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ETAPE CRUCIALE

30 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

LES 4 PREMIERS. 

Dans le cadre du plan de réintroduction du tigre en Asie centrale, la Russie a fait don de quatre tigres de l'Amour originaires du territoire de Khabarovsk au Kazakhstan, qui ont été officiellement transférés avant-hier. Il s'agit d'adultes de trois ans (un mâle et une femelle) et de deux petits (un mâle et une femelle) âgés de 8 mois. Au préalable, dans le kraï de Khabarovsk, les tigres adultes avaient été capturés immédiatement après avoir été aperçus près de zones habitées. Les tigrons orphelins avaient été découverts grâce à la vigilance de citoyens. Soignés par des spécialistes du Service de contrôle de la faune du kraï de Khabarovsk et du Centre du tigre de l'Amour, ils sont désormais des prédateurs adultes prêts à vivre en autonomie dans la nature à l'âge de deux ans.

La compagnie aérienne Aeroflot a assuré le transfert des grands félins sur la liaison Khabarovsk-Moscou-Almaty. À Almaty, les tigres ont été embarqués à bord d'hélicoptères et transportés par avion jusqu'à la réserve naturelle d'Ili-Balkhach (415 000 ha). Là, ils ont été placés dans des enclos du centre de réhabilitation, où ils se prépareront à leur future vie sauvage dans le secteur riche en roselières où la Rivière Ili se jette dans le lac Balkhach par deux bras distincts (SE du pays). Les adultes devraient pouvoir être relâchés dans 2 mois, les jeunes dans 16 mois.

 

La réintroduction du tigre de l'Amour au Kazakhstan constitue le premier projet international au monde visant à restaurer la population de ce prédateur rare dans un pays où il vivait autrefois. Pour atteindre cet objectif, le Kazakhstan a créé la réserve naturelle d'Ili-Balkhash, où des mesures de protection ont été mises en place, la densité et la diversité des ongulés ont été accrues, et un centre d'observation animalière, comprenant des enclos pour l'hébergement, la réhabilitation et l'abri temporaire des tigres, ainsi qu'un centre vétérinaire, a été construit.  L’étape actuelle – le transfert des tigres – est l’une des plus importantes, mais loin d’être la dernière. Voir le détail dans l’article mis en ligne avant-hier sur le site du centre Alekseeva (Primorié, province maritime) pour la Réhabilitation et la Réintroduction du Tigre de l’Amour.

https://amur-tiger.ru/news/rossiya-peredala-kazahstanu-chetyireh-amurskih-tigrov-1541

PRESSE KAZAKHE. Voir aussi l’article de Rawan Mutair mis en ligne le même jour sur le site de Kursiv Media, ainsi que celui sur TengriNews, également le 28 mai.

https://kz.kursiv.media/kk/2026-05-28/qazaqstangha-resejden-toert-amur-zholbarysy-zhetkizildi/

https://kaz.tengrinews.kz/my-country/reseyden-kazakstandagyi-koryikka-tort-amur-jolbaryisyi-375127/amp/

PRESSE RUSSE. Voir aussi les articles sur le sujet mis en ligne hier sur les sites de l'agence Tass et de Kommersant.

https://tass.ru/obschestvo/27575803​​​​​​​

 

https://www.kommersant.ru/doc/8707386

 

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UN RESEAU POUR 3

26 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

Russes, chinois, mongols et coréens fluidifient les passages transfrontaliers pour les tigres de l’Amour, léopards d’extrême-orient et panthères des neiges.

Le Centre du tigre de l'Amour a participé à une réunion internationale d'experts organisée par la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l'Asie et le Pacifique (CESAP) sur la conservation des grands félins. L'événement s'est tenu à la Direction de la réserve naturelle du Pays du Léopard, avec le soutien du ministère russe des Ressources naturelles.

Des représentants d'organisations scientifiques, environnementales et gouvernementales compétentes des pays de la région ont également participé à ces travaux. Parmi elles figuraient l'Institution budgétaire fédérale de l'État du Pays du Léopard, l'Association interrégionale Irbis, la réserve naturelle de Khingan, la réserve naturelle de la dépression d'Ubsunur, l'Institut de géographie du Pacifique de la branche extrême-orientale de l'Académie des sciences de Russie, le gouvernement du kraï de Khabarovsk, le Centre de recherche sur les félins de l'Administration nationale des forêts et des steppes de Chine, l'organisation chinoise de conservation Eco-Bridge Continental, le Centre Irbis de Mongolie, l'Institut de biologie de l'Académie des sciences de Mongolie et l'Institut national d'écologie de la République de Corée.

