MALADIES DU BETAIL
72 tigres sont morts de la maladie de Carré entre le 9 et le 18 février dans deux parcs privés (Mae Rim et Mae Teng) de la ville de Chiang Mai (au nord de la Thaïlande).
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Les cadavres ont été incinérés pour certains d'entre eux, enterrés après avoir été traités avec de puissants désinfectants pour les autres. Il n'y a pas eu de cas supplémentaire depuis une semaine, si d'autres animaux tombent malades, ils seront abattus.
En 2004, 70 tigres étaient morts de la grippe aviaire dans un zoo de la ville de Chonburi (côtière du golfe de Thaïlande), après avoir ingéré des carcasses de poulets. Voir le détail dans l'article mis en ligne hier sur le site du Bangkok Post.
VIE ET DESTIN
Cet article a été actualisé au 18, puis au 25 mars 2026 : Voir ** en bas de page.
UNE QUESTION DE SOUFFLE.
Ceci fait suite à « La Victoire est Belle » mis en ligne le 17 novembre 2022.
https://europe-tigre.over-blog.com/2022/11/la-victoire-est-belle.html
Aujourd’hui, de toutes les espèces de grands cétacés*, le grand cachalot (Physeter macrocephalus) est démographiquement le plus prospère. Hal Whitehead avait d’abord (2003) estimé sa population à environ 300 000 au début de ce siècle. Depuis lors, il a intégralement révisé et approfondi son approche, l’amenant à considérer (automne 2022) que les effectifs réels de l’espèce correspondaient presque au triple de ceux présentés dans un premier temps.
Pourtant, l’animal avait été intensément chassé sous toutes les latitudes pendant plusieurs siècles, avec une phase terminale paroxystique dans la deuxième moitié du siècle dernier, qui fut une tentative d’éradication complète et définitive, portée par des moyens d’une ampleur unique dans l’Histoire. Nous essayons donc, sinon d’expliquer, du moins de fournir quelques pistes pour sortir de cet apparent paradoxe. L’élément pivot nous paraît le suivant : dans une guerre, la première victime est la Vérité. Le Terrain, lui, ne ment jamais.
Dans son mémoire sur la chasse au cachalot (1955), Mario Ruspoli note que, contrairement aux autres espèces de grands cétacés, aucune limite dans le nombre de prises n’est fixée concernant sa capture. Son travail a été réédité le 6 de ce mois.
https://www.fabula.org/actualites/132667/mario-ruspoli-a-la-recherche-du-cachalot.html
Par ailleurs, en 1950, la Commission Baleinière Internationale a fixé à 11,6m la limite inférieure de taille pour les prises, cherchant en cela à préserver les femelles reproductrices. Ceci n’a jamais fait l’objet d’aucun contrôle, et n’a jamais été respecté : des années 50 aux années 70, la moitié des animaux capturés mesuraient 10m ou moins (comme l’a indiqué François Sarano dans son « Retour de Moby Dick » publié en 2017). La chasse au cachalot au XXème siècle a donc revêtu, après la défaite américaine dans sa guerre d’agression contre ces animaux au siècle précédent, un caractère résolument exterminateur, à une échelle inédite dans l’Histoire.
Une telle approche mérite d’être comparée à la destruction acharnée des dauphins et globicéphales en Méditerranée aux XIXème et XXème siècles (comme l’a magistralement montré Daniel Faget en 2009 puis 2017) et les bélougas du Saint Laurent canadien, dont les troupeaux étaient parfois visés par des bombes aériennes, et dans la destruction desquels les lieutenants de louveterie français étaient directement impliqués.
https://europe-tigre.over-blog.com/2025/10/addio-all-europa.html
http://www.louveterie.com/telechargements/actualites/lettre-de-la-louveterie-decembre-2025.pdf
Une telle attitude se rattache à un mécanisme psychologique présent dans l’humanité depuis la nuit des temps, et qui trouva une expression spectaculaire dans les rituels d’exécration à l’endroit des hippopotames et leur destruction présentée comme une purification des eaux du Nil, dans l’Egypte antique.
Ce processus mental est illustré avec limpidité dans « Moby-Dick » d’Herman Melville, et ce jusqu’à un niveau paroxystique, quand le capitaine Achab indique qu’il poursuivra le cachalot blanc « au-delà des flammes de l’enfer » (chapitre 36) « in nomine diaboli » (chapitre 113)...
