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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 15:58

Il resterait encore 500 léopards endémiques de Java, la plupart établis dans l'Ouest de l'île. Tempo.Co, ce jour : "Only 500 javan leopards left in the wild".

TEMPO.CO, Bandung - The number of Javan leopard (Panthera pardul melas) is estimated to be around 500. Anton Ario, program manajer at Conservation International, said that the number is based on the calculation of the remaining forest area in Java and the leopard's exploration range.

The majority of the leopards' habitat, said Anton, is believed to be centered in West Java, where there are more forest area left compared to Central Java and East Java.

Conservation International has been monitoring the activities of the Javan leopard using infrared cameras in West Java at Mount Gede, Mount Salimun, Mount Salak and Mount Malabar since 2013.

In Mount Gede, said Anton, the estimated population is 25 leopards. At Mount Malabar there are seven, while in Mount Salak-Halimun it is expected to be at least 50 leopard.

"Each leopard usually roams around their areas by about 6 to 8 square kilometers," he said.

The birth rate of leopards is three cubs per one female at most. "Generally one female gives birth to two cubs, with only one cob likely to survive," he said.

The Javan leopard is a leopard subspecies restricted to the island of Java. The International Union for Conservation of Nature (IUCN) has classified the leopards as critically endangered since 2008.

Les tigres de Java, quant à eux, "officiellement" disparus en 1980, vivraient encore en petit nombre dans les zones montagneuses du centre de l'île.

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 15:38

ALTRUISME, EMPATHIE, COMPASSION. Le 3 Mai 2012, deux baleines à bosse ont cherché à empêcher neuf orques de séparer un bébé baleine grise de sa mère. Celui ci finit par mourir, probablement de stress et d'épuisement. D'autres baleines à bosse rejoignirent alors les deux premières, et protégèrent le petit mort contre les dents des orques pendant 7 heures. Elles semblaient particulièrement affectées et le faisaient savoir bruyamment. En Antarctique, des baleines à bosse parviennent parfois à protéger des phoques de l'attaque des orques. Huffington Post Green, ce jour. Candace Calloway Whiting. "Humpback whales intervene in killer whale attacks on a baby gray whale, and save seals."

http://www.huffingtonpost.com/candace-calloway-whiting/humpback-whales-intervene_b_8093080.html

A L'INVERSE, il a existé une coopération mutualiste étroite entre trois meutes d'orques et une famille de baleiniers (les Davidson), au Sud Est de l'Australie, pendant plusieurs générations (de 1840 à 1930). Voir "Killer Whales of Eden, Australia" dans "Wikipedia, the free encyclopedia".

AUTRE EXEMPLE : Témoignage de Vsevelod Belkovich, Directeur du centre d'étude des îles Solovetsky sur les baleines blanches Beluga assistant une grande baleine (donc d'une espèce différente) lors de son accouchement : Bel’kovich tells that the belugas definitely have a language. He first knew it, for certain, while witnessing a group of females surround a whale giving birth. They offered her "vocal encouragement". And when the healthy baby finally emerged, the group expressed joy to one another. Then they all turned to the new mother to offer congratulations. L'oraison qui relate la fondation (1436) du monastère des Solovki évoque le "Cheval blanc", le "Troisième compagnon" en lien avec cette fondation, parfois considéré comme une baleine blanche Beluga :

http://www.helsinki.fi/~lauhakan/whale/petroglyph/whitesea/whitehor.html

VOIR AUSSI, à propos des évolutions culturelles des différents groupes sociaux de cachalots au large des îles Galapagos. 8 septembre 2015, Nature Communications. Cantor (M), Whitead (H) and al. "Multilevel animal societies can emerge from cultural transmission".

http://www.nature.com/ncomms/2015/150908/ncomms9091/full/ncomms9091.html

Pour rappel, c'est à partir de cette zone que Mocha Dick et ses congénères élaborèrent un outil de communication interclanique sur l'ensemble du Pacifique Sud et même au delà (de la Nouvelle - Zélande au Japon) pour faire face efficacement à l'agression massive et généralisée infligée à leurs communautés (voir sur ce blog, le 18 janvier, "Epopée salvatrice").