La réunion portait principalement sur la création d'un réseau transfrontalier pour la conservation des grands félins d'Asie du Nord-Est. Les participants ont examiné l'état actuel des populations de tigre de l'Amour, de léopard d'Extrême-Orient et de panthère des neiges, partagé leurs expériences de suivi et discuté des perspectives de création de bases de données et de plateformes unifiées pour le libre échange d'informations scientifiques.

Le personnel du Centre du tigre de l'Amour, notamment la directrice générale S.V. Aramileva et l'attachée de presse A.A. Shorshina, a présenté un rapport complet sur la population de tigres de l'Amour en Russie, les groupes transfrontaliers et les corridors écologiques par lesquels les individus migrent entre la Russie et la Chine.

QUATRE CORRIDORS. Les experts ont actuellement identifié quatre grands corridors écologiques reliant la Russie et la Chine.

Le premier est la réserve transfrontalière du « Pays des grands félins ». Côté russe, elle comprend le parc national du « Pays du léopard », adjacent au nord à la réserve naturelle, biologique et zoologique régionale de Poltavsky. Côté chinois, elle comprend le parc national du « Tigre et du Léopard du Nord-Est ».

Le second se situe plus au nord. Du côté russe, la réserve naturelle d'État de Komissarovsky, d'importance régionale, a été créée et couvre environ 83 000 hectares. Du côté chinois, elle jouxte les réserves naturelles de Fenhuanshan et d'Erduan, qui pourraient être reliées par des corridors écologiques à la principale population de tigres des monts Changbai.

Le troisième se trouve au nord du lac Khanka, où se situe la réserve naturelle biologique « Sredneussuriysky », adjacente aux réserves « Datashan », « Dongfanghong » et « Daidziahe » du côté chinois. 

Le quatrième corridor écologique se situe en République juive (Birobidjan), dans les gorges du Khingan, sur le fleuve Amour. En 1998, la réserve naturelle régionale de Dichun a été créée sur une partie de ce corridor. Des travaux sont en cours pour la création d'un parc national, provisoirement nommé Pompeevsky. Du côté chinois, la réserve naturelle de Taipinggou existe déjà et son agrandissement significatif est prévu en prévision de la réintroduction des tigres de l'Amour, en provenance de la République juive, sur la rive droite du fleuve Amour.

D'après les dernières données, on compte au moins 750 tigres de l'Amour en Russie et plus de 95 en Chine. Cependant, certains vivent dans les deux pays, ce qui empêche d'obtenir un total précis. La population mondiale de panthères des neiges est estimée à environ 6 500 individus répartis dans 12 pays, dont environ 90 en Russie. La panthère d'Extrême-Orient demeure le plus rare des félins étudiés et l'un des animaux les plus rares de la planète : plus de 120 individus vivent dans la réserve transfrontalière « Terre des Léopards » en Russie et environ 80 en Chine. Des recensements conjoints sont en cours au sein de cette réserve.

NEASPEC est le Programme sous-régional de la CESAP pour la coopération environnementale en Asie du Nord-Est. Ses membres sont la République populaire de Chine, la République populaire démocratique de Corée, le Japon, la Mongolie, la République de Corée et la Fédération de Russie. La Russie assure la présidence de NEASPEC pour l'année 2026, et la tenue de la réunion sur son territoire s'inscrit dans le cadre des efforts déployés pour développer la coopération internationale en matière de conservation de la biodiversité. Voir le détail dans l’article mis en ligne ce jour sur le site du Centre Alekseeva (Primorié, province maritime) pour la Réhabilitation et la Réintroduction du Tigre de l’Amour.

https://amur-tiger.ru/news/spetsialistyi-chetyireh-stran-obsudili-ohranu-transgranichnyih-populyatsiy-bolshih-koshek-1540


 

 

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"TU N'EN TUERAS PLUS, BÊTE!"