Par ailleurs, Katrin Schmidt a démontré à quel point la culture pharaonique était présente dans le roman :
https://www.amazon.ie/Melvilles-Moby-Dick-als-alt%C3%A4gyptische-Seelenreise/dp/3839181747
https://www.amazon.ae/Alt%C3%A4gyptische-Motive-Herman-Melvilles-Moby-Dick/dp/3839163749
La destruction des cachalots au siècle dernier : questions en suspens
Au début du XXème siècle, particulièrement dans les années 10 et suivantes, le cachalot est tout aussi massivement chassé que les grands rorquals, de l’Alaska à la Terre de feu (principalement par les anglais et les norvégiens), mais sa chasse est beaucoup plus dangereuse, et sa capture beaucoup plus difficile. C’est en 1931 que britanniques et scandinaves mettent au point un mécanisme destiné officiellement à gérer rationnellement les populations de rorquals, et dans lequel les cachalots ne sont intégrés ni de près ni de loin.
On peut retrouver ici tout l’historique de ce système (« BWU », Blue Whale Unit) et de sa perversité intrinsèque, dont les effets ne feront que s’aggraver au fil du temps).
https://grokipedia.com/page/blue_whale_unit
Au milieu des années 30, les norvégiens réalisent plus de la moitié des captures des grands cétacés dans le monde entier.
Au cours de la seconde guerre mondiale, les norvégiens se livrent à une véritable hécatombe de cachalots au large du Pérou. Ils en capturent 6000 en 2 ans (1942/1943).
En 1947, un cachalot de 17m endommage sérieusement le baleinier soviétique « L’Enthousiaste » au large des îles du Commandeur (2 siècles après l’expédition de Vitus Béring dans le secteur et à cette occasion, la découverte des gigantesques Rhytines par Georg Steller, avant leur destruction, officiellement achevée en 1768)...
Au début des années 50, Georges Blond (dans sa "Grande Aventure des Baleines" met en scène le harponneur norvégien Einar Börnik, qui, en 20 ans, a plus de 5000 grands cétacés à son tableau de chasse, aussi bien rorquals que cachalots, et qui manifeste énergiquement sa frustration face aux toutes relatives mesures de protection saisonnières des rorquals bleus , rageant pour "toutes ces proies précieuses qu'il avait fallu laisser de côté, laisser s'ébattre joyeusement dans la mer, insolemment, alors que le canon était là, tout chargé, le harpon prêt à jaillir."
C'est l'époque d'une véritable ruée où chacun veut sa part. Le milliardaire grec Aristote Onassis possède alors une flotille pirate d'une quarantaine de navires qui fait des ravages dans les mers du Sud... A la fin des années 50, les plus grands rorquals sont d’ores et déjà quasi anéantis. Les années 60 à 80 concerneront très majoritairement les cachalots.
Schéma général, établi d’après les résultats de la littérature scientifique.
Cette fois-ci, les cétacés subissent des pertes gigantesques qui provoquent un déclin vertigineux de leurs populations. Les moyens mis en place pour ce faire sont d’une ampleur jamais vue.
Le massacre prend une ampleur cataclysmique, aussi bien dans le Pacifique Nord que dans l'océan austral. On évoque plus de 30 000 captures annuelles jusqu’en 1970. Le niveau réel des captures est systématiquement dissimulé aux instances internationales, femelles et jeunes tués massivement sont passés sous silence ou comptabilisés parmi les mâles adultes.
Les cachalots subissent un véritable étau, principalement soviéto-nippon, sans discontinuer pendant plus de trois décennies. Ils constituent la cible principale de la flotte soviétique dans le Pacifique Nord (plus de 80 % des prises de grands cétacés) .
Tout comme les japonais, les soviétiques non seulement sous-estiment leurs « prises » de façon systématique et dans des proportions hallucinantes, mais dissimulent aussi l'attitude des plus grands mâles (« Majors ») et la nature des affrontements avec ces êtres hors-norme, « incidents » non enregistrés sciemment la plupart du temps... Dans les années 50, Mario Ruspoli avait d’ailleurs illustré par nombre d’exemples spectaculaires que les cétacés combattants étaient dans les mêmes dispositions d’esprit qu’au siècle précédent et qu’ils étaient parfaitement résolus à ne pas s’en laisser compter. Les multiples exemples qu'il apporte, aussi variés que spectaculaires, confirment et même renforcent l'idée selon laquelle les années 40 et 50 du siècle dernier dans l'Atlantique Nord furent un copier/coller pur et simple, jusque dans les détails, de ce qui était advenu un siècle auparavant.