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 05:38

LE LION, L'AVENIR. Les lions d'Afrique du Nord - Ouest ont été au coeur de l'Empire français, comme les tigres de Haute Asie l'ont été pour l'Empire russe. A l'heure où la Russie s'efforce de sauver ses grands félins en se sauvant elle - même, il n'y a rien de plus urgent ni de plus important pour la France que d'agir de même pour ceux qui furent les siens. La problématique est à la fois climatique, politique et culturelle. C'est l'Avenir du pays lui même qui est en jeu.

AVEUGLEMENT. Le mois dernier, Ségolène Royal, en tant qu'"Emissaire de la COP 21 pour l'Afrique australe", visitait le Botswana, où, à l'initiative des autorités locales, elle a pu admirer le delta de l'Okavango, qui, sans sa population florissante d'hippopotames, deviendrait un lac salé. Ces gros mammifères sont donc, de ce fait, particulièrement choyés, alors même qu'ils sont considérés comme les grands animaux sauvages les plus dangereux et meurtriers du Continent. De plus, elle écouta poliment Yann Arthus Bertrand expliquer que la protection des animaux et des écosystèmes était un axe majeur indispensable pour une lutte efficace contre le changement climatique en cours. Or, la France d'aujourd'hui s'acharne sur de puissants amortisseurs de la crise climatique que sont les loups et les lynx dans l'Hexagone, les requins à la Réunion, ainsi que sur les petits prédateurs... Des théoriciens comme Xavier de Planhol appellent à "veiller sans relâche et tuer sans pitié".

UN CERTAIN ETAT D'ESPRIT : GEDEON ET TARTARIN. La mentalité française semble figée dans une aversion du "sauvage" et un désir d'annihilation de celui - ci, état d'esprit très répandu dans les pays de culture européenne aux 19ème et 20ème siécles, et largement battu en brèche aujourd'hui dans la plupart d'entre eux. Deux icônes culturelles majeures de la IIIème république furent Gédéon le canard, héros des bandes dessinées de Benjamin Rabier, qui moleste et tue les prédateurs (renard, brochet, aigle) devant une basse cour reconnaissante et hilare, et Tartarin de Tarascon, le "tueur de lions" couard et fantasque d'Alphonse Daudet, qui incarne à merveille cet "esprit français" dans lequel "chacun peut se reconnaître". André Suarès voit en Alphonse Daudet rien moins qu' un Cervantès français : "Il ne sera plus rien de Daudet et de tant d'autres que Tartarin vivra toujours. C'est une création immortelle. Tartarin est notre Don Quichotte. La France entière s'y est reconnue..."

LES LIEUTENANTS DE LIONCELLERIE DE L'EMPIRE. Fort éloignés de la pusillanimité d'un Tartarin, le Général Jean - Auguste Margueritte, Jules Gérard, Charles - Laurent Bombonnel, Eugène Pertuiset (pour ne citer que les plus célèbres) furent les chevaliers adulés de l'Empire français. Ce que Strabon avait révé (il saluait les chasses romaines qui avaient "libéré l'Afrique des lions") ils l'ont fait, renforçant la France dans sa conviction d'être l'héritière et la continuatrice de la Rome antique. Bombonnel évoque pour sa part l'Algérie comme "la Terre promise du chasseur". En 1958, les français brûleront une forêt située juste au Nord de Sétif, où avait été observé, deux ans plus tôt, celui qui fut peut être le dernier lion d'Algérie...

