas où le Prince aurait choisi cette référence (ce que, au reste, rien n’atteste dans ses « Instructions » (Poutcheniya detyam) dans lesquelles il mentionne cet épisode, comme nous venons de le voir), il l’aurait utilisée par pure projection (animal disparu de la région dès les débuts de l’ère chrétienne, connu de lui à travers quelques images pieuses?) face à un animal inconnu d’un volume et d’une détermination saisissante, à la hauteur duquel seule une évocation empreinte de sacré pouvait justifier la mésaventure princière. Tant d’autres après lui, et des siècles durant, nommeront « lions » les tigres qu’ils verront...  Ils indiquent aussi que seuls l'ours et le lion furent de dangereux prédateurs et compétiteurs de l'Homme dans les temps historiques (utilisant une référence sur l'Afrique orientale concernant les seconds). Ils ne mentionnent pas l'action récurrente et parfois gigantesque du tigre (en Asie méridionale et orientale notamment). Ils font valoir également l'abondance des références au lion dans les noms de lieux (comme la ville de Lvov par exemple). De fait, ceci ne prouve pas grand chose quant à une supposée présence persistante de l'animal réel dans la région (les Vénitiens "planteurs de lions", par exemple, utilisaient l'image de cet animal comme symbole de leur propre puissance, et ils furent très loin d'être les seuls dans des espaces vides de lions depuis longtemps).  Concernant l'espace ukrainien, l'abondance des références toponymiques au lion est directement liée à l'influence des tatars puis des ottomans, ces derniers ayant littéralement recouverts leur propre péninsule de zoonymes léonins (voir sur le sujet "Le paysage animal", Xavier de Planhol, 2004, page 557). Dans leur liste de travaux dont les auteurs semblent enclins à pencher pour l'hypothèse du lion, ils mentionnent l'étude de Vladimir Heptner publiée en 1969, dans laquelle celui-ci explique pourtant précisément et de façon étayée pourquoi la "bête féroce" du Monomaque ne peut qu'être un tigre. Le même auteur rappelle que les restes de lions découverts dans la rivière Ol'via (estuaire du Boug), abondamment mentionnés dans l'étude ukrainienne récente, appartiennent à la période allant du Vème au IIème siècle avant J.-C., qu'ils appartenaient à une ménagerie, et que, dès cette époque, c'est seulement leurs peaux et leurs os qui avaient pu être présentés au public... Comme nous le montrons dans le volet à venir (4B), le tigre a progressivement remplacé le lion en Eurasie occidentale puis en Asie centrale. Concernant le Caucase du sud-est (actuellement Géorgie, Arménie, Azerbaidjan), par exemple, cas très symptomatique et emblématique de ce phénomène  Heptner souligne que si, dans le Haut Moyen-Âge (à partir du IVème siècle) le lion était commun et chassé par les shirvanshaks (natifs de la région), ils ont totalement disparu de la région au Xème siècle, alors que les tigres prospéraient partout dans les plaines de ce même secteur entre Xème et XIIème siècles, voire plus tard, ainsi que dans les contreforts du Grand et du petit Caucase. Les grands félins lancéolés sont parvenus à se maintenir (en proportions moindres) dans le Caucase du Sud jusqu'au siècle dernier  (volet 3, mis en ligne le 25 de ce mois), soit 1000 ans après l'effacement de leurs cousins léonins.