Personne, des enfants aux vieillards, en passant par les femelles enceintes, n'est épargné. Alors qu'au XIXème siècle, un navire effectuant une campagne de plusieurs années et revenant au port avec l'huile provenant de la capture de 40 cachalots avait pleinement rempli ses objectifs, la flotte du navire-usine Sovetskaya Rossiya tue 538 cachalots dans le Japan Ground en deux jours (31 mai et 1er juin 1963), alors que la chasse illégale sur une très vaste échelle ne commence vraiment que l'année suivante, et à « plein régime » jusqu'en 1971. Sarano (2017) estime que les très grands mâles qui avaient hanté les océans jusque là avaient pratiquement disparu en 1973, deux ans après ce pic septennal de massacres tous azimuts.
Les conséquences culturelles et civilisationnelles de cet anéantissement sont assurément considérables. La destruction des cadres militaires et sociaux (grands mâles et femelles conductrices) fragilise profondément la société, qui s'efforce de repartir tant bien que mal mais avec vigueur, sur de nouvelles bases depuis les années 80 (Sarano 2017).
La « culture globale » des années 1800 a été assurément bouleversée en grande partie par ce terrible épisode.
Le vaste clan situé entre l'Amérique du Sud et la Nouvelle-Zélande, repéré par Hal Whitehead en constitue peut-être le principal reliquat. Le Pacifique compte aujourd'hui quatre clans principaux aux typologies linguistiques distinctes mais suffisamment proches pour être apparentées. Ils constituent peut-être le résultat du fractionnement relatif de cette culture.
Questions.
1. Béances du dossier. Polarisation, invisibilisation.
SURCHASSE ILLEGALE. Yulia Ivashchenko et son équipe révèlent, dans plusieurs études publiées entre 2011 et 2017, l’ampleur de la destruction des cétacés par la flotte de pêche soviétique dans les années 60 et 70. En 2015, l’analyse de données de la flotte soviétique leur permet, qui plus est, de découvrir secondairement une activité illégale très intense pratiquée par les japonais. Leurs travaux impactent profondément la communauté scientifique internationale.
Il sont, dans leurs conclusions, encore en-dessous de la réalité, car les flottes baleinières capturent en réalité tout ce qui est à leur portée, grands et petits cétacés, autres mammifères marins, grands poissons, oiseaux de mer… La falsification des données est la règle non écrite, on mélange les huiles de plusieurs espèces en attribuant ce cocktail à une seule… En juillet 1962, l'équipage du baleinier soviétique "Buran" observe 6 rhytines de Steller (espèce officiellement éteinte depuis près de deux siècles) au sud de la Chukotka. Il n'y a guère de doute que ces créatures n'ont pas survécu longtemps après celà...
Par contre, cet effet polarisant invisibilise, du même coup les activités des Anglo-Norvégiens et leur influence, pourtant très significatives (comme nous le verrons en 2D).
2. La question culturelle.
Les cachalots ont su s’adapter avec une époustouflante efficacité à toutes les pressions de l’environnement, aussi denses et multiformes fussent-elles, au cours de leur longue histoire. Plus terribles ont été les agressions, plus profondes, rapides et originales dans leur jaillissement ont été les contre mesures adaptatives, comme ceci s’était produit au siècle précédent, et intégré chez les générations suivantes. Il ne fait guère de doute que leur comportement, sur tous les plans, au début des années 70, n’avait plus rien de commun avec ce qu’il était 10 ans plus tôt. Qui oserait comparer l’armée des confédérés en 1861 et 1865, l’armée ukrainienne en 2022 et 2026 ? Voici quelques pistes pouvant nourrir la réflexion.
2A. L’année 1963, un tournant ? Le carnage effectué par la flottille d’un navire-usine soviétique au printemps est sans équivalent dans l’Histoire. Sa résonance chez les cachalots a été assurément profonde et immédiate, et a probablement entraîné rapidement des remaniements profonds dans la stratégie de survie des cétacés. La destruction du baleinier norvégien « Durei » par un grand mâle la même année a peut être précédé une suspension de ce type d’initiative...
2B. Si notre intuition est fondée, certains grands mâles ont peut-être survécu au carnage, finissant leurs jours discrètement dans les années 80 ou 90. Mais par contre, les femelles ont probablement tout de suite opté pour une stratégie reproductive suspendant leur production au profit d’individus de plus petite taille. C’est ce qui a pu être constaté pendant plusieurs décennies. Les mâles ont été aussi probablement amenés à se reproduire plus jeunes. C’est la stratégie choisie par les rorquals à bosse pour restaurer leurs populations. Celle-ci, après quelques décennies ayant atteint ses objectifs, est désormais délaissée par une favorisation plus « traditionnelle » des « pères matures ».
