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28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 07:07

VLADIVOSTOK. 14, rue Chapaeva. Un immeuble de 12 étages. Dessin de 700m2, basé sur un croquis de l'artiste moscovite Viktor Gaus.

 

Voir le détail dans "Amur Tiger Center", hier.

http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1473/

«ТИГРИНОЕ» ГРАФФИТИ УКРАСИТ ТОРЦЕВУЮ СТЕНУ 12-ЭТАЖНОГО ДОМА ВО ВЛАДИВОСТОКЕ

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25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 07:04

Samedi dernier 22 août, Oleg Umanets, habitant du village de Yakonovka (district urbain d'Ussurriysk du Primorski krai, Extrême sud-est de la Russie) s'est vu remettre, par des membres de l'"Amur Tiger Center", une jeune jument de race "Budenov", "Dolly",  en remplacement de son poulain tué par un tigre...

Voir le détail sur "Amur Tiger Centre" de ce jour :

http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1471/

ГРАЖДАНИНУ ВОЗМЕЩЕН НАНЕСЕННЫЙ ТИГРОМ УЩЕРБ

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25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 06:54

Une mère et ses 2 enfants, près de la ville arctique de Pevek (Chukotka)... La famille est arrivée le 21 août. Elle s'est installée à proximité de la centrale nucléaire flottante "Akademik Lomonosov", en fonction depuis plusieurs mois... Photo réalisée par Dzhafar Seyidov.

Voir le détail dans l'article d'Anna Liesowska publié hier dans "The Siberian Times".

https://siberiantimes.com/other/others/news/polar-bear-mother-brings-her-cubs-into-the-arctic-town-of-pevek-in-chukotka/

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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 06:20

Depuis le dernier recensement en Inde, qui fixait à un peu moins de 3000 le nombre de tigres sauvages sur le territoire de la Fédération, les autorités, à tous niveaux, ne cessent de répéter que l'Inde d'aujourd'hui n'est pas en capacité d'héberger une population supérieure à 3000/3500 (les Russes font exactement le même "constat" concernant une population "maximale" de 600/700 individus chez les tigres de l'Amour)Dans les deux cas, ceci relève uniquement d'orientations sociopolitiques fondamentales : on ne veut pas, donc on dit qu'on ne peut pas. Le spécialiste indien Ullas Karanth estime à 10000 ou 15000 individus la population potentiellement soutenable aujourd'hui dans une Inde qui ferait des choix équilibrés et pertinents. Et il explique comment : Voir le détail dans son article, publié par "The Hindu" il y a 5 jours :

https://www.thehindu.com/opinion/op-ed/how-the-tiger-can-regain-its-stripes/article32339842.ece ​​​​​​​

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 08:47

Dans la première moitié du XXème siècle, il n'y avait pas encore de gratte ciel à Hong Kong, mais des tigres de Chine du Sud hantaient la ville...

Ce tigre exposé dans la ville avait tué deux officiers de police en 1915 :

When Hong Kong villagers told colonial police officers they had seen a tiger on the loose in Sheung Shui, near the border with mainland China, the British dismissed the sightings, putting it down to "the Chinese propensity for exaggeration," notes a South China Morning Post newspaper report from the time.
Then a villager died -- and the police took their claims seriously.
Ernest Goucher, a 21-year-old police officer from Nottingham, England, was dispatched to investigate, along with his Indian colleague, Constable Ruttan Singh. The two were attacked by the huge tiger -- Singh died immediately, while Groucher was taken to hospital, "terribly lacerated about the loins," according to media reports. He died soon after.
When Assistant Superintendent of Police, Donald Burlingham, finally shot dead the animal on March 9, 1915, it measured just over 7 feet (2.2 meters) from the tip of its nose to the end of its tail, was about 3 feet (1 meter) high and its paws were 6 inches (15 centimeters) across. It weighed 288 pounds (131 kilograms).
When the dead cat was exhibited in Hong Kong City Hall the day after it had been shot, thousands of people lined up to see it. Today, its stuffed head is on display at the city's Police Museum.

Le journaliste John Saeki a effectué une recherche systématique des sources sur le sujet. Il en a trouvé des centaines concernant la période des années 1920 aux années 1960.

Et même avant :  1911: a tiger  swam out to Hong Kong's outlying island of Lamma and feasted on cattle.  In 1914, after a tiger left paw prints within 10 yards of Chief Justice Sir William Rees-Davies house, in the upscale Peak neighborhood, a local newspaper wrote: "He had always been incredulous of tiger visit stories -- but this morning here was nothing left to doubt." A tiger in 1916  terrified commuters on the Peak Tram by his roar...