FLAUBERT ET ROSNY : UNE FRANCE OUBLIEE. Totalement à contre courant de l'état d'esprit général, Gustave Flaubert, dans Salammbo (1862) puis Joseph - Henri Rosny Aîné, dans "Le Félin Géant" (1920), vont donner au lion un autre visage et une autre dimension, dans des manières d'écrire très voisines. Flaubert décrit la "Guerre des mercenaires" contre Carthage à l'issue de la première guerre punique, Rosny illustre l'alliance entre une communauté humaine et un gigantesque lion des cavernes. Si Rosny magnifie le lion d'Afrique du Nord à travers le "lion des rocs" (voir sur ce blog, "Guerre et Paix" - annexe 2 - publiée le 26 juillet), Flaubert le montre martyrisé et crucifié "en masse" dans une scène hallucinante qui évoque la fin de Spartacus et de ses compagnons. Plus tard, quand les mercenaires sont soumis au même supplice, le gaulois Autharite lâche, à leur propos, avant d'expirer : "C'étaient nos frères!" Flaubert et Rosny ont sans doute pensé aussi à Androclès...

FRANCE - RUSSIE, TIRS CROISES. Les Russes ont totalement exterminé les tigres en Asie centrale quand les Français en firent autant pour les ours et les lions en Afrique du Nord. Les premiers réduisirent les tigres de l'Amour à un niveau relictuel quand les seconds obtinrent le même résultats avec les lions d'Afrique occidentale (souvent par les mêmes moyens, comme l'utilisation massive de strychnine). Des explorateurs comme Vladimir Arséniev et Nicolas Baïkov dénoncèrent cet état de fait, et disparurent des radars de la culture russe pour des motifs politiques (voir sur ce blog, "Guerre et paix", 26 juillet), quand les écrits de Flaubert et Rosny s'effacèrent, victimes de leur inadéquation à la psychologie collective. Au XXIème siècle, la Russie a sauvé le tigre de l'Amour, et va reconstituer celui d'Asie centrale, du fait de sa proximité génétique avec le Tigre de l'Amour (voir sur ce blog, le 21 août, "2000 - 2030 : bref bilan d'étape"). Arseniev et Baïkov ont été réhabilités (voir sur ce blog, le 4 septembre : "La Chine russe à nouveau sur orbite").

Le 8 Août 1942, le Mahatma Gandhi proposa à ses condisciples la maxime "Agir ou mourir". La France est désormais face à elle - même. Les Prédateurs sont nos frères, mais Autharite le gaulois s'en est rendu compte un peu tard. François Hollande, dans sa conférence de presse du 7 Septembre, a évoqué "le jugement de l'Histoire"...

Alain Sennepin, 9 Septembre 2015.

Blog "Retour du tigre en Europe".

http://europe-tigre.over-blog.com

(Je tiens à disposition de quiconque toute précision ou référence bibliographique, à la demande.)

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 15:36
NOYADE D'UN JEUNE ENFANT...

... PORTEUSE DE PERSPECTIVES. Sasha, le très jeune (environ 18 mois) rhinocéros à fourrure découvert en septembre 2014 sur la rive droite de la rivière Semyulyakh, dans le district d'Abyysky, en Yakoutie :

http://siberiantimes.com/science/casestudy/news/n0129-meet-sasha-the-worlds-only-baby-woolly-rhino/

est probablement mort noyé il y a 34000 ans, alors que le climat de cette région était beaucoup moins rigoureux qu'actuellement. Sa peau, son pelage, ses pattes, sa tête, ses dents, sa langue, ses yeux et ses oreilles étant remarquablement préservés, une étude génétique détaillée va pouvoir être entreprise, qui s'efforcera de mesurer, notamment, le degré de proximité de cette espèce avec les rhinocéros "modernes". Voir l'article détaillé et illustré d'Anna Liesowska, The Siberian Times, ce jour : "Sasha, the world's only baby woolly rhino, is 34000 years old, say scientists."

http://siberiantimes.com/science/casestudy/news/n0393-sasha-the-worlds-only-baby-woolly-rhino-is-34000-years-old-say-scientists/

Si la proximité génétique du rhinocéros à fourrure avec le rhinocéros blanc s'avérait aussi importante que celle du mammouth "laineux" avec l'éléphant d'Asie, la perspective d'une reconstruction de l'espèce s'ouvrirait.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 03:41