La structure sociale chez le cachalot sous-tendant un dense récit mémoriel d’une extrême puissance de diffusion et de solidité temporelle, l’option « traditionnelle » chez ces derniers prendra certainement plus de temps...
Osons aller plus loin : les femelles ont-elles réussi à éveiller des processus de superfoetation, donnant lieu à des naissances multiples, comme ce fut le cas (constaté par les japonais entre 1947 et 1955) chez les grands baleinoptères avec des naissances simultanées allant de 2 à 7 jeunes ? Et encore plus loin : la mise à l’abri des populations a t-elle impliqué des adaptations physiologiques induisant une plus grande capacité à rester longtemps dans les zones abyssales, au jeûne prolongé (un processus « protéique », en quelque sorte… le protée anguillard peut jeûner pendant 4 ans, et vivre pendant un siècle) ? Depuis quelques années, des mâles de plus de 20m commencent à réapparaître.
2C. En 1971, les prises officielles baissent de 25 % par rapport aux années précédentes. Au siècle précédent, un constat analogue avait été effectué en 1843. Hal Whitehead et son équipe mettent en lumière (printemps 2021) le fait que les cachalots avaient trouvé voies et moyens pour échapper à leurs agresseurs, induisant chez ceux-ci l’idée d’un déclin démographique chez leurs proies.
2D. LA FORCE DU DROIT. Comme le note François Sarano, en 1973, la CBI autorise pour les cachalots les prises de moins de 10m (des captures de 7m sont alors dûment enregistrées). Comment expliquer une telle décision, officielle et publique ? Les consortiums anglo-norvégiens ont porté cet organisme sur les fonds baptismaux et leur influence y est alors primordiale. Conscients de subir une pression soviéto-nippone sur leurs affaires, ils souhaitent probablement préserver leur part de ce qu’ils supposent être le gâteau « terminal », inconscients et ignorants (comme tous les autres) que les proies ont su (cette fois-ci encore) éviter le pire pour leur espèce.
Les anglais ont abandonné la chasse commerciale en 1979, les Norvégiens l’ont poursuivi sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui. Par ailleurs, les antibiotiques massivement utilisés dans les gigantesques élevages de saumons installés par les norvégiens au large des côtes chiliennes polluent l'océan et tue de nombreux organismes marins, rorquals inclus**.
Si l’enquête « russe » de Yulia Ivashchenko a dévoilé de façon incidente les crimes de la flotte nippone, aucune enquête n’a concerné les agissements des anglo-scandinaves pendant cette période, acteurs au-dessus de tout soupçon à la manœuvre depuis plus d’un siècle dans les océans du monde entier sous toutes les latitudes comme dans les Institutions liées à l’activité baleinière...
CONCLUSION. Il est donc, en tout état de cause, IMPOSSIBLE que la population actuelle des cachalots avoisine les 850 000 individus si celle-ci était au bord de l’extinction il y a un demi-siècle. De plus, imaginer une telle « reconstruction d’après-guerre » (selon les mots de François Sarano) est impensable au sein d’une société détruite en tant que telle, psychologiquement et culturellement. Un terrible désarroi est évidemment plus que probable dans la première moitié des années 60, mais ce fut assurément un tout autre état d’esprit qui fut à l’oeuvre par la suite. Quoi qu’il en soit, la réalité des années 60 et 70 dans l’océan mondial reste à établir dans sa profondeur, les capacités si particulières des cachalots ayant été pour l’heure totalement ignorées dans les études sur cette période, sans parler des éventuels « oublis », erreurs ou distorsions sur tel ou tel aspect de la question, involontaires ou non...
L'AVENIR : "MOBY-DICK", UN ROMAN PROPHETIQUE.
Le peintre japonais Katsushika Hokusai recherche dans l'acte pictural une initiation à la transmission de la quintessence des choses.
En 1831, il réalise sa célébrissime "Grande Vague de Kanagawa". Vingt ans plus tard, Herman Melville utilise les mots pour exprimer cette quintessence. "Moby-Dick", chapitre 134 : « Jamais, jamais tu ne le captureras, vieil homme ! Au nom de Jésus, plus jamais ça ! C’est pire que la folie du diable ! Deux jours de poursuite ; deux fois réduit en miettes ; ta jambe même arrachée sous toi une fois de plus ; ton ombre maléfique disparue ; tous les bons anges t’assaillent d’avertissements : que veux-tu de plus ? Devons-nous continuer à poursuivre ce poisson meurtrier jusqu’à ce qu’il engloutisse le dernier homme ? Devons-nous être entraînés par lui au fond de la mer ? Devons-nous être remorqués par lui jusqu’au monde infernal ? »
Chapitre 105 (dans un avenir post-humain, après un nouveau déluge) : "... l'immortel cétacé survivra et dressé sur la plus haute crête du flot équatorial, il défiera les cieux de son souffle écumeux."