Cette "Une" du Hong Kong Telegraph date de 1929.

Saeki rappelle qu'au début du siècle dernier, les tigres de Chine du Sud se comptaient en dizaines de milliers, ce qui impliquait leur présence ponctuelle à Hong Kong via les collines qui dominaient la ville :  About 20,000 of the diminutive cats, the smallest of the tiger species, roamed the mostly rural mountains of southern China during that period. Some would slink over the border to feast on farmers' cattle and boar in Hong Kong, before slipping back over the hills to the north -- occasionally feasting on a human, rather than an animal.

Le pasteur méthodiste Harry Caldwell, parti comme missionnaire en Chine du Sud, parvint, en 1910, à convertir la quasi entièreté de la population d'un village après qu'il ait abattu un tigre qui venait de tuer un jeune homme de 16 ans :

Au total, il tua environ, selon ses dires, une cinquantaine de tigres.

William Lord Smith évoqua les exploits de Caldwell (ainsi que les siens propres) dans un ouvrage publié en 1920 qu'il intitula "Le tigre des cavernes de Chine" :

Le pasteur se rendit célèbre aussi par la découverte d'un tigre "maltais", c'est-à-dire dont la fourrure bleuâtre était striée de rayures gris foncé. Il publia en 1924 un livre sur le sujet :

Voir aussi, incluant ce sujet, le livre de Karl Shuker publié en 1989 :

 

En 1937, un grand félin tua une femme dans la ville puis emmena son corps dans la colline où il la dévora entièrement, ne laissant d'elle que des gouttes de sang que l'on pouvait suivre à la trace.

En 1942, pendant l'occupation japonaise, un autre terrorisa prisonniers et gardiens du camp d'internement Stanley, où se trouvaient des milliers de prisonniers anglais et américains. Il rôda dans l'immédiate proximité du camp en feulant, pendant des semaines.

Une photo de prisonniers du camp prise le 27 septembre 1945 (probablement par leurs libérateurs, la guerre étant alors officiellement terminée depuis 25 jours) :

 

Après l'arrivée au pouvoir de Mao, le tigre fut considéré comme une "vermine" à exterminer. Celui- ci ne se laissa pas faire. Saeki constate que :  More than 10,000 people were killed or injured by tigers in four provinces of South China -- Fujian, Jiangxi, Hunan, and Guangdong -- between the years 48 A.D. to 1953, according to gazetteer records in the Ancient Books Collection at Fujian Normal University, analyzed by Chris Coggins in his 2003 book "The Tiger and the Pangolin: Nature, Culture and Conservation in China."

J'ai pour ma part effectué le constat suivant, pour le seul Hunan : 

La destruction des sangliers et des taureaux sauvages de montagne dans le Hunan (Chine centrale) au cours des années 1950 entraîne une véritable confrontation guerrière avec les tigres. Ces derniers subissent de plein fouet la destruction de leurs territoires et de leurs proies, en particulier les sangliers qui sont tués par dizaines de milliers, mais aussi les taureaux de montagne, les uns et les autres devenant, aux yeux des agriculteurs, des parasites de leurs terres en expansion... Dès la fin des années 1940, des équipes de chasse au tigre, considéré comme un « bandit à quatre pattes », avaient été constituées. Au cours des années 50 et 60, les exploits de certains de leurs membres seront glorifiés. En 1952, les tigres affamés tuent et dévorent 121 personnes, dont 32 en une seule journée. Ceci amène, en novembre de la même année, une conférence d'une ampleur sans précédent, à Fuyang, qui décide l'extermination systématique des tigres de la Province, évoquant singulièrement la réunion de la « Seamen's Bethel » à New Bedford en 1841... Le conflit perdure officiellement jusqu'en 1963, les déprédations des tigres étant particulièrement spectaculaires dans le village de Baihuwei en 1957. Les gens, horrifiés, constataient que les tigres étaient devenus complètement fous furieux et ivres de haine. Au total, ils auront semé la terreur dans une centaine de villages et une ville (Changcha). Le bilan officiel des morts victimes de ces onze ans de guerre est de 817 tigres, près de 2000 villageois, et des dizaines de milliers de chiens, cochons, vaches, chevaux . 