 Nikolaï Vassilievitch Charlemagne (1887 – 1970), obtint le titre de candidat en sciences biologiques en 1936 sans soutenir de thèse ; en 1937, il soutint sa thèse de doctorat, intitulée « Zoogéographie de la RSS d'Ukraine ». Plusieurs de ses œuvres portent sur l'étude de la nature sous ses aspects historiques et culturels (par exemple, l'article « Faune et chasse aux alentours de Kiev il y a 900 ans » (1938), fondé sur l'analyse des fresques de la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev). À Kiev, alors occupée par les Allemands, il conserva son poste de directeur. En 1943, il suivit la collection du musée, transférée à Poznan (Pologne occidentale) par les autorités d'occupation . En 1945, il fut arrêté en Allemagne par les forces d'occupation soviétiques et rentra à Kyiv l'année suivante sans être inculpé, mais il ne fut plus autorisé à reprendre ses travaux scientifiques antérieurs. Après la guerre, il travailla au Département de la chasse et enseigna à l’Institut forestier de Kiev. En 1946, à propos du «Récit de la campagne d’Igor »,  Charlemagne fut le premier à suggérer qu'en Russie ancienne, « pardus » désignait le guépard. Cependant, son interprétation ne fut pas retenue. Dans plusieurs langues slaves (ukrainien, biélorusse, polonais, etc.), le mois de février était appelé « lyuty » ou « lutem ». La « bête de lyuty » est une figure assez mystérieuse du folklore russe.  N. V. Charlemagne suggéra que la « bête de lyuty » faisait référence à un lion des cavernes ayant survécu dans le sud de la Russie jusqu'au Moyen Âge. Cette idée fut soutenue par le zoologiste Igor Akimushkin.  Cependant, l'historien  V.V. Mavrodin a souligné que le climat de la Russie ancienne était mal adapté aux lions, qui évitent les zones forestières, mais parfaitement adapté aux léopards, qui vivent dans des conditions similaires dans l'Extrême-Orient russe, où les Cosaques et les explorateurs les qualifiaient de « bêtes féroces » aux XVIIe et XIXe siècles. Dans l’Azubrovnik, une encyclopédie russe du XVIe siècle, c'est le léopard qui est désigné comme la « bête féroce ». Mais seuls le lion et le tigre sont de facto en capacité de renverser à la fois cavalier et monture. Lucien de Samosate, auteur latin du IIème siècle de notre ère, évoque, à partir du témoignage que lui fit un scythe nommé Toxaris, comment, lors d'une chasse commune, un Scythe nommé Belit, descendant de cheval, se précipita pour sauver son frère juré Bast, qu'un lion avait déjà fait tomber de sa monture, saisi à la gorge et lacéré de ses griffes. Belit parvint à distraire le lion, mais la bête le tua également, recevant une blessure mortelle à l'épée au cours du combat. Les protagonistes de la bataille (les Scythes et le lion) furent enterrés selon la coutume scythe, dans des tumulus funéraires situés à proximité. Par ailleurs, une représentation remarquablement réaliste figurant sur un bol rituel en or (IVe siècle av. J.-C.) du tumulus de Solokha (Zaporozhye)  illustre, avec une précision ethnographique, deux Scythes, dont l'un abat un lion qui les attaque d'un coup de lance.  Et nous avons déjà mentionné plus haut, à propos du tigre, la "façon qu'a cet animal de bondir sur les cavaliers se vérifiera et sera dûment répertoriée siècle après siècle, chez les mongols, les ottomans, les kirghizs, les cosaques... et encore une fois dans une ravine au Tadjikistan en décembre 1928".

** On y découvre en particulier, une carte extrêmement bien faite de la présence du lion des cavernes et, à un moindre degré, du lion d'Asie dans les espaces correspondant aux actuelles Ukraine et Moldavie (seul le lion des cavernes est concerné dans le second cas). La présence du lion d'Asie en Europe orientale (à l'âge du bronze, en l'occurence), est également mentionnée en Hongrie et Bulgarie (d'où, comme dans l'espace ukraino-moldave adjacent,  ils seront remplacés par le tigre à partir du début de notre ère, à l'image de ce qui se produira dans l'espace caucasien quelques siècles plus tard, puis à partir de l'époque moderne en Asie centrale (volet 4BIS en préparation + travaux d'Annik Schnitzler 2019 dans le volet 3). La diminution de taille du lion des cavernes au cours du Pleistocène est aussi analysée, avec une très belle planche illustrative où sont inclus dans la comparaison les lions d'Asie et du Cap, et où l'on peut admirer un Prince qui régnait sur la région de Tchernigov de nombreux millénaires avant Vladimir Monomaque, et qui était un spectaculaire et fort robuste lion des cavernes... Voir le détail ici : 

https://link.springer.com/article/10.1007/s10914-022-09635-3

A SUIVRE. TIGRE EUROPEEN, ACTUALISATION. 4BIS. UN PARTAGE DU MONDE.

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LE RIVAGE

29 Mars 2025 , Rédigé par Alain Sennepin

Un cachalot (animal habitué aux très grandes profondeurs) a récemment été aperçu nageant dans un estuaire irlandais peu profond . Heureusement, l'animal a survécu à son périple anomalique. Ce mammifère marin, visiteur occasionnel des côtes de l'île d'Émeraude, a été aperçu dans l'estuaire de Waterford le matin du 25 mars. Ce plan d'eau, situé sur la côte sud du pays, relie trois rivières à la mer Celtique. Tout au long de la journée, le cétacé a remonté la côte, croisant un bateau de pêche, un ferry et un kayakiste, changeant parfois de direction. Des photos montrent le montrent s'aventurant près du rivage bordé d'arbustes, où l'eau n'atteint que quelques mètres de profondeur.