26 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

Samedi 23 mai, un résident du district de Katni (Madhya Pradesh), Poonamlal, a été arrêté. Membre principal d'un réseau de trafic d'animaux sauvages, en cavale depuis plus d'un an, il est lié à la mort d'au moins 24 tigres, dont les os et les peaux, transitant par l'Assam et le Mizoram, se retrouvaient sur les marchés birmans. Voir le détail dans la dépêche d'Agence de Presse TNN mise en ligne ce jour sur le site du Times of India.

https://timesofindia.indiatimes.com/city/bhopal/most-wanted-poacher-linked-to-24-tiger-kills-arrested-in-mp/articleshow/131323875.cms

 

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LETTRE PERSANE, ESPRIT TIGREEN

24 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

Ceci fait suite à « Le Sens de la Vie », mis en ligne le 17 février dernier.

https://europe-tigre.over-blog.com/2026/02/le-sens-de-la-vie.html

Un Tigre nommé Cheval. Le héros mythique de la Perse antique, Rostam, est, comme tous les héros surhumains, un être composite dans la poitrine duquel (comme chez tout chaman depuis la Préhistoire) "plusieurs coeurs battent". Fils d'un homme et d'une géante, il doit sa naissance à l'intervention de l'oiseau divin, SIMORGH*, qui, avec son bec, pratique une césarienne libératrice sur sa mère. Dans les représentations collectives de l'Asie centrale, cet oiseau est le frère jumeau du tigre : le couple gémellaire constitue des états successifs conjoncturels d'un être unique.

https://europe-tigre.over-blog.com/2025/04/tigre-europeen-actualisation.4bis.html

Enfant, Rostam tue l'éléphant blanc de son père qui, devenu fou, avait tué deux serviteurs.

Recouvert d'une peau de tigre blanc (babr-i-bayan) qui ne peut-être mouillée par l'eau, ni consumée par les flammes et ne donne prise à aucun élément naturel ou forgé, et muni des griffes du félin, il feule. Il ne fait qu'un avec son cheval, RAKHCH, et l'efficacité au combat de ce doublon d'or fait merveille. La monture sauve plusieurs fois son cavalier, par exemple quand il tue un lion à l'affût du héros endormi dans une roselière d'Hyrcanie.

Si cette entité guerrière centaurine est blessée, le Simorgh la guérit, par intervention chirurgicale le cas échéant.

 

LIGNEE. Des mèdes aux iraniens d'aujourd'hui, l'esprit de ce tigre équin anime la région. On retrouve sa dimension héroïque chez le général parthe Surena, vainqueur du consul Crassus à la bataille de Carrhes en 53 av. J.C... L'expansion islamique en Eurasie à partir du VIIème siècle, d'abord portée par des conquérants arabes, l'est secondairement par des turcides d'Asie centrale qui s'imposent à l'ouest du continent (empire ottoman). Les iraniens, majoritairement sunnites jusqu'à la fin du XVème siècle, font alors pièce à leurs voisins occidentaux en instaurant le chiisme comme religion d'Etat en 1501, ce qui leur permet de préserver la langue persane, et par là même leur civilisation. Cette branche de l'islam avait toujours été minoritaire dans le monde islamique, le 12ème imam (l'imam caché) avait disparu en 874 sur la rive orientale du Tigre, à Samarra (Irak). Ce choix de la dynastie Safavide est donc un des évènements les plus importants dans l'Histoire de l'Islam. La population iranienne devient chiite sous la houlette de docteurs de la foi libanais dûment "importés" dans ce but. Ce changement constitue une véritable MYCORHIZE pour la civilisation persane. La Puissance de l'Arbre est dans la Profondeur de ses Racines.

* Sa déclinaison slave est le SIMARGL.

 https://europe-tigre.over-blog.com/2025/12/remodelages.html 

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LE TEMPS DE LA RECOLTE

23 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

Cet article a été actualisé au 25 mai. Voir en bas de page.

ESCALADE. Dans l'Est du Maharashtra (et le district de Chandrapur en particulier), c'est le temps de la récolte des feuilles de TENDU (Diospyros melanoxydon) utilisées dans l'industrie du tabac pour envelopper un type particulier de cigarette, la BIDI.  Hier matin 22 mai, 4 récolteuses ont été tuées par un tigre, lors d'une seule et même attaque, dans le complexe forestier de Sindewahi. Le même jour, dans des secteurs différents du district, un homme a été tué et une femme grièvement blessée (elle est actuellement entre la vie et la mort). Le 19 mai, un récolteur avait été tué dans un secteur différent. Le 10 mai, 3 récolteuses étaient mortes à Sindewahi, tuées par une tigresse qui fut endormie et capturée le surlendemain. Lors de ces 12 jours, donc, 9 personnes sont mortes lors d'attaques de tigres à Chandrapur, dont 7 récolteuses à Sindewahi. Avant la récolte, depuis le début 2026, 9 personnes avaient été tuées par des tigres et une par un léopard. Voir le détail dans l’article de Mazhar Ali (TNN) mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.

https://timesofindia.indiatimes.com/city/nagpur/4-women-tendu-leaf-collectors-mauled-by-a-tiger-in-chandrapur-1-man-killed-in-bhandara/articleshow/131267968.cms

