NAPPE NIVALE
Un grand tigre inconnu est apparu dans le secteur de Buxa (extrême Nord-est du Bengale occidental), vraisemblablement venu du Bhoutan par un corridor himalayen. IL y a 3 ans, d'autres tigres s'étaient rendus provisoirement à Buxa, en provenance de la réserve de Manas (Assam) par un corridor qui est désormais plus malcommode d'utilisation. Une grosse soixantaine de tigres vivaient à Manas en 2022, les bhoutanais étant plus de 90. Selon les spécialistes, Buxa pourrait progressivement abriter une population tigréenne résidente à plein temps, car une nappe nivale de conurbation et d'expansion jusqu'à ce parc national (officiellement sans présence tigréenne depuis 2018) tend à se constituer entre le Bhoutan méridional et l'Assam occidental. Voir le détail dans l'article de Krishnendu Mukherjee mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.
UN PETIT CHAT PEUT EN CACHER UN GROS...
Le photojournaliste de TASS, Yuri Smityuk, et le photographe animalier Ivan Borovkov travaillent sur le chat sauvage d'extrême-orient depuis des années. « Il y a quelques années, Ivan et moi avons commencé à nous rendre régulièrement dans des zones protégées pour photographier les rapaces migrateurs qui passent l'hiver au Primorié. Un jour, par pur hasard, près du lac Khanka (où se déroule la scène de confection de la hutte en roseaux dans le film "Dersou Ouzala" d'Akira Kurosawa), nous avons croisé et photographié un chat sauvage d'Extrême-Orient, dont la beauté et le charisme nous ont émerveillés. Les photographes de renom viennent immortaliser les tigres et les léopards d'Extrême-Orient, mais personne ne s'intéresse à ce petit félin menacé. Pourtant, ses photos ont suscité un vif intérêt sur les réseaux sociaux. Nous avons donc décidé de créer un projet photographique sur ce chat, afin de le montrer dans son habitat naturel. Nous l'avons photographié à main levée, mais aussi à l'aide de pièges photographiques qui transmettent les informations via une carte SIM. Dès la deuxième année, nous avions rassemblé de nombreuses images : un chat sur un chemin de campagne, un chat chassant, un chat avec une proie. Il semblait même s'être habitué à notre présence et nous montrait une souris qu'il avait attrapée », raconte Yuri Smityuk. Les photographies ont été reconnues dans plusieurs concours prestigieux, et l'une des photographies de Yuri Smityuk a remporté le concours photo « Le plus beau pays » de la Société géographique russe.
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Dans le cadre de ce projet, les photographes ont même contribué à la science en révélant des faits jusque-là inconnus sur le chat sauvage d'Extrême-Orient.
Parfois, l'inattendu surgit... « Nous voulions photographier un félin se promenant le long d'une rivière gelée, scintillante sous la neige. Nous avons installé des pièges photographiques et attendu. Puis un jour, nous avons commencé à recevoir des messages de l'un d'eux. Il s'est avéré qu'un félin avait emprunté le sentier, mais pas celui que nous attendions. C'était un jeune tigre vivant dans la région avec sa mère. Intrigué par l'un des appareils, il a profité d'un moment d'inattention de la tigresse pour faire une petite bêtise : il a laissé tomber le piège, a joué un peu avec, puis, avec sa griffe, comme avec un scalpel, a coupé le fil reliant la caméra au détecteur de mouvement », a expliqué le photographe.
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Voir le détail dans l’article mis en ligne hier sur le site du centre Alekseeva (Primorsky Krai) pour la Réhabilitation et la Réintroduction du Tigre de l’Amour :
https://amur-tiger.ru/news/v-primore-fotografyi-ohotilis-na-malenkogo-kota-a-poymali-bolshogo-1510
FRONT AURIFERE
Voir les références d'un épisode historique de la région en bas de page.