 

 

 

Par la suite, les témoignages deviennent rares : 

In the post-war years, tiger sightings in Hong Kong became less frequent, with news reports in the late 1950s chronicling sightings that were never confirmed.
ln 1965, a schoolgirl reported seeing a tiger on Tai Mo Shan, Hong Kong's highest peak, but with no tell-tale paw prints, mangled cattle or photograph of the big cat, its existence was never confirmed.
 

Voir le détail dans l'article de Jenny Marsh, publié ce jour par CNN : 

https://edition.cnn.com/2020/08/15/asia/tiger-hong-kong-hnk-dst-intl/index.html

Aujourd'hui, les tigres de Chine du Sud ont non seulement disparu de Hong Kong, mais sont même fonctionnellement éteints dans l'ensemble de la Chine (peut être quelques individus relictuels survivent -ils encore dans la cordillère des frênes -monts Qin Ling, en Chine centrale-...

... où vit, par ailleurs, un panda d'une sous-espèce particulière, endémique de cette région montagneuse et dont certains individus arborent une fourrure brun clair :

Quant à la réintroduction d'une partie de la population sinotigréenne de la réserve de LaoHu, en Afrique du Sud, constituée à partir de 2003, elle n'est toujours pas à l'ordre du jour.

https://www.savechinastigers.org/

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 06:40

Pour la première fois, les chercheurs ont observé que des lionnes asiatiques de la région de Gir cherchent à s'unir à des partenaires n'appartenant pas à leur structure sociale. Les mères augmentent ainsi les chances de survie de leurs enfants, beaucoup moins susceptibles d'être tués par les mâles, qu'ils appartiennent à leur groupe social ou à celui de leurs partenaires. Voir le détail dans l'article de Himanshu Kaushik publié avant-hier dans "The Times of India".

https://timesofindia.indiatimes.com/city/ahmedabad/gujarat-lionesses-in-love-leave-pride-sans-prejudice/articleshow/77454032.cms

La surpopulation léonine constitue une difficulté récurrente depuis des années dans cette zone du sud-ouest du Gujarat, entraînant de multiples conséquences épidémiologiques successives. Les hommes étant incapables de s'entendre pour un projet coordonné de désengorgement démographique de la zone*, l'intelligence collective (Unité Sensorielle) léonine a probablement pris l'initiative d'un "rafraichissement génétique" permettant une meilleure résistance des générations à venir aux microorganismes impactant une population sanitairement affaiblie. 

*Un conflit juridique dure depuis des années entre le Madhya Pradesh voisin qui compte accueillir des lions dans la réserve de Palpur-Kuno, au Nord-Ouest de son territoire, et le Gujarat qui empêche tout transfert, souhaitant conserver le monopole du patrimoine léonin de l'Asie. Les multiples interventions de la Cour suprême en faveur du Madhya Pradesh n'ont pas fait bouger les choses, le Gujarat arguant -avec raison- que Palpur-Kuno est insuffisamment protégée du braconnage (sur les tigres par exemple) d'une part, et que les effets de l'introduction de lions dans une zone à tigres ont été insuffisamment étudiés et anticipés. 

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 07:44

Vue aérienne du Parc National du fleuve Bikin. Photographie d'Alexandre Khitrov.

A l'occasion de la journée mondiale des peuples autochtones, aujourd'hui 9 août, les Udeghes du bassin de la rivière Bikin (Primorjé, Russie du Sud-Est) célèbrent leur retour à la souveraineté culturelle. Il y a 5 ans, la création du Parc National de la Bikin a été architecturée pour donner corps et vigueur à ce renouveau culturel effectif . 70% des employés du parc sont des Udeghes. Non seulement eux-mêmes, mais aussi des visiteurs venus de Russie d'Europe envient ouvertement l'évolution des conditions d'existence des Udeghes depuis quelques années, et comparent appréciativement ce mode de vie par rapport au leur... 

Udeghe à bord d'un bateau traditionnel.

Statue de Dersou Ouzala à Krasny Yar, inaugurée l'an dernier....

... Et sa stèle :

Depuis des siècles, Udeghes et tigres des neiges vivent côte à côte. Le félin est respecté et vénéré. Le Parc National abrite une quarantaine de tigres de l'Amour, soit environ 6,5% de la population mondiale actuelle, évaluée entre 615 et 620 individus, répartis en Russie pour l'écrasante majorité d'entre eux, ainsi qu'en Chine du Nord-Est et dans les zones montagneuses de Corée du Nord-Est.

Un grand mâle dans le parc national. Photographie de Vladimir Popov.