Un animal qui sait vivre et survivre depuis toujours , avec qui il est facile de vivre en paix et à qui il est difficile de faire la guerre...
Grande Vague et Maelstrom… (Kathleen Piercefield 2016)
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* Le petit rorqual (rorqual de Minke) tangente presque le grand cachalot en population : il occupe notamment la niche écologique des rorquals bleus géants de l’Antarctique, surdominants au XIXème siècle, qui furent quasiment anéantis au cours de la première moitié du siècle dernier (le nombre de petits rorquals s’est singulièrement accru, notamment, entre 1930 et 1975...). Le dauphin commun est l’espèce la plus abondante de tous les cétacés, avec 6 millions d’individus.
** Actualisation au 18 mars. Qui plus est, les norvégiens tendent à enlever aux grands baleinoptères le "pain de la bouche". Ils sont, de loin, au XXIème siècle, les plus voraces des pêcheurs d'Euphausia superba (habituellement baptisé "krill", nom collectif à usage commercial), proie principale de ces grands cétacés, précisément pour nourrir et vigoriser les saumons de leurs 1200 fermes géantes.
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Dès 2010, ils étaient les plus grands prédateurs de ce crustacé dans l'Antarctique:
http://ocean71.com/wp-content/uploads/2013/06/10.-Dossier-Krill.pdf
Depuis lors, leur place de N° 1 dans ce domaine s'est encore accru (voir pour le détail le riche article de Jean-Luc Porquet, paru dans le Canard enchaîné du 18 mars 2026)... Actualisation au 25 mars. Voir aussi, à ce sujet, l’interview de Sara Labrousse dans l’émission « La Terre au Carré » : « La guerre du krill en Antarctique ». 38mn.
Et aujourd'hui, au nord de la Norvège, dans les restaurants des quais de Tromso et des Lofoten, on propose des burgers de baleines aux touristes fraîchement débarqués d'une croisière d'observation de fjords ou d'une visite de fermes de rennes; un plat est baptisé "bloody Paul Watson"...
UN SANG AU GOÛT DE MIEL
ADAPTATION. Pendant de nombreux siècles, en Asie centrale et occidentale, en Sibérie et dans de nombreuses régions du sous-continent indien, il était établi que les tigres n'attaquaient jamais personne, du fait d'un savoir être des populations à leur endroit, appris et affiné génération après génération. Les statistiques indiennes à ce sujet concernant la période récente, effrayantes d'un premier abord, masquent peut-être un début d'inflexion dans l'adaptation des humains aux activités tigréennes... 224 personnes avaient été tuées par des tigres sur le territoire de la fédération indienne entre 2014 et 2019, elles furent 418 entre 2020 et 2025, alors que le nombre de grands félins croissait. Aujourd'hui, plus de 1100 tigres vivent en dehors des réserves. 51 morts avaient été comptabilisés en 2020, 59 en 2021, 110 en 2022, année à partir de laquelle la tendance s'inverse : 85 morts en 2023, 73 en 2024, 40 en 2025. Qu'en sera t-il pour la période 2026-2031? En tout cas, la vallée de la Sariska (Rajasthan) n'avait déjà eu à déplorer aucune perte au cours des 5 dernières années, alors que plus de 80 villages sont situés à proximité immédiate de la réserve. Depuis des millénaires, les habitants de ce secteur ont intégré des pratiques de coexistence efficaces. Voir le détail dans l’article de Shivana Azad mis en ligne hier sur le site du Times of India.
LES PROTECTEURS
Dans l'Etat du Bihar (Nord-Est de l'Inde), près de la réserve de faune sauvage Valmiki, Upendra Kumar, 25 ans, alors qu'il menait, avant-hier, 7 buffles au bain à la rivière pour leur bain, a été protégé par 3 d'entre eux lors de l'attaque d'un tigre, qui a été repoussé vers la forêt par ces animaux. Eux-mêmes et leur propriétaire n'ont subi que des blessures mineures. Voir le détail dans l’article de Dilip Kumar (pour l’Agence de Presse TNN) mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.