Le cachalot a été aperçu pour la dernière fois dans l'après-midi du 25 mars, semblant quitter l'estuaire. Depuis, aucune observation n'a été signalée.

Depuis 1990, 27 occurrences de cachalot(s) près des côtes irlandaises ont été relevées (dont 6 au sein même du système hydrographique interne à l'île).

Voir le détail dans l’article de Brendan Rascius, mis en ligne hier sur le site du Miami Herald.

https://www.miamiherald.com/news/nation-world/world/article303018459.html

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L'ENVOLEE BELLE

26 Mars 2025 , Rédigé par Alain Sennepin

Les lions du Gujarat méridional sont probablement plus nombreux qu'attendu. Lors du dernier recensement officiel de leur population, il y a 5 ans, 674 individus avaient été dénombrés. J'avais, à  l'époque, émis des doutes sur ce résultat, des informations fiables impliquant un nombre réel d'environ 800 individus. J'attendais donc le recensement de cette année, m'attendant à un effectif de 900 à 1000 grands félins (calcul intégrant croissance naturelle, épidémies et autres "accidents de parcours")...

Les résultats "officiels" seront publiés en juin prochain, et, en fonction des 900 empreintes différentes répertoriées, le résultat officiel sera vraisemblablement proche de ce nombre. Mais les observateurs insistent bien sur le fait que les lions repérés ne sont qu'une fraction de la population léonine de la région. Des membres haut placés du Département forestier de l'Etat allaient déjà bien plus loin que moi il y a 5 ans, en envisageant la présence d'un millier de lions, et non 674, ni même 800 ou 850. Aujourd'hui, ils considèrent que cette population se situe désormais entre 1400 et 1500 individus.  Voir le détail dans l’article d’Himanshu Kaushik (TNN) mis en ligne il y a 4 jours sur le site du Times of India.

 https://timesofindia.indiatimes.com/city/ahmedabad/official-lion-count-in-guj-likely-to-hit-900-mark-in-2025-census/articleshow/119315851.cms

 

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MYTHE PUISSANT, REALITE DISCRETE

26 Mars 2025 , Rédigé par Alain Sennepin

Lire, étudier, exige un effort qui n'est pas à la mode (de chez nous ou d'ailleurs)...

Quelle était l'apparence réelle du cachalot Moby Dick (avant que Fedallah mort soit attaché à son flanc, comme une baleine capturée l'était au flanc du navire) si l'on respecte l'ensemble des motifs descriptifs (chapitre 36) et un aspect oublié ou négligé du chapitre 54 (un morceau de la chemise rouge de Radney reste coincé entre ses dents)? Adam Mellion s'est efforcé de faire le tour de la question dans un article très circonstancié mis en ligne il y a 3 jours : Hast Thou Seen the White Whale, or : a long overdue correction of the pictorial record.

https://allvisibleobjects.substack.com/p/hast-thou-seen-the-white-whale?r=i2jq&utm_medium=ios&fbclid=IwY2xjawJQq0pleHRuA2FlbQIxMQABHY4vZTUpzxae438AGieQ2VaKoOadNrP2fZdK5UoTHBPcHjmUsGMOrYoZaw_aem_5Qcs6uGdEJfooxILPTcxFg&triedRedirect=true

La reconstitution par IA intégrant les différents éléments lui a fourni le résultat suivant (l'image peut être grossie pour une meilleure perception de chaque détail, sur le site de l'article) :

 

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TIGRE EUROPEEN, ACTUALISATION. 3.

25 Mars 2025 , Rédigé par Alain Sennepin

LE JARDIN D'EDEN. Ceci fait suite aux 2 précédents volets d'actualisation des données et de l'approche du tigre en Europe, mis respectivement en ligne les 19 et 21 mars 2025.

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/03/tigre-europeen-actualisation.1.html

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/03/tigre-europeen-actualisation.2.html

Le tigre des forêts alluviales d'Eurasie évoluait au sein d'écosystèmes extraordinairement profus, des marais d'Europe orientale aux monts Altaï et Tian-Shan et à la basse vallée de l'Amou Daria et de ses affluents, en passant par l'Anatolie (ancienne "Asie mineure") et le Caucase... Une grande faune très riche y prospérait, et le grand félin avait tout loisir d'y déployer tous ses talents.