Voir aussi, concernant le massacre d'hier matin à Sindewahi, la vidéo YouTube mise en ligne hier après-midi par le Marathi Daily Newspaper Channel (5mn24s) :

https://www.youtube.com/watch?v=bPW5ID_o6i8

ACTUALISATION AU 25 MAI. Le félin responsable du massacre, une tigresse de 14 ans venue de Tadoba-Andhari, a été endormie et capturée Samedi 23 mai à 7h du matin près d'une mare dans le secteur de Pawanpar. Une opération de recherche de ses 3 petits (âgés entre 16 et 18 mois) est actuellement en cours. D'importants moyens humains et techniques ont été déployés. A suivre, donc. Voir le détail dans l'article de Mazhar Ali (TNN) mis en ligne sur le site du Times of India.

https://timesofindia.indiatimes.com/city/nagpur/tigress-which-killed-4-women-in-chandrapur-captured/articleshow/131296467.cms

Cette mère a probablement cherché spontanément à protéger ses petits de ce qu'elle a peut-être perçu comme une intrusion dans son espace. Avec une extrême vigueur, comme sait le faire toute mère digne de ce nom. Il n'est toutefois  pas totalement exclu qu'il s'agisse là d'un exercice pratique de chasse délivrée par la mère à ses enfants induisant une organisation en "protomeute" familiale : Le 24 mai, sur le même thème, Snehal Mutha, dans son article mis en ligne sur le site de "The Hindu" rappelait que : « la plupart des attaques sont perpétrées par des tigresses et leurs jeunes (âgés de 1,5 à 2,5 ans), généralement chassés des zones forestières protégées (notamment sous pression de tigres mâles adultes). Selon les données du département des Forêts, entre 2021 et 2025, 929 personnes ont été blessées et 184 sont décédées, et ce nombre ne cesse d'augmenter. En juillet 2025, la division de Brahmapuri, qui fait partie du cercle forestier de Chandrapur et s'étend sur plus de 4 081 km², comptait le plus grand nombre de petits (67), de jeunes (16) et de femelles (39). Ce cercle abrite également la réserve de tigres de Tadoba-Andhari. »

https://www.thehindu.com/news/national/maharashtra/tigress-which-killed-four-women-trapped-in-maharashtra/article71018435.ece

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TENSIONS

22 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

Plus d’une centaine de tigres de la réserve de Kanha (Madhya Pradesh) sont officiellement sous étroite surveillance après la mort de 6 d’entre eux, provoquée par la maladie de Carré. Voir le détail dans l’article de P. Naveen (TNN) mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.

https://timesofindia.indiatimes.com/city/bhopal/100-tigers-at-kanha-underbio-watch-after-virus-kills-6/articleshow/131251379.cms

Par ailleurs, dans l’État d’Odisha, 3 personnes en possession d’une peau de tigre « noir » (pseudomélanique), ont été arrêtées par les agents de la réserve de Similipal. Moins d'une dizaine de ces animaux à la robe particulière sont actuellement répertoriés à Similipal, seul endroit en Inde où ils sont présents. Voir le détail dans l’article de Riyan Ramanath V (TNN) mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.

https://timesofindia.indiatimes.com/city/bhubaneswar/3-persons-arrested-in-similipal-with-melanistic-tiger-skin/articleshow/131251737.cms

La peau est celle d'un sub-adulte (âgé de moins de 2 ans) tué près d'une habitation, pris dans un piège destiné à un sanglier. Après quoi, il a été dépecé par des villageois (les 3 personnes arrêtées et peut-être d'autres). Voir le détail dans l'article additionnel sur le sujet de Riyan Ramanath V (TNN) mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.

 

https://timesofindia.indiatimes.com/city/bhubaneswar/tiger-hide-that-of-sub-adult-melanistic-male-similipal-authorities/articleshow/131266562.cms

 

 

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LE SUC

18 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

Voici un recueil de témoignages personnels du monde entier, publié en anglais en Inde, sur les interactions entre les humains et les grands félins : tigres, lions, jaguars, pumas, léopards, guépards et panthères des neiges. Plusieurs de ces récits proviennent de Russie et concernent  tigres de l’Amour et  léopards d’Extrême-Orient. La parution du livre coïncide avec le premier sommet de l’Alliance internationale pour les grands félins, qui se tiendra en Inde les 1er et 2 juin de cette année.

Son concepteur est Andrey Kushlin, ancien coordinateur de la Global Tiger Initiative et du Programme mondial de conservation du léopard des neiges et de son écosystème.

