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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 14:30

ARAL, TCHERNOBYL : DESTINS SI DIFFERENTS.

1. MEURTRE DE MASSE, UNE BOMBE A FRAGMENTATION HISTORIQUE. Le processus nécrosant qui a provoqué successivement, au cours des 60 premières années du XXème siècle, la mort des tigres de Haute Asie et leur faune associée, la destruction de la culture nomade kazakhe, la transformation des roselières d'Asie centrale en espaces de monoculture du coton, et la destruction de la mer d'Aral, continuera son oeuvre mortifère pour des décennies sinon des siècles et affectera finalement des milliers de milliards d'organismes dont des centaines de millions d'êtres humains dans le Monde entier. Voir à ce sujet l'intervention du ministre des Affaires étrangères d'Ouzbékistan le 26 septembre dernier (Je remercie pour cette communication personnelle qu'il m'a envoyée hier, Nikolaï Aladin, Directeur du laboratoire de Biologie des eaux saumâtres du département de zoologie de l'Université de St Petersbourg, spécialiste de la biodiversité et de la paleolimnologie des mers Caspienne et Aral).

ADDRESS BY THE MINISTER OF FOREIGN AFFAIRS OF THE REPUBLIC OF UZBEKISTAN ABDULAZIZ KAMILOV AT THE UNITED NATIONS SUMMIT ON SUSTAINABLE DEVELOPMENT GOALS

Date: Saturday, 26 September 2015

Dear friends!

Today the problems of ecology and climate change of a global nature – unprecedented both on their scale and destructiveness – are continuing to remain on the focus of attention of the international community.

The largest in the newest world history ecological catastrophe of a planetary scale – the tragedy of Aral Sea, which for over a span of lifetime of one generation turned out to be on the verge of full disappearance, takes a special place in this row on its scales and consequences.

The dramatic climate change felt not only in Central Asia, but also in other regions became as a direct consequence of drying up of sea. The new saline desert with an area of 5,5 million hectares of land has emerged on the exposed part of Aral. For more than 90 days a year the sandstorms are raging there carrying to atmosphere annually over 100 million tons of dust and poisonous salts to many thousands of kilometers.

The threatening impact of the Aral catastrophe is now observed throughout the world. According to international experts, the poisonous salts originating from the Aral region are discovered on the Antarctic coast, Greenland glaciers, Norway forests and many other parts of the Earth.

The Aral tragedy rendered the most serious impact on the living conditions and gene pool of 65 million people residing in Central Asia. The extreme adverse ecological environment, lack and decrease in quality of potable water, the growth of dangerous diseases – this is just a short list of consequences of the Aral tragedy far from being full.

Uzbekistan hopes that the catastrophe of the Aral Sea region will be surely taken into consideration in implementation of the Sustainable Development Goals. We understand that the climate change and everything related to many problems, which are today being discussed over the course of this summit, have an immediate relation to this issue that requires in line with the words pronounced by Secretary-General Ban Ki-moon during his trip to Aral in 2010 «a collective responsibility of the entire world and not only of the countries of Central Asia».

In 2013 the 68th Session of the United Nations General Assembly has already approved «The Program of Measures on Eliminating the Consequences of Drying up of Aral and Averting the Catastrophe of the Ecological Systems in the Aral Sea Region» as an official document proposed by Uzbekistan.

Taking into account the universal nature of the Aral catastrophe, it is necessary to expand the concerted actions and form purposeful financial mechanisms in this direction.

In this regard, it is expedient to establish under the UN auspices a special Trust Fund on the Aral Sea and Aral Sea Region, the main task of which will be the coordination of efforts and implementation of purposeful programs and projects in the following key directions:

- protecting health and preserving population’s gene pool, elaborating the system of effective stimuli for a social and economic development of the Aral Sea region and creating the necessary conditions to ensure decent living conditions for population residing in this region;

- preserving the ecological balance of the Aral Sea region, adopting the consistent measures to fight desertification and introducing the reasonable water consumption;

- recovering and preserving the unique biodiversity of flora and fauna which now remains on the brink of extinction;

- using the limited water resources of the region, firstly, the transboundary water arteries – Amudarya and Syrdarya in the interests of all countries of the region and in strict compliance with the norms of international law.

We cannot allow so that, as a result of realization of plans of construction of gigantic dams and large hydropower stations on the tributaries of Amudarya and Syrdarya on the basins of which the oases of life support of millions of people are concentrated, the natural flow of these rivers is disturbed and the situation with water supply in the lower reaches is more worsened, which would lead to radical breach of the water and ecological balance, aggravation of the problem of Aral and undermining of ecological safety of the vast region.

Thank you for your attention.