Le tigre prospère de l'Europe des marais lors de l'optimum médiéval est peut-être parvenu à se maintenir jusqu'au milieu du XVIIème siècle dans ces vastes espaces qui allaient, à l'Est, au delta du Don dans la mer d'Azov, et jusqu'à celui de la Volga dans la mer Caspienne. Lev Berg, dans son étude sur les régions naturelles de l'URSS,  met en évidence l'existence de formations naturelles particulières, comme des ravins (dont nous verrons dans notre 4ème volet sur la question à quel point leur rôle est déterminant dans la défense du territoire par le félin), ainsi que d'étranges dépressions circulaires peu profondes, véritables soucoupes occupées par de petits lacs ou marais, à partir desquelles le grand chat, dans la brume matinale, peut assaillir ses proies tel un prédateur aquatique comme le crocodile (comme peut le faire le tigre de l'Amour en prédateur marin, dissimulé dans la mer du Japon à quelques mètres de la plage, que les scientifiques nomment "stratégie du brouillard") comme le précisent Heptner et Sludskii dans leur revue générale des mammifères de l'URSS. Le tigre peut aussi adopter une posture ursine de pêcheur, qui manifeste son contentement goulu en consommant les carpes qu'il capture, pendant que d'autres, comme les sangliers, pratiquent une pêche collective...

L'Anatolie fut, depuis l'Antiquité, à tout le moins, un vaste espace de prospérité pour le lion, qui s'y maintint jusqu'au XIXème siècle, tigre et léopard poursuivant l'aventure jusqu'aux dernières décennies du siècle dernier...

Dans le Caucase du Sud-Est (Monts Talysh, sud de l'Azerbaidjan), le tigre, officiellement disparu en 1932, est en fait toujours présent en 1964, comme l'établit Xavier de Planhol dans son monumental "Paysage animal" (comme pour le lion de l'Atlas présumé disparu dans les années 20, mais qui a survécu au Maroc jusqu'au milieu des années 60...) Pour rappel (2ème volet, 21 mars), c'est lors de son expédition dans ce secteur (de 1897 à 1899) que Constantin Satounine sera confronté au "géant grisâtre de Goytepe", mais aussi, préalablement, à une femelle d'homme sauvage (voir à ce sujet le passionnant mémoire de Boris Porchnev publié à la fin des années 60 du siècle dernier). Selon Porchnev, L'homme sauvage, à une échelle géographique beaucoup plus vaste, évolue dans  les mêmes espaces que le tigre, dans les marais d'Europe orientale d'une part, dans les basses vallées d'Asie centrale où ses populations atteignaient un degré d'épanouissement hallucinant, d'autre part (Porchnev) , et ce précisément dans les secteurs où le tigre était lui aussi à un climax non moins impressionnant (Heptner & Sludskii) dans les roselières TUGAÏ  de la basse vallée où se forme l'Amou-Daria à la confluence des rivières Vakhch et Piandj,  ainsi que dans les contreforts montagneux environnants, riches en pruniers, pommiers, noyers, églantiers, amandiers, buissons d'aubépine, muriers, rhubarbe... au fond de ces défilés, les crapauds verts pullulent, les poissons abondent... (Porchnev). 

Mais le tigre peut vivre aussi dans des zones particulièrement arides. Dans sa description d’un voyage au Lop-Nor (immense marécage salé constituant le débouché du fleuve Tarim à l’est du déset du Taklamakan, en Chine occidentale), Nicolas Przewalski cite le félin parmi les mammifères les plus communs de la région, plutôt pauvre en faune et rude en climat. Du fait de la rareté des ressources, ces félins sont toutefois plus petits que leurs congénères (voir le détail, les anecdotes les concernant et leur extinction dans les années 1930 ici) :

 https://europe-tigre.over-blog.com/2023/04/il-y-a-un-temps-pour-la-guerre.html


LA NATURE, SOCLE ET MATRICE. En Kirghizie, la Nature est historiquement généreuse à un point tel qu'elle permet l'épanouissement de tous. Les plus vieilles pommeraies naturelles du Monde (dans les monts Tian Shan, au Nord-Est du pays proches du Kazakhstan et de la Chine occidentale) et la plus ancienne et gigantesque forêt de noyers (dans l'Ouest), remontent toutes à des millions d'années. Les ours assurent aux pommes leur vigueur, saveur et résistance aux maladies en les consommant de façon sélective. Ils opèrent de même avec les poires (en effet, certaines pommeraies sont mixtes, avec poiriers, abricotiers, prunelliers, aubépines, sorbiers.)

https://histoiresdeforets.com/voyages-et-forets/nature-et-culture-au-coeur-de-lasie-centrale/

L'ours protège et assure la croissance de la forêt fruitière, comme le fait le sanglier avec la grande noyeraie. Le tigre semble, quant à lui, se limiter aux aux olives sauvages de l'oléastre, et aux baies de l'argousier (son congénère de l'Amour consomme les grosses graines riches en huile du Pin de Corée) ...  D'autre part, sa dominance écologique limite mais n'empêche pas la présence du lion. Schnitzler, A., & Hermann, L. (2019). Chronological distribution of the tiger Panthera tigris and the Asiatic lion Panthera leo persica in their common range in Asia. Mammal Review49(4), 340-353. 

