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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 09:12

LE MONSTRE DU FLEUVE POUR SAUVER LA GRAND MERE DES RIVIERES

Voici le résumé d'une magnifique étude de Vincent Prié et Gilbert Cochet. Ils prônent la réintroduction, notamment dans la Loire et la Charente, de l'esturgeon atlantique pour sauver la moule géante "Grande mulette". Gilbert et Vincent interviendront le 4 Décembre, dans le cadre d'une conférence sur les eaux douces au Museum National d'Histoire Naturelle de Paris, respectivement sur les rivières sauvages (Gilbert) et la Grande Mulette (Vincent). Les deux sujets sont intimement liés. On ne peut sauver l'une sans libérer l'autre.

 

Journal électronique de la malacologie continentale française
 Prié, V. & Cochet, G. Restaurer les fonctionnalités des écosystèmes : Proposition pour la réintroduction de l’esturgeon de l’Atlantique Acipenser oxyrinchus Mitchill, 1815 (Pisces, Acipenseridae) pour sauver la grande mulette Margaritifera auricularia (Spengler, 1793) (Mollusca, Bivalvia, Margaritiferidae) de l’extinction. MalaCo, 6 : 8 pp.
Publié sur www.journal-malaco.fr (ISSN 1778-3941)

Vincent PRIE1 & Gilbert COCHET2
1 Biotope, 22, Boulevard du Maréchal Foch, F-34140 Mèze
2 Le Village, F-07130 Saint-Romain-de-Lerps
Correspondance : vprie@biotope.fr

 

Résumé — La grande mulette Margaritifera auricularia,
autrefois largement répandue en Europe de l’Ouest, ne
subsiste actuellement que par quelques populations qui ne
recrutent plus depuis plusieurs années. La disparition de son
principal poisson-hôte, l’esturgeon européen Acipenser sturio,
serait la principale cause de sa raréfaction. Il resterait quelques
dizaines d’années pour sauver la grande mulette de
l’extinction. Un programme de restauration de l’esturgeon
européen est en cours, mais compte tenu de sa maturité
sexuelle tardive, il permettra au mieux le retour de quelques
adultes dans les rivières de France d’ici une quinzaine
d’année. Pour restaurer les fonctionnalités de l’écosystème et
sauver la grande mulette de l’extinction, nous évoquons la
réintroduction d’une espèce proche : l’esturgeon de
l’Atlantique A. oxyrinchus. Cette espèce est la moins menacée
parmi les Acipenseridae et fut présente en France au moins
entre -3 000 et 200 ans après Jésus-Christ. Les risques de
compétition et/ou d’introgression avec l’esturgeon européen,
semblent pouvoir être écartés puisque les deux espèces ont
cohabité par le passé. La possibilité d’une réintroduction de
l’esturgeon de l’Atlantique donne un espoir pour la
restauration des populations de grande mulette.

 

La Grande mulette est le plus grand invertébré continental d'Europe. Elle peut mesurer 20 cm et peser 400 g.

Ses larves se fixent dans les ouïes d'un poisson hôte, généralement migrateur. Elle n'agresse pas son hôte, c'est plutôt le contraire puisque les poissons "infectés" ont moins de mycoses que les autres. Son hôte préférentiel est l'esturgeon. Les esturgeons d'Europe ayant disparu de France, la Grande Mulette se meurt. Pouvant vivre 150 ans, elle est appelée "LA GRAND - MERE DES RIVIERES".

L'esturgeon d'Europe a été réintroduit dans la Garonne, mais il n'atteindra pas sa maturité sexuelle avant 15 ou 20 ans. D'ici là, toutes les Grandes Mulettes seront mortes. Généralement long de 1 à 2m, il peut atteindre, dans une rivière libre et fonctionnelle, 5m et 500kgs.

Il faut donc réintroduire d'urgence, notamment dans la Loire et la Charente, un animal tout aussi impressionnant, l'esturgeon atlantique, capable d'effectuer des bonds de 2m au dessus de l'eau. Actuellement Nord Américain, il fut présent en France au moins entre 3000 av. J.C et 200 de notre ère, une étude de 2009 évoquant même sa présence jusqu'au moyen - âge.

Celà passe par une modification de la politique de l'eau, et notamment le démantèlement d'un certain nombre de barrages qui font obstacle aux esturgeons et condamnent à mort la grand mère des rivières.

Du lac Khanka russo chinois au Dniepr, l'esturgeon géant "TSAR POISSON" des contes russes et le tigre ont toujours évolué biogéographiquement de concert.

Dans un "Charlie Hebdo" consacré au grand félin, Fabrice Nicolino le présentait comme "un thon rouge à rayures". Demain, c'est "un esturgeon à rayures" qu'il doit devenir.