Il ne s'agit pas d'un ouvrage scientifique, ni d'une rétrospective des projets de conservation des cinquante dernières années, ni d'une description des programmes de conservation actuels. Ce n'est pas un document officiel de l'Alliance internationale des grands félins. Il s'agit du premier recueil international de témoignages racontés par des personnes qui se soucient véritablement des grands félins.  Ce livre explique comment la compassion et la préoccupation se traduisent en actions concrètes et comment l'union autour d'un objectif commun rend l'impossible possible.

Tous les récits, écrits par près de 60 personnes originaires de plus de 20 pays, sont racontés à la première personne. Chaque récit est présenté dans le style propre à son auteur : émotionnel ou méthodique, long ou laconique, littéraire ou familier.

 

Plusieurs récits russes figurent dans le livre. Celui de Sergueï Aramilev, directeur général du Centre du tigre de l'Amour, relate l'une de ses premières rencontres avec un tigre en liberté. L'évènement eut lieu durant l'hiver 1995-1996, lors de la phase de terrain d'un recensement exhaustif des tigres de l'Amour.

« En suivant la piste et en découvrant des traces fraîches, j'ai décidé, contrairement aux conseils de chasseurs expérimentés qui déconseillaient fortement de suivre un tigre dans une telle situation, de continuer et de trouver des empreintes nettes à mesurer », se souvient Sergueï Aramilev. « C'était une tigresse avec deux petits de six mois. Les tigreaux étaient visiblement intéressés et voulaient m'observer de plus près, mais ils furent stoppés net par le rugissement menaçant de leur mère. La femelle, malgré mon intrusion dans leur espace personnel (nous avons appris plus tard que la famille chassait un cerf qu'elle avait tué), est restée d'un calme et d'une maîtrise exceptionnels. Les petits se sont arrêtés et, ma fusée éclairante toujours éteinte, j'ai quitté les lieux. »

La deuxième histoire concernant les tigres de l'Amour nous vient de Yakov Kanchuga . Né dans le village de Krasny Yar, dans le district de Pojar ( kraï de Primorié), il y a fait ses études secondaires. Il s'est ensuite inscrit à l'École normale supérieure de Spassky, où il a étudié l'éducation physique. Après l'obtention de son diplôme, il est retourné dans son village natal pour y enseigner l'éducation physique à l'école locale. En 2017, Yakov a été muté au parc national de Bikin, où il travaille actuellement comme inspecteur environnemental de district. Il continue de travailler avec les écoliers, en organisant des randonnées et en leur proposant des activités d'éducation à l'environnement. PARTAGE, SOUCI D’EQUILIBRE. « Dans la communauté d'Oudége, chaque chasseur possède son propre territoire de chasse. Ses limites sont définies par des sources et des ravins. Et dans chaque territoire, il y a un tigre, parfois plusieurs, qui y vivent en permanence et le gardent », explique Yakov Kanchuga. « Tigres et humains chassent ensemble, prenant les mêmes animaux : sangliers, cerfs, chevreuils. Et ils essaient de ne pas se gêner mutuellement. Un jour, mon père est parti chasser, il a flairé un sanglier, et le tigre l'a devancé et l'a abattu. Mais il a laissé la moitié de la carcasse à mon père, la partageant équitablement, comme s'il l'avait coupée au couteau. Juste avant cela, le tigre avait « volé » la cuisse de sanglier de mon père. Mon père avait tué le sanglier, mais il n'avait pas pu emporter la carcasse d'un seul coup. Le tigre avait probablement faim et a volé la cuisse. Ainsi, le tigre a remboursé sa dette. »

A propos du léopard de Russie du Sud-Est, Ivan Rakov-Naumets, responsable du service de presse de la réserve naturelle « Terre du Léopard », a raconté une histoire d’improbable survie dans la taïga. Il y a à peine 20 ans, le léopard d'Extrême-Orient était au bord de l'extinction, sa population étant estimée à seulement 35 individus. Grâce aux efforts du gouvernement et de l'ONG Far Eastern Leopards, sa population a aujourd'hui plus que triplé. « En lisant ce livre, je n’ai pu m’empêcher de sourire en découvrant l’histoire d’Alexa. Ce récit est déjà familier à beaucoup de ceux qui suivent, même de loin, le destin du léopard d’Extrême-Orient. Je suis ravie que cette histoire extraordinaire d’un félin indomptable, qui a survécu contre toute attente, connaisse une nouvelle vie au sein d’une collection internationale », déclare Elena Gangalo, directrice générale de l’ONG Far Eastern Leopards. « Antoine de Saint -Exupéry disait : “On ne voit bien qu’avec le coeur.” Ces textes vivants et profondément humains parlent au cœur du lecteur ; ils ne se contentent pas d’informer, mais ils le touchent profondément et lui font croire que même lorsque tout semble perdu, la nature peut nous offrir un miracle. Et notre rôle n’est pas simplement d’intervenir, mais d’aider chaque fois que c’est possible. »