2. ACCIDENT, NOUVELLE DONNE. A Tchernobyl, près de 30 ans après l'explosion de la centrale nucléaire, les grands mammifères sont beaucoup plus nombreux qu'avant l'accident dans la zone d'exclusion. Les sangliers, chevreuils, élans, lynx, prospèrent. Les loups sont 7 fois plus nombreux que dans les régions avoisinantes. Le feulement des tigres roulait en ces lieux, il y a 800 ans... International Business Times, hier. Hannah Osborne. "Wildlife thriving in Chernobyl exclusion zone : lynx, boar, deer and wolves roam poisoned land". (PHOTOS MAGNIFIQUES...)

http://www.ibtimes.co.uk/wildlife-thriving-chernobyl-exclusion-zone-lynx-boar-deer-wolves-roam-poisoned-land-photos-1522509

Voir aussi : Fukushima, des villes en voie de disparition deviennent des sanctuaires pour les sangliers. Je remercie Pierre - Olivier Combelles pour la transmission gracieuse de cette référence.

http://www.fukushima-blog.com/2015/09/que-se-passe-t-il-apres-un-accident-nucleaire.html

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 07:45

BON ACCUEIL, PROIES SAUVAGES TROP PEU NOMBREUSES. Le district Khasan (frontalier de la Chine à l'Est et de la Corée du Nord, au Sud, situé à l'extrême sud - ouest de la Province maritime du Primorye) abrite désormais TROP DE TIGRES DE L'AMOUR, dans sa bordure côtière de la mer du Japon. Au cours des mois d'août et septembre, 3 attaques ont été perpétrées contre des vaches, les deux dernières à côté d'un camping situé sur la rive ouest de la baie de l'Amour. Le spécialiste Pavel Fomenko constate que ce secteur est relativement pauvre en proies naturelles du tigre (cerfs, sangliers...). Les félins vont faire l'objet d'un contrôle spécial, et les agriculteurs seront indemnisés mais devront respecter des règles de confinement de leurs animaux domestiques et de compagnie selon des règles établies par les autorités régionales dans les municipalités concernées. P. Fomenko ne prône pas, pour l'heure, un déplacement de certains tigres vers d'autres zones, la question pouvant se poser si les déprédations devenaient plus massives. En tout état de cause, il y a désormais beaucoup de tigres sur cette petite frange côtière. Leur concentration est probablement la plus élevée au monde chez les tigres sauvages. Les animaux se déplacent très largement en dehors de la réserve de Kidrovaya Pad. Leur densité est désormais beaucoup plus importante que celle de la réserve Lazovsky (sud des Sikhote - Alin), qui était jusque alors la plus élevée des tigres de l'Amour sauvages, et l'une des plus élevées au monde pour les tigres dans leur ensemble. Cette dernière abrite 10 à 12 résidents, la bordure côtière du district Khasan en accueille désormais 32, sur une superficie moindre... Vladivostoktimes.com, ce jour (dépêche PrimaMedia, en russe).

Особый контроль установят над тиграми в Хасанском районе Приморья – краевые власти

Il ne fait guère de doute que la distribution territoriale des grands félins peut se rééquilibrer dans le secteur si les voisins chinois et nord - coréens offrent à ceux - ci un accueil de qualité similaire à celle des russes, que les tigres ont parfaitement évalué et dont ils tirent les conséquences.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 13:29

LES LIONS ORIGINELS VIVENT ENCORE PARMI NOUS. Ils sont plus proches des tigres que des lions modernes. Le 1er septembre 2007, lors de la publication de mon site "4 continents pour les tigres", j'avais émis l'hypothèse que les tigres s'étaient constitués en tant qu'espèce à travers la dérive génique d'une population particulière de "lion des roseaux", et qu'à ce titre, ils étaient de facto les derniers représentants actuels de lions préhistoriques (voir le détail à partir de la page d'accueil du site, en cliquant sur l'onglet "Qui est vraiment le tigre?"). Or, s'il s'avère, certes, que le tigre procède bel et bien d'un lion originel, celui - ci aurait lui même survécu, selon une publication remontant à l'an 2000, et que je viens seulement de découvrir. Selon celle - ci, les "lions buffles" (ou lions de rivière) d'Afrique orientale et ceux de la forêt de Gir (Inde) sont les descendants en ligne directe de ces lions originels. >De nombreuses caractéristiques les rapprochent des tigres et les éloignent des lions modernes (ce qui explique pourquoi les paléontologues, jusqu'à la fin du siècle dernier, ont hésité sur le statut spécifique des félins géants des cavernes (lions? tigres? animaux intermédiaires?) (voir "Qui est vraiment le tigre" sur mon site). Peter von Buol. "Buffalo" lions. A feline missing link? SWARA. East African Wild Life Society. Juillet - Décembre 2000. Pages 20 - 25.