Un projet d'exploitation minière d'or menace l'intégrité de la réserve de Sikhote-Alin. Voici le commentaire sur le sujet de la directrice de la réserve, Svetlana Sutyrina, suite à la réunion tenue le 21 janvier 2026 sous la présidence du vice-président du gouvernement du kraï de Primorié :
« Les travaux d'exploration actuellement menés sur le terrain par le système de missiles de défense aérienne Glukhoye se sont jusqu'à présent déroulés dans le respect de la législation en vigueur. Toutefois, le projet de développement ultérieur suscite de vives inquiétudes. »
L'une des premières étapes de la mise en œuvre du projet consiste notamment à modifier les limites de la zone protégée de la réserve et à amender le règlement relatif à cette zone, ce qui permettra des activités auparavant interdites par le régime de protection spéciale.
La mise en œuvre d'un projet minier de grande envergure dans la zone protégée fait peser des risques sur la préservation des complexes naturels et des écosystèmes de la réserve.
Notre principale préoccupation concerne l'impact potentiel sur les cours d'eau, notamment le haut des affluents de la rivière Kolumbe, l'une des voies navigables essentielles de la réserve, située sur le versant ouest des monts Sikhote-Alin. Tout projet d'envergure dans cette zone pourrait entraîner des modifications du régime hydrologique et de l'état des écosystèmes aquatiques.
De plus, la mise en œuvre de ce projet interromprait la liaison entre la réserve naturelle de Sikhote-Alin et le parc national de la Légende d'Oudége. Ce corridor est essentiel à la conservation du tigre de l'Amour et d'autres grands mammifères. L'importance de tels corridors est également soulignée dans la Stratégie pour la conservation du tigre de l'Amour en Fédération de Russie.
Autre point important : la réserve naturelle de Sikhote-Aline est un élément essentiel du site du patrimoine mondial de l’UNESCO du Sikhote-Aline central, le seul site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le kraï de Primorié. Par conséquent, toute proposition de modification de son régime de protection doit faire l’objet d’une analyse de son impact potentiel sur l’intégrité du site et sur le respect des obligations internationales de la Fédération de Russie.
Nous estimons qu'il est fondamentalement important que la discussion de telles initiatives s'accompagne d'un examen complet, indépendant et fondé sur des données scientifiques.
Et voici celui de Sergueï Aramilev, Directeur du centre du Tigre de l'Amour :
« Toute exploitation minière implique un compromis entre la vie et la santé des citoyens, l'environnement et le profit commercial. Dans de tels cas, il est essentiel d'évaluer précisément les risques et de comprendre dans quelle mesure les profits d'une éventuelle extraction compenseront les dommages causés à l'environnement et à la population. »
L'exploitation aurifère est traditionnellement associée à la pollution des rivières, à la dégradation de l'environnement naturel de l'ensemble du bassin versant, à l'augmentation des inondations et à d'autres impacts négatifs. Conformément à la loi, les zones naturelles protégées d'importance fédérale, notamment la réserve, sont inviolables en matière de développement économique.
Il est donc essentiel de prendre en compte tous les éléments lors de la prise de décisions, notamment celles qui affectent les intérêts des communautés vivant en aval des sites d'extraction proposés. Les rivières sont traditionnellement prisées pour la pêche, y compris le tourisme sportif, tandis que les forêts constituent de précieux territoires de chasse et des habitats pour les espèces menacées. Il ne devrait pas arriver que le coût des dommages causés à la nature et aux populations dépasse largement la valeur de la ressource extraite.