A l'issue du premier recensement concernant les léopards, l'estimation les concernant se situe entre 12000 et 14000. L'Inde centrale abrite près de 4500 animaux, les Ghats occidentaux près de 2500, l'Himalaya indien près de 950 (voire 1300). Le Karnataka (Ghats occidentaux, qui compte plus de 400 tigres, abrite environ 1130 léopards. Le Madya Pradesh (Inde centrale), particulièrement pauvre en tigres régulièrement braconnés sur son territoire, serait l'état le plus riche en léopards de tout le pays (plus de 1800 individus). The Times of India, ce jour. Amit Bhattacharya, TNN. "Finally, India gets a count of its leopard numbers : 12000 - 14000."

http://timesofindia.indiatimes.com/home/environment/flora-fauna/Finally-India-gets-a-count-of-its-leopard-numbers-12000-14000/articleshow/48850420.cms

India finally has an estimate of its most populous and elusive large predator, the leopard. The first ever count of India's leopards, conducted alongside last year's tiger census, has put the spotted cat population at 7,910 in and around tiger habitats across the country, except the northeast.
The leopards were counted using the same methods adopted for the tiger census, which involved getting pictures of animals through camera-trapping and gathering other evidence of their presence, and then extrapolating the numbers to cover the entire forest landscape.
"There are leopards outside the areas we covered. Based on these numbers, we estimate India's total leopard population to be in the range of 12,000 to 14,000," said Yadvendradev V Jhala, the lead scientist of the tiger census, who presented the leopard figures at Wildlife Institute of India's annual research seminar in Dehradun last week.
The census numbers give the first accurate picture of the density and distribution of the spotted cats, which were previously guesstimated to be anywhere between 10,000 and 45,000 in the country.
The exercise covered 3,50,000 sq km of forested habitat across the Shivalik hills and Gangetic plains, central India and the Western Ghats landscape. As many as 17,143 pictures of 1,647 individual leopards were obtained during the exercise that covered most forested landscapes, even the low-grade revenue forests.
The study found the species well distributed across the country, indicating that India's leopard population is "quite healthy".
"Most of the leopard populations are contiguous, ensuring a healthy genetic exchange. So, leopards do not face the problems of isolated populations that plague Indian tigers," Jhala told TOI.
The wildlife biologist said since there were no previous estimates, there was no way of knowing whether the leopard population was growing or declining. "But leopards are doing far better than tigers because they can survive in scrubs and human-impacted forests as well. That's why they are not in imminent danger as the tigers," he said.
However, healthy forests remain crucial to the long-term survival of leopards in India. "There's an impression that leopards are everywhere. That's not the case. Leopards need a protected patch of forest to occur in the vicinity. They aren't found in purely agricultural stretches," Jhala noted.
With an estimated population of 1,817, Madhya Pradesh has emerged as the top leopard state in the country. It's followed by Karnataka (1,129), Maharashtra (905), Chhattisgarh (846) and Tamil Nadu (815).
In another major leopard state, Uttarakhand, the study estimated a population of 703. But Jhala said the actual number could be higher by 300-400, because the census did not cover the higher Himalayas.
The census also did not cover Gujarat, parts of Rajasthan and east India, and the entire northeast.
"We have included 34 leopards that were captured in camera traps in the northeast. The region could not be properly covered because all forest areas were not sampled in phase I of the census by the respective forests departments," Jhala explained.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 20:42

Dans l'Himalaya indien, où les tigres sont environ 500, ceux ci semblent avoir un comportement social et familial différent de leurs congénères d'autres régions. Les mâles étant, dans cette zone, pratiquement aussi nombreux que les femelles (habituellement, ces dernières sont deux ou trois fois plus nombreuses que les premiers) le maître d'un territoire assume les rejetons de ses "concurrents" comme les siens propres. Il n'y a donc pas d'infanticide. The Times of India, ce jour. Seena Sharma, TNN. "Terai tigers showing "unique" social traits?"