https://www.eawildlife.org/swaraonline/swaras/swaraIssues/EAWLS_SwaraMagazine_02_2000.pdf

Si le lion préhistorique a donc bien disparu d'Europe et d'Amérique, il a subsisté en Afrique, où il cohabite avec les lions modernes, et en Asie, et notamment en Inde, où les 500 lions de la forêt de Gir (que Valmik Thapar, spécialiste des grands félins du sous continent, considère comme des lions de rivières africains introduits en Inde par les Princes Moghols au XVIème siècle - voir son livre "Exotic Aliens", 2013 -) sont donc les représentants actuels des "pères des tigres"... Ross Barnett et son équipe avaient démontré, dans une étude publiée dans BMC Evolutionary Biology le 2 avril 2014, que ces lions étaient génétiquement très proches du grand lion d'Afrique du Nord, disparu dans les années 60. Il semblerait donc que Joseph - Henri Rosny Ainé avait eu un instinct très sûr, en présentant, dans sa nouvelle "Le félin géant" (1920), le lion préhistorique comme un reflet magnifié de celui qui vivait encore en Afrique septentrionale à l'époque de l'auteur (voir "Guerre et Paix", annexe 2, sur ce blog le 26 juillet), où les monts Atlas ont probablement fait office de conservatoire biologique, à l'instar des steppes d'Europe orientale ("Un rocher sur la lande", à paraître sur ce blog le 27 février prochain).

Et les pères de nos pères sont aussi les matrices de notre Avenir (voir sur ce blog : le 9 septembre, "Un rêve français" ; le 28 septembre, "Une forêt, une crinière").

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 09:25

La conférence panrusse sur la forêt qui s'est tenue hier à Ussurisk a ouvert la voie à une refonte complète du code forestier russe, celui ci n'étant plus, depuis fort longtemps, adapté aux exigences de protection et de renforcement des ressources naturelles du pays. La forêt boréale russe, la plus vaste au monde, a un rôle primordial face aux évolutions climatiques. Celle du Primorye est la seconde la plus riche en terme de biodiversité après le bassin de l'Amazone. Voir VladivostokTimes.com, ce jour (en russe).

03.10.2015
Проблемы лесного хозяйства страны рассмотрит общероссийская конференция в Уссурийске

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 19:14

La Nouvelle - Zélande va interdire toute forme d'exploitation industrielle ou halieutique dans un espace marin de 620 000 km2 qui abrite l'un des écosystèmes marins les plus riches au monde, particulièrement prisé des oiseaux marins, des baleines et des dauphins. International Business Time, hier. "New Zealand to ban fishing and mining in new giant South Pacific sanctuary".

http://www.ibtimes.co.in/new-zealand-to-ban-fishing-and-mining-in-new-giant-south-pacific-sanctuary-648551

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 06:47

"C'est pourquoi la création d'une armure spirituelle protectrice est une question de survie nationale... DIRE LA VERITE, proférer à voix haute ce que d'autres ont voulu taire craintivement". Igor CHAFAREVITCH. La Russophobie. Traduit du russe par Alexandre Volsky. Editions Chapitre Douze SER, 1993 ( Merci à Pierre - Olivier Combelles pour cette référence).

GEORG WILHEM STELLER, CONSTAT D'EVIDENCE. La survivance tardive, jusqu'à aujourd'hui, de la Rhytine de Steller dans certaines zones côtières du Kamtchatka relève de la simple logique. De nouvelles recherches de terrain s'imposent dans ces régions qui restent encore quasiment inexplorées. Cet article est un prolongement de mes recherches sur la dynamique réelle des populations de Rhytine de Steller ("Chiffres politiques et réalités", sur ce blog le 17 janvier 2015), et sur l'inscription de l'animal dans le temps long, futur inclus ("La condition humaine", 13 avril ; voir aussi, sur leur présence ancienne sur la totalité de l'arc du Pacifique Nord : Genevois 2012, page 328. Sur une rhytine japonaise gigantesque : Tokio Shikama & Daryl Domning. 1970. Pliocene Sirenia in Japan. Trans. Proc. Palaeont. Soc, Japan, N.S, 80, 390 - 396). Voir aussi les détails sur la survie vraisemblable de l'animal dans la deuxième moitié du siècle dernier au Kamtchatka :

Karl Shuker, 24 décembre 2014

http://karlshuker.blogspot.fr/2014/12/stellers-secret-fauna-gargantuan-sea.html

Michel Raynal, 15 Mai & 3 Juin 2015.