LE SENS DE LA VIE
Ceci fait suite à "Tigre européen : Actualisation. 6. Mirages hyrcanistes et complexité hyrcanienne", et à"Tigre européen: Actualisation. 6BIS. Tigres et Hommes au coeur du Monde, ou : La Mère biologique de la culture ouest-européenne du tigre", respectivement mis en ligne le 13 et le 15 avril 2025.
https://europe-tigre.over-blog.com/2025/04/tigre-europeen-actualisation.6.html
https://europe-tigre.over-blog.com/2025/04/tigre-europeen-actualisation.6bis.html
INFINITE NUMBERS. « Toute la province est pleine de forêts denses, qui offrent
des repaires cachés à d'innombrables tigres, célèbres chez
tous les auteurs pour leur férocité terrifiante ; d'où est né
un adage courant concernant les hommes cruels, selon lequel ils avaient
sucé la mamelle d’une tigresse hyrcanienne. » Peter Heylin* : Microcosmus, ou Petite Description du Grand Monde (page 333), 1621.
Une étude publiée le 19 septembre dernier dans la revue ANTHROPOZOOLOGICA 60 (10), illustre le lien entre tigres hyrcaniens et communautés humaines il y a plus de 5000 ans. Plusieurs illustrations artistiques incluses dans cette publication sont inédites, autant que je le sache, et d'une beauté à couper le souffle. The first Hyrcanian Tiger? A unique figurine from Yarim Tepe, Iran. By Henry P. Colburn.
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RÉSUMÉ. Les tigres (Panthera tigris Linnaeus, 1758) sont rares dans l’art ancien en dehors de l’Inde et de l’Asie centrale. Dans le monde méditerranéen, ils étaient associés à l’Orient, avec tout le danger et l’exotisme que cela comportait, en particulier avec la région de l’Hyrcanie (l’actuel Gorgan), sur la côte sud-est de la mer Caspienne. En Iran même, ils n’apparaissent que sous l’Empire sassanide (environ 224-651 de notre ère), et leur apparition a été attribuée à l’influence de l’Asie centrale. Cependant, une figurine en céramique représentant un tigre a été découverte à Yarim Tepe, dans la province du Golestan, en Iran (dans la région de Gorgan) en 1960. Elle est fabriquée dans un type de céramique connu des archéologues sous le nom de « Caspian Black-on-Red Ware ». Sur la base de sa présence sur d’autres sites du nord-est de l’Iran tels que Shah Tepe, Tureng Tepe et Tepe Hissar, nous estimons que ce type de poterie et le tigre lui-même datent probablement d’environ 3500 à 3100 avant notre ère. Cela en ferait l’une des plus anciennes représentations d’un tigre dans le monde antique et certainement la plus ancienne d’Iran. Bien que le but exact de la figurine soit inconnu, elle doit avoir joué un rôle dans l’identité des habitants de Yarim Tepe. En tant que telle, elle se situe à la tête d’une longue lignée de représentations de tigres dans l’art et la littérature iraniens ultérieurs.
https://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/hd/anthropozoologica2025v60a10-hd.pdf
*Peter Heylin est un ecclésiastique britannique (29 novembre 1599-8 mai 1662). Il insère ses idées politiques dans ses livres géographiques Microcosmus (1621) et Cosmographie (1657). Sa "Chorography and History of the Whole World" sera publiée 20 ans après sa mort.
EVOLUTION DES MOEURS
UN DEFI POUR L'APPROCHE CADASTRALE. Le Karnataka, grand Etat du Sud-Ouest de l'Inde, connaît, depuis une décennie, une hausse des interactions conflictuelles entre grands félins lancéolés et communautés humaines. La première explication à ce phénomène a été d'évoquer une surpopulation tigréenne au sein des 3 grandes réserves de l'Etat : Bandipur, Nagarahole, et Biligiri Ranga Temple (BRT). En 1972, il y avait 12 tigres à Bandipur, et aujourd'hui, 200. Ceci étant, il apparaît que la thèse de territoires pleins à craquer est ici, contrairement à d'autres régions indiennes, inopérante ( Bandipur peut héberger 119 tigres supplémentaires, Nagarahole : 35 , BRT : 34). On en revient donc à une question de perte de culture de la cohabitation, ce qui n'est guère étonnant... Voir le détail dans l’article de Niranjan Kaggere mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.
PROJET KAZAKH, APPROFONDISSEMENT
Dans le kraï de Khabarovsk, des représentants des agences environnementales kazakhes ont participé à la capture, à l'examen vétérinaire et à la remise en liberté d'un tigre de l'Amour. Cette opération a été menée par le personnel du Service de surveillance de la chasse du kraï de Khabarovsk, avec le soutien du ministère russe des Ressources naturelles et du Centre du tigre de l'Amour.