Dehradun: Wildlife Institute of India is set to begin a new research project on the 'meta-population dynamics' of tigers, with particular focus the terai arc landscape, extending through Uttarakhand, UP and Bihar. Scientists are somewhat surprised to see that the general notions about tigers - that one male roams an area that he usually shares with two or three females, for instance - are being turned on its head in these parts, where there are more males.

The study is being funded by the Maharashtra NGO Wildlife Conservation Trust and Panthera Wild Cat Programme, US.

The terai arc is home to about 22% of the Indian wild tiger population. This new study will combine GIS mapping and genetic methods to understand connectivity status, gene flow and social dynamics in different tiger populations in this area.

The ecology of tigers, population and prey estimates and disturbance patterns are fairly well studied in some of the national parks and protected reserves in the terai arc. There is already considerable ecological data available for this region, making it ideal for genetic studies that will make for deeper understanding of population dynamics.

Samrat Mondol of WII, principal investigator of this study, told TOI, "The terai arc was selected as it has known corridors through which tigers are moving or capable of moving. This kind of movement creates a source-sink dynamics, where source populations (from areas where tigers are known to prowl) provide new tiger individuals to sink populations (areas where tigers establish territories). In the sink sites, they might breed with females and facilitate the gene exchange. Movement of tigers is essential for their genetic exchange and good connectivity through corridors is critical to maintain a viable tiger meta-population for long-term survival."

Mondal said the study would provide useful information on the source-sink dynamics, quantify the rate and direction of gene flow and social dynamics in different tiger populations across terai. Such a study would aid in making informed decisions to protect this landscape, he said.

The study would aid in understanding these important corridors and thus boost work that aims at the long-term tiger population viability in this entire landscape. He said within each population, understanding social dynamics of tigers would aid in bringing out critical information on tiger behaviour that can be used in their management.

Bivash Pandav, WII scientist who is also part of the project, said shockingly new things are still being revealed about the social traits of the much-studied tiger. "Till now, it has been widely believed that a tiger rules over his territory with two-three females. But presence of two-three tigers were detected in the Corbett landscape, in the territory of one tiger, in the recent study conducted by researcher Shikha (Bisht), which is quite interesting. One needs to dig deeper."

Another WII scientist pointed out that it has been seen the other males sneak into the main tiger's territory and mate with females there, and then withdraw soon afterwards. The main tiger treats the cubs produced through such mating as his own offspring.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 09:40
 LA CHINE RUSSE A NOUVEAU SUR ORBITE

Voici un élément significatif de l'évolution de la culture russe, qui élargit et solidifie la première véritable culture européenne du tigre. Ceci prolonge, actualise, amplifie et approfondit ce que j'avais écrit sur Arseniev, Baïkov et leurs prolongements sur ce blog le 26 juillet dernier ("Guerre et Paix").

PACIFIQUE : UNE ATLANTIDE LITTERAIRE EN REEMERSION. Courrier de Russie, ce jour. "La littérature russe d'extrême orient : l'émergence de l'Atlantide". A partir d'une interview d'Alexandre Kolessov du 28 août de Rossiïskaïa Gazeta, propos recueillis par Olga Jourman, traduit pour le Courrier de Russie par Julia Breen.

La maison d’édition Roubej, de Vladivostok, s’est fixé pour tâche de publier une anthologie des écrivains d’Extrême-Orient. Un projet inédit et le travail collectif de philologues, bibliothécaires et spécialistes de la région, dirigés par Alexandre Kolessov, le rédacteur en chef de Roubej. Dans un entretien pour Rossiïskaïa Gazeta, ce dernier revient sur les trésors que recèle la littérature russe orientale et souligne combien il est important de la sortir de l’ombre et de lui rendre ses lecteurs.

En 2008, Roubej a publié le livre « Lettres de Vladivostok (1894-1930) », qui est devenu un vrai best-seller, poussant la maison d’édition à le rééditer à deux reprises.