http://cryptozoo.pagesperso-orange.fr/dossiers/rhytine4.htm

http://cryptozoo.pagesperso-orange.fr/dossiers/rhytine5.htm

1. Expédition Béring. Une espèce naïve parmi d'autres, qui a toutes les raisons de le rester. Ref. Fabrice Genevois. 2012. Le crépuscule des vaches de mer. Editions Le Guetteur. Le 6 novembre 1741 au soir, quand l'expédition dirigée par Vitus Bering accoste en catastrophe sur l'île qui portera son nom, les habitants (renards bleus, loutres marines, Grand cormoran de Pallas, rhytines) n'ont manifestement pas eu affaire à des chasseurs (notamment aléoutes) depuis fort longtemps et en ont, à l'évidence, perdu le souvenir : au cours des semaines qui suivront, ils n'éprouveront aucune crainte à l'égard des nouveaux arrivants. Deux jours plus tard, Steller observe des rhytines ("le petit cachalot") pour la première fois. Un mois après cette observation, Béring décède, sans avoir vu un seul de ces animaux, Le but principal de l'expédition est de PARTIR AU PLUS VITE et de rejoindre Petropavlovsk, au Kamtchatka, les conditions de vie ( et notamment l'état sanitaire de nombreux hommes) étant épouvantables. Et pour ce faire, l'équipe doit construire un nouveau bateau. Si les loutres de mer, pour leur fourrure, et les renards bleus, parce qu'ils harcèlent les hommes, paient un lourd tribut à l'équipage, si les otaries à fourrure ne sont pas épargnées, les choses sont bien différentes pour la Rhytine et le cormoran. L'une comme l'autre ne sont touchés que tardivement et marginalement. La première tentative de mise à mort d'une rhytine n'interviendra que le 21 mai 1742, et se soldera par un échec.Le premier succès en la matière interviendra à la toute fin du mois de juin. A partir de ce moment, les hommes de l'expédition tueront en moyenne une rhytine toutes les deux semaines, avant de réembarquer pour le Kamtchatka 2 mois et demi plus tard (13 aout 1742), avec, à leur bord, 5 barils de viande de ces animaux. Au total, de la fin juin au 13 aout 1742, moins de 10 rhytines ont été abattues - probablement entre 5 et 7. -,alors que 32 hommes étaient morts entre novembre 41 et février 42 (et il y en aurait eu plus encore sans les talents de botaniste de Steller). Quand les 46 survivants accostent dans la baie d'Avacha le 26 août, personne ne s'attendait à les revoir un jour vivants. Les effectifs des grands siréniens sont intacts, et leur comportement n'a pas gagné en méfiance, contrairement aux loutres de mer et aux renards bleus. Quant au niveau réel des populations, Steller indique que les gros animaux sont si nombreux "qu'ils suffiraient à nourrir l'ensemble des habitants du Kamtchatka", ce qui renvoie à l'équilibre des biomasses de grands siréniens du Pacifique Nord (Rhytines d'au moins plusieurs tonnes) et du Pacifique Sud (dugongs de 900kgs, et "courants marins" de millions d'individus, voir "Les gens heureux n'ont pas d'Histoire" sur ce blog le 16 septembre).

2. L'espoir de Steller de revoir les "Kapustniks", Kamtchatka, septembre 1742. Présentées un peu rapidement comme endémiques des îles du Commandeur (île Béring et île du cuivre (aujourd'hui "Medni") où vivaient leurs troupeaux les plus imposants et les plus visibles, les rhytines étaient vraisemblablement présentes dans d'autres secteurs des Aléoutiennes jusqu'aux côtes alaskiennes, mais non dûment répertoriées par des naturalistes ou explorateurs européens (voir les observations et témoignages tout au long des deux derniers siècles. En réponse aux persécutions que leur infligeaient les chasseurs aléoutes, certaines d'entre elles avaient probablement migré jusqu'à ces îles qui leur servirent de refuge et où elles prospérèrent. Elles étaient aussi présentes au Kamtchatka, ainsi que l'indiquèrent à Steller des habitants du cap Kronotsky, dans le mois qui suivit son retour sur la péninsule. Ceux - ci les appelaient les "Kapustniks", ce qui signifie "les mangeurs de chou". Le naturaliste comptait poursuivre son étude de ces animaux mais il en fut empêché par des obligations puis de graves ennuis "administratifs" qui finirent par causer sa mort le 12 décembre 1746. Sur l'île Bering, au cours de l'hiver 1741 / 1742, il avait pu, à plusieurs occasions, toucher leur dos en tendant son bras...