Voir le détail dans l’article mis en ligne ce jour sur le site du Centre Alekseeva (Primorié, province maritime) pour la Réhabilitation et la Réintroduction du Tigre de l’Amour.

https://amur-tiger.ru/news/sostoyalas-prezentatsiya-sbornika-istoriy-o-vzaimodeystvii-cheloveka-i-bolshih-koshek-1538

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LE LABYRINTHE AUX MIROIRS

14 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

THE ETERNAL "ENERGETIC CRISIS", EMBODIMENT OF DAMNATION. Le 23 juin prochain, sortira aux USA un film intitulé "Hungry" ("Affamé") décrivant la chasse d'un groupe de touristes par un hippopotame mangeur d'hommes dans les marais de Louisiane.                               https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=213760.html

L'hippopotame n'est pas "herbivore" au sens strict du terme. Il peut consommer de la viande dans des proportions considérables, notamment en mangeant des animaux morts (éléphants, autres hippopotames...), et peut, dans des contextes particuliers, tuer dans l'eau un gnou ou une antilope puis dévorer sa proie. En captivité, on connaît un cas d'un de ces animaux qui tuait et dévorait ses voisins : un tapir, des wallabies, des flamants roses, un hippopotame pygmée...

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/mam.12056

https://www.mentalfloss.com/animals/hippos-eat-way-more-meat-we-thought-and-it-can-make-them-sick

Par ailleurs, de nombreuses personnes sont tuées par ces animaux chaque année en Afrique subsaharienne. Les bilans varient énormément d'une année à l'autre, allant d'une dizaine à 3000. La majorité des cas concerne des noyades à la suite des interactions.

https://thewildsource.com/should-you-fear-hippos-on-safari-debunking-the-deadly-hippo-myth/

Mais, du moins à ma connaissance, un hippopotame mangeur d'hommes à proprement parler n'existe pas, et encore moins dans le bayou du sud-ouest des Etats-Unis...

Dévastation et dévoration dans cette région avaient été magnifiquement illustrées il y a 14 ans dans "Les Bêtes du Sud Sauvage", où le fantôme de l'ouragan Katrina (qui avait causé la mort d'au moins 1836 personnes en 2005 - bilan officiel, la réalité étant sans doute encore plus effrayante -) était figuré à travers des animaux géants libérés des glaces polaires par les effets du réchauffement climatique et venus dans le bayou pour y dévorer les habitants.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=200333.html


DEVORATION RÊVEE, CONTRE-DEVORATION CAUCHEMARDEE. CELUI QUE JE REGARDE, C'EST MOI-MÊME. Tropical Malady, 2004, réalisé par Apichatpong Weerasethakul.

Au début du siècle dernier, les Etats-Unis ne parviennent plus à fournir leurs habitants en viande, la progression vertigineuse de la population liée à l'arrivée massive d'immigrants européens excédant les possibilités de production. Les abattoirs de Chicago eux-mêmes (la ville avait été baptisée "La boucherie du Monde" en 1860) ne peuvent plus suivre le rythme. En 1900, 82 % de la viande consommée aux États-Unis y fut produite. Le site s'étala alors sur 1,92 km2 et comprit 80 km de routes et 210 km de voies ferrées dans son périmètre. Le site rejeta tellement de déchets dans le bras sud de la rivière Chicago qu'on surnomma cette partie « Bubbly Creek » (la « crique pétillante »).

L'illustration la plus percutante de l'activité de ces établissements est donnée en 1906 par Upton Sinclair dans son roman "La Jungle".

 


 

ENERGETIC CRISIS IS FOREVER... Confronté à cette "crise énergétique" (notion tellement mise en avant au cours de l'Histoire Etats-Unienne qu'elle révèle une dimension essentielle de la psychologie collective de sa population), le pays imagine, alors d'importer des hippopotames et de les faire prospérer dans le bayou de Louisiane. Les animaux furent alors présentés comme "L'incarnation du Salut" (Embodiment of salvation). Le projet ne verra jamais le jour...

https://allthatsinteresting.com/history-uncovered/american-hippo-bill

https://todayinhistory.blog/2021/12/23/december-23-1884-american-hippo/

En 2026, le degré d'aveuglement sur soi-même a atteint un tel niveau d'incandescence (tout aussi "pétillant" pourrait-on dire, que la baie de Chicago en son temps) qu'on voit le Diable dans la gueule d'un hippopotame, prédateur fantasmé...