Rossiïskaïa Gazeta : Votre anthologie comprend dix volumes…

Alexandre Kolessov : En effet ! Un volume par région de l’Extrême-Orient, plus un consacré exclusivement à la poésie, et un autre, aux récits épiques des peuples autochtones de nos contrées. Enfin, le dixième volume rassemble les auteurs de l’émigration ayant vécu dans la zone des Chemins de fer de l’Est chinois.

R.G. : Le premier tome de cette anthologie présente les travaux des écrivains de la région du Primorié. De qui s’agit-il ?

A.K. : Ce tome de 900 pages réunit les romans, récits et nouvelles de 33 écrivains du Primorié, sur l’étendue d’un siècle.

Le tome s’ouvre sur Vladimir Arseniev, un écrivain dont l’œuvre n’est jusqu’à présent pas publiée en entier ; et ses livres principaux, Dersou Ouzala et Par le kraï Oussouri, sont publiés et traduits dans plusieurs langues, mais majoritairement sous une forme censurée.

Vladimir Arseniev est une figure aussi importante que sous-estimée. C’est un auteur qui n’a pas été véritablement publié, donc pas lu. Il existe en outre de nombreux textes non littéraires d’Arseniev : des essais, des recherches, des rapports et des notes sur les thèmes les plus variés de la vie dans le kraï Oussouri, écrits sur la base de ce qu’il consignait dans son journal. Journal qu’il rédigeait en qualité d’officier d’état-major de l’armée impériale russe, envoyé dans cette région frontalière lointaine en 1901 comme agent secret. Alors qu’il n’avait pas de formation universitaire, il s’est retrouvé dans des lieux et dans un rôle qui l’ont en quelque sorte contraint à devenir un chercheur digne de ce nom sur l’Extrême-Orient, et un écrivain dans le même temps. Son nom est devenu une des marques de fabrique de l’Extrême-Orient. Et nos éditions ont aujourd’hui la possibilité de publier tout Arseniev. C’est une charge importante, presque trop lourde. Mais nous savons que si nous ne le faisons pas aujourd’hui, il est peu probable que quelqu’un d’autre se lance, demain, dans ce projet si complexe.

Mais c’est vrai que jusque récemment, cette littérature était parfaitement inconnue du grand public !

R.G. : Parlez-nous de la littérature de l’émigration extrême orientale, qui fera l’objet d’un tome particulier de cette anthologie…

A.K. : La littérature de la Chine russe, c’est l’Atlantide de la culture russe, c’est tout un continent inexploré de notre littérature. Voilà 25 ans que je travaille sur le sujet, et je peux vous assurer qu’en termes d’échelle des problèmes qu’elle soulève autant que de talent de ses auteurs, la littérature de l’émigration russe en Chine, dans ses grands noms, ne le cède en rien à celle des Russes d’Europe. Certes, la Chine n’a pas d’écrivains russes de l’envergure d’un Vladimir Nabokov ou d’un Gaïto Gazdanov ; mais les textes des auteurs de Harbin ne ressemblent à rien d’autre – ni à la prose soviétique sur l’Extrême-Orient, ni à la littérature de l’émigration parisienne, berlinoise ou pragoise. Ceux qui ont écrit à Harbin ont créé une littérature qui ne pouvait naître que dans cette Chine russe. Mais c’est vrai que jusque récemment, cette littérature était parfaitement inconnue du grand public ! Pour des raisons politiques et idéologiques, le thème était tabou, et les représentants de cette branche de notre littérature nationale n’ont été publiés, dans notre pays, qu’à partir des années 1980. Et même ensuite, on les a relativement ignorés, à de rares exceptions près.

Prenez Boris Ioulski, par exemple. Il est né à Irkoutsk mais a commencé d’écrire à Harbin. Puis, il a servi dans la police des forêts des Chemins de fer de l’Est chinois. À l’image de beaucoup d’autres jeunes littérateurs, nés ou ayant grandi en Chine, le Céleste Empire est pour lui un pays natal et non étranger, et cela se ressent nécessairement dans sa création.