3. Le blitzkrieg des Promyshelniky. Entre 1742 et 1768 (date "officielle de leur "disparition"), les rhytines des îles du Commandeur sont des victimes parmi d'autres d'un choc biologique létal qui s'est produit tout au long de l'histoire (humaine comme animale) quand il y a eu contact entre des groupes séparés depuis longtemps (ou depuis toujours) et dont les biologies, physiologies, épidémiologies respectives étaient fortement différenciées. De plus, les Promyshelniky (Ref. Michel Poniatowsky. 1978. Histoire de la Russie d'Amérique et de l'Alaska. Librairie Académique Perrin), descendants des cosaques de la Volga harponneurs d'esturgeons géants, agirent de même avec les grands herbivores aléoutiens. Leurs ancêtres furent aussi "à la manoeuvre" dans l'extinction des tigres et des rhinocéros européens au début du XVIIème siècle, pour fournir le comptoir de Mangazeïa - voir sur ce blog "Profondeur et profusion" : 30 mars 2015, et "Russie : enlumineurs réinclus" : 5 Avril-, voir aussi ref.Bruno Vianey. 2013. Le voyage de Jean sauvage en Moscovie en 1586. Editions L'Âge d'Homme. C'était des chasseurs et guerriers audacieux, prêts à tout, sans scrupules, avides et cruels. De leur fait, il ne restait pratiquement aucune loutre de mer sur l'île Béring dès 1756, soit douze ans avant l'extinction officielle des rhytines au même endroit. Et leur prise de contrôle de l'ensemble de l'arc aléoutien dans les années qui suivirent entraïna la division par 10 des populations autochtones. Leur état d'esprit était homologue à celui de leurs équivalents américains: les Bostoniens, puis, au siècle suivant, les Nantucketers (voir sur ce blog, le 18 janvier 2015; "Epopée salvatrice", et le 26 juillet : "Guerre et Paix"). Il est alors probable que les rhytines, notamment à partir de 1747 (quand les massacres les concernant atteignit des niveaux considérables, puis crûrent encore par la suite - sur ce blog le 17 janvier, "Chiffres politiques et réalités"), ont cherché à amplifier leurs migrations, jusqu'alors ponctuelles et occasionnelles, vers des zones protégées des côtes kamtchatkiennes, comme elles l'avaient probablement déjà fait par le passé vers des aléoutiennes orientales vers les îles du Commandeur. Dans un processus psychologique classique et très répandu, on a, par la suite, d'une part, perdu toute motivation à rechercher des animaux déclarés officiellement "éteints", qui plus est dans des lieux quasi inconnus, difficilement accessibles, voire dangereux, et, d'autre part, tenter, par souci de sécurité mentale, de montrer que cette espèce était sur le point de s'éteindre de toute façon (comme plus tard aux Etats unis, les ectopistes migrateurs dont on a dit que les dernières troupes s'étaient noyées dans le Golfe du Mexique...). Cependant, parmi beaucoup d'autres insuffisamment établis, qui concernent aussi bien le Kamtchatka que la Chukotka et même les îles Kouriles, des témoignages crédibles de l'observation de ces animaux ont été recueillis (au moins cinq, de la deuxième moitié des années 50 à la première moitié des années 80, la plus ancienne près de l'ïle Béring, les quatre plus récentes sur les côtes du Kamtchatka, dont celle d'un troupeau entier en 1962 et celle d'un cadavre échoué en 1976).

L'état actuel du dossier, toutes pièces réunies et corrélées, montre donc que la survie actuelle de rhytines en petit nombre dans une ou plusieurs anses protégées et riches en algues laminaires des côtes de la péninsule kamtchatkienne est envisageable, et mérite d'être intégrée dans les choix d'orientation politico - économiques des autorités russes concernant la péninsule, au même titre que ceux réalisés depuis le début de ce siècle pour le Primorye (Province maritime) le furent aussi en fonction de la présence du tigre.