Qui plus est, sur les pentes du plus haut sommet des monts Tian-Shan (qui culmine à 7439m, pic Jengish Chokusu (en kirghiz), Pobeda (en russe), ce qui , dans les 2 cas, signifie "La Victoire" ) vivaient encore 600 onces (!) avant l'effondrement de l'Union Soviétique.  Victoire au manteau constellé d'edelweiss, la montagne cristallise ses diamants. S'il restait un endroit au monde où des hommes sauvages pouvaient encore subsister  jusqu'à cette période , c'est peut-être bien sur les pentes de cette montagne. Ceux-ci se nourrissaient des cadavres d'ongulés charriés par les torrents ou tués par les prédateurs. Ils bénéficiaient de la technique de l'once qui provoque parfois la chute de plusieurs mouflons ou bouquetins et n'en consommant qu'un seul (Porchnev). Le même auteur précise que ces créatures étaient protégées par les pratiques lamaïstes. La pharmacopée locale confectionnait des onguents à partir de la graisse de jeunes individus, et des lois étaient édictées pour "préserver la ressource"... Et la revue scientifique "Cat's News"  avait noté, il y a quelques années, une corrélation entre la présence des monastères et la prolificité des onces... Voir aussi :

https://www.nbcnews.com/sciencemain/surprising-ally-protecting-snow-leopards-buddhist-monks-8c11088007

La Nature produisant les meilleures pommes et noix du Monde, et permettant la cohabitation du Tigre, du Lion, du Léopard et de l'Once a tout naturellement produit la plus grande Epopée au Monde, le MANAS (2 fois le Mahabharata) où tous ont la part belle... et dont voici une citation introductive : 

Savez vous qu’il y a d’innombrables merveilles

Tout au long de la route que nous emprunterons ?

Tchingiz Aïtmatov, grand écrivain et petit-fils de pasteur nomade, raconte, dans son dernier livre publié peu avant sa mort en 2008, l'entrée en solitude, lors du basculement du pays dans une modernité post-soviétique destructrice de toutes les valeurs humaines, d'un journaliste jusqu'alors réputé, ainsi que d'une once mâle. Les deux trouvent la mort côte à côte dans une grotte de montagne... En Mars 2016, alors qu'il était Président du pays, Almazbek Atambayev, après avoir réquisitionné Shamshy, une ancienne concession de chasse au trophée de 260 kilomètres carrés située dans le nord des Monts Tian Shan, pour être transformée en réserve naturelle entièrement protégée pour les félins, déclarait : « Depuis la nuit des temps, le peuple kirghize considère le léopard des neiges comme un animal sacré et comme le gardien des guerriers kirghizes. Ce n’est pas un hasard si le premier chef kirghize a reçu le nom de Barsbek, ou Maître des Léopards*. Il est incompréhensible que des hommes kirghizes, descendants des léopards des neiges, tuent ces félins et vendent leur fourrure en vue de la fabrication de chapeaux et de manteaux. Ces hommes peuvent difficilement être qualifiés “d’humains. ” Celui qui tire sur un léopard des neiges tire sur son propre peuple. Celui qui vend des peaux de léopards des neiges vend son propre pays. »

Oleg Pavlovitch Bogdanov, zoologiste ouzbek, précise même, dans son ouvrage sur les animaux rares d'Ouzbekistan (1990), que des dessins pariétaux kazakhs illustrent des épisodes de chasse au markhor ou l'auxiliaire du chasseur est une once apprivoisée.