Voir le détail dans l'article mis en ligne hier sur le site du centre Alekseeva (Primorsky krai) pour la Réhabilitation et la Réintroduction du Tigre de l'Amour :
Rappel d'un épisode historique méconnu. La fièvre de l'or s'était déjà emparée de la région dans les dernières décennies du XIXème siècle, du côté chinois de la frontière. Au printemps 1883, 3 pépites de bonne taille avaient été découvertes dans la vallée de la rivière Xiapigou ("Choltoula" pour les Russes), un affluent de l'Amour. Il s'ensuivit une véritable ruée internationale dans le secteur (principalement sino-russe, avec de nombreux prospecteurs d'autres horizons eurasiens et américains) sans l'assentiment des autorités russes et chinoises. Une ville populeuse vit le jour, on parla de "Californie sibérienne" (en 3 ans que durèrent ces évènements, 7 tonnes d'or furent retirées de la rivière), des scènes baroques et surréalistes dont même les westerns aux scénarios les plus débridés sur le sujet n'offrent qu'une pâle copie étaient quotidiennes. La "République libre de Choltouginsk" fut fondée lors de l'été 1884, les troupes chinoises y mirent fin dans les premières semaines de l'année 1886. Voir le détail dans : Michel Jan. 2003. Cruelle est la Terre des frontières. Petite Bibliothèque Payot. Pages 54-61.
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COMMENT RETROUVER SON CHAT
UNE ALLIANCE IMMEMORIALE.
Ceci fait suite à "Racines de notre Avenir" et "Remodelages. 2. Alidor, mouvement tectonique", respectivement mis en ligne les 29 juillet et 4 décembre derniers.
https://europe-tigre.over-blog.com/2025/07/racines-de-notre-avenir.html
https://europe-tigre.over-blog.com/2025/12/remodelages.2.alidor-mouvement-tectonique.html
Avec mes remerciements les plus chaleureux à Mme Larissa Issaeva pour m'avoir indiqué gracieusement les références des travaux du professeur Podmaskin. Большое спасибо, Лала!
En Septembre prochain, sera publié un ouvrage sur l'histoire des relations des peuples autochtones du Bas-Amour et de Sakhaline avec le Tigre du Nord. L'auteur de cette somme est l'anthropologue russe Vladimir Victorovitch Podmaskin, 87 ans, docteur en sciences historiques, professeur et chercheur principal à l'institut d'Histoire, d'Archéologie et d'Ethnographie de la branche extrême-orientale de l'Académie des Sciences de Russie. Déjà, en décembre 2020, le professeur avait réalisé un article circonstancié sur le sujet, riche d'une foultitude de matériaux scientifiques sur le sujet totalement inédits, et qui, selon les mots de l'auteur, constituent une source précieuse pour l'étude de l'histoire des conceptions préhistoriques du monde. En effet, ces populations ont conservé vivantes des représentations qui s'inscrivent dans un passé vieux de plusieurs dizaines de milliers d'années à tout le moins. L'auteur a mené, pour mettre ces faits en lumière, des recherches ethno-linguistiques particulièrement approfondies.
Pendant des centaines de milliers d'années, les félins géants qui dominaient les écosystèmes afro-eurasiens et américains ont été à la fois des prédateurs et des protecteurs des hommes, assurant notamment à ceux-ci le couvert à travers les restes de leurs proies au cours d'hivers glaciaux où la mort rôdait sous de multiples formes. Les communautés humaines ont scellé des alliances intimes avec ces animaux qui étaient au coeur de toutes leurs représentations collectives. Les travaux du professeur Podmaskin montrent qu'il n'y avait aucune barrière interspécifique entre humains et félins, éclairent la nature des relations entre eux, et ouvrent des portes sur les rapports entre grands félins "modernes" et "disparus", ainsi que d'autres prédateurs préhistoriques, et sur la culture paléolithique du tigre et du léopard orientaux comme origine de celle du jaguar en Amérique.
Quelques exemples glanés ici où là dans la profusion...
De nombreux sanctuaires représentaient un vieil homme aux sourcils décolorés, à la barbe fournie et au visage jaune pâle ; son bras enlaçait un tigre qui, le dos arqué, le regardait droit dans les yeux. On croyait que le félin lui servait de monture, sur laquelle il parcourait sa montagne... Le tigre était nommé "vieil homme", "notre père à tous"... En mandchou, il y avait 8 façons de le nommer, sans parler des déclinaisons par sexe et par âge(s)... D'autres peuples utilisaient une terminologie plus ancienne, se référant peut-être à une créature primordiale de la région (Panthera fossilis?)...