QUESTION OUVERTE : solidarité, protection. Dans "Le coeur a ses raisons" (sur ce blog le,9 septembre, complété le 16 septembre dans "Les gens heureux n'ont pas d'Histoire", j'ai donné quelques exemples d'entraide interspécifique chez certains cétacés, dont la sollicitude peut s'étendre à des pinnipèdes. Par aikleurs, Steller note à propos des rhytines : "Lorsque l'une d'entre elle était harponnée, les autres essayaient de lui venir en aide de plusieurs façons. Certaines tentaient de faire chavirer la chaloupe en la heurtant avec leur dos, d'autres s'appuyaient sur la corde pour essayer de la rompre, d'autres encore tentaient d'arracher le harpon d'un violent coup de queue, parfois avec succès." Et aussi : "Quand une femelle était harponnée, son conjoint usait de toutes ses forces pour la libérer, le plus souvent en vain. Il la suivait alors jusqu'au rivage, malgré les nombreux coups de baïonnettes dont il faisait l'objet. Après la mise à mort de celle - ci, il restait de longs moments prostrés en bordure du rivage." On ne sait pas si les rhytines entretenaient des relations avec de grands cétacés, notamment les baleines franches, dominantes dans les Aléoutiennes (elles étaient particulièrement florissantes jusqu'en 1848, quand les baleiniers américains arrivèrent en mer de Béring). Y a t-il eu des tentatives de communication,croisées ou non, en réponse au massacre subie par les premières sur les côtes des îles du Commandeur? Certains individus ont -ils bénéficié de la protection d'un troupeau de baleines pour migrer vers un secteur abrité? Les "poux des baleines" (Cyamidae) étaient des ectoparasites réguliers des rhytines, que les goélands, parfois installés en assez grand nombre sur un seul individu, consommaient comme le font les Pique - boeufs en Afrique. Mais ceux retrouvés sur une peau de rhytine n'étaient - ils pas de l'espèce ovalis, spécifique* de la Baleine franche du Pacifique Nord (voir à ce sujet la controverse dans Leung (Yuk.Maan). 1967. An illustrated key to the species of Whale Lice (Amphipoda, Cyamidae), ectoparasites of Cetacea, with a guide to the literature. Crustaceana 12 (3), 278 - 291), ce qui pourrait signifier dans ce cas un transfert entre deux animaux vivant en immédiate proximité?

*Les Cyamidae ectoparasites sont spécifiques à leur hôte. Les choses vont même plus loin dans le cas du cachalot, les modes et lieux de vie des deux sexes étant nettement différents la plus grande partie de l'année. Mâles d'une part, femelles et petits d'autre part sont porteurs de Cyamidae différents, n'appartenant même pas au même genre...

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 07:34

... CULTURELLE. La fête annuelle du Tigre de l'Amour n'a pas, cette année, concerné seulement Vladivostok, et une vingtaine de villes et villages du Primorye, mais aussi Khabarovsk, le Birobidjan, le district de l'Amour, la Transbaïkalie, la Yakoutie, et Moscou, où le métro a été décoré de photos géantes de tigres, léopards, et couleurs des quatre saisons de l'Extrême - Orient russe. C'est l'expression la plus spectaculaire et la plus étendue jamais offert par "une culture du tigre" en hommage à cet animal. Le Président Vladimir Poutine a remercié, à cette occasion, les russes impliqués dans la protection des forêts, des rivières, et des animaux rares, soulignant qu'ils jouaient un rôle de première importance pour la santé et la force de leur pays. Vladivostok Times.com, ce jour.

Москва и Благовещенск впервые присоединились к Владивостоку в праздновании Дня тигра

ru/news/society/29.09.2015/464123/moskva-i-blagoveschensk-vpervie-prisoedinilis-k-vladivostoku-v-prazdnovanii-dnya-t.html

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 03:53

Широкий простор для мечты и для жизни
Грядущие нам открывают года.

(Espaces étendus pour les rêves et la vie
Nous ouvrent l'avenir.) Hymne National de la Russie, 3ème Strophe.

Hier soir, Sergeï Lavrov, Ministre des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie, a émis la proposition suivante, en vue de la COP 21 de décembre prochain à Paris, consacrée aux moyens de kutter efficacement contre le réchauffement climatique.

"Fonder un centre à l'Onu pour protéger et créer des forêts

La Russie est le leader mondial en termes de réduction cumulative des émissions de gaz à effet de serre et compense ainsi la hausse des émissions dans d'autres pays et régions du monde.

Dans le cadre de la préparation de la conférence climatique à Paris, nous avons rendu publics les paramètres de nos obligations possibles. Je voudrais faire remarquer le rôle des forêts boréales russes qui absorbent près de 600 millions de tonnes de gaz carbonique par an. Nous allons insister pour que ce facteur soit pris en compte dans le cadre d'un nouvel accord. Dans le cadre du Forum de l'Onu, nous proposons de soutenir les efforts concernant les forêts par des actions proactives. On pourrait créer un centre sur la planification, la protection et l'instauration de forêts au sein de l'Onu pour trouver la solution à la question du développement stable et des changements climatiques.

Nous sommes persuadés de la nécessité de rendre la démarche globale, juridiquement contraignante et universelle à la Conférence climatique qui se tiendra à Paris. Le problème du changement climatique est très sérieux et dans ce contexte, la qualité et l'effectivité des accords doivent avoir une priorité inconditionnelle."