LA GRANDE FAUNE HISTORIQUE DU TIGRE, D'OUEST EN EST. Si l'Aurochs est plutôt occidental*, l'once et le yak sauvage plutôt orientaux, les autres représentants de la mégafaune sont présents sur l'ensemble de l'ère de distribution du grand félin : chevaux sauvages (proies préférentielles du tigre et présents en troupeaux immenses (un peu plus à l'est, Johann Gmelin en découvre encore 6 troupeaux en 1768 dans une Russie occidentale profuse : l'année suivante, sur la Volga, il assiste à la capture de 500 esturgeons bélugas géants en moins de 2 heures (!!), l'un d'entre eux porteur de 165 litres de caviar) sangliers, chameaux sauvages (présents, par exemple, dans les steppes du sud de l'actuelle Ukraine jusqu'au XVIIIème siècle, rendus à la vie sauvage lors de l'effondrement de la Horde d'or), mouflons et bouquetins, léopards, lions et hommes sauvages.

*Voir aussi le cas d'un vraisemblable descendant nain du rhinocéros des prairies , sans doute  présent en Europe orientale lors de l'optimum médiéval humide et dont les populations furent victimes d'un épisode particulièrement terrible du petit âge glaciaire en 1560 (X. de Planhol). Son congénère plus ancien est évoqué ici :

https://europe-tigre.over-blog.com/2024/09/l-event-reprend-ses-tours-ou-le-rhinoceros-de-troie.html

 

A SUIVRE : TIGRE EUROPEEN, ACTUALISATION. 4. LE GARDIEN DE LA FORTERESSE.

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TIGRE EUROPEEN, ACTUALISATION. 2.

21 Mars 2025 , Rédigé par Alain Sennepin

Ceci fait suite à "Tigre européen, actualisation. 1.", mis en ligne sur ce blog avant-hier 19 mars 2025.

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/03/tigre-europeen-actualisation.1.html

LES COULEURS DU TEMPS. Le tigre européen , s'il n'était pas aussi grand, statistiquement, que ses congénères des neiges d'extrême orient, comptait néanmoins au sein de sa population un nombre significatif de très grands mâles aussi imposants que les géants orientaux. Par ailleurs, il était celui, parmi l'ensemble des représentants de l'espèce, dont la fourrure était du rouge le plus éclatant pendant l'été, et qui connaissait le changement d'apparence saisonnier le plus radical, son pelage devenant gris-brun pendant l'hiver, et d'une texture hirsute... 

LE GEANT DES MARAIS DE POLESIE. Pour déterminer le volume des plus grands mâles qui ont hanté les roselières d'Europe orientale lors de l'optimum médiéval, les éléments suivants sont susceptibles de nous apporter une aide précieuse. 1. Le tigre occidental le plus massif officiellement répertorié (et mentionné en tant que tel dans la plupart des travaux scientifiques consacrés à ce sujet) pesait 240kgs (semble t-il). C'était un animal tué dans le sud-est de l'actuel Azerbaïdjan (district de Goytepe) en 1899. 

https://bakuresearchinstitute.org/en/extinct-big-cat-in-azerbaijan-the-turanian-tiger/

Plusieurs auteurs, dont Heptner & Sludskii, reconnaissent que, eu égard au caractère particulièrement élusif de ce grand félin, des volumes supérieurs sont crédibles chez certains grands mâles. 2. Une information jusqu'alors méconnue par certains, négligée par d'autres, constate néanmoins, chez un individu en provenance de la steppe kirghize et capturé dans l'Altaï le 15 octobre 1839, une masse de 290kgs.

https://web.archive.org/web/20240227085909/https://altlib.ru/tigryi-na-altae/

Le "gros" félin de l'Altaï était trapu et râblé, n'ayant qu' une longueur corporelle d' 1,80m, à laquelle s'ajoutait une queue longue de 1m... Par contre, le tigre azéri avait une longueur totale quasi identique (à 1 cm près) à celle d'un très grand mâle sibérien pour lequel Nicolas Baïkov, pourtant habitué aux géants de la taïga, parle de "proportions colossales". Constantin Satounine, qui évoque le tigre de Goytepe dans 2 publications distinctes (1906 & 1915) le présente comme "au moins aussi grand qu'un cheval de cette région" et dit avoir découvert une empreinte aussi large qu'une grande assiette! On peut donc légitimement s'interroger sur la fiabilité de la pesée du corps d'un tel monstre... 3. Quoi qu'il en soit, les tigres qui évoluaient en Europe au Moyen-Âge vivaient dans un milieu d'une extrême richesse, et chassaient préférentiellement les grandes (voire très grandes) proies : sanglier de la variété Sus scrofa attila (dont les grands mâles peuvent atteindre 300kgs, et dont on a parfois trouvé le cadavre aux côtés de celui de son prédateur, les 2 combattants s'étant tués mutuellement), chevaux sauvages, aurochs (chasse solitaire, contrairement à celle des lions contre les buffles). Or, un milieu riche et de grosses proies impliquent un prédateur solitaire lui-même très grand. C'est le cas, de nos jours, pour les jaguars du Pantanal brésilien, 2 fois plus massifs que leurs congénères d'autres régions, et qui chassent des proies 2 fois plus volumineuses qu'eux-mêmes. Ce le fut plus encore pour le félin géant à dents de sabre des pampas, Smilodon populator, qui pouvait atteindre le volume d'un grand grizzly...  En fonction des données qui viennent d'être présentées, il me paraît donc raisonnable de conclure à l'existence, dans les marais de la Polésie médiévale, de géants de 320kgs, masse considérée comme habituelle chez les grands tigres des neiges de Mandchourie par Nicolas Baikov.

