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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 06:19

UN MYSTERE QUI S'EPAISSIT, MYSTERIEUX, MYSTERIQUE

Ceci fait suite à "Le mirage de l'ESSEX, ou : une chronique de la nuit des temps" mis en ligne le 20 novembre 2020, et "Phalange cohésive et durable" mis en ligne le 24 avril 2021:

http://europe-tigre.over-blog.com/2020/11/le-mirage-de-l-essex-ou-une-chronique-de-la-nuit-des-temps.html

http://europe-tigre.over-blog.com/2021/04/phalange-cohesive-et-durable.html

CONCERNANT LES "ICE BULLS", TOUT RESTE A DECOUVRIR...

Des bandes de cachalots mâles sont présents en zone polaire EN PLEIN COEUR DE L'HIVER... Au lieu de chercher individuellement leur nourriture en profondeur, ils se groupent en surface dans des fjords, et semblent s'organiser collectivement pour leurs repas... C'est ce qu'ont observé pour la première fois des plongeurs dans la zone côtière de l'île d'Andoya, dont les falaises dentelées évoquent celles de Nantucket, dans l'Atlantique septentrional, à 300kms au nord du cercle arctique, par une température de -40°C.

Les auteurs de l'étude constatent avec humilité (et donc réalisme) que le seul élément qui nous soit véritablement accessible pour "l'étude" de ces animaux est le fait que leur néocortex (zone cérébrale déterminant des fonctions telles que la compréhension, la perception et le langage) occupe une place proportionnellement plus étendue du cerveau que ce n'est le cas chez l'être humain, et de plus, est d'une densité nettement plus importante*...  

Voir le détail dans l'article de Hugh Francis Anderson, publié le 11 mai par le National Geographic :

https://www.nationalgeographic.co.uk/adventure/2021/05/aboard-a-boat-searching-for-sperm-whales-deep-in-the-arctic-winter

Dans cette même mer de Norvège, il avait été mis en évidence, dans la première moitié des années 2010, une organisation en groupe de combat pour des mâles reconnus comme "particulièrement solitaires" (voir le cas de 5 d'entre eux dans Curé & collaborateurs 2013) :

Curé (Charlotte), Antunes (Ricardo), Alves (Ana Catarina), Visser (Fleur), Kvadsheim (Petter H.), Miller (Patrick J. O.) 2013. Responses of male sperm whales (Physeter macrocephalus) to killer whale sounds : implications for anti-predator strategies. Sci. Rep. 3, 1579.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3613802/

"Our results suggest that, rather than taking advantage of their large aerobic capacities to dive away from the perceived predator, sperm whales responded to killer whale playbacks by interrupting their foraging or resting dives and returning to the surface, changing their vocal production, and initiating a surprising degree of social behaviour in these mostly solitary animals."

Dans la seconde moitié des années 2010, François Sarano avait déjà souligné à quel point, dans ce domaine de "la saisonnalité" des mâles, il fallait s'attendre à l'inattendu. Dans un paragraphe judicieusement intitulé "M comme Mâle, M comme Mystère", il avait notamment constaté la présence de grands mâles toute l'année dans les eaux mauriciennes (océan indien), deux des plus gros étant même en érection en plein mois de juillet, c'est-à-dire au coeur de l'hiver austral (Sarano 2017, pages 85-86).

Sarano (François). 2017. Le retour de Moby Dick. Ou ce que les cachalots nous enseignent sur les océans et les hommes. Editions Actes Sud.

*BRAIN AND BLOOD. Cette puissance cérébrale, unique dans le monde animal à notre connaissance, est nécessairement corrélée au volume sanguin... (jusqu'à 1/5ème de la masse totale de l'animal) :

https://cdnsciencepub.com/doi/10.1139/z81-083

... et à la constitution de ce sang  :  : par rapport à l'être humain,  quantité proportionnellement 3 fois supérieure, globules rouges 2 fois plus volumineux et en densité beaucoup plus importante, taux de myoglobine dans les muscles 10 fois supérieur, impliquant une capacité prodigieuse à stocker l'oxygène dans tout l'organisme, probablement des dizaines de fois plus élevée que chez l'Homme.

Illustration d'un passage de "Moby-Dick" par Matt Kish (2011).