En août 1945, quand l’Armée rouge est entrée en Mandchourie, Ioulski, avec beaucoup d’autres acteurs culturels de l’émigration russe, a été capturé par les bolcheviques et rapidement envoyé au bagne à la Kolyma. En 1950, il s’est enfui du Goulag et… il a disparu. Mais il avait eu le temps, entre 1930 et 1940, de publier dans des revues de l’émigration quelques dizaines de récits merveilleux. C’est le meilleur jeune auteur de prose de la Chine russe, et des thèses sont aujourd’hui consacrées à son œuvre.

Prenez encore l’essai Sur moi-même et sur Vladivostok, d’Arseni Nesmelov, publié dans le tome consacré au Primorié. Nesmelov est un des représentants les plus brillants de la littérature de la Chine russe et un poète éminent du mouvement blanc. Au printemps 1920, le lieutenant Arseni Mitropolski de l’armée de Koltchak arrivait à Vladivostok ; quatre ans plus tard, il y était devenu un poète, prenant comme pseudonyme le nom d’un ami assassiné – Nesmelov. Son premier recueil est sorti d’une imprimerie militaire de l’île Rousski, près de Vladivostok. Avant son départ pour la Chine, en juin 1924, Nesmelov a envoyé à quelques adresses moscovites, dont celle de Boris Pasternak, son livre tout récemment publié, Les gradins. Ensuite, à l’aide d’une carte obtenue la veille de Vladimir Arseniev, Nesmelov, avec d’autres camarades officiers blancs, a franchi les montagnes Bleues et est passé en Chine. Et l’on retrouve, dans le recueil en dix tomes des œuvres de Pasternak, une lettre à sa femme, dans laquelle l’écrivain note : « On vient de m’apporter un envoi d’Extrême-Orient. Arseni Nesmelov. Les vers sont bons. »

On ne peut pas ne pas mentionner également Nikolaï Apollonovitch Baïkov, dont nous publions actuellement un recueil. Ce vis-à-vis d’Arseniev, écrivain-naturaliste, a vécu et créé plus d’un demi-siècle durant en Mandchourie, et fut enterré en 1958 à Brisbane, en Australie. Son roman légendaire sur le tigre Le Grand Van est réédité depuis soixante-dix ans au Japon, alors que dans son pays natal, Baïkov n’a commencé d’être publié qu’au XXIe siècle – à Vladivostok ! Et il est immédiatement devenu un auteur populaire.

R.G. : Et aujourd’hui, y a-t-il des écrivains dignes d’intérêt au Primorié ?

A.K. : Évidemment. Dans la taïga profonde du Primorié vit un excellent prosateur, l’auteur de récits Viktor Pojidaïev. Il écrit sur la pêche, la chasse, les relations humaines. Son dernier livre est sorti à Vladivostok il y a 25 ans, lui-même aura 70 ans l’année prochaine. Quand je fais lire les récits de Pojidaïev à mes amis, écrivains moscovites, ils sont frappés par le monde étonnant de beauté dans lesquels vivent les personnages de cet homme humble – et écrivain brillant. Il n’y a presque plus personne qui écrit comme ça dans la Russie d’aujourd’hui ! Cette année, nous publierons un important recueil de récits et nouvelles de Viktor Pojidaïev : Là où l’on attend, on compte les jours.

Notre projet va ressusciter un immense continent culturel. Un espace littéraire gigantesque – un tiers de la Russie ! –, répandu comme de la pâte sur une table, va se resserrer et se concentrer dans l’anneau de cette anthologie de littérature en dix tomes.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 06:44

Hier, les autorités du district de Khabarovsk ont signé un plan de renforcement des populations de tigres pour 2016 - 2020, incluant notamment des mesures spécifiques pour faire croître les effectifs dans huit zones en particulier. Amur Tiger Programme, hier. "Five year tiger preservation programme adopted in Khabarovsk territory."

http://programmes.putin.kremlin.ru/en/tiger/news/25162

Khabarovsk Territory Governor Vyacheslav Shport has approved an action plan for the preservation of the Amur tiger for 2016−2020. Under the plan, measures to increase the tiger population will be taken in eight areas.