 

Voir le détail dans "Amur Tiger Centre" de ce jour :

http://amur-tiger.ru/ru/press_center/news/1467/

ПОДДЕРЖКА КОРЕННЫХ НАРОДОВ В АРЕАЛЕ ТИГРА

ПОДДЕРЖКА КОРЕННЫХ НАРОДОВ В АРЕАЛЕ ТИГРА
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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 05:27

Les autorités de la région d'Astrakhan, en Russie (près de l'embouchure de la Volga sur la mer Caspienne) ont décidé avant-hier la vente de chameaux qui évoluent librement dans trois villages de la région. Encore va t-il falloir, au préalable, à capturer ceux-ci...

Les 80 chameaux terrorisent les habitants du secteur, et ont mis les villages de Ninovka, Fyodorovka et Oranzherei en coupe réglée. Il y a quelques années, un retraité de Ninovka, Youri Serebryakov, avait commencé l'élevage de quelques individus, mais en raison de son âge (80 ans), il a abandonné son activité, et ses animaux se sont égayés dans la nature. Leur population a augmenté progressivement. 

Ils ont pris l'habitude de consommer fleurs et fruits des propriétés, brisent les clôtures, et deviennent de plus en plus agressifs du fait qu'ils ont des chamelons à leur charge. Selon un processus psychologique classique, les gens ont de plus en plus peur d'eux, ce qui amène les animaux, en retour, à faire montre de plus en plus d'assurance... La municipalité de Ninovka avait fait part, à la fin du mois dernier, de son impuissance à  "solutionner" la situation... Les autorités du district et l'institution judiciaire louvoient...

https://ru.euronews.com/2020/07/30/camels-terrorizing-locals-near-astrakhan

https://www.lecourrierderussie.com/fil/astrakhan-des-chameaux-ayant-terrorise-le-voisinage-bientot-en-vente/

https://nypost.com/2020/08/08/hump-day-in-russia-dozens-of-camels-now-terrorizing-towns/

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 08:19

CONFIRMATION. La certification "Huile de Palme soutenable" est un simple jeu d'étiquette. Les entreprises indonésiennes et malaisiennes s'adossent à ce miroir aux alouettes pour convaincre de leur respectabilité écologique celles et ceux qui aiment à se laisser abuser.

Le dépeçage du "Dragon Vert" révèle le "Tigre géant"...

 Voir le détail dans l'article de Hans Nicholas Jong publié avant-hier dans "Mongabay" : 

https://news.mongabay.com/2020/08/palm-oil-certification-sustainable-rspo-deforestation-habitat-study/

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 06:31

Photographie de Christopher Swann.

Une étude dirigée par l'océanographe Maike Sonnewald, de l'Université de Princeton (New-Jersey) fait apparaître l'espace océanique mondial organisé en "ecoprovinces" distinctes de par leur agencement en animaux et plantes. Les auteurs en repèrent plus d'une centaine (115), regroupées dans 12 "megaprovinces" (dénommées de "A" à "L").

ECOPROVINCES :

MEGAPROVINCES :

La cartographie de ces régions marines a été déterminée non seulement à partir des niveaux de chlorophylle (qui est synthétisée par le phytoplancton, et donc, est censé supposément déterminer toute la chaîne alimentaire) à partir d'observations satellitaires, comme les scientifiques le faisaient jusqu'à présent, mais aussi en prenant en considération le zooplancton  des zones considérées, ce qui met beaucoup plus en lumière leurs caractéristiques respectives. Ainsi, les megarégions "H" et "K", jusqu'alors considérées comme biologiquement proches du fait de teneurs en chlorophylle très voisines, sont ici clairement dissociées. "H" couvre la plus grande part de l'espace équatorial de l'océan indien. Elle recèle une forte biodiversité en phytoplancton, et du même coup une très grande richesse végétale et faunique. "K" se situe au centre de l'océan arctique. Elle est beaucoup plus pauvre en biodiversité mais le phytoplancton y est représenté par des espèces de grande taille, qui induit une biomasse totale comparable à celle évaluée pour "H". "D", région tropicale située au niveau du 30ème parallèle sud, gagne aussi en "lisibilité" par rapport aux deux précédentes grâce à la formule employée. A l'inverse, certaines régions ont des biomasses très dissemblables alors que l'agencement polyspécifique de leur phytoplancton est similaire ("D" et "E" -située immédiatement au Nord de la précédente- par exemple)... D'autres ont des biomasses en phytoplacton semblables, et pourtant clairement distinctes pour celles du zooplancton ("A" et "L")...