  

 

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 07:59

Deux femmes ont été tuées hier, probablement par le même tigre, à 3kms de distance l'une de l'autre et en 2h de temps, dans le secteur forestier de Porla (District de Gadchiroli, Etat du Maharashtra, Inde centrale). Il s'agit de Kalpana Chaudhari, 37 ans, habitante du village de Mahadwadi, et de Sindhubai Mugahate, 57 ans, habitante du village de Kuradi. Voir le détail dans l'article de Mazhar Ali publié ce jour par "The Times of India" :

https://timesofindia.indiatimes.com/city/nagpur/two-women-killed-in-separate-tiger-attacks/articleshow/82534804.cms

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 06:38

Entre Europe orientale et Sibérie occidentale, deux épisodes séparés de 460 ans se font écho...

Dans la péninsule de Yamal, les corps de rennes (de tous âges, domestiques et sauvages) jonchent le sol de la toundra. Les animaux sont morts de faim au cours de l'hiver, n'ayant pu accéder à la nourriture sous une neige épaisse et glacée en profondeur. Ils ont usé leurs sabots jusqu'aux dernières extrêmités dans une entreprise désespérée.

Voir le détail publié hier sur le site du "Siberian Times" :

https://siberiantimes.com/other/others/news/mass-deaths-of-reindeer-on-yamal-peninsula-might-be-linked-to-climate-change-scientists-believe/

C'est probablement un phénomène comparable qui avait provoqué, en 1560, la mort de nombreux animaux dans la steppe pontique d'Otchakov, sur une péninsule de l'embouchure du Dniepr sur la Mer Noire ("Liman du Dniepr" / "Golfe Borysthénique").

Cette photographie satellitaire montre le Liman Borysthénique à notre époque :

Parmi les nombreux cadavres gelés, il y avait des "béliers à une seule corne" (arietes, qui unicum tantum cornu habent) tels que décrits par le voyageur polonais Martin Bronevsky ("Bronovius"), et que Xavier de Planhol identifiera comme un "fossile vivant", descendant du rhinocéros à fourrure, qui se serait maintenu jusqu'à l'Holocène tardif dans ces conservatoires écologiques qui nervuraient l'Eurasie d'Est en Ouest jusqu'à ces derniers siècles.

Bronovius (Martin). 1630. Martini Broniovii de Biezdzfedea, ad Tartarum Legati, Tartaria. Dans Russia seu Moscovia Tartaria, Leyde (ex officina Elzeviriana).

Kirikov (S. V.). 1955. Iz istorii jivotnogo mira stepnoï zony (= IIJMNS, 3). IANSG,1, pages 32-40. Description  page 36.

Planhol (de) (Xavier). 2004. Le paysage animal. L'homme et la grande faune : une zoogéographie historique. Editions Fayard. 1127 pages. Référence page 762.

 

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 06:47

Cet article a été actualisé au 13 mai 2021 (voir en bas de page). 

"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont le temps est venu." Victor Hugo.

VIRUS ET ANTICORPS. Les visiteurs réguliers de ce blog n'apprendront rien si je réaffirme, pour la énième fois, que la résolution de la crise systématique passe nécessairement par le réhabillage de GAÏA par une couverture de grands animaux marins et terrestres... J'ai évoqué ici, à de nombreuses reprises, l'initiative  de Sergei Zimov de la reconstitution d'une steppe à mammouth en Yakoutie. Voir par exemple :

http://europe-tigre.over-blog.com/article-cette-profusion-qui-vient-105649745.html

Depuis le début des années 2010, le dégel du permafrost sibérien mite progressivement le paysage de cratères dont se dégagent des quantités de méthane de plus en plus importantes. Voir par exemple :

https://siberiantimes.com/other/others/news/giant-new-50-metre-deep-crater-opens-up-in-arctic-tundra/

De fait, ce sont les 2/3 de la masse terrestre de la Fédération de Russie qui sont entrés en déstabilisation progressive*. De plus, l'émergence plausible de virus préhistoriques, jusque là prisonniers de la terre gelée, peut induire un "choc d'hôte" chez des populations épidémiologiquement "naïves", au système immunitaire impuissant face à ces organismes inconnus de lui, entraînant potentiellement une mortalité gigantesque.