Pour que les rivières de France et d'Europe, ayant recouvré leur fonctionnalité et leur force, soient à nouveau protégées par des organismes immenses (saule centenaire, poisson et malacostracée géants, grand mammifère carnivore) tels qu'ils existaient à l'aube des temps.

 

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commentaires

R
Bonjours<br /> Quelle(s) espèce(s) plus précisément avez vous en tête lorsque vous évoquer des "malacostracée géants". Après une petite recherche je n'ai pas trouvé. <br /> Bien cordialement.
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A
Et si Rainette aime bien aussi les amphibiens, "La merveille et la Gloire" mis en ligne le 3 novembre 2015 l'intéressera peut - être...
A
Un grand merci pour toutes ces passionnantes précisions. Concernant l'esturgeon comme animal total, dont le développement embryonnaire et certains aspects du développement post embryonnaire mettent en question Darwinisme comme Lamarckisme, et crédibilisent la Nomogénèse de Lev Berg, voir "Retour dans la mère patrie" mis en ligne le 24 mars 2016.
R
Et si cela peut vous intéresser, Une étude a aussi prouvé la présence et l'abondance du Pélican frisé en Europe du Nord-Ouest depuis le milieu de l'Holocène et jusqu'au Moyen Age. Je viens de compléter l'article Wikipédia "Pélican frisé" sur la question. Il semble que le Pélican frisé soit une espèce à l'origine écologiquement plus "nordique" que le pélican blanc qui peuplait plutôt l'Europe du Sud aux mêmes époques, les deux espèces se partageaient le territoire européen mais se mélangeaient assez peu. Aujourd'hui les deux espèces sont sympatriques en Europe du Sud-Est parce que le pélican frisé y trouve ses derniers refuges (et le petit age glacière à partir de la fin du Moyen Age a sans doute défavorisé le pélican blanc, y faisant de la place pour le pélican frisé venus d'Europe plus nordique), mais à l'origine il semblerait que les deux espèces étaient séparées (du moins, là où une des espèces était abondante, l'autre y était peu abondante, car les deux espèces occupent exactement la même niche écologique et sont forcément en compétition lorsqu'elles sont en abondance maximale dans un milieu, à mon sens cela signifie que le refuge actuel du pélican frisé dans les mêmes zones que le pélican blanc en Europe du sud-est n'est pas une situation viable à long terme pour la sauvegarde du pélican frisé, surtout avec la perceptive du réchauffement climatique, si on veut conserver cette espèce de manière durable il va falloir le réintroduire ou favoriser sa réimplantation naturelle plutôt vers Europe du Nord, avant que les effectifs de pélicans blancs augmentent et fassent concurrence au pélican frisé en Europe du Sud-Est.)
R
Merci pour votre réponse. Le bon coté c'est que mon esprit a inventé quelques crustacés de rivière géants peuplant la partie basse de nos fleuves (il y a bien quelques gros crabes chinois, et bien qu'ils ne fassent pas partie de la faune autochtone ils sont désormais bien installés et intégrés à notre faune pour toujours, mais ils restent assez rares, peu envahissants, car sensibles à la pollution et qu'ils ont rencontré dans nos eaux un certain nombre de prédateurs bien capables de les réguler. Ils devraient théoriquement pouvoir profiter à nos esturgeons qui vont s'en régaler, tout comme avec la plus catastrophique écrevisse de Louisiane et autres écrevisses américaines qui peuplent préférentiellement les parties basses des rivières et que les esturgeons vont participer à réguler)<br /> <br /> A propos d'esturgeons, des découvertes toutes récentes d'archo-génétique ont montré que c’était essentiellement l'esturgeon atlantique (Acipenser oxyrinchus), et non l'esturgeon d'Europe (Acipenser sturio), qui peuplait autrefois les fleuves et rivières tributaires de la mer du Nord et de la mer Baltique, et qui y étaient péchés au Moyen Age, ce qui fait un sacré chamboulement pour les plan de réintroduction en cours !<br /> https://www.researchgate.net/publication/281147800_Archaeogenetic_evidence_for_medieval_occurrence_of_Atlantic_sturgeon_Acipenser_oxyrinchus_in_the_North_Sea
A
C'est assurément une très grossière et impardonnable erreur de ma part. Concernant la grande mulette,Il s'agit bien sûr d'un mollusque lamellibranche géant, et en aucun cas d'un crustacé malacostracée. Où avais je la tête? Qui plus est, je ne peux pas corriger le texte original, vieux de è ans, qui n'est plus dans mon Administration...Merci de votre intérêt et de votre questionnement.

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