UN VIEUX COUPLE ET LEURS CHATS. Chez les Goldes/Nanaï, le maître des tigres pouvait apparaître sous les traits d’un vieil homme aux cheveux gris vêtu de riches habits. Les Oroch décrivent les maîtres des tigres comme des créatures anthropomorphes : un vieil homme et une vieille femme, vivant sur la moitié lunaire du territoire des tigres, dont ils contrôlaient les âmes...
LE NARAYAMA DES TIGRES. Un autre aspect du lien entre les animaux et leur vie est lié à l'habitude du prédateur de se reproduire mais aussi de mourir dans certaines zones de la chaîne montagneuse du Sikhote-Aline...
Le tigre ET LE LION (s’agit-il d’un Panthera fossilis ?) occupent une place centrale dans la sculpture cultuelle des chamans Nivkh, Oudégé, Nanaï et Orok. Des sculptures d'hommes assis sur un tigre ou un lion servaient souvent d'objets rituels. On trouve également des fétiches d'animaux prédateurs sans cavalier. Dans le culte des Orok, on note la présence d'un tigre à cornes, tandis que chez les Oudégé, les Ulchi et les Nivkh, il est ailé ,et guérisseur... Dans la mythologie ulchi, le tigre est le créateur de la taïga et le poisson, l'ancêtre de l'eau. "Le Soleil est un tigre, le Ciel est un dragon-serpent, la montagne est une barque"...
Le tigre est fréquemment dédoublé en deux expressions, l'une inoffensive, bénéfique et mutualiste, l'autre maléfique (parfois représentée par une créature plus petite qu'un chat)... Certains clans se vivent comme des hommes-tigres à l'apparence constamment interchangeable, où femmes et tigres, hommes et tigresses, s'unissent.
DIRUS. Les oudégués et les oroks évoquent aussi un canidé géant chassant en meute qu'ils nomment "loup rouge" mais qui ne semble pas être le dhole moderne mais plutôt son ancêtre géant Canis dirus... Le seul moyen de leur échapper était de construire une barrière sinueuse ou de se tenir sur une plateforme élevée.
UN BIENFAIT N’EST JAMAIS PERDU. Le peuple Nanai a un mythe sur des tigres orphelins élevés par des humains. Par la suite, les tigres aident le chasseur à obtenir beaucoup de nourriture et deviennent les protecteurs de la famille. Les Nivkhs connaissent une histoire sur la façon dont une bête est venue un jour à la demeure d'un chasseur avec une écharde dans la patte. L'homme a enlevé l'écharde et a enduit la plaie de résine d'arbre. Le prédateur reconnaissant le récompensa d'une riche proie.
RELATIONS TAXONOMIQUES ET BIOLOGIQUES AU SEIN DE LA GUILDE DES PREDATEURS PREHISTORIQUES. La panthère des neiges (once) est considérée dans la mythologie ulchi comme une descendante directe du tigre. Notons que les derniers travaux de taxonomie vont dans un sens inverse : le premier "pantherinae" au monde serait apparu il y a près de 6 millions d'années et serait un prototype d'once, dont aurait découlé dans un second temps une forme intermédiaire entre once et tigre... Le léopard était présent dans la région du Bas-amour et sur l'île de Sakhaline. Il profitait des reliefs de repas du tigre. Les Nanaï ont remarqué que le léopard est plus faible que le tigre, mais plus rusé. Généralement, lors d'un combat, il sort vainqueur. Le tigre ne l'attaque pas, mais tente de l'éviter. Ceci renvoie aux interactions possibles entre le lion géant américain Panthera atrox et le jaguar préhistorique Panthera mesembrina sur lesquelles je m'étais déjà interrogé le 20 octobre dernier :
https://europe-tigre.over-blog.com/2025/10/le-plus-grand-opera-de-tous-les-temps.html
Les noms du léopard chez les Oudégués et Nanaïs ont peut-être un lien étymologique avec le terme « jaguar », qui regroupait les grands félins dans le vocabulaire vernaculaire chinois et yuzon-américain, les seconds descendant de populations migrantes des premiers pendant un épisode froid de la préhistoire. SOLEIL DEVORATEUR... conséquence d'une rupture d'alliance ancienne à chaux et à sable...