Or, la Mégaherbivorie à l'oeuvre sur la steppe reconstituée de Sergeï (et Nicolas) Zimov, maintient une température du sol plus froide de 19°C par rapport aux zones environnantes comparables....

Ce dégel ne se limite pas à la "cratérisation" de l'espace sibérien et à la remontée à la surface de microorganismes, mais aussi d'animaux anciens (mammouths, rhinocéros à fourrure, lion "des cavernes", ours "des cavernes"...). Cette réémergence actuelle entraîne, d'une part, une série de projets de clonage par des équipes de plusieurs universités dans le monde, ainsi qu'une reviviscence des mythes fondamentaux de la culture yakoute. Voir sur ce sujet :

 http://europe-tigre.over-blog.com/2018/08/les-geants-seront-sur-la-terre.html

CONFIRMATION. La survie de l'Humanité à son actuelle crise systémique passe donc bien par le rétablissement d'une riche faune de très grands animaux herbivores et carnivores sur un espace holarctique dont la Sibérie est le centre, et qui va du Svalbard norvégien à l'Ouest, aux îles arctiques géantes du Canada oriental, à l'Est.

C'est de cette réalité dont s'inspire Didier Van Cauwwelaert dans son dernier roman, paru avant-hier aux éditions Albin Michel : "Le Pouvoir des animaux"...

 https://www.didiervancauwelaert.fr/romans-lepouvoirdesanimaux/

Il y évoque aussi le cas du tardigrade, animal reviviscent, qui survit dans le vide cosmique, et "lâché" sur la Lune il y a deux ans, à l'occasion du crash accidentel de la sonde israëlienne Beresheet...

 https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/zoologie-tardigrades-on-sait-ils-survivent-conditions-extremes-16608/

https://www.wired.com/story/a-crashed-israeli-lunar-lander-spilled-tardigrades-on-the-moon/

* Voir, par exemple (The Siberian Times, article d'Olga Gertcyk du 13 mai 2021) :

https://siberiantimes.com/other/others/news/russia-is-to-lose-its-permafrost-minister-of-natural-resources-warns/

 

 

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 05:43

Cer article a été actualisé au 11 mai 2021 (voir en bas de page).

La tigresse "Sanda", présente au Centre de Réhabilitation des animaux rares du Primoryé depuis un an, sera relâchée ce mois-ci dans le district d'Arkharinsky, près de la réserve Khingansky (extrême-sud de la région administrative de l'Amour).

Voir le détail sur le site du Centre de Réhabilitation et de Réintroduction du Tigre de l'Amour, ce jour :

http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1587/

ТИГРИЦА САНДА ПОЕДЕТ В АМУРСКУЮ ОБЛАСТЬ

Voir aussi "Amur Tiger Programme" du 11 mai 2021 :

http://programmes.putin.kremlin.ru/en/tiger/news/26065

The Federal Service for Supervision of Natural Resources (Rosprirodnadzor) agreed with expert recommendations and approved the release of Sanda the tigress, who has undergone rehabilitation at the Centre for the Rehabilitation and Reintroduction of Tigers and Other Rare Animals (Tiger Centre) in Primorye. The plan is to release the tigress in the Arkhara District of the Amur Region, near the border of the Khingan Nature Reserve, in May 2021.

 

According to Alexei Surovy, first deputy minister and head of the Department of Wildlife Protection and Protected Areas at the Primorye Territory Ministry of Forestry and Wildlife Protection, experts of the department’s working group recommended releasing Sanda in the Amur Region following an assessment of the young tigress’s readiness to live in the wild, and Rosprirodnadzor supported that recommendation.

 

“The previous successful experience of releasing rehabilitated tigers in the wild shows that experts always take a rational approach to choosing the release site, so in this case, we supported their recommendations. Rosprirodnadzor has done the same. The results of the tests carried out at the rehabilitation centre show that the tigress is completely ready to live in the wild, and there are no reasons against returning her to the taiga. Sanda will make her contribution to restoring the almost lost group of tigers in the Amur Region,” Alexei Surovy said.