LA MARCHE DES SAISONS. Flamboyance estivale, grisaille hivernale. Karl Illiger, taxonomiste allemand, décrit en  1815 Panthera tigris virgata comme "un petit tigre grisâtre" (a t-il étudié un jeune individu pour évoquer cette petitesse?)... La fourrure du grand tigre azéri évoqué plus haut, abattu au cours de la saison hivernale (à la fin du mois de février), est décrit par Satounine comme d'une couleur terne gris-brunâtre. Les stries de l'animal sont indistinctes, il a une apparence hirsute. Au contraire, lors de la période estivale, le manteau de l'animal étincelle et irradie littéralement. Le ROUGE de son pelage est profond, ce qui lui offre une dimension charismatique particulière, dans les représentations des communautés eurasiennes de la Mer Noire à la boucle occidentale du Fleuve Jaune (les populations iranophones du Caucase et d'Asie centrale le nomment "Qezel Shir", qui signifie "Lion écarlate",  Gengis Khan monte sur le trône mongol en 1206, année du Tigre Rouge dans le calendrier astronomique chinois). Ses stries sont d'un cannelle étincelant. Quand l'animal bondit à toute vitesse du mur de roseaux et ne peut qu'être entraperçu dans un flash solaire éblouissant, il apparaît d'un gris métallisé aux reflets verdâtres à l'observateur sidéré ...

https://europe-tigre.over-blog.com/2017/10/les-perses-et-le-lion-rouge.html

Du manteau de porphyre au touradon géant... Le même animal revêt donc des apparences bien différentes selon les saisons. Qui plus est, le tigre connaît de multiples techniques de dissimulation, qui prennent en compte des paramètres variés. En ce qui concerne l'habitant des roselières, le milieu marécageux permet même un véritable déguisement sous une "cape d'invisibilité". Sous une autre latitude, mais dans un milieu comparable, on connaît le cas d'un tigre qui défraya la chronique sur l'île de Chin-Do, à l'extrême sud-ouest de la péninsule coréenne, des années 1880 au début du XXème siècle. L'animal était connu pour se recouvrir d'une boue gluante à laquelle s'amalgamaient feuilles et herbes... Au coeur du marais, indiscernables, touradon géant de carex (voire mottureau et même hummock), sanglier pêcheur dans sa bauge discrète, créature cryptique aux yeux d'émeraude...  Près d’un siècle plus tard, Tim Cahill évoquait un tigre d’Anatolie orientale de teinte olivâtre (« khaki fur »)…

https://books.google.fr/books/about/Hold_the_Enlightenment.html?id=hiirAAAACAAJ&redir_esc=y

https://europe-tigre.over-blog.com/2017/07/enfer-vert.html

A SUIVRE. TIGRE EUROPEEN, ACTUALISATION. 3. LE JARDIN D'EDEN.

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TIGRE EUROPEEN, ACTUALISATION. 1.

19 Mars 2025 , Rédigé par Alain Sennepin

Lové dans les fourrés de l’Histoire, indifférent aux hystéries simiesques du présent, le chat grisâtre porte son regard émeraldien magnétique, rayonnant d’une soyeuse iridescence, vers une renaissance de son empire.

La découverte, ces derniers mois, de documents (anciens ou récents) dont je n'avais pas eu connaissance jusqu'alors, m'ont amené à une relecture des nombreuses sources sur lesquelles j'avais travaillé il y a des années pour établir le portrait, l'histoire et les perspectives de cet animal singulier qu'est le tigre européen. Le recoupement de celles-ci avec les données "nouvelles" (en tout cas pour moi) sur le sujet ont mis en lumière une réalité un peu (voire plus...) différente de celle que j'avais privilégiée jusqu'à présent. Je mets donc en ligne, à partir d'aujourd'hui et en plusieurs fois, les résultats de mes recherches récentes. J'y évoque les aspects méconnus de sa Personnalité, de son rôle dans l'Histoire, et de ses perspectives d'avenir dans une réalité mouvante. La mise en ligne conclusive de cette série est prévue le 19 mai prochain.