Depuis près de 6 millions d'années, à travers tous les obstacles, nous sommes UN. Après des siècles "difficiles", la revigorisation des tigres du Nord et des lions asiatiques dans leurs foyers orientaux, et les premières étapes de leur nouvelle marche vers l'ouest... (voir ce que j'ai écrit à ce sujet les 1er et 19 janvier derniers) :
https://europe-tigre.over-blog.com/2026/01/2025-bilan-et-perspectives.html
https://europe-tigre.over-blog.com/2026/01/la-longue-marche.html
... nous permettront peut-être, dans un avenir pas trop lointain, de redevenir des HOMMES.
Un regard tourné vers l'Avenir. Le félin géant de Sakhaline porte symboliquement un oeil prospectif et visionnaire sur l'Histoire future (sculpture de 25m de long et de 7,8m de haut, inaugurée à l'automne 2023) :
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https://www.rbc.ru/life/news/655374479a79473386b7632e
LA LONGUE MARCHE
Ceci fait suite à "2025 : Bilan et Perspectives" mis en ligne le 1er janvier dernier.
https://europe-tigre.over-blog.com/2026/01/2025-bilan-et-perspectives.html
Après le retour des tigres au Kazakhstan, prévu pour les toutes prochaines années, des lions d'Inde s'installeront peut-être en Arabie Saoudite. Les grands félins recommencent à se déployer en Eurasie. Voir le détail dans l'article d'Edmund Bower mis en ligne le 4 janvier sur le site d'AGBI, et celui mis en ligne hier sur le site "Blog de la Refaunation".
https://www.agbi.com/tourism/2026/01/saudi-arabia-to-reintroduce-lions-after-more-than-100-years/
https://larcheplanetaire.canalblog.com/2026/01/arabie-saoudite-vers-le-retour-des-lions.html
REGENERESCENCE INDIENNE
Cet article a été actualisé au 9 janvier. Voir en bas de page.
LA REALITE COMMANDE. La culture indienne du tigre, multimillénaire, s'est évaporée au cours de la deuxième moitié du siècle dernier. Le Tiger Project, lancé en 1972, a sauvé l'animal d'une extinction à brève échéance, mais, par l'établissement de réserves d'où les communautés humaines étaient expulsées, a compliqué les rapports entre hommes désormais incultes (ayant perdu leurs savoir être et savoir faire en présence des félins) et tigres "vagabonds". Aujourd'hui, la réalité s'impose de vive force. Près d'un tigre sur trois vit désormais en dehors des réserves (plus de 1000 grands félins lancéolés), se déplaçant fréquemment sur de longues distances, multipliant ainsi les contacts entre les deux espèces sur tout le territoire, dans les champs, villages, villes, habitations*, et faisant ainsi émerger de nouveaux paramètres psychologiques et culturels pour les uns et les autres. Voir l'article détaillé et circonstancié de Riyan Ramanath V, Krishnendu Mukherjee, P Naveen & Shivani Azad, mis en ligne hier sur le site du Times of India.
L'intensification des contacts ne va pas sans une croissance des pertes, le réapprentissage croisé passant aussi par celà... Voir le détail dans l'article mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.
* Actualisation au 9 janvier. Voir un exemple particulièrement spectaculaire ici.
2025 : BILAN ET PERSPECTIVES
En fin d'année dernière, la situation des lions eurasiens (Panthera leo persica) et des tigres eurosibériens ( encore divisés en deux sous-groupes parfaitement artificiels dénommés à ce jour, contre toute raison scientifique : Panthera tigris virgata et Panthera tigris altaica - voir NOTE en bas de page-) est la suivante : les premiers sont entre 1400 et 1500 dans leur foyer gujarati... Voir KAUSHIK (Himanshu). Official lion count in Gujarat likely to hit 900 mark in 2025 census. Times of India. 2025 (22 mars).