Sanda the tigress came into the care of experts in May 2020. The nine- or ten-month-old cub, who regularly approached the village of Gornovodnoye in the Olga District of the Primorye Territory, was caught on 16 May 2020. The emaciated animal was placed in the Tiger Centre in the village of Alekseyevka for treatment and temporary care. The Amur Tiger Centre covered all expenses for the rehabilitation of the young tigress.

 

Over the last year, experts have prepared the cub to live in the wild. A tested method was used to teach Sanda how to hunt hoofed animals as well as to respond appropriately to humans. It was only a matter of time before the tigress would return to the taiga upon reaching the best age for release.

 

In line with Rosprirodnadzor’s decision, Sanda will be released in the Arkhara District of the Amur Region (a more precise location cannot be disclosed for the animal’s safety). Two years ago, in May 2019, the tigers Pavlik and Yelena were also released in the Amur Region. They too underwent rehabilitation at the Tiger Centre.

 

The tiger siblings then parted ways. Yelena decided to live in the Khingan Nature Reserve, while Pavlik left the protected area and travelled a lot in search of a permanent place to stay. Unfortunately, he was killed by poachers in the Svobodnensky District of the Amur Region in September 2020. The persons suspected of the killing have been identified, the investigation has been completed, and the criminal cases have been filed with the court.

Sergei Aramilev, general director of the Amur Tiger Centre, noted that, despite Pavlik’s tragic death, it was decided to continue carrying out the programme to restore the group of tigers in the Amur Region.

 

“Pavlik and Yelena have proven that the Amur Region is a suitable place for tigers to live. The reintroduction of these felines means returning them home, so we believe that the decision of the working group and Rosprirodnadzor is well-grounded and no temporary setbacks should stop the important work of restoring the tiger group in the Amur Region. Sanda in particular is completely ready to live on her own, and the only question now is how to release her: in the traditional way, when the animal sets off for the taiga directly from the transport cage, or in the soft way, when a tiger is released after adapting in a temporary open-air enclosure. A soft release is necessary when more than one animal is released, or when there is a male among them, because as a rule, they are worse at adapting to a new area. In this case, we are talking about releasing one female, so we can use the classical method. Much here will depend on the weather, because spring is an unpredictable season, and the spring thaw on the way to the release site can significantly complicate a soft release, so we will act according to the situation. The most important thing is that Sanda successfully adapts to her new place of residence and serves a great cause. We believe in her,” Aramilyev said.

 

Experts from the Khingan Nature Reserve believe that Sanda, like Yelena and Ilona before her, will stay in the reserve, where she can find all she needs to live safely and comfortably.

“The results of Yelena’s scientific monitoring and studies of her diet confirm that tigers in the Khingan Nature Reserve can base their diet not only on boar but also on other available hoofed animals. In particular, this was true for Yelena, which was repeatedly confirmed by checking the tigress’ clusters. I am sure that Sanda will have no problems with food, and she and Yelena will become good neighbours,” said Vyacheslav Kastrikin, deputy director for research at the Khingan Nature Reserve."

 

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 08:32

A L'AUTOMNE 2021, un peu plus d'une centaine de bisons sauvages seront abattus dans la rive nord du Grand Canyon d'Arizona. 86 représentants de cette espèce avaient été introduits dans cet espace en 1906 par le rancher Charles "Buffalo" Jones. Ils sont aujourd'hui entre 300 et 500. Le processus de sélection des 12 chasseurs d'élite chargés de cette opération qui se déroulera pendant cinq semaines (du 20 septembre au 29 octobre) a commencé hier. Il s'agit, à terme, de ramener le troupeau à un effectif de 200 individus. 

Sous l’influence de ces animaux, certains paysages typiques de la région se sont transformés ces dernières années en simples pâtures, tandis que des plantes rares ont presque disparu. “Au fil du temps, le troupeau toujours plus nombreux en est venu à mettre en péril des sources d’eau, à piétiner la végétation et à endommager des sites archéologiques", peut-on lire dans l'"Arizona Republic".

Depuis 2019, 88 bisons ont été capturés dans le parc du Grand Canyon et envoyés vers d’autres territoires appartenant à cinq tribus amérindiennes, dans le cadre d’un partenariat spécifique. Mais ceci est désormais jugé "insuffisant" par les autorités de l'Etat...