Cela marque une nouvelle étape dans un stage en deux phases que suivent des spécialistes kazakhs dans le cadre du programme international de réintroduction du tigre.
Pour rappel, un mémorandum de coopération relatif à la réintroduction du tigre de l'Amour a été signé à Vladivostok en 2022 entre le ministère russe des Ressources naturelles et de l'Environnement et le ministère de l'Écologie, de la Géologie et des Ressources naturelles de la République du Kazakhstan, lors du deuxième Forum international sur la conservation du tigre. Un an auparavant, lors du Forum interrégional de coopération Russie-Kazakhstan, les dirigeants Vladimir Poutine et Kassym-Jomart Tokaïev avaient évoqué la possibilité de réintroduire des tigres de l'Amour de Russie au Kazakhstan.
L'idée de restaurer la sous-espèce de tigre du Turan, disparue dans les années 1950, existe depuis longtemps, mais ne se concrétise que maintenant. Les tigres de l'Amour vivant en Extrême-Orient sont les plus proches génétiquement de cette sous-espèce éteinte, ce qui signifie qu'ils sont très susceptibles d'occuper la niche écologique longtemps laissée vacante.
En prévision de la réintroduction des tigres dans la réserve naturelle d'État d'Ile-Balkhash, un approvisionnement alimentaire adéquat a été mis en place, ainsi que les infrastructures nécessaires à leur entretien et à leur adaptation. Afin de prévenir d'éventuels conflits avec les populations locales, une équipe spéciale a également été créée. L'année dernière, ses spécialistes ont entamé une formation pratique sur tous les aspects de l'interaction avec les tigres au sein du département de la chasse du gouvernement du kraï de Khabarovsk.
« Notre objectif principal est d'apprendre aux spécialistes kazakhs à ne plus craindre de travailler avec les tigres. Ils doivent comprendre qu'il s'agit d'animaux comme les autres, dotés d'une mentalité que nous comprenons, que leurs actions sont logiques et justifiées et, surtout, qu'ils ne sont pas agressifs envers les humains. Si un tigre se trouve en situation de conflit, c'est à cause de facteurs externes, et bien souvent, la cause première est l'activité humaine », a expliqué Sergueï Aramilev, directeur général du Centre du tigre de l'Amour.
Des spécialistes kazakhs ont été formés à tous les protocoles nécessaires. Cela inclut le protocole de capture des grands prédateurs : des spécificités du matériel utilisé aux techniques d’installation. La procédure d’immobilisation comprend toutes les subtilités de l’administration des médicaments et, surtout, par températures négatives. Cette expérience est impossible à acquérir hors de Russie, car les principaux habitats du tigre connaissent des températures positives. Le troisième protocole décrit le transport du prédateur : les cages utilisées, la manière d’y placer l’animal et les précautions à prendre lors de sa remise en liberté.
Les spécialistes du territoire de Khabarovsk ont acquis une expérience impressionnante dans le travail avec le tigre de l'Amour. « Nous sommes toujours prêts à partager cette expérience avec nos partenaires. Ce n'est pas un hasard si la formation s'est déroulée en hiver. Grâce à cela, nous avons pu consacrer plus de temps au travail pratique sur le terrain et à la capture de tigres de l'Amour dans leur milieu naturel – une procédure mise en œuvre lorsque le prédateur pénètre systématiquement dans des zones habitées », souligne Yuri Kolpak, chef du département de la chasse du gouvernement du kraï de Khabarovsk. « Il est important d'établir correctement toutes les circonstances qui précèdent une situation de conflit et de pouvoir distinguer les cas imaginaires des cas réels. Ce qui se produit parfois ici avec les tigres se produira également au Kazakhstan. Nos collègues doivent donc s'y préparer », déclare Sergueï Aramilev.
La formation sera dispensée de manière systématique et continue, de nouveaux groupes sont donc attendus à l'avenir.
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Voir le détail dans l’article mis en ligne ce jour sur le site du Centre Alekseeva (Primorsky Krai) pour la Réhabilitation et la Réintroduction du Tigre de l’Amour.
ABRI SECRET
LE "POISSON NOIR" LE PLUS ELUSIF. L'orque pygmée, un complexe d'espèces? L'orque pygmée (Feresa attenuata) est un petit cétacé qui reste fort méconnu.
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Une population de la mer de Sulu (au sud des Philippines) mérite vraisemblablement d'être taxonomiquement redéfinie comme une "nouvelle" espèce de cétacé...
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Voir le détail dans l'étude publiée le 21 janvier dernier dans la revue scientifique "Marine Mammal Science".