Aujourd'hui, les hippopotames américains sont en Colombie. Issus de l'hacienda de Pablo Escobar (mort en 1993), ils se sont progressivement installés dans la rivière Magdalena où ils ont prospéré (ils y sont désormais plusieurs centaines). Certains scientifiques considèrent qu'ils peuvent y reconstruire un écosystème comparable à celui dominé par les Toxodontes au cours de la préhistoire (animaux disparus il y a 5000 ans).

Les autorités veulent en abattre 80, car ils représenteraient une menace pour les loutres et les lamantins (animaux avec qui ils cohabitent pourtant en compatibilité dans toute l'Afrique subsaharienne...)

https://www.lasillavacia.com/red-de-expertos/red-verde/hipopotamos-en-colombia-reemplazo-ecologico-o-invasion-una-respuesta-desde-la-paleontologia/

https://www.javeriana.edu.co/pesquisa/hipopotamos-amenazan-rio-magdalena/

https://www.infobae.com/colombia/2026/04/18/los-hipopotamos-son-parte-de-nuestra-vida-rechazo-en-el-magdalena-medio-por-decision-sobre-la-especie-invasora/

Les riverains, qui cohabitent avec les gros pachydermes depuis des années, ont donc une approche des choses très différente de celle des "experts" autoproclamés ou désignés tels à Bogota : « Nous les aimons, nous les respectons, nous avons appris à vivre avec eux, et eux avec nous… Ils font également office de gardiens sur le fleuve, à son embouchure, car ils empêchent les gens de pêcher à cet endroit et permettent aux poissons de remonter le fleuve, ce qui profite aux communautés riveraines du fleuve Claro Cocorná Sur… Selon Díaz Romero, vivre aux côtés des hippopotames fait désormais partie du quotidien dans la région de Magdalena Medio, et il affirme que certaines familles dépendent de cette espèce comme unique moyen de subsistance. »

 

THE AFFIDAVIT. Confessions d'un vétéran qui va mourir.

8 ans après "Dans la tête de Moby Dick" :

https://amis-museum.fr/wp-content/uploads/2018/08/samnhn_publication-trimestrielle_201806_274.pdf

Le 1er Août prochain, sortira en librairie aux Etats-Unis un livre intitulé "Kill Ahab". Texte de Phil Adamo, illustrations de Nicoleta Dabija.  Il donne la parole au cachalot : À la fin de sa vie, échouée sur la côte de la Nouvelle-Angleterre, la Baleine Blanche rétablit enfin la vérité, contant une histoire d'aventures palpitantes et d'émotions fortes, d'amour et de perte, de haine et de vengeance. Au cœur de son récit se trouve Achab, le capitaine fou, obsédé par le « monstre » qui lui a arraché une jambe. Mais l'obsession d'Achab n'est pas à sens unique. Les baleines, elles aussi, ont une excellente mémoire.

https://philadamo.com/

https://www.fiverr.com/nicoletadabija

Présentation générale, illustration particulière (un souvenir de jeunesse...) :

 

Au XVIIème siècle, Ichabod Paddock, baleinier de Cape Cod venu instruire les Nantucketers, avait vu "le Diable dans la gueule d'un cachalot"...

Les animaux les plus proches des cétacés sont les hippopotames. 3 groupes se sont séparés à partir d'un ancêtre commun à l'Eocène : les cétacés, marins (incluant 9 familles de cétacés à dents et 4 de cétacés à fanons), la famille des hippopotames, amphibiens, et celle des Raoellides, terrestres, herbivores, pesant environ 10kgs, disparus il y a plus de 40 millions d'années.

https://www.researchgate.net/publication/24209555_Hippopotamus_and_whale_phylogeny

 

Un raoellide du Cachemire indien, Indohyus major :

 

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VOLONTE, CHEMIN

10 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

RAJASTHAN, XXIEME SIECLE. RETOUR D'UN CERCLE VERTUEUX. En 20 ans, le Rajasthan, par une politique vigoureuse, résolue, imaginative et multiforme, a multiplié la population de ses tigres par 8.  De plus, après une première étape délicate au cours de la croissance démographique des léopards, une relation exceptionnellement harmonieuse entre ces félins et les communautés humaines en zone anthropisée et urbanisée a pu être maintenue et solidifiée, notamment avec la communauté Rabari, qui a infusé chez d'autres son influence bienfaisante.

https://www.bbc.com/travel/article/20220504-jawai-where-humans-dont-fear-leopards

https://www.smh.com.au/traveller/inspiration/elusive-big-cats-and-humans-live-side-by-side-in-this-alien-like-landscape-20231219-p5esja.html

https://www.vice.com/en/article/leopard-country-india-where-animals-and-human-tribe-live-together-travel/

D'autre part,  un plan de reproduction en captivité a permis d'éloigner la Grande Outarde indienne de la zone dangereuse.