Voir le détail dans le commentaire détaillé de l'article de l'Arizona Republic" effectué hier par le "Courrier International :

https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-la-chasse-aux-bisons-va-ouvrir-dans-le-grand-canyon

Autre article détaillé, le même jour, de Shanti Lerner et Jay Cannon, dans "USA Today" :

https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-la-chasse-aux-bisons-va-ouvrir-dans-le-grand-canyon

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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 08:01

L'ADMINISTRATION EN MARCHE. Dans l'Etat du Maharashtra (Inde centrale), une centaine de cerfs axis (Chitals) sont transférés du secteur de Jamni vers Botezari (district de Nagpur). Cette brillante opération est officiellement destinée à renforcer les effectifs de proies préférentielles des tigres qui vivent dans les environs...

... Les tigres de Botezari sont-ils à ce point affamés qu'une telle opération soit urgemment nécessaire? Les Chitals sont déjà présents par centaines dans le secteur... Mais peu importe : délices de cochage de case, plus qu'un loisir, une passion...

Les grands félins jouissent, de plus, de la présence de proies potentielles beaucoup plus imposantes : le Sambar, aussi volumineux qu'un wapiti, et le gaur, équivalent asiatique fonctionnel de l'aurochs européen des temps anciens...

Voir le détail dans l'article de Vijay Pinjarkar (TNN) publié par "The Times of India", ce jour :

https://timesofindia.indiatimes.com/city/nagpur/move-to-relocate-jamni-deer-to-botezari-opposed/articleshow/82316900.cms

 

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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 06:49

Ceci fait suite à : "Le Mirage de l'ESSEX, ou : une Chronique de la Nuit des Temps" mis en ligne le 20 Novembre 2020 :

http://europe-tigre.over-blog.com/2020/11/le-mirage-de-l-essex-ou-une-chronique-de-la-nuit-des-temps.html

GENERALISATION. Comme nous l'avions montré en novembre dernier concernant les cachalots confrontés aux modifications environnementales provoquées par la survenue du dernier grand épisode glaciaire en date, les mammifères dans leur ensemble ont connu des augmentations de leurs capacités cérébrales liées aux désastres qu'ils ont subis dans leurs Histoires particulières. Au cours de 150 derniers millions d'années d'Histoire, les changements les plus importants répertoriés dans le volume du cerveau chez 1400 espèces mammaliennes (dont 107 fossiles) sont intervenus après l'épisode d'extinction de masse survenu il y a 66 millions d'années (les espèces concernées furent alors essentiellement les cheiroptères, les rongeurs et les carnivores), puis lors d'un refroidissement intervenu entre 33 et 23 millions d'années avant notre temps. Les groupes concernés lors de ce changement climatique furent le phylum des ours, ainsi que les pinnipèdes, cétacés et primates. 

C'est ce qui ressort d'une étude publiée dans "Science Advances", avant-hier :

J. B. Smaers, R. S. Rothman, D. R. Hudson, A. M. Balanoff, B. Beatty, D. K. N. Dechmann, D. de Vries, J. C. Dunn, J. G. Fleagle, C. C. Gilbert, A. Goswami, A. N. Iwaniuk, W. L. Jungers, M. Kerney, D. T. Ksepka, P. R. Manger, C. S. Mongle, F. J. Rohlf, N. A. Smith, C. Soligo, V. Weisbecker, K. Safi. The evolution of mammalian brain size. Science Advances, 2021; 7 (18).

Ainsi, l'éléphant a augmenté en volume au cours de son évolution, et son cerveau plus encore. Les dauphins, quant à eux, sont devenus plus petits et leur cerveau plus gros. [A l'inverse, le cachalot connaîtra plus tardivement, en au moins 2 étapes successives, une augmentation de taille, mais pas de cerveau] -voir la page du 20 novembre référencée en début d'article-. Il y a donc là, à des époques  et pour des causes différentes, une divergence évolutive au sein du groupe des cétacés à dents, entre "l'Anak de la tribu" des dauphins et la plupart de ses "cousins"... [Anak est un personnage biblique appartenant à une race de géants. Melville qualifie ainsi le calmar géant en comparaison des seiches , au chapitre 59 de "Moby-Dick"]... avec, pourtant une intelligence si comparable, aux expressions si parentes... Voir par exemple, à ce sujet, "Phalange cohésive et durable" mis en ligne le 24 avril :

http://europe-tigre.over-blog.com/2021/04/phalange-cohesive-et-durable.html 

De fait,  il n'y a aucun lien entre le volume du cerveau en proportion de celle de l'animal et l'intelligence effective de celui-ci :