One of them provides for redoubling efforts against poachers, including by training more inspectors and by strengthening cooperation with the customs services to prevent the export of tiger skin and derivatives. Steps will also be taken to preserve and rehabilitate the tigers’ habitat.

Other measures include the further development of the animal rehabilitation system, in particular by improving the territory’s animal rehabilitation centre at the Sikhote-Alin Nature Reserve.

Par ailleurs, après un travail intensif de nettoyage des berges de l'Amour cet été, il a été constaté une augmentation considérable des populations de tortue à carapace molle, espèce très rare de la région. Peter Osipov, représentant de la branche WWF - Amour "ceinture verte", a mis en lumière la présence et le développement de ces animaux dans un marigot proche du centre ville de Khabarovsk, alors que celle ci était cantonnée dans le sud du bassin de l'Amour jusqu'à ces dernières années. WWF Russie, hier (en russe).

http://www.wwf.ru/resources/news/article/13642

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 15:37

Les résultats définitifs du recensement des tigres de l'Amour mené en février dernier sur 150 000 km2 dans l'extrême orient russe seront rendus publics dans deux jours, à Vladivostok, par Sergeï Donskoï, ministre des ressources naturelles et de l'environnement. The Amur tiger programme, ce jour. "Amur tiger census results to be summed up at EEF in Vladivostok".

http://programmes.putin.kremlin.ru/en/tiger/news/25161

Les résultats provisoires évaluent un nombre de tigres sauvages dans cette région compris entre 510 et 540.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 19:33

Des scientifiques argentins ont annoncé hier avoir cloné avec succès un guépard asiatique au stade de l'embryon, félin le plus menacé au monde (avec la poursuite de son déclin depuis 2010, et simultanément, la hausse des effectifs des 2 autres félidés encore plus en danger que lui à cette époque, le lynx pardelle et le léopard de l'Amour). English.news.cn, ce jour (info annoncée dès hier sur les chaînes locales). "Argentine scientists clone endangered asiatic cheetahs for first time."

BUENOS AIRES, Aug. 29 (Xinhua) -- Scientists from the University of Buenos Aires (UBA) have successfully cloned an Asiatic Cheetah, a species in danger of extinction, local media announced Saturday.

In an unprecedented feat in the efforts to protect the fastest cat, researchers from the UBA's Faculty of Agriculture "for the first time in the world managed to attain an embryo for cloning," local daily Clarin said in a report.

"At the beginning of the last decade, there were scientists in India who had a plan to clone Asiatic Cheetahs. However, the objective was not achieved. Now, the clone -- at least in its embryo state -- was attained by a group led by veterinary Daniel Salamone," added the newspaper.

The project began with skin cell samples obtained from a cheetah in Buenos Aires Zoo, and then the cloning process followed in the faculty's laboratory under Salamone's direction, according to the report.

From there, they merged the cheetah's skin cells with domestic cats' eggs, whose nucleus had been removed and did not have zona pellucida, said the daily, adding that after various attempts, the cloning embryos were obtained.

Then they took two clone embryos and subjected them to a process called aggregation, and from there an embryo in blastocyst stage was developed, Clarin quoted the researchers as saying.

The scientists put the brakes on the embryo's development, which meant that it was not born.

"We had signed an agreement with the zoo, which adheres to the standards set out in the Latin American Association for Zoos and Aquariums' ethics code, and we were only authorized to work with the embryos," Salamone was quoted as saying.

"It is important to check the viability of the zoo's cell bank and we could have descendants of cheetahs in the future. There is also the possibility that cloning could be useful in curing cheetahs from illnesses caused by stem cell derivation," concluded the expert.

Editor: Xiang Bo

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