... Les seconds probablement entre 850 et 900 dans le bassin de l'Amour (populations russe, chinoise, coréenne). Voir les articles qui leur sont consacrés respectivement le 25 décembre dernier sur le site du Centre Alekseeva (Primorsky Krai) pour la réhabilitation et la réintroduction du Tigre de l'Amour, et avant-hier (Auteur : Hou Liqiang) pour le China Daily :
https://amur-tiger.ru/news/sergey-aramilev-populyatsiya-amurskogo-tigra-stabilna-1500
https://www.chinadaily.com.cn/a/202512/30/WS69532aaaa310d6866eb31223.html
En Novembre dernier, avaient été observés pour la première fois depuis le début du siècle une mère et ses 5 petits en Chine du Nord-Est. Ceux-ci étaient probablement nés en juin 2025.
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Pour rappel, les lions eurasiens et tigres eurosibériens avaient failli totalement disparaître de leurs ultimes foyers respectifs (Gujarat méridional pour les premiers, bassin du fleuve Amour pour les seconds) dans la première moitié du siècle dernier. Les lions gujaratis avaient atteint leur "point bas" dès le début du XXème siècle, et les tigres amouriens trois décennies plus tard. Pour les uns comme pour les autres, leurs populations relictuelles n'étaient représentées que par quelques dizaines d'individus. Concernant leur présence en Europe, les lions avaient disparu de leur dernier foyer (Grèce centrale) au IVème siècle, les tigres ayant perduré par la suite dans le leur (bassin du Dniepr) pendant encore plus d'un millénaire, puis dans le Caucase jusqu'au siècle dernier.
LE PLAN DE REINTRODUCTION AU KAZAKHSTAN S'ACCELERE. Dans ce cadre, cinq spécialistes Kazakhs ont suivi une formation de deux semaines au cours du mois de décembre dans le territoire de Khabarovsk. Voir l'article mis en ligne le 24 décembre sur le site du Centre de Réhabilitation et de Réintroduction du Tigre de l'Amour.
CONSTITUTION D'UNE NOUVELLE "SOUS-ESPECE" (voir NOTE en bas de page) EN PERSPECTIVE? La sous-espèce de tigre touranien, qui peuplait autrefois la région, a disparu. Cependant, les conditions sont réunies pour l'introduction du tigre de l'Amour, car il est génétiquement très proche de la sous-espèce disparue. Si l'expérience est concluante et qu'une population stable se développe au Kazakhstan, une nouvelle sous-espèce de tigre pourrait voir le jour, selon Sergueï Aramilev, directeur du centre du Tigre de l’Amour.
https://amur-tiger.ru/news/sergey-aramilev-populyatsiya-amurskogo-tigra-stabilna-1500
Pour rappel : les tigres eurosibériens étaient présents en grand nombre (peut-être des dizaines de milliers) en Asie centrale jusqu'au XIXème siècle.
NOTE : Il s'agirait, en fait, plutôt de l'émergence à venir d'une nouvelle "sous-lignée" au sein d'une lignée unique : En 2009, Carlos Driscoll et son équipe avaient en effet montré que Tigre « de la Caspienne » (Panthera tigris virgata) et « de l’Amour » (Panthera tigris altaica ) représentaient une seule lignée. Dans leur conclusion, Driscoll et ses collaborateurs soulignaient qu’il convient d’officialiser dans la taxonomie la suppression de la terminologie « Panthera tigris altaica », et de retirer Panthera tigris virgata de la liste des animaux disparus. DRISCOLL (Carlos) et son équipe. Mitochondrial Phylogeography illuminates the Origin of the Extinct Caspian Tiger and its Relationship to the Amur Tiger. Plos one 4 (1), 14 janvier 2009.
https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0004125
Par ailleurs, comme nous l'avons largement montré à de multiples reprises sur ce blog entre les 19 mars et 11 juin derniers, la logique historique présidant aux dénominations scientifiques devrait logiquement induire que cet animal soit renommé Panthera tigris persica (ou hyrcanica).