The authors conclude that efforts to truly capture the evolution of intelligence will require increased effort examining neuroanatomical features, such as brain regions known for higher cognitive processes. "Brain-to-body size is of course not independent of the evolution of intelligence," says Smaers. "But it may actually be more indicative of more general adaptions to large scale environmental pressures that go beyond intelligence."

Un exemple spectaculaire est fourni par le cas du Lion de Mer de Californie, qui a un "petit" cerveau et une intelligence des plus brillantes (voir par exemple Schusterman & Kastak 1993, Stephens 2013, Cook & collaborateurs 2013) :

https://web.archive.org/web/20130513041845/http://pinnipedlab.ucsc.edu/publications/pub_080_1993.pdf

https://news.ucsc.edu/2013/04/sea-lion-beat.html

https://doi.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fa0032345

La petitesse relative du cerveau de cette otarie est liée à l'augmentation de sa taille au début du Miocène, comme pour le cachalot plus récemment... 

Voir l'étude originale complète : "The Evolution of Mammalian Brain Size", ici :

https://advances.sciencemag.org/content/7/18/eabe2101

Voir aussi le commentaire qui en est fait dans "Science Daily", hier : "Mammals evolved big brains after big disasters":

https://www.sciencedaily.com/releases/2021/04/210429090227.htm

 

 

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 07:19

Une tigresse de l'Amour et ses trois petits, en marche dans les collines de Jilin, le 14 avril : vidéo publiée par le China Daily 5 jours plus tard (Han Junhong in Changchun and Zhou Huiying) :

https://www.chinadaily.com.cn/a/202104/19/WS607d4e9ea31024ad0bab6852.html

 

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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 06:32

Trente cinq ans après l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl, les chevaux de Przewalski s'épanouissent dans la région. Réintroduits en 1998 (ils étaient alors une trentaine) ils sont désormais 150 côté ukrainien et une soixantaine côté biélorusse. Le groupe ukrainien devrait à terme grossir jusqu'à 300, voire 500 individus.

Le secteur abandonné par les humains représente 2200km2 dans le nord de l'Ukraine, et 2600km2 dans le Sud de la Biélorussie, l'ensemble constituant un territoire animal d'un seul tenant. Y prospèrent des loups (dont la hausse des effectifs se poursuit), des lynx, des élans, quelques ours (depuis 2 ans), des pygargues à queue blanche (parmi plus de 200 espèces d'oiseaux)...

Les chevaux prospérant sans interférence humaine, l'expérience pourrait être étendue à d'autres espèces menacées, comme le bison d'Europe (observé pour la première fois en 2019 côté ukrainien -ils sont déjà présents côté biélorusse depuis bien des années, par exemple dans le village abandonné de Dronki-)...

 

Même les amphibiens sont abondants partout, y compris dans les zones les plus contaminées...

Par contre, les grenouilles vivant à l'intérieur de la zone sont plus SOMBRES que leurs congénères.

Voir le détail dans "Le Dauphiné Libéré", hier :

https://www.ledauphine.com/environnement/2021/04/26/a-tchernobyl-la-nature-a-repris-ses-droits-dans-la-zone-d-exclusion

Voir aussi l'article paru le 8 mai 2019 dans "The Conversation" :

https://theconversation.com/chernobyl-has-become-a-refuge-for-wildlife-33-years-after-the-nuclear-accident-116303

Il y a 1000 ans, des tigres étaient présents dans la région, se nourrissant de chevaux sauvages, d'aurochs et de carpes...

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  • : Le retour du tigre en Europe: le blog d'Alain Sennepin
  • : Les tigres et autres grands félins sauvages ont vécu en Europe pendant la période historique.Leur retour prochain est une nécessité politique et civilisationnelle.
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