France et Algérie pourraient saisir cette balle au bond pour une action concertée qui serait à la fois d'une grande efficacité écologique et climatique et d'une grande force symbolique : réinstaurer la forêt au Nord de Sétif où fut observé pour la dernière fois un lion d'Afrique du Nord en 1956 et qui fut brûlée en 1958 (comme l'a établi Simon Black et son équipe en 2013 dans son étude sur la survie "tardive" de ces animaux).

Pour la France, accessoirement, ceci aurait une autre allure que d'ouvrir les lignes TGV Bordeaux - Dax et Bordeaux - Toulouse, en opposition aux conclusions des enquêtes publiques les concernant et contre l'avis de la Cour des Comptes, pour plus de 8 milliards d'euros, pour complaire au Duc d'Aquitaine Alain Rousset....

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 19:28

Recommandations de Pavel Fomenko, le plus grand spécialiste actuel du tigre amourien*, et de Sergeï Aramilev, Directeur du Centre du Tigre de l'Amour à Vladivostok. Russia beyond the headlines, ce jour. Gleb Fedorov. "Instructions for wildlife conservationists : How to save tigers".

A census held last winter in the Russian Far East's cedar and oak forests revealed that there are only 523 to 540 tigers left in the area. This is around the same number as ten years ago.

The arrest of the decline in tiger numbers is largely due to the efforts of wildlife conservationists, who were able to lobby the government for necessary changes to legislation and introduce new approaches to conservation. The conservation efforts were also helped by the fact that in Vladimir Putin took a personal interest in protecting the tiger in 2008.

Even though specialists criticize the president's program (link for our text), the number of people who want to personally challenge Putin has fallen.

RBTH spoke with Pavel Fomenko, Species Program Coordinator of WWF Russia’s Amur branch and Sergei Aramilev, Director of the Amur Tiger Center in Vladivostok to find out what needs to be done to protect the large predator.

1. Strong legislation.The criminal code article introduced in Russia in December 2013 made keeping any body part of the tiger illegal. Violating this law is punishable with a large fine and imprisonment.

2. Protecting the tiger’s habitat . Laws should not just protect the tiger but also the forests where it lives and its prey.

The Amur tiger’s habitat is around 160,000 square kilometers. These forests are protected by the hunting and forest surveillance authorities.

The police also look out for illegal felling of trees and poaching of the tiger and its food, while the Ministry of Emergency Situations helps put out fires.

3. Preventing conflict with humans. In the Primorye and Khabarovsk Territories, the hunting surveillance authorities have created special groups for resolving all types of conflicts between tigers and people.

If the tiger is ill or wounded, he is placed in a rehabilitation center and after the treatment is returned to the wild, if possible.

4. Dispelling myths about tigers. Statistics reveal that the tiger is not an animal that seeks to confront humans, and in an overwhelming number of cases, humans are responsible for conflicts.

In order to make the image of the tiger less frightening, the city of Vladivostok started celebrating Tiger Day every year, while the popular children's program "Good night, little ones!" has created the Mur tiger cub character.

5. Establishing an accurate tiger count. Once every ten years, the Russian Far East carries out a large tiger census, which in its organization and dimension resembles a special military operation and takes up almost half a year. Only qualified specialists can participate in the census, such as professional hunters and scientists.

The information gathered during the census is essential for protective measures not only for the tiger but also for other endangered animals, including the Amur leopard.

An annual census is performed only on 25 percent of the tiger's overall habitat. The area is used as a sample.

6. Rehabilitating and returning the predators to the wild. The objective of the tigress is not to teach her cub how to hunt but to raise him until the age when he can do it on his own. Russia does not follow the practice of raising tiger cubs in captivity and returning them to the wild. It is easier and more cost effective to focus on the preservation of the existing wild population.

In Russia, there are more cases of saving orphan tiger cubs and returning them to the wild. The main aim of the rehabilitation is to make the tiger extremely afraid of human domestic activity and humans in general. Only then will the tiger be able to survive in the wild.

* Pavel Fomenko avait reçu la Médaille d'or de la Société géographique russe ce samedi 26 septembre, dans le cadre de la célébration annuelle du tigre de l'Amour à Vladivostok, et les remerciements officiels de Vladimir Poutine. Ses collaborateurs ont été associés à cette reconnaissance officielle.

http://www.wwf.ru/resources/news/article/13704

Et pendant ce temps, EN INDE (COMME EN SYRIE), les USA essaient désespérément de faire illusion sur leur capacités à faire aussi bien que la Russie... Inquisitr, ce jour. Anne Sewell. "Hope for India's bengal tigers as US tourist organizations get involved".