Il y a désormais 6 réserves à tigres sur le territoire de l'Etat.

 Voir le détail dans l’article circonstancié d’Ajay Singh Ugras, mis en ligne ce jour sur le site du Times of India.

https://timesofindia.indiatimes.com/city/jaipur/recovery-landscapes-rajasthans-new-wild-identity/articleshow/130982267.cms

 

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RENAISSANCE, CROISSANCE

7 Mai 2026 , Rédigé par Alain Sennepin

Le territoire correspondant à l’actuel Birobidjan (oblast autonome juif, fondé il y a 92 ans aujourd’hui – le 7 mai 1934 -) fait partie de l'aire de répartition du tigre de l'Amour depuis des dizaines de millénaires, à tout le moins.

 

 

À partir des années 1920, le nombre de tigres a commencé à décliner fortement, atteignant un point critique. Dans les années 1930, il ne restait plus que quelques poches isolées de leur vaste territoire, et le tigre de l'Amour était au bord de l'extinction. La stabilisation et la croissance du nombre de tigres en Extrême-Orient ont commencé après l'interdiction de la chasse au tigre en 1947.

En 1957, la région ne comptait plus qu'une dizaine de tigres. Dans le bassin de la rivière Pompeïevka, les tigres migraient régulièrement d'une rive à l'autre de l'Amour. Cette population était maintenue grâce à l'arrivée d'animaux étrangers, mais ces migrations cessèrent à la fin des années 1960.

Dans les années 1970, suite au renforcement de la frontière avec la Chine par des ouvrages de génie civil, le site de forte présence de tigres du Petit Khingan a disparu. La dernière observation recensée remonte à 1989, lorsque le prédateur a tenté de franchir la frontière sino-soviétique près du village de Golovino. Pendant les quinze années suivantes, aucune autre observation de tigre de l'Amour ou d’empreinte de celui-ci n'ont été signalées dans l’oblast.

À partir de 2006, des tigres ont commencé à y être observés pénétrant depuis le kraï voisin de Khabarovsk. Dès 2008, leur aire de répartition s'est étendue et, en 2013, ils étaient régulièrement aperçus dans la partie nord de la région, dans le bassin de la rivière Bastak et dans le cours supérieur des rivières Trek, Sagdy-Bira et Bolshaya Kamenushka. Des traces d'un grand mâle ont été régulièrement observées dans la réserve naturelle de Bastak.

Depuis 2012, la Société géographique russe et l'Institut d'écologie et d'évolution de l'Académie des sciences de Russie œuvrent à la réintroduction de cette sous-espèce dans le nord-ouest de l'aire de répartition du tigre de l'Amour. Le Centre du tigre de l'Amour s'est également impliqué activement dans cet effort en 2013.

Au total, 12 tigres ont été transférés dans la Région autonome juive depuis d'autres régions, principalement du kraï de Primorié : Zolouchka, Oustin, Boris, Svetlaïa, Saïkhan, Filippa, Lazovka, et d'autres. La population de tigres dans la Région autonome juive s'est désormais stabilisée  à 16-18 individus.

ZOLOUCHKA (CENDRILLON).

Voir le détail dans l’article mis en ligne ce jour sur le site du Centre Alekseeva (Primorié, Province Maritime) pour la Réhabilitation et la Réintroduction du Tigre de l’Amour.

https://amur-tiger.ru/news/7-maya-den-obrazovaniya-evreyskoy-avtonomnoy-oblasti-1537

Plus de détails sur l’histoire des tigres dans l’oblast au cours des derniers siècles sont accessibles dans О.Н. Полковникова : «Амурский тигр в Еврейской автономной области. Ретроспективный анализ». (Региональные проблемы. 2015 Том 18, № 1) / O.N. Polkovnikov : « Le tigre de l'Amour dans la région autonome juive. Une analyse rétrospective » ( Regional Problems, 2015, vol. 18, n° 1).

 

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