Les auteurs sont bien conscients que leur méthode d'étude doit encore être améliorée, en intégrant notamment, lorsque ceci sera techniquement possible, les niveaux meso et submeso fauniques et floraux, ce qui affinera les discriminations entre les différentes régions et à l'intérieur de celles-ci. Des observations régulières seront susceptibles, qui plus est, d'étudier l'évolution des régions concernées.

Voir le détail dans l'article de Jackie Snow sur le sujet, publié hier par "Hakai Magazine" :

https://www.hakaimagazine.com/news/the-oceans-12-megaprovinces/

Et voici l'intégralité de l'étude originale, publiée le 29 mai dernier dans "Science Advances" 6 (22) :

https://advances.sciencemag.org/content/6/22/eaay4740

Référence bibliographique utile :  R. Bailey, Ecoregions: The Ecosystem Geography of the Oceans and Continents (Springer, 2014).

Dans mon livre sur la victoire des cachalots dans la "Première Guerre du Pacifique" lors des 6 premières décennies du XIXème siècle, j'évoque les "secteurs" protégés par un "gardien" (notamment pages 65 à 67) : les individus en question seraient "une dizaine" (en tout cas ceux "répertoriés")...

LES « SECTEURS », POINTS NODAUX D'UNE VASTE ET COMPLEXE REALITE SPATIALE.

Comment Stumpfhaus présente t-il les «secteurs » gardés par des cachalots dans la première moitié du XIXème siècle ?

A partir, d'une part, des indications que lui fournit, dans son film, Hal Whitehead sur les clans (ainsi que leur confédération en très vastes entités sociales) et leur capacité à organiser des attaques coordonnées, et d'autre part, sur ses propres recherches sur les cachalots combattants suffisamment célèbres parmi les baleiniers pour que ceux-ci leur attribuent un nom, il établit une zonation spatio-temporelle de l'Océan : tel combattant a affronté des baleiniers dans telle zone en telle année en infligeant à ses adversaires des pertes significatives (notamment en baleinières détruites). Il cartographie ainsi, pour la période allant de 1819 à 1839, l'activité d'une dizaine de guerriers.

Selon cette cartographie, le personnage le plus destructeur aurait été « Shy Jack » en 1826 au large de l'archipel des Kiribati. Quatre autres combattants auraient impacté les flottilles de façon à peine moins sévères : « Fighting Joe » en 1824 au nord de la Polynésie française, « Morquan » en 1828 à l'Est du Japon, « Ugly Jack » en 1833 entre les Fidji et Wallis & Futuna, et « Spotted Tom » en 1835 au nord de la mer de Tasman... Alors que peu de grands navires ont été répertoriés comme mis à mal pendant cette période qui suit la tragédie de l' « Essex », les naufrages de ceux-ci s'accumulent à partir de 1835 … (détails additionnels dans Vidéos Alain Sennepin : « Les Héros, l'armée ») :

https://www.youtube.com/watch?v=el6AvQNCl_w&feature=youtu.be

Comment Melville se représentait-il ces « secteurs » ? L'auteur de « Moby-Dick », dont  le roman est architecturé autour de la victoire effective d'un grand cachalot, au Sud du Japan Ground, sur une flotte baleinière internationale, en pleine saison des typhons de l'année 1842, définit son principal personnage comme un combattant de l'Océan mondial mais aussi le « patron » de son secteur : « … Pour guetter le cachalot blanc dans les parages qu'on savait être les siens, et ceux de nul autre... » (ch. 126).

Que signifie ce « secteur » pour Melville ? C'est celui où, « à cette époque, [en Janvier de chaque année] que, pendant plusieurs années consécutives, on avait périodiquement aperçu « Moby Dick » musardant un moment, comme fait le Soleil dans sa course annuelle quand il s'attarde à intervalles fixes dans tel ou tel signe du Zodiaque » (ch. 44). Par contre, « Même si on avait vu antérieurement « Moby Dick » aux Seychelles ou dans la Baie des Volcans [sud-ouest de l'île d'Hokkaido -Beale 1839-] et d'autres pâtures ou il s'était parfois montré, tous ces endroits semblaient n'être que des relais » (ch.44). Le « secteur » dont « Moby Dick » est le gardien se situe au large des côtes orientales du Japon, au sein du « Japan Ground » : avant qu'Ishmaël ne devienne baleinier, le « Pequod » avait perdu ses mâts lors d'un typhon dans cette zone, qui avaient été remplacés par d'autres confectionnés à partir des troncs de pins noirs du Japon ( ceux-ci joueront un puissant rôle symbolique lors de l'épisode du typhon puis du dénouement final -chs. 119 & 135-...). « C'était dans ces eaux, également, qu'avaient eu lieu la plupart des affrontements meurtriers avec le cachalot blanc, là que les vagues disaient l'histoire de ses exploits, là, enfin, dans cette arène tragique, que le vieil homme monomaniaque avait trouvé le motif terrible de sa vengeance. » (ch.44) -Achab avait eu la jambe broyée par « Moby Dick » ; la jambe en ivoire de cachalot qui l'avait remplacée faisait écho aux pins noirs-...