As with several other big cats and large mammals in the world, Bengal tigers are under threat of extinction. Various efforts are now being made to both combat poaching and to protect India’s Bengal tigers in their natural habitats.

As reported by NDTV, the United States has recently offered to help India in its efforts to track and protect the endangered Bengal tigers. A memorandum of understanding has been drawn up between the two countries to support India’s Project Tiger, an initiative set up to protect the population of Bengal tigers in their natural habitat.

Both countries will work together, using the latest technology in an effort to both combat poaching of the big cats and also for their protection in the wild. According to the U.S. State Department, the new initiative will protect critical habitat in India and will aid human resources development and conservation programs in order to build public awareness in the country.

Through the initiative, it is hoped to increase populations of threatened and endangered species, such as the Bengal tigers, by strengthening law enforcement capacity and combating the illegal poaching and associated trade of wildlife species.

Another strong contender in the protection of the endangered Bengal tigers is a tourism group called Travel Operators for Tigers (TOFTigers), which was founded some 10 years ago by a group of safari operators. Still active today, the group invites travel professionals to get involved in the fight to ensure that India’s majestic Bengal tigers continue to flourish.

Since the annual World Tiger Day was held on July 29, good news has been delivered by tiger spotters in India, saying that the native Bengal tiger population has risen by some 30 percent in recent years. However, it was noted that tiger populations elsewhere in the world are still under threat, and there is much to be done to improve the situation to ensure the iconic big cats do not vanish for good.

According to a blog by Greaves India, TOFTigers recently hosted an event at the Royal Geographical Society in London, where several top figures in the ecological field gave lectures, including Jeffrey Parrish of the World Wildlife Fund in the U.S. and Colin Bell, founder of an African safari operator.

Among the topics discussed at the event was how the global nature travel community can reinvest ecotourism profits into ecological missions to protect Bengal tiger tourism in India.

Discussing the latest increase in the number of Bengal tigers, the audience was told that this isn’t all good news, as reportedly the Indian government has recently cut funding to the protection of national parks, even though it is evident that protecting those parks makes them a viable tourism draw.

Since its inception in 2005, TOFTigers has trained more than 700 national park personnel and has published a Good Wildlife Travel Guide. The group is also working within the country and operates across 21 protected areas of India.

However, while there are protected national parks, reportedly around 35 to 40 percent of India’s Bengal tigers live outside these protected areas. According to the Wildlife Institute of India (WII), the movement of the tigers is restricted, as many wildlife corridors are currently in a bad condition.

According to State government officials in India, CCTV cameras, called “eye[s] in the sky,” have been set up around fringe areas to monitor the movement of the Bengal tiger population, and the Wildlife Conservation Society is pushing for the revival of green corridors to make the movement of the tigers easier from the high-density habitats to those less dense.

As with all conservation efforts, the work towards the protection of the Bengal tigers and the cessation of poaching activities is vital.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 20:12

Demain et après demain, sera célébré à Vladivostok et dans l'ensemble du Primorye le "Jour du Tigre de l'Amour", manifestation annuelle inaugurée en 2000 et reproduite chaque année à la fin septembre depuis lors.

http://programmes.putin.kremlin.ru/en/tiger/news/25178

On 26-27 September, Vladivostok will celebrate its 16th Amur Tiger Day. Celebrations will last for two days and culminate in a concert on the city’s central square. This year’s Amur Tiger Day has been organised by the Amur Tiger Centre and Amurchik administrations of Vladivostok and the Primorsky Territory.

The second book in the Amurchik, or The Adventures of Amurchik, the Tiger Cub series will be presented during the festival. Various contests and quizzes will be organised for children. A stele depicting the results of all Amur tiger counts held since 1940 will be unveiled near the monument to the Amur tiger, a gift to the city from the Amur Tiger Centre in 2014. Attending the ceremony will be Konstantin Chuychenko, Head of the Presidential Control Directorate and Chair of the Amur Tiger Centre’s Supervisory Board, Sergei Donskoi, Minister of Natural Resources and Environment, Primorye Governor Vladimir Miklushevsky and Vladivostok Mayor Igor Pushkaryov.

On Sunday, 27 September, there will be a colourful fancy-dress parade on Okeansky Prospekt. Representatives of the indigenous peoples of the Far East will march down the street in ethnic costumes, followed by children and adults from across the region, dressed as tigers and holding posters calling for the protection of the Far East’s unique nature.

Pour le détail du programme, aller à Vladivostok Times.com (en russe , avec possibilité de traduction de la page).

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  • : Le retour du tigre en Europe: le blog d'Alain Sennepin
  • : Les tigres et autres grands félins sauvages ont vécu en Europe pendant la période historique.Leur retour prochain est une nécessité politique et civilisationnelle.
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