Projet Kazakhstan, vers la reconquête de l’Ouest.  En 2024, des mesures concrètes ont commencé pour réintroduire le tigre dans le Sud-Est de ce pays ; deux tigres de l’Amour (un mâle et une femelle) ont été amenés dans la réserve d'Ili-Balkhash. Le couple ne sera pas relâché dans la nature, et vivra dans un enclos. Les gestionnaires de la réserve espèrent obtenir une progéniture du couple, qui à son tour subira une adaptation au climat local, une sorte de programme de « formation », sur la base des résultats duquel une décision pourra être prise s'ils sont prêts pour une libération ultérieure dans la nature et seront capables de vivre de manière indépendante.

Un point d’étape a été établi le 18 février dernier entre russes et kazakhs.

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/02/kazakhstan-c-est-pour-bientot.html

Ces tigres proviennent de l'extrême-orient russe. (Pour rappel), ceux-ci sont les plus proches parents (génétiquement parlant) des tigres européens.

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0004125

Dans la dernière décennie du siècle dernier, le tigre russe semblait voué à une extinction imminente. L'impressionnant retournement de situation qui s'est opéré depuis lors en ce qui le concerne (750 individus, à tout le moins, recensés aujourd'hui) a également modifié favorablement la situation en Chine septentrionale, et les perspectives au Kazakhstan...

1. TIGRE EUROPEEN, RAPPEL : Distribution crédible du tigre en Europe lors de l'optimum médiéval (950-1250). Marais de Polésie (principalement nord de l'actuelle Ukraine et Sud de l'actuelle Biélorussie -les 2 "portes" urbaines de la Polésie telle qu'elle est aujourd'hui sont la ville russe de Briansk à l'Est et la ville polonaise de Lublin à l'Ouest-), vallée de la Haute Narew (Amazonie polonaise), puszta hongroise (ex "steppe pannonienne") jusqu'au lac Fertö/Neusiedl (Hongrie occidentale et Autriche orientale), delta du Danube et carpathes, côtes de l'actuelle Bulgarie sur la mer Noire et monts Rhodopes. La présence du tigre dans ces régions a, qui plus est, vraisemblablement excédé l'horizon temporel de l'optimum médiéval, et leur maintien dans tout ou partie de cet espace peut être envisagé jusqu'à la moitié du XVIIème siècle, à tout le moins... Par ailleurs, bien que n'ayant pas de témoignage écrit sur la question, il n'est pas exclu que le tigre ait été présent en zone baltique pendant une partie du Moyen-Âge, des actuels pays baltes aux 2 rives du golfe de Finlande : UN TIGRE EUROPEEN DES NEIGES, EN QUELQUE SORTE? 

https://nordikstore.fr/thofnir-hogni-chats-deesse-freyja/

A SUIVRE... TIGRE EUROPEEN. ACTUALISATION II. "LES COULEURS DU TEMPS".

 

 

 

 

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CONFLIT INCESSANT

4 Mars 2025 , Rédigé par Alain Sennepin

Ceci fait suite à « L’ombre et la proie » mis en ligne le 27 février dernier.

 

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/02/l-ombre-et-la-proie.html

Maharashtra du Nord-Est, nouvelles victimes, côté humain cette fois-ci. Santosh Bhauji Raut, un fermier de 45 ans, a été tué et partiellement dévoré à la nuit tombée du samedi  1er mars, près du village de Ganpur. Il était marié, et avait un fils et une fille. Et hier matin, on a retrouvé le corps mutilé de Vinod Chhotelal Chimote, pêcheur de 35 ans. Celui-ci avait été mortellement agressé la veille au soir, puis partiellement dévoré, alors qu'il revenait à moto d'une vente de poissons pour rentrer dans son village de Keli. Voir le détail dans les articles de Mazhar Ali et Anil Jadhav, respectivement mis en ligne hier et aujourd’hui sur le site du Times of India.

https://timesofindia.indiatimes.com/city/nagpur/farmer-killed-in-tiger-attack-in-chamorshi/articleshow/118668064.cms

https://timesofindia.indiatimes.com/city/nagpur/tiger-kills-fisherman-in-melghat/articleshow/118691655.cms

 

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