Hancock-Hanser, B.L., Baird, R.W., Archer, F.I. (retired), Rosel, P.E.,
Mignucci-Giannoni, A.A., Dolar, L., Wilcox Talbot, L.A., Martien, K.K.
2026. The shyest blackfish: the global phylogeography of the pygmy killer
whale (Feresa attenuata) suggests considerable population structure and an
unrecognized taxon. Marine Mammal Science. 42.
UN ETAT EURASIEN SINGULIER ET POURTANT SI NORMAL
Le Gujarat (Inde du Nord-Ouest) est pour l'heure, le seul Etat du continent eurasien abritant à la fois des lions et des tigres (il héberge aussi des léopards, et comptait même parmi sa faune de grands félins des guépards jusqu'à la fin des années 1930). Les premiers, présents dans l'extrême sud-ouest, face à la mer d'Oman, sont officiellement 891, et officieusement entre 1400 et 1500. Les seconds, absents depuis des décennies*, semblent amorcer un retour dans l'Est (sanctuaire de vie sauvage de Ratanmahal), en provenance du Madhya Pradesh frontalier : ils seraient désormais 2 dans ce cas... Voir le détail dans l'article de Himanshu Kaushik mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.
* Au XIXème siècle, il y avait beaucoup plus de tigres que de lions au Gujarat, les seconds semblant aller tout droit à l'extinction. Des mesures de protection ont permis aux lions de survivre et de progressivement restaurer leurs populations (ils étaient environ 200 en 1979, alors qu'il ne restait plus que 7 tigres la même année, qui furent officiellement classés localement éteints en 1983).
https://roundglasssustain.com/wild-vault/tiger-gujarat
Trophées de chasse au Gujarat du XIXème siècle (tigres et léopards).
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DEBUT D'ANNEE CHARGEE
En janvier de cette année, 9 tigres de l'amour ont été capturés dans les kraïs de Primorié et Khabarovsk, dont un à deux reprises. Cinq sont retournés dans la taïga, et un est mort. Les trois autres continuent d'être pris en charge par des spécialistes. Les tigres en bonne santé sont relâchés dans la nature, loin des zones habitées, dans des régions à forte concentration d'ongulés. Les animaux nécessitant des soins restent dans des centres de réhabilitation pour y être soignés.
Les tigres victimes de conflits et prélevés dans la nature se répartissent en trois catégories. Il s'agit de tigres orphelins de moins d'un an et demi, incapables de chasser seuls les grands ongulés, et pour lesquels les proies plus petites et plus accessibles sont rares en hiver. S'ils parviennent à atteindre les zones habitées, ces tigres tentent de s'attaquer aux chiens, avec plus ou moins de succès. Le plus souvent, ils meurent d'épuisement dans la forêt. Le nombre de ces tigres est imprévisible d'une année à l'autre ; parfois jusqu'à dix tigres sont prélevés en hiver, et certaines années, aucun.
La deuxième catégorie regroupe de jeunes tigres en bonne santé à la recherche de leur territoire. Leur « carte » génétique s'est développée bien avant l'arrivée de l'homme ; aussi, instinctivement, ils suivent ce qu'ils perçoivent comme une zone forestière, mais se retrouvent face à des infrastructures. Dans ce cas, les faire fuir est souvent efficace. Entre deux et cinq tigres de ce type sont capturés chaque année. Face à l'indignation publique de cette année, la plupart de ces prédateurs ont été capturés à titre préventif. Fréquemment aperçus, ils auraient pu, même sans conflit direct avec les humains, être victimes d'un tir accidentel. Un tigre blessé peut facilement devenir agressif et basculer dans la troisième catégorie.
« Les tigres blessés ou malades sont incapables de chasser efficacement et sont contraints de rechercher des proies faciles près des habitations humaines. Ils ne peuvent généralement pas retourner à l'état sauvage. Ils passent quelque temps dans un centre de réhabilitation, puis sont transférés dans des zoos. Il est impossible de prévoir combien de fois ils seront vus », a déclaré Sergueï Aramilev, Directeur du Centre du Tigre de l'Amour.
Voir le détail dans l’article mis en ligne ce jour sur le site du Centre Alekseeva (Primorsky Krai) pour la réhabilitation et la Réintroduction du Tigre de l’Amour.
https://amur-tiger.ru/news/bolshinstvo-otlovlennyih-v-yanvare-tigrov-vozvraschenyi-v-prirodu-1512
Remise en liberté d'un tigre capturé le 8 janvier dans le district de Nadzhedinsky, Primorié.
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