Beale (Thomas). 1839. The natural history of the sperm whale & South sea whaling voyage.                                                                http://mysite.du.edu/~ttyler/ploughboy/bealenew.htm

Stumpfhaus (Jürgen). 2014. La véritable histoire de Moby Dick (Der Aufstand der Wale). Documentaire.                                                                                  https://www.zdf.de/dokumentation/terra-x/moby-dicks-wahre-geschichte-der-aufstand-der-wale-100.html

https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=zH7OGzaLfOo

 

 

De plus, la mythologie des maoris de Nouvelle-Zélande, immense poème "cétaçophile" / "cétaçolâtre", recèle une profusion de légendes de tous types, d'une amplitude unique au monde :                                                                                                                            Rodgers (Rata Pryor). 2017. The connection of Maori to Whales. Post graduate certificate in antarctic studies 2016-2017. 23 pages.

https://ir.canterbury.ac.nz/bitstream/handle/10092/14087/The%20Connection%20of%20M%C4%81ori%20to%20Whales.pdf?sequence=1

Certains auteurs en découvrent de particulièrement "symptomatiques", dont les deux suivantes :

LES 7 BALEINES NEO - ZELANDAISES. Jason Cressey évoque  une légende maorie où 7 grands cétacés dialoguent avec la faune marine, chacune d'entre elles ayant son propre nom et ses interlocuteurs particuliers. One popular Maori story tells of mighty whales that did not enjoy a life playing in the waters or helping troubled seafarers. In the village of Kereheretau there lived a very powerful, though ill-tempered, medicine man who had seven huge whales in his care. He would send the whales out each day to gain news about the world and happenings far away. The first whale, Tahutoria, gathered information from other whales about distant tribe and other lands. The second whale, Takitaki, spoke with the dolphins, and heard of their ocean adventures and the canoes they encountered on their journeys. The third whale, Korito, communicated with sharks, who spoke of distant battles and bloodshed. The fourth whale, Onepoto, conversed with the swordfish and flying fish about the magic of the clear blue ocean realms, while the fifth whale, Witea, learned of the depths of the dark ocean from the groper fish (Achoerodus).The sixth whale, Tuhara, heard of strange, exotic creatures in distant seas from the snapper, while Hikunui, the youngest and smallest of the seven whales, stayed close to shore, chatting with the stingrays.

Cressey (Jason). 1998. Making a splash in the Pacific : Dolphins & Whale myths and legends of Oceania. Rapa Nui Journal 12(3), septembre 1998, 75-84. Vancouver, Canada.

http://islandheritage.org/wordpress/wp-content/uploads/2010/06/RNJ_12_3_Cressey.pdf

L'ARMEE PAN OCEANIQUE. La mythologie maorie fait état d'un cachalot géant qui commande à tous les cétacés, guide une armée de ceux-ci et accompagne les canoës maoris dans leur grande migration transpacifique au XIVème siècle. A taniwha from the folklore of the native people of New – Zealand, the Tautira – Kauika was a fairy animal, a sperm whale said to accompany the hero « Takitimu » (both sacred canoe and captain in his voyage from western Pacific to the island Aotearoa). Tautara – Kauika was the chief of all the whales  in the oceans and commanded a large army of them. Sources : Cowan, Tales of the maori, 33 – 34 ; Orbell, Concise encyclopedia of maori myth and legend, 195. In : Teresa Bane. 2015. Encyclopedia of beasts and monsters in myth, legend and folklore. Mc farland and Company publishers, Jefferson, North Carolina.

L'Océan insémine le Ciel. Illustration de Rick Pearson. 

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  • : Le retour du tigre en Europe: le blog d'Alain Sennepin
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